Chronique : Bpocalypse

Ariel Holzl
Auteur francophone 
L’Ecole des Loisirs
Young Adult/post-apo
413 pages
17 € pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique de Babelio, que je remercie donc.

J’ai été ravie de lire un nouveau roman d’Ariel Holzl (pour rappel mes avis sur les Sœurs Carmines Tome 1, Tome 2, et Tome 3, ainsi que celui sur Lames Vives). On retrouve ici la plume cynique, l’humour noir et toute l’imagination débordante de l’auteur. J’avais été moins séduite par Lames Vives, malgré son univers sympathique, ici j’ai renoué avec mes émotions à la lecture de sa trilogie des Soeurs Carmines.

J’ai passé un super moment en compagnie de notre héroïne Samsara qui n’a pas sa langue dans sa poche, ni sa batte; J’ai aimé son franc-parler, son côté brut de décoffrage et surtout le fait qu’elle commet des erreurs comme tout un chacun. Ses amis Yvette et Danny étaient chouettes, ils formaient un groupe sympa. J’ai bien aimé aussi les Jumeaux même s’ils restent très mystérieux avant la fin et que j’aurais aimé une plus forte implication de l’ami Søren. Et puis il y a Michael… mais je ne peux rien dire sans spoiler. Bref, nous avons une belle brochette de personnages différents avec qui j’ai aimé passer ces 400 pages.

L’histoire est prenante, le gros point fort étant cette ville de Concordia, touchée par l’apocalypse et dont chaque quartier présente de nouvelles spécificités… et dangers ! L’auteur a pu s’en donner à cœur joie dans les monstres et mutations et ça se ressent. Tout était très inventif et immersif. Le fait que nous suivions des ados qui ont grandi dans ce contexte post-apo nous donne une impression de normalité qui renforce le ton décalé et humour noir du roman. Mon seul bémol concerne l’extérieur de la ville qui est un peu convenu.

L’auteur traite de différents sujets avec justesse, l’histoire est prenante, bourrée d’action, d’humour, de faux semblants. J’ai passé un super moment et j’attends donc avec impatience les prochains ouvrages d’Ariel Holzl. La couverture donne vraiment le ton, elle est bourrée de détails et la carte au début du livre était très utile.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : La Faucheuse T3

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly 
Robert Laffont
Young Adult
709 pages
21 € pages

J’ai enfin terminé cette trilogie étonnante et passionnante de La Faucheuse. L’auteur nous avait laissé sur une fin de deuxième tome ahurissante qui nous faisait entamer un sacré virage dans l’intrigue non sans y laisser des plumes.

Nous retrouvons nos trois héros, Citra, Rowan et Greyson qui vont encore vivre un certain nombre de rebondissements. J’ai encore une fois eu peur une ou deux fois pour eux tout au long du roman. On peut dire que l’auteur sait jouer avec nos nerfs et a le sens des révélations. De nouveaux personnages accompagnent nos héros et leurs personnages secondaires, à commencer par Jeri qui était étonnant à plusieurs égards et qui m’a bien plu. Je l’ai trouvé intéressant et son traitement est inédit et bien trouvé. Loriana aussi était intéressante et j’ai bien aimé la façon dont l’auteur nous a replacé Tyger.

Ce pavé de 700 pages est ponctué de rebondissements et de révélations en tous genres. C’était passionnant à suivre, haletant et la fin, que je ne voyais absolument pas venir, m’a époustouflée. Je regrette juste que le traitement de Goddard ait été un peu rapide à mon goût. Les décisions du Thunderhead sont surprenantes et toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement, tout a été géré d’une main de maître depuis le départ. J’ai bien aimé la tournure des événements finaux, même si l’échappatoire imaginée par le Thunderhead arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (sauf si j’ai loupé des indices avant) mais elle reste globalement cohérente. J’ai beaucoup aimé le destin de Maître Faraday et également l’évolution de Greyson.

L’ambiance est différente d’un tome à l’autre et si j’ai un élan de nostalgie en pensant au premier tome avec la découverte des faucheurs, l’apprentissage par Maître Faraday, je trouve que la trilogie dans son ensemble est intelligente. Elle dénonce les dérives de nos sociétés, en particulier sur le fanatisme religieux, quel qu’il soit, la dangerosité de certaines idéologies, et elle nous interroge sur l’intelligence artificielle et notre rapport à la mort. Tous les personnages sont bien travaillés et sont attachants. Dans son dernier tome, j’ai trouvé le Thunderhead plus touchant, plus humain, il est devenu un personnage à part entière.

En conclusion cette trilogie fut une très bonne découverte, c’est un Young Adult avec des thèmes assez classiques mais traités avec beaucoup d’intelligence et de justesse. Je la recommande vivement. Je suis curieuse de voir l’adaptation, en espérant qu’elle sera à la hauteur !


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Rouge Venom

Morgane Caussarieu
Naos
Young adult, Fantastique
14,90 €
282 pages

Depuis que je suis entrée dans l’univers vampirique de Morgane Caussarieu, j’ai été happée par sa plume, ses idées et ses personnages hautement addictifs. Toutes mes lectures ont été formidables, avec un coup de cœur pour Dans les veines. Même si cette série avec Barbie et Farouk est plus orientée pour les jeunes, elle garde des traces sanglantes et a son lot de tripailles et de morts. Ce n’est donc pas à mettre entre toutes les mains, soyez prévenus. Je vous déconseille de lire mon avis si vous n’avez pas lu le premier tome Rouge toxic, car c’est la suite directe et vous risquez des spoilers. 

J’ai eu un immense plaisir à retrouver son bande vampirique, surtout J.F. ne nous cachons pas. Ce vampire punk est absolument génial. En tant qu’héroïne, c’est sûr qu’un sombre Farouk ou un mélancolique Damian (Dans les veines) sont plus attirants, ce sont les Angel tandis que notre J.F. est le bon vieux Spyke (en version initiale, sans âme). Et Gaby, en voilà un personnage glaçant ! J’ai beaucoup aimé le lien avec Je suis ton ombre (même si j’avais oublié la fin) ; tous les romans sont liés et cela renforce le côté famille de cette bande de Vampire dans laquelle Barbie est projetée. 

Dans ce deuxième tome, nous abordons d’autres thématiques sur ce qui fait de nous des monstres au final… notre nature ou nos actes ? Peut-on lutter contre sa propre nature ? C’est ce qu’essayent de faire Farouk et Emma avec un traitement qui les délivre de leur addiction au sang. Est-ce que ça va fonctionner… surtout avec un J.F. qui ramène des casse-croûte à la maison, telle est la question.

Barbie prend ici une nouvelle ampleur, je ne reste pas sa plus grande fan, heureusement qu’on alterne les points de vue avec les autres de la bande, mais elle n’est pas inintéressante et elle connaît un sacré virage sur la fin. A présent qu’elle connait sa nature de tueuse de vampire à l’insu de son plein gré, elle aussi lutte contre sa nature pour ne pas tuer les vampires qui sont proches d’elle, à commencer par Farouk, accessoirement son amoureux. On se pose alors la même question : parviendra-t-elle à lutter contre sa nature ?

Farouk est un personnage captivant aussi, il dégage une aura exotique, fascinante très bien décrite. Il donne vraiment envie de le rencontrer, c’est un être à part, in touchable, difficile à cerner. Il tranche complètement à côté de J.F. et pourtant leur complicité est touchante. Tous ces personnages, peut importe leur degré de malfaisance, sont touchants, attachants et nous forcent à l’empathie. 

Le roman est prenant, sanglant et avec des retournements de situations inattendus, jouissifs et effrayants. La fin est un bon mélange d’espoir, d’apaisement, de retour de karma et de promesse sanglante. Dans la lignée de tous les romans de l’autrice en somme ! 

Une excellente lecture comme toujours 🙂 J’attends impatiemment ses prochains romans.



 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Lames Vives T1 Obédience

Ariel Holzl
Auteur francophone (voir le site Internet)
Mnémos, collection Naos
Young Adult, Dystopie
18 €
332 pages

Je remercie les Éditions Mnémos qui m’ont aimablement fait parvenir ce service presse. 

Après avoir beaucoup aimé la trilogie des Sœurs Carmines d’Ariel Holzl, j’étais curieuse de savoir vers quoi l’auteur allait se tourner. C’est très dur de passer après une telle trilogie où la plume à l’humour noir de l’auteur constitue presque un personnage à part entière et où l’univers de Grisaille était tellement marquant, de même que les trois sœurs (et surtout Tristabelle).

Pour le coup, l’auteur s’est dirigé vers un registre complètement différent avec un Young Adult plus classique au niveau de la trame de l’intrigue et du profil des personnages principaux mais servis par un univers original et très dépaysant de fantasy orientale. J’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans cette ambiance, peut-être parce que la narration est à la première personne et que tous les personnages sont eux parfaitement imprégnés à leur monde et n’ont donc pas à tout décrire au lecteur.  Une fois que j’étais plus habituée aux terminologies, à la géographie et à l’histoire, j’ai été plus happée par l’intrigue. 

L’auteur regorge d’idées intéressantes et ponctue son récit de pirouettes scénaristiques bien trouvées. On ne rentre pas forcément tout de suite dans le cœur de l’intrigue, on prend le temps de faire connaissance avec tous les personnages et de comprendre leurs motivations. Pour avoir lu quelques dystopies, les thèmes développés sont classiques mais efficaces. C’est vraiment par la richesse et la complexité de son univers que l’auteur a su tirer son épingle du jeu. Que ce soit sur la culture, l’histoire du monde avec notamment l’échange de pouvoirs entre les anciens maîtres et esclaves, les golems, le vif argent ou les mensonges que l’on commence à soupçonner sur la fin, le travail de création de monde et d’intrigue est vraiment bien ficelé.

Au niveau des personnages, on en a une belle brochette des deux côtés (anciens esclaves devenus maîtres; anciens maîtres devenus esclaves) ce qui permet d’avoir un son de cloche plus global et donc plus équitable. Le lecteur a plus de cartes en main pour se faire son propre avis. 

J’ai beaucoup aimé Saabr et j’espère qu’elle aura une belle place dans le deuxième tome pour mieux s’exprimer. Ellinore aussi a capté mon attention, c’est un personnage équilibré, et très intéressant à suivre.  En plus, ses capacités de Magnite sont fascinantes. L’histoire de Minah et Nazeem m’a moins touché, ils forment un duo plus commun et le caractère de Minah ne figure pas parmi ceux que je préfère même s’il c’est le genre de personnage indispensable à ce type d’histoire. 

Nazeem a apporté une touche d’humour bienvenue, notamment lors de ses interactions avec Gryff mais le pauvre est clairement sous-estimé par Minah et relégué au rôle de simple accompagnateur en dépit de ses qualités. Gryff lui était très prometteur dès le début du roman mais j’ai été déstabilisée de voir au final la façon dont il est utilisé. Je peux comprendre le choix de l’auteur, surtout après avoir côtoyé Saabr qui nous donne le ton sur le caractère des lames, mais cela restait frustrant de le voir ainsi bridé. Heureusement, quelques passages nous permettent de mieux connaître son passé.  Je suis curieuse de voir ce qu’il va advenir de lui dans le prochain tome. 

En résumé, c’était une lecture intéressante sur un univers très original, qui se termine en apothéose avec encore plus de questions qu’au départ. Les indices laissés au fil de l’intrigue laissent présumer d’un fond encore plus travaillé et attisent ma curiosité. Je serai donc là pour le tome suivant ! 

Un dernier mot sur l’objet livre très beau, qui est ponctué de quelques belles illustrations à l’image de la couverture. 


 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Démons

Shirley J. Owens
Autrice francophone, voir le site 
Séma Editions
Young Adult/ Fantastique
18 €
301 pages

J’ai un peu honte de lire ce livre 3 ans après sa sortie, d’autant que je l’avais pré-commandé ! Mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? 

Je me suis donc plongée dans ce premier roman de Shirley. L’univers est très sombre, déprimant et assez glacial. L’autrice a bien su dépeindre son ambiance et je me suis plongée dans son univers avec l’espoir assez fou de trouver au fil des pages une lueur à laquelle me raccrocher. L’ambiance sombre m’a contaminée le temps de ma lecture, c’est dire qu’elle était bien travaillée. 

Nous suivons notre héros Aldavir, je ne dirais pas avec plaisir vu toutes les horreurs qu’il traverse, mais avec intérêt et cet espoir tenace qu’il va s’en sortir. Qu’il mérite de s’en sortir même si tout joue contre lui.  Il est attachant et dégourdi et on souhaite en apprendre plus sur l’origine de sa malédiction. C’est un jeune garçon bien équilibré, avec ses qualités et ses défauts que je suis contente d’avoir appris à connaître.

L’histoire est violente et sanglante mais tout est cohérent et justifié. L’intrigue se déroule en plus dans des contrées du nord soumises à un environnement difficile et froid qui renforce encore plus l’ambiance du roman. L’humanité y est montrée sous son jour le moins glorieux. On a vraiment pas envie d’aller mettre le pied dans cette région !

L’histoire se découpe en deux grosses parties. J’ai préféré la première, centrée autour du village de Burnwick, il y a plus de mystère, de tension et de suspense. La deuxième n’est pas dénuée d’intérêt, mais j’y ai trouvé le traitement d’Aldavir un peu déjà-vu. Cette partie nous permet en revanche d’en apprendre plus sur d’autres personnages, notamment Henrik qui est le plus complexe et intéressant de tous à mes yeux. La petite Ida, même si on ne la voit pas beaucoup et si elle n’est pas vraiment au coeur de l’action, reste présente tout du long du roman. Son courage et sa résistance forcent le respect et on espère qu’elle aussi pourra s’en sortir. 

J’ai donc passé un bon moment même si quelques passages étaient un peu flous, notamment en ce qui concerne les transformations des personnages suite à leur malédiction. C’est en tout cas un bon roman de young adult qui change et qui prend aux tripes. 




 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Arena 13 T3

Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Young Adult, Jeunesse
15,90 €
338 pages

J’ai commencé ce troisième tome en pensant qu’il était le dernier mais en fouillant un peu j’ai appris que ce n’était pas le cas, et en effet la fin appelle à une suite. En tout cas, comme d’habitude dans cette série, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues et je me suis vite replongée dans le bain. 

Le lecteur en découvre plus sur le monde extérieur et l’intrigue avance d’un pas de géant. A l’image de l’Epouvanteur, le monde inventé par l’auteur est riche, passionnant et dangereux. L’histoire prend un tournant intéressant, les connaissances acquises par Leif dans l’Arène 13 vont pouvoir lui servir sur le terrain et surtout servir une plus grande cause.

Je ne peux pas trop vous en dire pour éviter de vous spoiler. En tout cas parmi les nouveaux personnages j’ai beaucoup apprécié Peri (qui est un peu notre Alice de l’Epouvanteur) et Shalatan (notre Grimalkin) qui sont des personnages bien traités et plus intéressants à suivre que Kwin qui prend pourtant plus d’importance dans ce tome. Depuis le début je n’accroche pas du tout à cette héroïne malgré les efforts de l’auteur pour lui donner un rôle crucial.

Si je retrouve les points positifs de l’Epouvanteur, j’y retrouve aussi quelques points négatifs comme des passages traités trop vite, certaines morts importantes qui n’ont pas l’impact escompté à cause de la narration trop rapide. Du coup les liens émotionnels tissés depuis le début des romans passent à la trappe et c’est dommage car l’auteur est capable de nous livrer des passages poignants par ailleurs. Hormis ces points, j’ai passé une très bon moment, passionnant et entrainant.

La fin n’est donc pas la fin que je croyais mais elle conclut un premier cycle et débute l’ouverture d’un nouveau qui s’annonce encore plus périlleux. Rendez-vous au prochain tome !


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Waterwitch

Alex Bell
Traduction : Cécile Guillot
Editions du Chat noir
Young Adult, Fantastique
19,90 €
270 pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre de la masse critique de Babelio, que je remercie chaleureusement, ainsi que les Éditions du Chat Noir. Etant aux Imaginales de cette année j’ai pu le récupérer en mains propres, sauf que j’ai pas eu le temps de le faire dédicacer. Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice mais le résumé et la sublime couverture de Len-Yan m’ont motivée à postuler et je ne le regrette pas.

J’ai dévoré ce roman en 4h top chrono, le temps de mon train. C’était prenant, efficace avec des scènes horrifiques très marquantes. La plume de l’autrice est vraiment très visuelle, j’ai été sans peine embarquée dans l’histoire, l’univers et l’ambiance si particulière du Waterwitch. Les scènes avec les fantômes ou les sorcières sont vraiment bien pensées et stressantes à souhait.

Les personnages sont attachants, même si à la lecture du résumé je m’attendais à n’avoir qu’Emma en narratrice et surtout que son handicap serait plus mis en avant. J’attendais davantage d’approfondissement sur sa douleur, sa solitude et son impuissance dans des situations où marcher aurait été indispensable. Il manquait donc un peu de travail à ce niveau-là à mon goût.

Néanmoins Emma, son fidèle chien, Jem et Shell sont tous intéressants et agréables à suivre, même si je pense que l’autrice aurait gagné en intensité en limitant plus les points de vue et en approfondissant un peu plus la personnalité d’Emma. Au final c’est plus Shell qui prend le pas sur l’intrigue. L’histoire derrière le Waterwitch était en revanche passionnante et j’ai adoré l’ambiance de cette auberge ! J’ai été happée par cette histoire, je la visualisais parfaitement et j’y étais plongée jusqu’au cou. J’aime les histoires d’horreur donc j’en ai eu pour mon compte. L’univers et la plume sont tous deux très immersifs. Une adaptation cinématographique serait une belle réussite.

En conclusion, j’ai passé un très bon moment, rapide mais intense avec une ambiance travaillée et des personnages sympathiques. La couverture et la maquette soignée représentent également un plus dans la lecture.

 Ma note ::star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la Faucheuse T2 : Thunderhead

Neal Shusterman
Traduction : Stéphanie Leigniel

Robert Laffont, collection R
Young Adult, SF
19,50 €
571 pages

Le premier tome avait été un beau coup de cœur (voir ma chronique ic), c’est donc tout naturellement que j’ai demandé la suite. J’ai retrouvé avec plaisir l’univers original créé par l’auteur ainsi que les personnages. J’avoue avoir eu un peu de mal à me souvenir ce qui s’était réellement passé à la fin du tome 1 mais je suis parvenue à raccrocher les wagons.

Nos deux héros Citra et Rowan ont bien mûri et ont dû prendre des chemins différents. De nouveaux personnages les rejoignent comme Greyson, que j’ai beaucoup apprécié même si certaines parties le concernant sont un peu survolées (comme Purity par exemple) mais il nous permet d’en apprendre davantage sur les Malpropres.

Le grand nouveau c’est le Thunderhead dont les pensées ponctuent les chapitres. On est loin du grand méchant Skynet comme je l’avais cru à la fin du premier tome. Au contraire, c’est une intelligence artificielle qui œuvre pour les humains de manière juste, mesurée et intelligente. Ses réflexions sont très intéressantes et amènent à l’introspection. En revanche il ne peut intervenir sur les faits et gestes des Faucheurs, il est donc restreint au rôle d’observateur à l’instar du lecteur et c’est très frustrant.

J’ai craint pour nos jeunes héros et les Faucheuses que nous connaissons car les heures sombres approchent et il ne fait pas bon d’être du côté conservateur. La fin est très inattendue et n’épargne personne, cela augure un tome 3 très différent, mais j’ai l’impression que ce genre de stratégie est assez courante maintenant dans les Young Adult. C’est un peu à double tranchant pour moi. A voir, donc !

Ce deuxième tome est plus sombre que le premier, moins enthousiasmant aussi car dans le premier nous avions la découverte du métier de faucheur, c’était passionnant. A présent, Citra et Rowan doivent assumer leurs choix et faire leur place dans la société, chacun œuvrant à sa manière et pensant que c’est la bonne.

La Faucheuse est vraiment une bonne série, intelligente, différente des dystopies habituelles (l’auteur lui-même voulait une utopie), moderne et servie par des personnages attachants et avec du plomb dans le crâne. Je vous la recommande chaudement.

 Ma note:star::star::star::star::star-half:

Chronique : Iron Gold partie 2

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette
SF, Young Adult
18 €
357 pages

Comme promis, je reviens avec mon avis sur la deuxième partie de Iron Gold (pour la première partie c’est ici). Attention aux spoilers par rapport au tome précédent. 

Nous enchaînons rapidement sur les événements et il n’y a aucun temps mort.  J’ai été étrangement ravie et triste en même temps de la chute de Darrow. Encore une fois, notre héros en a fait qu’à sa tête et son entêtement lui coûte cher, très cher. Malheureusement, plus les pages filent, plus le retour en arrière semble impossible. Alors que je l’ai toujours suivi malgré les obstacles et les ennemis, j’avoue qu’il est de plus en plus dur de lui faire confiance et de cautionner ses actes. Un fil de pensée que partagent ses amis aussi. 

Ici Darrow va devoir faire alliance avec de drôles de personnages. L’expression « pactiser avec le diable » prend tout son sens. On y retrouve de vieilles connaissances et de nouveaux personnages intéressants. On sait que, bien sûr, rien ne se passera comme prévu et seul Darrow est encore assez naïf pour l’espérer. La fin du tome est terrible, il est difficile en tant que lecteur de comprendre son acharnement à la guerre. Darrow s’est perdu et c’est ce qui rend ce personnage si réaliste.   

J’avais imaginé tout autre chose pour Lyria mais l’auteur a su me surprendre. C’est un personnage intéressant, qui est un vrai lien pour entrecroiser tous les autres destins. J’ai beaucoup aimé la suivre. C’est celle qui subit le plus d’injustices dans ce roman. J’espère qu’elle aura encore une part belle dans la suite !

Ephraïm trouve enfin son rythme de croisière dans ce roman et j’ai pris plus de plaisir à le découvrir ici. Je n’irais pas jusqu’à dire que son personnage est attachant mais il vaut la peine d’être connu et de lui donner une chance de pardon et de rédemption. 

La partie la plus intrigante et frustrante de ce tome concerne les aventures de Lysandre et Cassius. Bon sang, si on doutait que les Ors de l’ancien système sont des sacrés connards, heureusement qu’il en reste sur la Bordure pour nous le rappeler. J’ai beaucoup aimé suivre la famille d’Or qui les détient prisonnier et que nous avions pu connaître un peu dans Red Rising. Encore une fois des rebondissements et des trahisons viennent ponctuer le roman et le sang coule. Même si cette famille force le respect par certains aspects j’ai beaucoup de mal avec Séraphina mais d’après le chemin tracé il me semble qu’elle est destinée à Lysandre alors je crains de devoir la supporter encore un moment. La part belle est donc donné à cet ennemi qui nous permet de remettre en question le Soulèvement de Darrow.

En conclusion, cette deuxième partie m’a encore étonnée, passionnée et faite trembler. Honneur, trahison, sacrifice et pardon sont mis en avant au travers de tous nos personnages sur fond d’une nouvelle guerre civile qui couve car les perdants d’hier cherchent à retrouver leurs privilèges. Un ennemi est tapi dans l’ombre et je pense deviner de qui il s’agit. A voir dans le prochain tome. Car oui, pour notre plus grand plaisir, l’aventure continue !

 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Iron Gold partie 1

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette
SF, Young Adult
18 €
372 pages

J’ai été plus que ravie d’apprendre que l’auteur poursuivait son aventure dans l’univers de Red Rising. J’ai donc demandé la suite à mon anniversaire et je me suis jetée sur ces deux parties d’Iron Gold qui n’est que le commencement d’un nouveau cycle. 

Attention, si vous n’avez pas terminé Red Rising, je vous conseille de passer votre route car cela spoile la fin de la première trilogie. 

Dix ans ont passé depuis le soulèvement de Darrow. Nous allons suivre trois destins en plus du sien, ce qui nous permet d’aborder la grande créativité de l’auteur pour les autres couleurs et surtout de brosser un tout autre tableau de ce soulèvement où la suprématie des Ors a été mise à mal. 

J’ai été à la fois triste mais satisfaite de voir que notre cher Darrow guerroie depuis 10 ans et n’est pas du tout l’homme qu’il aurait espéré devenir. Triste car le pauvre est complètement coincé dans sa quête de la fin de la guerre, qui consiste pour lui à tuer le Seigneur Cendré,  dernier symbole de la toute puissance de l’ancien système, et du coup il passe à côté de sa vie de famille tant rêvée. Mais satisfaite car cette évolution est bien plus naturelle et réaliste qu’une fin rose de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Tous les actes de Darrow par le passé ont eu et ont encore des conséquences, j’ai aimé que l’auteur nous transmette ce message. 

Alors que Darrow continue de poursuivre le Seigneur Cendré, nous faisons la connaissance de Lyria, une rouge que j’ai beaucoup appréciée. Le soulèvement a libéré les Rouges exploités mais pas toujours pour le meilleur. De manière très réaliste, l’auteur nous montre que les Rouges livrés à eux-mêmes dans des camps de « sauvetage » font malheureusement ce que les humains font de mieux : ils tournent leur haine contre eux. Et ainsi les anciennes disparités hiérarchiques se retournent contre les différents groupes de Rouges. Lyria en souffre ainsi que sa famille et par un concours de circonstance, la voilà embarquée avec la famille tellement sympathique des Au Télémanus.

Dans ce premier tome, nous faisons aussi la connaissance d’un Gris (et non d’un Obsidien comme dit sur le 4ème de couverture… hum) qui a un lien avec l’ancienne trilogie. Ephraïm nous permet de voir un autre aspect des villes lunaires. La chute de l’ancien système et le désœuvrement de certaines couleurs ont encouragé la mise en place de Syndicats et de petites frappes. Encore une fois, tout n’est pas simple ni rose. Des gens profitent des failles et œuvrent pour revenir à l’ancien système. J’avoue que j’ai été moins emballée par ce personnage, qui trouvera une meilleure place dans l’intrigue dans la seconde partie.

Enfin, nous suivons deux personnages de l’ancienne trilogie que j’ai eu grand plaisir à retrouver (attention spoil de la trilogie !!) : Lysandre et Cassius. Grâce à eux nous comprenons aussi que tout l’univers n’est pas pacifié et que les Ors de la Bordure sont toujours là et bien décidés à revenir à l’ancien système. Cassius m’a un peu déçue dans le sens où il apparaît comme un naufragé, toujours amoureux de Mustang, comme s’il n’avait jamais pu se relever des événements de Red Rising, ce qui est bien dommage. Lysandre en revanche est devenu un jeune adulte très prometteur, intéressant qui va bien évoluer au fil du tome.

J’ai adoré ce tome, à l’image de tous les autres. L’auteur nous en dévoile davantage sur son monde et je reste avide d’en apprendre toujours plus ! J’adore voir que tout s’imbrique parfaitement dans l’ensemble de l’univers et que tous les actes passés ont des conséquences visibles à présent. L’auteur nous montre aussi que réaliser ses rêves et être heureux sont parfois des concepts impossible à concilier. Darrow continue de se battre et commet encore, malheureusement, des actes impardonnables. Il est notre héros mais reste loin d’être parfait et c’est pour ça qu’on l’aime.

J’ai enchaîné avec la seconde partie donc vous aurez ma chronique très vite !
 
 

Ma note : :star::star::star::star::star: