Chronique : A la croisée des mondes

Philip Pullman 
Traduction : Jean Esch
Gallimard
Jeunesse, Fantasy
25 €
1 025 pages

Je connaissais ce roman de nom, je savais qu’il avait marqué de nombreux jeunes lecteurs à sa sortie, un peu comme Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux. Je savais qu’ils en avaient fait un film mais je ne l’ai jamais vu. En revanche, nous avons vu la série et nous avons adoré. Du coup, comme j’avais acheté d’occasion l’intégrale en roman je me suis dit qu’il était temps de lire avant l’arrivée de la suite de la série (s’il y en a une d’ailleurs, je n’en sais rien). 

Pour le coup, c’est compliqué car c’est un roman d’abord destiné aux jeunes et le lire une fois adulte doit enlever une grande part de sa magie et de l’émerveillement que j’aurais sans doute dû ressentir. J’ai tout lu d’une traite et ça m’a pris trois mois tant le récit est dense. La série a très bien su retranscrire le premier livre à mon humble avis, je trouve qu’elle l’a même sublimé. Si les films ont tendance à dénaturer les romans en coupant des passages ou en allant très vite sur des aspects importants à cause du temps imparti, les séries elles ont le temps nécessaire pour installer les intrigues et bien présenter les personnages. 

Pour en revenir au roman, le premier livre est intéressant, intriguant et passionnant. On nous y présente des personnages vraiment sympathiques à suivre comme Lyra, Mme Coulter, les gitans, Lee et bien sûr Iorek. Dans le second tome, les choses commencent à déraper avec les nouveaux mondes. Nous faisons la connaissance de Will qui est vraiment un super personnage, bien mieux que Lyra au final. Il prend d’ailleurs plus de place et son évolution est bien plus intéressante à suivre. Il lui vole clairement la vedette. 

A partir de ce deuxième roman j’ai perdu de l’intérêt. Je ne voyais pas du tout la suite ainsi avec les Anges, l’Autorité, la Poussière etc. J’ai été assez déçue je ne vous le cache pas. Encore une fois, si je l’avais lu plus jeune, mon avis aurait peut-être été différent.  La narration n’est pas non plus ma préférée, avec peu de dialogues, des personnages qui se lancent dans de grandes explications pas très naturelles, beaucoup de mystères et parfois pouf les persos comprennent sans que le lecteur ait la moindre piste alors qu’on est dans leur tête. Bref, si ce genre de narration fonctionne dans certains genres ici je n’ai pas toujours été convaincue. La plume est par contre plutôt descriptive, poétique, limite contemplative par moment.

Le troisième tome n’a pas rattrapé mon avis. Je me suis clairement ennuyée à certains passages, notamment avec le Docteur Malone. Cela manquait de crédibilité et malheureusement d’intérêt. Certaines choses arrivent trop vite sans explications, notamment sur les sentiments des personnages. Des idées restent vraiment très intéressantes, comme les daemons bien sûr, le lien entre tous les mondes, le couteau et la Poussière ou encore le monde des morts. Le dépaysement est garanti, ça c’est certain.

Après je salue l’auteur pour avoir choisi en personnage principale Lyra, une gamine très réaliste, menteuse, insolente et assez égocentrée, pourtant capable de générosité et de grand courage. On est loin de l’héroïne habituelle et je comprends que beaucoup de jeunes filles puissent s’identifier à elle. Madame Coolter est géniale, ça c’est un personnage grandiose ! Complexe, inédit et vraiment bien construit, c’était passionnant de la suivre. C’est un personnage comme on en voit rarement et très marquant. Lord Asriel aussi est sacrément prometteur, je suis déçue qu’on ne le voit pas plus (bon d’accord, je suis très influencée par l’acteur qui l’incarne dans la série). Lee est une personne comme on aimerait en avoir à ses côtés pour ce genre d’aventure, il est très inspirant.

En conclusion, ce roman est culte donc je ne regrette pas de l’avoir lu mais ce n’est clairement pas un coup de cœur pour moi. L’auteur a eu de super idées et à créé des personnages attachants que l’on a envie de suivre,  mais à mon avis tout cela est dilué dans des complications avec les Anges, l’Autorité, les Mulefas etc. A trop en faire, il a perdu mon implication auprès des deux héros. 



 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Aberrations

Joseph Delaney
Traduction : Marie-Hélène Delval
Bayard
Fantastique/jeunesse
14,90€
342 pages

Des amis nous ont prêté ce premier tome sachant que nous aimions mon compagnon et moi toutes les séries de Joseph Delaney. 


Nous retrouvons dans Aberrations tous les ingrédients qui font la réussite de l’auteur : un héros jeune, courageux, débrouillard, qui ose se dresser contre l’injustice et qui désobéit très souvent aux adultes afin de venir en aide aux siens. 

Pour autant, la sauce prend toujours et chacun de ses héros, malgré leurs ressemblances, ont leur propre voix. Bon je n’ai pas trop accroché aux différents surnoms des jeunes personnages c’est mon seul bémol… mais qui est quand même pas si anodin car il bloque une partie de l’identification. L’usage de ces surnoms (anglo-saxons en plus) me les a rendus moins tangibles. Dommage.
Ce nouveau monde est encore plus dangereux et difficile que les précédents avec la présence de cette brume (le Shole) qui transforme les êtres vivants en monstre. Son omniprésence et son expansion aléatoire renforce le sentiment de stress permanent et d’urgence tout au long du roman. J’ai retrouvé l’ambiance fantastique et sombre de l’Epouvanteur avec des créatures horribles et dangereuses. 

Le danger vient également de l’intérieur et des humains lambdas qui, pour certains, n’ont rien à envier aux monstres. J’ai beaucoup aimé ce traitement et ce qu’il advient du « méchant » de l’histoire. 
L’injustice est aussi un sentiment fort de ce roman car Crafty est à la fois un élément clé pour les adultes car il peut traverser la brume sans être transformé, et en même temps il est traité comme un moins que rien. Son poste s’appelle d’ailleurs « mouche de coche » ce qui en dit long sur le peu de considération que les adultes ont pour lui. 
J’ai bien aimé les autres jeunes personnages du récit qui deviennent ses amis, notamment Click qui est prometteuse et Bertha aussi qui a un rôle central important. Encore une fois, l’auteur a certes des héros masculins mais il sait placer des héroïnes crédibles, puissantes et indispensables au récit (et très souvent dotées d’un sacré caractère, ne le cachons pas !)

En bref j’ai passé un très bon moment d’angoisse et de mystère avec ce premier tome. Après un tome 14 un peu en deçà niveau fantastique de l’Epouvanteur, je suis heureuse de retrouver un peu plus de monstres et de peur dans un roman de Joseph Delaney.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Thomas Ward l’Epouvanteur

Joseph Delaney
Traduction : Marie-Hélène Delval 
Bayard Jeunesse
Jeunesse, fantastique
14,90 €
331 pages

La saga principale L’épouvanteur a été un vrai coup de cœur pour moi, donc c’est tout naturellement que je me suis procurée la suite des aventures de Tom Ward. J’ai replongé avec plaisir dans l’univers bien que globalement, c’était moins sombre que la saga principale. Il faut dire que l’auteur nous avait laissé avec un nouvel ennemi et je trouve qu’on s’éloigne de l’ambiance d’origine pour aller plus sur celle de sa série Arena 13. C’est moins fantastique et plus tourné vers l’action. 

Pour autant, j’ai apprécié de revoir Tom qui est un personnage vraiment sympathique et attachant. Il a été changé par la fin de la première saga et on le retrouve moins sûr de lui, solitaire et il m’a franchement fait de la peine. C’est un jeune homme intelligent, qui sait reconnaître ses erreurs et qui n’a pas peur de briser ses habitudes pour affronter les événements. Il a beaucoup de courage. 

On retrouve aussi Grimalkin, un des personnages les plus marquants de cette série. La grande nouveauté vient de Jenny qui apporte une touche féminine et plus fraîche à cette nouvelle saga. Elle est cependant assez têtue et agaçante. Un peu comme Kwyn de Arena 13. Je préfère largement Alice, la sorcière et amie de Tom. 

Dans ce premier tome, l’auteur replace ses pions après la fin de la saga précédente et poursuit le travail de fond réalisé sur les nouveaux ennemis, les Kobalos. On a un plus grand aperçu du vaste monde dans lequel évolue Tom et on sent que l’auteur en a encore pas mal sous le capot. J’espère juste qu’on retrouvera plus l’ambiance fantastique dans les prochains tomes. Ça tombe bien j’ai déjà le prochain tome que je vais lire rapidement.



 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Les Soeurs Carmines T3

Ariel Holzl 
Mnémos, collection Naos 
Jeunesse, Fantastique
17 €
271 pages

Après avoir beaucoup aimé le premier tome puis eu un coup de cœur pour le second, il me restait donc à découvrir le troisième et dernier tome des Sœurs Carmines. Cette fois nous suivons donc les aventures de la plus jeune sœur, Dolorine, accompagnée de son cher Monsieur Nyx lors de sa rentrée scolaire. Évidemment, nous sommes à Grisaille donc cette école n’a rien de normal ! 

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Grisaille et l’humour si particulier de l’auteur. La narration depuis le point de vue de Dolorine est plus enfantin et naïf mais cela créé un décalage humoristique quand on l’entend parler meurtre avec un tel détachement. Ses pensées et réflexions sont aussi empreintes de bon sens. La fillette est attachante mais ça on l’avait déjà remarqué lors des tomes précédents. C’est aussi l’occasion pour nous de renouer avec son journal intime rempli de mots barrés et de dessins morbides.  

J’ai été ravie de voir aussi en fond Merry et, bien sûr, l’inimitable et irremplaçable Tristabelle ! L’auteur nous glisse quelques informations bienvenues sur le devenir de ces deux personnages. Il y aurait encore tant à dire sur elles, sur leur mère et bébé Dram… j’espère que l’auteur pourra développer cet univers encore un peu.

J’ai passé un bon moment de lecture, l’histoire prend un tournant auquel je ne m’attendais pas mais qui est digne de Grisaille ! Bon Dolorine travaille encore moins que dans un tome d’Harry Potter mais son école est sympa et ses camarades de classes intéressants. J’ai aimé retrouvé les différentes familles et voir que malgré leur jeune âge ils sont déjà tous à fond dans le complot et les tueries. J’aurais par contre bien aimé avoir un peu plus d’interactions avec Monsieur Nyx, même si à la fin il prend une… ampleur inattendue. 

En tout cas globalement les Sœurs Carmines sont une vraie réussite. L’auteur a su créer un univers atypique, riche et drôle avec des personnages uniques que l’on a plaisir à suivre. L’humour mordant, décalé et cynique qui accompagne cette trilogie est une vraie bouffée d’air frais dans le paysage littéraire du moment. Je vous conseille vraiment de ne pas passer à côté de cette pépite !



 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Arena 13 T3

Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Young Adult, Jeunesse
15,90 €
338 pages

J’ai commencé ce troisième tome en pensant qu’il était le dernier mais en fouillant un peu j’ai appris que ce n’était pas le cas, et en effet la fin appelle à une suite. En tout cas, comme d’habitude dans cette série, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues et je me suis vite replongée dans le bain. 

Le lecteur en découvre plus sur le monde extérieur et l’intrigue avance d’un pas de géant. A l’image de l’Epouvanteur, le monde inventé par l’auteur est riche, passionnant et dangereux. L’histoire prend un tournant intéressant, les connaissances acquises par Leif dans l’Arène 13 vont pouvoir lui servir sur le terrain et surtout servir une plus grande cause.

Je ne peux pas trop vous en dire pour éviter de vous spoiler. En tout cas parmi les nouveaux personnages j’ai beaucoup apprécié Peri (qui est un peu notre Alice de l’Epouvanteur) et Shalatan (notre Grimalkin) qui sont des personnages bien traités et plus intéressants à suivre que Kwin qui prend pourtant plus d’importance dans ce tome. Depuis le début je n’accroche pas du tout à cette héroïne malgré les efforts de l’auteur pour lui donner un rôle crucial.

Si je retrouve les points positifs de l’Epouvanteur, j’y retrouve aussi quelques points négatifs comme des passages traités trop vite, certaines morts importantes qui n’ont pas l’impact escompté à cause de la narration trop rapide. Du coup les liens émotionnels tissés depuis le début des romans passent à la trappe et c’est dommage car l’auteur est capable de nous livrer des passages poignants par ailleurs. Hormis ces points, j’ai passé une très bon moment, passionnant et entrainant.

La fin n’est donc pas la fin que je croyais mais elle conclut un premier cycle et débute l’ouverture d’un nouveau qui s’annonce encore plus périlleux. Rendez-vous au prochain tome !


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la voie des oracles T3 : Aylus

Estelle Faye
Autrice francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy, young adult
16,90€
316 pages

Après avoir bien apprécié le tome 1 Thya et le tome 2 Enoch, il ne me restait plus qu’à clôturer la trilogie avec ce troisième tome. La fin du tome précédent nous laissait sur un retournement de situation incroyable qui allait tout bouleverser. Encore une fois la couverture est superbe et l’autrice m’a confié que celle-ci lui avait d’ailleurs inspiré quelques changements dans l’histoire 😉

Thya a changé le passé, du coup le destin de tous les personnages est modifié, à commencer par Aylus et son elle du passé. Dans cet univers alternatif, les devins ont gagné le pouvoir face aux militaires. Pour autant le monde ne s’en trouve pas meilleur. 

J’avais adoré l’ambiance nostalgique et triste des précédents tomes avec la lente agonie des Dieux romains et leur chute. Ici, les Dieux sont plus puissants mais pour autant je n’ai pas trop adhéré à l’ambiance. L’idée de changer le passé et de tout modifier est osée, nous découvrons une autre facette de Thya la jeune, d’Enoch, d’Aedon, de notre Thya, d’Aylus… sauf que je n’ai pas été autant emballée que dans les autres tomes. Ce n’était pas nos héros et cela m’a manqué, même si Aedon et Enoch ont droit à un traitement plus intéressant pour eux. 

L’idée est bien traitée et cela illustre les conséquences inattendues, parfois positives et malheureusement souvent négatives de modifier le cours du temps. J’ai aimé qu’on nous montre que ce ne sont pas les Dieux ou la providence qui sont responsables de notre destin mais bien les humains eux-mêmes. 

La fin nous laisse une lueur d’espoir mais j’avoue être passée à côté de ce tome. J’attendais autre chose de ce retour dans le passé. Les idées ne sont pas mauvaises mais je n’ai pas été autant transportée tant au niveau de l’ambiance que des personnages. Même si l’émotion est au rendez-vous à la fin. C’est donc dommage car je conclus la trilogie sur une lecture en demi-teinte mais cela ne m’empêchera pas de me pencher sur les autres romans de l’autrice, j’ai d’ailleurs Les seigneurs de Bohen dans ma PAL.  Je vous encourage tout de même à lire cette trilogie ^^


 
Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Rouge toxic

Morgane Caussarieu
Autrice francophone, voir son blog
Actu SF / Naos
Jeunesse, fantastique
14,90 €
348 pages

Après avoir eu un gros coup de cœur pour Dans les veines et avoir adoré Je suis ton Ombre, je ne pouvais pas passer à côté de Rouge toxic, le petit dernier roman SFFF de Morgane Caussarieu. Je le lui ai pris aux Imaginales 2018 où j’ai enfin pu la rencontrer et discuter un peu avec elle malgré la fournaise !

Rouge Toxic est un livre estampillé jeunesse. Le sachant, je m’attendais évidemment à ce que la plume de Morgane soit un peu plus allégée. J’avais cru comprendre, d’après la dédicace de l’autrice, que nous allions revoir des personnages de ses autres romans et je ne m’attendais pas à être si heureuse de revoir un certain Punk ! Mais revenons au style de Morgane qui a su s’adapter à un public plus jeune, même si ne nous leurrons pas, cela ne reste pas abordable avant un certain âge car il y a de la violence, du sang et de l’addiction. L’alternance de courts chapitres d’un point de vue de Farouk le vampire enfermé dans un corps d’ado, ou de Barbie, l’humaine spéciale, ainsi que les phrases courtes et percutantes collent parfaitement au lectorat cible.

Le roman donne le ton dès le départ : ce sera sanglant. Et c’est un vrai régal. Les vampires de l’autrice sont toujours aussi dangereux mais curieusement attachants. Ultime honte sur moi j’avais oublié certains aspects pourtant juste primordiaux de Je suis ton ombre et Dans les veines, comme la mort d’un des personnages hyper important… Bon du coup ma surprise n’était pas feinte à cette annonce ! 

La force de ce récit, c’est Farouk. Il est très différent des autres vampires du clan de l’autrice, il se croit même le seul vampire au monde ! S’il savait ! J’ai bien plus apprécié Farouk que Barbie. Il lutte contre ses démons tout en restant relativement droit dans ses bottes. Contrairement à d’autres, Farouk n’aime pas forcément prendre des vies et le roman va donc s’intéresser à cette humanité qu’il a conservée, ainsi qu’à la notion de famille et d’appartenance à une communauté. 

Dans la première partie du roman, nous restons au lycée (et au centre équestre, et cette fois Morgane n’a pas tué de cheval, merci 😉 ) où l’autrice nous dépeint avec réalisme la cruauté de ce monde. On y parle exclusion, différence, bizutage. Difficile de ne pas s’identifier à l’un ou l’autre des laissés pour compte ou de ne pas maudire les reines de la ruche. La critique du noyau familial n’est pas en reste à travers les yeux de Barbie qui est à la recherche d’un peu d’affection de la part de son tuteur vu que toute sa famille est morte ou la rejette.

Les choses s’accélèrent dans la deuxième partie, nous avons des révélations sur la nature de Barbie et Farouk découvre sa famille vampirique. Autant j’ai bien aimé Barbie dans la première partie, autant dans la seconde elle régresse. Si je l’ai enguirlandé pour ses erreurs et sa bêtise qui s ‘annoncent fatales pour certains personnages, je me suis ensuite rappelée qu’elle n’avait que 15 ans. On avait tendance à l’oublier vu qu’elle semblait assez mature dans la première partie et que Farouk, avec ses années d’existence derrière un visage d’ado, est plus réfléchi (enfin, sauf quand le sang entre dans la danse). Dans cette seconde partie, l’histoire prend donc une nouvelle ampleur et forme un ensemble cohérent et très intéressant pour qui a lu Dans les veines et/ou Je suis ton ombre. Certaines affaires trouvent leur conclusion, notamment pour un personnage clé de Dans les veines qui méritait enfin sa délivrance. Et si on ne les a pas lus, cela donne envie de creuser (ou de relire comme moi vu que j’avais zappé beaucoup de choses). La fin laisse aussi une belle ouverture pour poursuivre sur ce sujet.

À la lecture du 4ème de couverture je m’attendais à une relation plus malsaine entre Farouk et Barbie. En fait, ce roman est une excellente porte d’entrée pour tous ceux qui ne connaissent pas l’univers de Morgane Caussarieu ou qui aiment un peu l’horreur mais pas trop. En revanche, pour les habitués, c’est une promenade de santé (quoique… ce qui se passe dans cette chambre d’hôtel…brr) et je suis un peu frustrée car je sais que l’autrice peut aller tellement plus loin dans le glauque, le sanglant et l’horreur de la psyché humaine. Mais c’est un roman jeunesse, tel est le deal

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce roman, en grande partie grâce à Farouk qui est un personnage fort, attachant et très intéressant à suivre. L’univers de Morgane Caussarieu est toujours un régal et j’espère qu’elle n’en a pas terminé avec ses vampires méchants. Je vous conseille à 100% ses romans… si vous avez le cœur bien accroché ^^


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Arena 13 T2 : la Proie


Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Jeunesse
15,90 €
463 pages

Après un premier tome introductif très intéressant, nous retrouvons notre héros, Leif, parti passé quelques mois dans la famille de son père, le peuple Genthaï. Cela démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue ! Les liens avec le premier tome sont bien faits, avec des rappels bien placés, ce qui est appréciable quand, comme moi, on a oublié beaucoup de choses. On replonge donc très vite dans cet univers.



Le peuple des Genthaï est intéressant, même si leur rituel est absolument affreux. Décidément, ce monde est très cruel mais je suis étonnée par la passivité des gens. « Oh nos petites filles se font bouffer vivantes par des espèces de loups mais c’est la tradition alors bon… » mouais. Bon, au moins, dans ce tome on découvre que notre Leif n’est pas le seul à se bouger les fesses pour faire changer les choses.


Dans ce tome, on en apprend plus sur le contexte. J’avais complètement oublié que ce pays était sous une bulle et que le reste du monde était contrôlé par les Djinns. Alors que d’ordinaire les tomes 2 ralentissent le rythme, ici, on continue d’avancer et de se battre. Tout au long du roman nous allons être emplis d’espoir quant à la quête de Leif, à savoir tuer le djinn Hobb qui terrorise la ville de Gindeen. De nouvelles pistes sont explorées et on se prend au jeu… à nos risques et périls ! Car comme Joseph Delaney nous l’a bien appris avec l’Epouvanteur : rien ne se passe jamais comme prévu !


L’entraînement de Leif s’accentue, les dangers se multiplient. Malgré l’ambiance difficile, j’ai aimé voir que notre jeune héros gardait sa naïveté et son côté puéril, surtout en ce qui concerne Kwin pour qui il fonce toujours tête baissée. Il reste toujours agréable à suivre, assez différent de Tom de l’Epouvanteur même si tous les deux partagent un grand courage et une propension  à n’apprendre qu’à travers leurs erreurs. La plupart des personnages sont attachants et/ou intéressant, notamment les nouveaux à l’image d’Ada. Il n’y a que Kwin que je n’arrive toujours pas à apprécier. Elle continue de dragouiller notre héros et de l’embarquer dans des aventures qui ne lui attireront que des ennuis. À chaque fois, Leif risque de perdre sa place (quand ce n’est pas sa vie) mais elle s’en fout complet car elle ne pense qu’à elle et à son objectif. Surtout qu’elle ne risque en général pas grand chose vu sa position sociale. 

À la lecture du 4ème de couverture je m’étais attendue à certains rebondissements qui n’ont pas eu lieu. Tant mieux car ceux qui sont inattendus sont encore mieux que ce que j’imaginais. Je ne peux pas trop vous en dire au risque de vous spoiler, néanmoins le lecteur tout comme les personnages ont quelques ascenseurs émotionnels !

En conclusion ce fut une sympathique lecture entraînante, dépaysante, forte en espoirs et désillusions. J’attends avec impatience le troisième (et dernier ?) tome de cette saga et surtout… le réveil des lacres !




Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Magie de Paris T3 Ici et Ailleurs

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
277 pages
À l’instar des autres tomes, j’ai dévoré ce livre ! Je suis au final bien contente d’avoir attendu que toute la série soit publiée comme ça je n’ai pas d’attente entre les tomes. Comme avec tous les autres romans de l’auteur, on souhaite que la série ne se termine pas. L’univers et les personnages sont tellement intéressants qu’on aurait pu s’attarder pendant plusieurs tomes… mais j’en conviens, l’intrigue en aurait pâti car il y avait urgence pour nos héros d’agir. 

Je suis très contente car les réponses ne sont pas celles auxquelles on aurait pu s’attendre. Les explications sur l’origine de la Magie et son utilisation par les mages et Mikael sont aussi originales que bien travaillées. J’ai beaucoup aimé me trouver de « l’autre côté ». Comme dans le Noir est ma Couleur, l’auteur tient à nous montrer que rien n’est ni noir ni blanc et que les gentils sont parfois plus cruels que lesdits méchants. 

On a de nombreux rebondissements, des révélations aussi, des morts également. L’ambiance est clairement plus sombre comparée aux deux précédents tomes même si bien sûr nous avons des touches d’humour pour détendre l’atmosphère. Les questions sont plus adultes, l’enjeu est très sérieux aussi et la vie de nos héros est sans cesse menacée. 

Tous nos personnages évoluent, Nour prend ici enfin de l’importance car jusque-là elle ne servait qu’à ancrer Chloé dans le monde normal mais cela commençait à la faire passer pour un boulet et une copine casse-pied. Je suis contente que l’auteur lui ait ainsi donné sa chance. Chloé continue d’être une héroïne au top ; Thomas continue de nous montrer qu’il est très fort en magie et un type adorable ; Cassandre se dévoile aussi, on la découvre sous un autre jour (mais ses épreuves n’excusent en rien son comportement, soyons clairs) ; Mikael reste un connard. Il n’y a que David qui malheureusement n’évolue pas plus. Il s’est déridé assez vite pour accepter Chloé mais depuis la moitié du 2ème tome, il stagne à l’inverse des autres. 

Je suis obligée de spoiler, passez au paragraphe suivant si vous ne voulez pas connaître le choix amoureux de Chloé ^^ J’ai été déçue de ce choix car je suis pour la team David depuis le départ et je voyais d’ici les complications intéressantes crées par le lien télépathique que Chloé et Thomas partagent. Chloé nous présentait David comme le type parfait dès le départ mais à mes yeux il a beaucoup de défaut aussi justement, sa froideur, son manque d’empathie, d’humour ou d’initiatives. C’est pourquoi je l’attendais au tournant avec une belle évolution. Cela n’a pas été le choix de l’auteur et du coup c’est vers Thomas que Chloé se tourne. Alors attention, Thomas est génial, c’est un garçon adorable, intelligent et très drôle mais depuis le départ, malgré quelques rapprochements plus gênants qu’autre chose, je n’ai nullement ressenti d’attraction entre eux. Ils ont une super complicité en revanche et j’ai cru à un moment que Chloé et David partageaient aussi un début de complicité. Le chemin choisi par l’auteur devient définitif au milieu de ce tome 3 même si j’ai eu l’impression que Chloé ne savait pas trop pourquoi. Au final, même si je suis déçue je comprends ce choix et comme Thomas est un gars super c’est tout aussi bien pour Chloé. 

Cela n’a pas entaché longtemps ma lecture, cette série est géniale : dynamique, drôle, enthousiasmante, pleine de suspense et de rebondissements. Rires et émotions ont ponctué ma lecture et toutes nos questions ont trouvé des réponses satisfaisantes. Comme je l’ai dit au départ, j’aurais pu suivre nos héros encore pendant longtemps, preuve que cette série est une réussite ^^ Elle n’a pas détrôné le Noir est Ma Couleur mais elle a su trouver sa place et me confirme que je peux suivre cet auteur les yeux fermés 😉 

Donc, oui, évidemment je vous la conseille !!

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Dollhouse T1 Le carrousel éternel

Anya Allyn
Traduction : Fiona Martino 
Chat Noir
Young Adult, fantastique
19,90 €
296 pages
J’avais vraiment bien aimé Ephemeral Lake de cette autrice, traduit également aux Éditions du Chat Noir (voir ma chronique), du coup je n’ai pas hésité à la suivre dans cette autre série qui en plus me semble plus sombre. 

J’ai donc retrouvé la plume d’Anya Allyn, immersive, entraînante et efficace. Difficile de savoir si les différences de style que j’ai senties (moins poétique, plus incisives) sont dues au changement de traducteur ou bien au fait que de base l’autrice a modifié son style pour cette nouvelle série. En tout cas c’est toujours un régal à suivre. A part quelques soucis de mises en page au début et le choix de ponctuation pour les dialogues un peu déroutant, l’intérieur est très soigné et agréable. La couverture de Mina M. est aussi magnifique et contribue activement à nous faire acheter ce roman !

Anya Allyn nous mène encore une fois bien en bateau avec cette histoire. Elle brouille les pistes, laisse le lecteur émettre ses hypothèses avant de révéler ses réponses. Le quatrième de couverture ne laisse pas du tout imaginer ce qui se passe réellement dans cette fameuse maison. J’étais partie sur des trucs différents et j’ai donc été surprise de connaître le fin mot de l’histoire (enfin il y a encore plusieurs tomes mais nous avons déjà beaucoup de réponses). 

Globalement, j’ai retrouvé des personnalités assez semblable à Ephemeral Lake. La plupart des ados sont gentils, et pas caricaturés, néanmoins cela me donne une impression d’inachevé, comme si l’autrice n’était pas allée au bout de son idée de personnalité. Je m’explique. On nous présente Cassandre au départ comme une nouvelle élève qui a quitté Miami où elle était une sacré fêtarde avec ses amies (Cordelia Chase, sors de ce corps XD). Du coup on s’attend à un gros décalage entre ses anciennes amies dont elle nous parle et ses nouveaux amis australiens campagnards. Finalement il n’en est rien, le background construit sur sa vie à Miami ne sert à rien du tout, du moins dans ce tome là. Cela manquait de cohérence. De la même manière, on nous dit qu’Ethan cache une part d’ombre et de violence qui n’est pas vraiment exploitée non plus. A l’inverse Aïcha est très réaliste avec ses défauts et erreurs d’adolescente aussi agaçants que compréhensibles, pareil pour Lacey. Au final, cela nous donne des jeunes assez sympathiques mais sans de réels traits de personnalité originaux. Il n’y a que Jessamine qui sort du lot, même si on doit attendre longtemps avant de comprendre ses motivations.

Mais de manière générale ces aspects ne m’ont pas empêché de m’identifier à eux, de me projeter à leur côté et de ressentir leur détresse ou leur colère. En dépit de leurs personnalités, toute l’intrigue et leurs réactions sont bien pensés et menés de manière intelligente. 

L’aspect claustrophobe et l’impuissance de nos héros à pouvoir s’échapper sont bien retranscrits. J’ai aimé l’ambiance sombre et glauque, même si on reste sur un ouvrage young adult. Comme pour Ephemeral Lake, malgré les horreurs et la dureté des événements qui touchent ces jeunes gens, j’ai ressenti cette pointe de mélancolie, de tristesse, de bienveillance à la base qui est détournée pour donner quelque chose de plus sombre. C’est vraiment cette ambiance très particulière qui pour moi caractérise cette autrice.

La fin est étonnante et audacieuse. Pleine d’espoir et en même temps très dure. Cela donne indubitablement envie de lire la suite ! Anya Allyn est une autrice à suivre qui propose des romans différents dans la sphère du young adult.


Ma note : :star::star::star::star::star-half: