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Chronique : Olangar, une cité en flammes

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page Facebook
Critic
Fantasy
24€
668p

Après avoir adoré la premier tome Olangar Bans et Barricades (voir mes avis pour la partie 1 et la partie 2) je me suis replongée avec un grand plaisir dans l’univers d’Olangar. Le premier tome se suffisait à lui-même, la fin était cohérente et bien bouclée. Nous avons donc ici une nouvelle intrigue avec les mêmes personnages et de nouveaux. Le dépaysement est encore une fois garanti, l’action est au rendez-vous, le courage, le suspense également.

J’ai été très heureuse de retrouver l’intrépide Evyna qui a bien grandi dans ses responsabilités depuis le précédent tome. Elle force toujours le respect et remplit parfaitement son rôle d’héroïne à qui l’on souhaite ressembler. J’ai été ravie de la retrouver et de voir qu’encore une fois, elle n’écoute que son courage et va au-devant du danger, prête à porter l’intrigue de ce roman.

On retrouve aussi d’autres personnages, je ne vous en dis pas plus pour conserver la surprise. Parmi nos chers nains, j’ai eu un peu moins de facilité à me glisser à leurs côtés. Il est difficile d’égaler Baldek ! Parmi les nouveaux personnages, j’ai tout de suite apprécié le jeune Keiv, qui est très intéressant et apporte un vent de fraîcheur dans cette histoire tout de même sombre et difficile.

Malgré ses presque 700 pages, j’ai englouti ce roman. J’ai été tout de suite immergée par l’histoire et la plume parfaitement maîtrisée de l’auteur. Tous les personnages sont fouillés, on veut connaitre leur histoire et leur destin, et bien sûr on veut que les manigances politiques soient révélées au grand jour. Mais rien n’est jamais simple à Olangar. J’aime cet aspect que rien n’est gagné, voire que tout est presque perdu, cela change et fait bien plus réaliste.

Les réels desseins restent bien cachés tout au long du roman. Si l’auteur a distillé des indices, je n’en ai trouvé aucun ! J’ai été aussi surprise et désemparée que nos chers personnages. Encore une fois l’action a une belle place dans le roman avec de grandes et spectaculaires batailles sanglantes et terribles. L’auteur devait se réinventer après l’impressionnante scène de bataille du train de Bans et Barricades. Le pari est réussi ! Au-delà, l’auteur nous dépeint également des combats sociaux et politiques parfaitement transposables à notre époque.

Vous l’aurez donc compris, j’ai adoré ma lecture. La violence côtoie l’humain dans cette aventure palpitante, dépaysante et prenante. Je vous la conseille très fortement.

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Mr Mercedes

Stephen King
Traduction : Océane Bies et Nadine Gassie 
Albin Michel
Thriller
474 pages
23,50€

Voilà un livre qui squatte ma PAL depuis plusieurs années (sa sortie remonte à 2015) mais je ne sais pas, il m’attirait moins que d’autres Stephen King. Je m’attendais à autre chose, du coup j’ai été au début agréablement surprise de voir la direction que ce roman prenait. Je crois que j’ai été échaudée par Nosfera2 de son fils (Joe Hill) qui m’a profondément déçue.

J’ai donc été emballée par le début, qui nous propose un thriller efficace avec des personnages sympathiques et attachants. On a une brochette de personnages assez uniques, entre la classe et dynamique Janey, le jeune et talentueux Jerome, l’atypique Holly qui s’étoffe au fil du roman et qu’on apprend à mieux apprécier. L’inspecteur Bill est lui plutôt classique. Il ne m’a pas vraiment marqué. Brady était intéressant mais on nous fait des promesses non tenues à son sujet. Ça manquait un peu de profondeur et son intelligence n’est surtout montrée que par ses actes passés par ceux qu’il prend ensuite.

Ainsi, même si l’histoire s’est révélée plus intéressante que je ne le croyais, cela reste une lecture facile à oublier. Autant le prologue est clairement du 100% King, autant la suite, sans une once de fantastique, ne cassait pas trois pattes à un canard. Ce n’est clairement pas le meilleur des Stephen King à mon goût. Même s’il y a des prises de risque et des rebondissements inattendus, je n’ai pas vraiment frissonné ni eu trop peur pour les personnages. En fait, il nous appâte avec des possibilités qui ne se concrétisent pas (sauf une, époustouflante et terrible), alors que d’habitude on ne le voit pas venir et il frappe fort.

En conclusion ce fut une lecture pas désagréable mais pas forcément à la hauteur de ce que King peut faire. C’est trop classique, trop déjà vu, il n’apporte pas grand-chose de nouveau, ni même le côté haletant de certains thriller vraiment bien ficelés.


 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : la résurrection de l’Epouvanteur

Joseph Delaney
Traduction : Marie-Hélène Delval 
Bayard Jeunesse
Jeunesse, fantastique
365 pages
14,90€

Nous reprenons l’histoire là où elle s’était arrêtée au tome XIV. Le début est donc triste mais des événements inattendus vont garder le lecteur en haleine durant tout le récit. Les aventures de Tom, Jenny et Grimalkin au Nord, près du pays des Kobalos se poursuivent. Il va y avoir de l’action mais également plus d’aspect fantastique que dans le précédent tome que je regrettais un peu.

Tom grandit encore au travers de ce tome, il traverse des événements durs, doit prendre des décisions difficiles et sent peser le poids des responsabilités vis-à-vis de Jenny son apprentie mais aussi du Comté duquel il a dû s’éloigner pour mener cette terrible guerre contre les Kobalos qui les dépasse tous.

L’auteur n’épargne personne, c’est un tome dur et difficile. On retrouve des personnages que le lecteur attendait avec impatience et on en perd d’autres. L’histoire avance, on apprend des choses et si de nouveaux alliés débarquent, l’issue reste très incertaine. On sent que le prix à payer sera très lourd.

Certaines scènes nous sont contées du point de vue de Jenny au sujet de Tom, et si cela donne une impression de pudeur, de respect de la vie privée du personnage, j’aurais aussi aimé avoir un peu plus de ressenti de la part de Tom. Jenny est tantôt agaçante, tantôt touchante. Tout comme Tom à son âge elle n’écoute pas toujours son maître mais là où Tom subissait en général des choix imposés par d’autres, Jenny, elle, les prend seule et les assume. Grimalkin quant à elle endosse un rôle plus difficile, elle est dure, implacable et semble obnubilée par son combat contre les Kobalos, voire aveuglée et elle prend de mauvaises décisions que l’on ne peut cautionner. La fin justifie les moyens selon elle, et on sent un clivage avec les valeurs de Tom.

La fin est sanglante et triste, nos personnages passent par des moments très difficiles. Cela ne laisse présager rien de bon sur le futur de nos héros malheureusement. J’ai déjà le tome suivant dans ma bibliothèque, je ne tarderai pas à le lire.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Victime 2117

Jussi Adler-Olsen
Traduction : Caroline Berg 
Albin Michel
Thriller
572 pages
22,90€

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu la suite des aventures de Carl, Assad et Rose. L’auteur avait écrit un roman qui ne se déroulait pas dans le Département V dans l’intervalle que je n’ai pas lu. Comme j’ai offert à mes parents le 4ème film adapté des romans et qu’on l’a regardé pour Noël, cela m’a permis de me replonger dans l’histoire avant de lire Victime 2117.

Ce roman est un peu à part des autres car il est principalement centré sur l’histoire d’Assad qui nous est sciemment cachée depuis le premier tome. On apprend toute la vérité et elle est vraiment triste pour notre pauvre Assad. Même si c’est son histoire et qu’il nous la conte par petits morceaux tout au long du roman, j’ai trouvé Assad moins actif, sauf à la fin. Il subit plus qu’il n’agit.

Pour nous faire découvrir l’histoire d’Assad, l’auteur s’empare de sujets d’actualités, sur les migrants qui débarquent sur les plages et dont beaucoup ne survivent pas à leur traversée de la Méditerranée et aussi des actes terroristes même si pour le coup, ici on est davantage sur une vengeance personnelle que sur des motifs extrémistes.

En parallèle Rose et Gordon travaillent sur un autre cas, qui est pourtant lié aux migrants et qui permet à Gordon de sortir de sa zone de confort et de se confronter au terrain. Assad étant au fond du seau, l’aspect humoristique vient de Gordon et vu les thématiques et les événements, cette petite touche de fraîcheur est la bienvenue. Cela sort aussi Rose d’une dépression liée aux événements du tome précédent. Son évolution tout au long du tome fait plaisir car au départ, j’ai ressenti beaucoup de pitié et de tristesse pour son état. Quant à Carl, pour une fois c’est donc plus lui qui est actif étant donné qu’Assad est totalement déprimé et tétanisé par les événements liés à son passé. Alors qu’au début c’est Assad qui devait pousser pour tisser des liens entre eux, cette fois, l’amitié qu’ils se portent est soutenue par Carl qui est présent pour son ami.Je suis moins emballée par la tournure de la relation Mona-Carl par contre.

Même si j’aime beaucoup cette série et ses personnages vraiment atypiques, hauts en couleur et attachants, je sens que cela commence à sentir la fin. Il serait temps de clôturer à présent que les personnages ont plus ou moins tous dénoué leurs fils d’intrigue. Mais on voit bien que le fil rouge derrière, l’affaire qui a coûté la vie à un policier et rendu le coéquipier de Carl paralysé est toujours en suspens. J’espère donc qu’on aura le fin mot dans un tome final. J’ai en tout cas ici passé un bon moment de lecture même si ce tome n’est pas mon préféré du lot.


 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Contes hybrides

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site Internet  
Éditions 1115
Recueil de nouvelles
139 pages
7€

Si vous me suivez, vous savez que Lionel Davoust fait partie de mes auteurs incontournables et que je lis toutes ses productions. A sa sortie, je me suis donc empressée de lui prendre ce recueil de nouvelles, très court mais riche et intense en termes de contenus. Ce recueil rassemble trois nouvelles publiées dans d’anciennes anthologies mais que je ne connaissais pas.

La première nouvelle, Le Sang du large est très poétique. Le lecteur se demande de manière très légitime jusqu’à quel point l’auteur se livre dans cette nouvelle. Son amour pour l’océan et l’écriture se ressentent parfaitement. Le désespoir puis les espoirs du narrateur se transmettent au lecteur jusqu’au point que nous aussi nous voulons croire au merveilleux.

La deuxième nouvelle Point de sauvegarde est très intéressante de par sa structure et sa thématique. En dépit du format de la nouvelle, je me suis attachée au personnage principal et j’ai été tout de suite immergée dans sa mission. L’ambiance diffère des récits habituels de l’auteur, cela rend cette nouvelle plus originale. La chute est bien trouvée, l’auteur a su nous emmener sur d’autres pistes pour nous surprendre.

La troisième et dernière nouvelle s’intitule Bienvenue à Magicland . C’est un texte très original, décalé, drôle mais juste et qui, sous couvert de la fantasy, parle de la triste réalité des zoos dans notre monde réel. J’ai beaucoup aimé, d’un point de vue de biologiste, d’autant que Lionel, également grand amoureux de l’océan, fait un parallèle entre la licorne, animal de fantasy par excellence et les dauphins et orques des delphinariums. Le Grand Bleu qui devient le Vaste Vert, j’ai adoré ! Le héros aussi est décalé et sa nature rend les choses vraiment originales, je n’en dis pas plus pour conserver le suspense. Bref, une nouvelle très intéressante, plus psychologique qu’elle n’y parait et surtout d’actualité même si elle a été écrite en 2015.

Ce recueil de seulement trois nouvelles est extrêmement riche et démontre tous les talents de Lionel Davoust à écrire des textes poétiques, justes, intelligents et immersifs. En bref, c’est un carton plein !


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Les vivants #1 et #2

Mat de la Peña
Traduction : Magali Duez  
Robert Laffont
Young Adult
382-421 pages
17,90€

J’ai décidé de regrouper les deux tomes de cette duologie qui auraient tout à fait pu former un seul et même tome. J’avais reçu ces romans pour un Noël, ayant entendu beaucoup de bien dessus mais sans avoir trop creusé… allez savoir j’ai cru qu’il était question de zombie mais en fait pas du tout. Il n’y a pas une once d’imaginaire dans cette histoire 100% contemporaine. Cela ne m’a pas empêché de la dévorer. Dans le premier tome, nous suivons le héros, Shy, qui travaille à bord d’un paquebot de luxe alors qu’un tsunami le submerge et qui doit lutter pour sa survie. Dans le second tome, les choses se sont compliquées et nous abordons un aspect plus post-apo.

J’ai retrouvé les schémas classiques du YA avec en plus une narration très nerveuse, largement plus portée sur l’action que la réflexion. Le héros, Shy est vraiment sympathique et porte le roman sur ses épaules. Bon il passe sa vie à répondre aux questions par des haussements d’épaules mais passons. C’est un jeune homme avec de bonnes valeurs, courageux, sensible mais pas exempt de défauts et de maladresse. J’ai eu beaucoup d’affection pour lui tout au long de son voyage. Le gros point noir de ce roman c’est Carmen qui pourtant aurait pu être un personnage super, avec du charisme, du caractère, de l’intelligence, mais elle passe pour la Latino sexy, qui ne sait pas ce qu’elle veut, enchaîne les colères et coup de sang et s’impose tout le temps. Dommage car elle m’a profondément agacée et le fait que Shy soit obnubilée par elle, ou plutôt son physique, ne faisait que renforcer ce sentiment. Elle n’a pas vraiment d’évolution tout au long du roman, elle reste inconstante et de grosses ficelles permettent de donner une fin que j’ai trouvé décevante. Addie en revanche a eu une belle progression et est malheureusement la grande oubliée du tome 2. Elle avait un bon potentiel inexploité, aussi bien en tant qu’alliée qu’ennemie mais l’auteur l’a laissé très en arrière. Cireur était particulier, sans lui nos amis seraient morts depuis longtemps mais je n’ai pas développé de sentiments particuliers à son égard.

Certains aspects sont très rapides, d’autres au contraire sont bien traités. J’ai préféré le premier tome lorsqu’ils luttaient pour survivre au naufrage du paquebot, c’était bien plus réaliste, prenant et angoissant que le deuxième tome où la cohérence commence à s’étioler. Les idées derrière sont bonnes et intéressantes mais la fin, rapide, n’est pas vraiment à la hauteur des attentes créées tout au long du périple. Pour autant, certaines scènes sont très dures et bouleversantes, et les personnages secondaires sont bien traités (hormis Carmen vous l’aurez compris).

Je suis donc partagée car le diptyque est très efficace, j’ai englouti les deux tomes d’affilé ce qui m’arrive rarement. Certains aspects sont très bien ficelés, le héros est génial, mais d’un autre côté il y a des points qui m’ont moins convaincue, voire agacée sur le deuxième tome.


 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Elvira Time #4

Mathieu Guibé
Auteur francophone  
Chat Noir
Fantastique
190 pages
14,90€

Ce quatrième volume signe la fin des aventures de notre chère Elvira et sa bande d’amis. Cela se ressent, tout le roman est une véritable bombe à retardement. Dès les premières pages, l’auteur au travers d’Elvira et de cette sublime couverture nous annonce la couleur : c’est la fin et elle ne sera pas belle. Mais est-ce du bluff ou la vérité ?

Le troisième tome avait fait un retour dans le passé pour nous narrer la tragique histoire de Jericho, ce qui donne encore plus de poids à ce quatrième opus. Encore une fois, l’auteur nous emmène dans un tourbillon de sentiments et de violence. Ici nous retrouvons une Elvira auto-destructrice, elle se fiche de son avenir et ses sombres pensées finissent pas atteindre le lecteur impuissant. Heureusement, Elvira est soutenue par ses amis et sa famille.

Ce roman fait ici la part belle à la psychologie, la reconstruction et le pardon de soi. J’ai trouvé que l’auteur sonnait juste. Même si les apitoiements d’Elvira se sont un peu éternisés par moment, au moins elle n’a pas perdu sa morgue et sa combattivité. J’ai un peu regretté que la bande d’amis soit un peu en retrait dans ce tome mais Elvira menait un combat contre elle-même donc je comprends ce choix. Nous voyons quand même Shinta, Belinda et Ludwig que l’auteur n’oublie pas dans cette fin de saga. Malheureusement le temps entre mes lectures et les sorties des différents tomes ont fait que j’avais pris de la distance avec l’antagoniste principal et ses différentes manœuvres. Je suis donc restée assez extérieur à ce conflit-là.

Il s’agit donc d’un tome axé sur l’émotion et la psychologie même si, rassurez-vous, vous avez droit à vos litres d’hémoglobines, votre lot d’humour noir et de références à la pop culture. Quant à la fin… est-elle vraie, est-elle inventée ? Libre au lecteur de choisir mais dans un cas comme dans l’autre, elle est juste bouleversante. Je quitte donc cette saga avec mélancolie mais aussi beaucoup de reconnaissance car j’ai pris grand plaisir à suivre les aventures d’Elvira, Jericho et les autres. Nos deux héros en particulier seront très difficiles à oublier tant leur histoire est poignante.


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Bpocalypse

Ariel Holzl
Auteur francophone 
L’Ecole des Loisirs
Young Adult/post-apo
413 pages
17 € pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique de Babelio, que je remercie donc.

J’ai été ravie de lire un nouveau roman d’Ariel Holzl (pour rappel mes avis sur les Sœurs Carmines Tome 1, Tome 2, et Tome 3, ainsi que celui sur Lames Vives). On retrouve ici la plume cynique, l’humour noir et toute l’imagination débordante de l’auteur. J’avais été moins séduite par Lames Vives, malgré son univers sympathique, ici j’ai renoué avec mes émotions à la lecture de sa trilogie des Soeurs Carmines.

J’ai passé un super moment en compagnie de notre héroïne Samsara qui n’a pas sa langue dans sa poche, ni sa batte; J’ai aimé son franc-parler, son côté brut de décoffrage et surtout le fait qu’elle commet des erreurs comme tout un chacun. Ses amis Yvette et Danny étaient chouettes, ils formaient un groupe sympa. J’ai bien aimé aussi les Jumeaux même s’ils restent très mystérieux avant la fin et que j’aurais aimé une plus forte implication de l’ami Søren. Et puis il y a Michael… mais je ne peux rien dire sans spoiler. Bref, nous avons une belle brochette de personnages différents avec qui j’ai aimé passer ces 400 pages.

L’histoire est prenante, le gros point fort étant cette ville de Concordia, touchée par l’apocalypse et dont chaque quartier présente de nouvelles spécificités… et dangers ! L’auteur a pu s’en donner à cœur joie dans les monstres et mutations et ça se ressent. Tout était très inventif et immersif. Le fait que nous suivions des ados qui ont grandi dans ce contexte post-apo nous donne une impression de normalité qui renforce le ton décalé et humour noir du roman. Mon seul bémol concerne l’extérieur de la ville qui est un peu convenu.

L’auteur traite de différents sujets avec justesse, l’histoire est prenante, bourrée d’action, d’humour, de faux semblants. J’ai passé un super moment et j’attends donc avec impatience les prochains ouvrages d’Ariel Holzl. La couverture donne vraiment le ton, elle est bourrée de détails et la carte au début du livre était très utile.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Zothique & Averoigne

Clark Ashton Smith
Traduction : Julien Bétan  
Mnémos
Fantasy
459 pages (intégrale prestige)
19€ (volumes séparés grand format)

Je n’avais jamais entendu parler de l’auteur Clark Ashton Smith quand j’ai vu le projet de financement participatif de la maison d’édition Mnémos pour publier en 2 intégrales l’ensemble de ses textes en Fantasy dans une toute nouvelle traduction. Le rendu est magnifique, avec des couvertures rigides et demi-toilés, de sublimes illustrations intérieures, des signets, un coffret… Le succès était tel que l’équipe a rajouté un 3ème tome. J’ai donc cédé à l’appel, car les couvertures sont somptueuses et que j’étais très curieuse de découvrir cet auteur ami du célébrissime H. P. Lovecraft. Je n’arrive pas à croire que cela date déjà de 2017… donc trois ans plus tard j’ai enfin sorti de son beau coffret le premier volume.

Mais un roman n’est pas qu’une belle couverture, alors qu’ai-je pensé de ma lecture qui m’a quand même occupée plus d’un mois ? Déjà sachez que c’est un recueil de nouvelles, que l’auteur a publiées au gré de sa vie et qui sont regroupées en fonction des mondes dans lesquels elles se déroulent. Dans la première partie, nous nous trouvons donc sur Zothique, le dernier continent. J’ai beaucoup aimé les textes en rapport avec Zothique. L’auteur avait un style très poétique, très riche et envoûtant. Je salue les talents du traducteur ! Les préfaces m’ont permis aussi d’avoir une deuxième lecture de ces textes, avec une vraie réflexion que je n’ai pas pu avoir lors de ma lecture, trop occupée que j’étais à m’imprégner du style de l’auteur et à m’évader dans ses mondes imaginaires. Heureusement des personnes bien plus douées en analyse littéraire que moi se sont penchées sur la question et mettent en avant les intentions et les inspirations de l’auteur, en relation avec sa vie de l’époque.

Zothique a une ambiance clairement sombre, on rencontre sur ce continent à l’agonie, ravagé et en partie désertique de nombreux nécromanciens, ce qui m’a ravi. J’ai été tout de suite transportée sur ces terres dangereuses, décadentes où beaucoup des quêtes se révèlent funestes et où il faut se méfier de ses souhaits. Squelettes, liches, sorciers et autres créatures monstrueuses et/ou trompeuses foulent ce sol, dont la magnifique carte en début de roman a été d’une grande aide. Ces nouvelles laissent peu de place à l’espoir, aux belles histoires et aux personnages avec un bon fond.

Aveirogne, d’après la préface est inspiré de notre bonne vieille Auvergne. L’ambiance est très différente, plus ancrée dans une fantasy classique et moins sombre. La magie y est certes dangereuse mais moins portée sur la nécromancie, même si nombre de sortilèges sont présents entre les pages. J’ai un peu moins apprécié ce recueil comparé à Zothique mais ceci n’est vraiment qu’une historie de goût ; j’ai toujours été fascinée par les nécromants.

Certains textes ont clairement une morale, comme Le Voyage du roi Euvoran , le sombre Eidolon , Les mandragores , le Faiseur de gargouilles … D’autres piègent des personnages entre les griffes de personnes mal intentionnées, comme l’abbé noir de Puthuum , l’île des tortionnaires , la mère des crapauds.

J’émets quand même quelques précautions. Ces textes ont été publiés dans les années 1930, écrits par un auteur américain né en 1893 et sont donc empreints des codes et thématiques de cette époque qui ne correspondent plus à la plupart des valeurs actuelles. A mon sens, il faut donc prendre une distance critique pour lire certains textes et les replacer dans leur contexte historique.

En conclusion, je suis quand même contente d’avoir pu découvrir cet auteur culte, sa plume incroyable, son univers de Zothique si inspirant et immersif. Je ne regrette donc pas mon achat et je compte bien lire les deux autres volumes de ce coffret prestige.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : C’est dans la boîte

Frédéric Ernotte
Auteur francophone, voir le site  
Séma Editions
Thriller
275 pages
8,90€

Je ne connaissais pas du tout l’auteur mais le descriptif et l’envie d’aider les éditions Séma au lancement de cette nouvelle collection poche à petit prix m’ont convaincu de tenter le coup. Je ne regrette absolument pas. Pour information, il y avait une édition collector numérotée qui est à présent épuisée.

J’ai été complètement emportée par l’histoire et la narration en très peu de temps. Il y a plusieurs histoires en une et c’était très intéressant de les découvrir. Je ne peux pas trop en dire plus car il faut garder le mystère et la surprise qui rendent ce roman si prenant et surprenant. Tout ce que je peux dire c’est que ces histoires parallèles sont si immersives qu’elles m’ont fait perdre de vue l’objectif principal. Ce qui pourrait sembler un point négatif mais non car elles font office de diversion afin de renforcer l’effet de surprise.

Les annonces autour du roman ne cessaient de vanter son côté bluffant, force est de constater qu’elles avaient raison. Je me suis donc prise au jeu de cette boîte et de toute les intrigues. Ce roman est ingénieux et intelligent. Sa longueur aussi est parfaite, juste assez pour nous plonger dedans mais pas trop long pour ne pas perdre le côté huis-clos.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture, le pari autour de ce roman est complètement réussi car je ne suis pas parvenue à déjouer les pièges de l’auteur. Chapeau bas. Si vous voulez un petit thriller, court, efficace et qui vous surprendra, je ne peux que vous le conseiller


 Ma note : :star::star::star::star::star-half: