Chronique : Elvira Time #4

Mathieu Guibé
Auteur francophone  
Chat Noir
Fantastique
190 pages
14,90€

Ce quatrième volume signe la fin des aventures de notre chère Elvira et sa bande d’amis. Cela se ressent, tout le roman est une véritable bombe à retardement. Dès les premières pages, l’auteur au travers d’Elvira et de cette sublime couverture nous annonce la couleur : c’est la fin et elle ne sera pas belle. Mais est-ce du bluff ou la vérité ?

Le troisième tome avait fait un retour dans le passé pour nous narrer la tragique histoire de Jericho, ce qui donne encore plus de poids à ce quatrième opus. Encore une fois, l’auteur nous emmène dans un tourbillon de sentiments et de violence. Ici nous retrouvons une Elvira auto-destructrice, elle se fiche de son avenir et ses sombres pensées finissent pas atteindre le lecteur impuissant. Heureusement, Elvira est soutenue par ses amis et sa famille.

Ce roman fait ici la part belle à la psychologie, la reconstruction et le pardon de soi. J’ai trouvé que l’auteur sonnait juste. Même si les apitoiements d’Elvira se sont un peu éternisés par moment, au moins elle n’a pas perdu sa morgue et sa combattivité. J’ai un peu regretté que la bande d’amis soit un peu en retrait dans ce tome mais Elvira menait un combat contre elle-même donc je comprends ce choix. Nous voyons quand même Shinta, Belinda et Ludwig que l’auteur n’oublie pas dans cette fin de saga. Malheureusement le temps entre mes lectures et les sorties des différents tomes ont fait que j’avais pris de la distance avec l’antagoniste principal et ses différentes manœuvres. Je suis donc restée assez extérieur à ce conflit-là.

Il s’agit donc d’un tome axé sur l’émotion et la psychologie même si, rassurez-vous, vous avez droit à vos litres d’hémoglobines, votre lot d’humour noir et de références à la pop culture. Quant à la fin… est-elle vraie, est-elle inventée ? Libre au lecteur de choisir mais dans un cas comme dans l’autre, elle est juste bouleversante. Je quitte donc cette saga avec mélancolie mais aussi beaucoup de reconnaissance car j’ai pris grand plaisir à suivre les aventures d’Elvira, Jericho et les autres. Nos deux héros en particulier seront très difficiles à oublier tant leur histoire est poignante.


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Bpocalypse

Ariel Holzl
Auteur francophone 
L’Ecole des Loisirs
Young Adult/post-apo
413 pages
17 € pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique de Babelio, que je remercie donc.

J’ai été ravie de lire un nouveau roman d’Ariel Holzl (pour rappel mes avis sur les Sœurs Carmines Tome 1, Tome 2, et Tome 3, ainsi que celui sur Lames Vives). On retrouve ici la plume cynique, l’humour noir et toute l’imagination débordante de l’auteur. J’avais été moins séduite par Lames Vives, malgré son univers sympathique, ici j’ai renoué avec mes émotions à la lecture de sa trilogie des Soeurs Carmines.

J’ai passé un super moment en compagnie de notre héroïne Samsara qui n’a pas sa langue dans sa poche, ni sa batte; J’ai aimé son franc-parler, son côté brut de décoffrage et surtout le fait qu’elle commet des erreurs comme tout un chacun. Ses amis Yvette et Danny étaient chouettes, ils formaient un groupe sympa. J’ai bien aimé aussi les Jumeaux même s’ils restent très mystérieux avant la fin et que j’aurais aimé une plus forte implication de l’ami Søren. Et puis il y a Michael… mais je ne peux rien dire sans spoiler. Bref, nous avons une belle brochette de personnages différents avec qui j’ai aimé passer ces 400 pages.

L’histoire est prenante, le gros point fort étant cette ville de Concordia, touchée par l’apocalypse et dont chaque quartier présente de nouvelles spécificités… et dangers ! L’auteur a pu s’en donner à cœur joie dans les monstres et mutations et ça se ressent. Tout était très inventif et immersif. Le fait que nous suivions des ados qui ont grandi dans ce contexte post-apo nous donne une impression de normalité qui renforce le ton décalé et humour noir du roman. Mon seul bémol concerne l’extérieur de la ville qui est un peu convenu.

L’auteur traite de différents sujets avec justesse, l’histoire est prenante, bourrée d’action, d’humour, de faux semblants. J’ai passé un super moment et j’attends donc avec impatience les prochains ouvrages d’Ariel Holzl. La couverture donne vraiment le ton, elle est bourrée de détails et la carte au début du livre était très utile.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Le rituel

Adam Nevill
Traduction : Benoît Domis 
Bragelonne
Fantastique
384 pages
5,99€ (ebook)

J’avais adoré le précédent roman d’Adam Nevill « Le Temple des Derniers Jours » dont certaines scènes m’avaient terrifiée (et pourtant il m’en faut). J’ai donc voulu profiter d’une promo numérique pour me lancer dans cet autre roman, bien que les avis sur cet auteur divergent. Et en effet, je suis ressortie de ma lecture avec un avis en demi-teinte.

Nous suivons 4 potes de fac qui partent camper dans la forêt Scandinave. Je me suis vite intégrée à ce groupe dont les portraits sont très réalistes, des anciens potes qui semblaient soudés mais que la vie a plus ou moins séparés. Ils sont à présent pères de famille ou fiancés, ou pour le héros, au contraire en train de se chercher. L’auteur aborde des thématiques qui parlent : les responsabilités d’adultes, le fait de ne pas rentrer dans les cases, la jalousie, les espoirs de jeunesse et les désillusions. Tour à tour j’ai pris le parti de l’un ou de l’autre de ces amis. Bref, l’immersion au sein de leur groupe était bonne. De même j’ai partagé leurs craintes une fois perdus dans la forêt car, croyez-moi, c’est très facile de se perdre en forêt et de paniquer sans les connaissances ou les outils adéquats.

La première partie où les 4 amis sont perdus dans les bois et pourchassés par une créature était super, bien angoissante, pleine de promesse et de sang. Puis, on découvre la vérité et j’ai été déçue, un peu comme dans le film « le Village ». Tout le potentiel de l’histoire a été gâchée à mon sens par cette deuxième partie complètement sous-exploitée. L’histoire, la mythologie derrière est géniale, prenante et passionnante mais l’auteur ne l’a pas assez approfondie à mon sens. Je ne voudrais pas spoiler mais l’introduction de 3 nouveaux personnages a fait perdre l’aspect mythologique et ancestral. L’auteur traite d’autres thématiques et ce n’est pas inintéressant en soi mais j’attendais un meilleur traitement. Cette seconde partie était moins effrayante, on a une ambiance complètement différente à qui il manquait un petit quelque chose.

Du coup je ressors déçue. Cela partait si bien et malheureusement ça se termine de manière étrange.


 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique Nobliaux et Sorcières

Terry Pratchett
Traduction : Patrick Couton 
L’Atalante
Fantasy
350 pages
19,90 € pages

Mon amie Elyra m’a offert ce roman car, honte à moi, je n’avais encore jamais lu de Terry Pratchett bien que je le connaisse de nom et de réputation. Commencer par son 14ème livre dans son vaste univers du Disque-Monde n’a pas été handicapant car apparemment ils peuvent à peu près tous se lire de manière indépendante. Connaissant bien mes goûts mon amie m’a choisie le livre où il est question d’une licorne.

Au début, je ne vous le cache pas j’ai été sceptique face à l’humour absurde de l’auteur mais petit à petit j’en ai compris les codes. Sa plume fluide, extrêmement maîtrisée et son univers riche m’ont convaincue. Ses personnages sont atypiques et tranchent avec les standards actuels de la fantasy avec des sorcières au physique (et au caractère) peu avenant, des mages plus érudits que manipulant des sorts et des elfes plus proches des psychopathes que des gentils résidents de Fondcombe !

L’intrigue fait suite à des événements précédents que je n’avais donc pas lus, mais je n’ai pas été perdue pour autant, le tome est effectivement autonome. Les personnages, bien qu’atypiques et très nombreux, se sont révélés attachants une fois que j’ai bien pu tous les différencier. J’ai bien aimé les trois sorcières, surtout Magrat avec sa naïveté touchante. J’ai passé un bon moment de lecture, c’était divertissante, dépaysant, assez déroutant mais plutôt drôle au final. Le groupe des mages notamment est assez loufoque. L’auteur soulève des questions de bon sens et de société. Grâce à son humour, il arrive à décrire avec un grand sérieux apparent les grands clichés de la ruralité avec les habitants du royaume de Lancre et de l’élitisme avec les mages.

Je suis donc contente d’avoir enfin pu découvrir cet auteur dont la réputation semble légitime. J’ai d’autres de ses romans qu’Elyra m’a prêté donc j’aurais l’occasion de revenir dans ce vaste univers du Disque-Monde. Il faut tout de même avoir l’esprit prêt à accepter du second degré pour lire ce genre de roman.


 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Les Chroniques Saxonnes T2

Bernard Cornwell
Traduction : Pascal Loubet 
Bragelonne
Fantasy
331 pages
22 € pages

L’ami Uthred est de retour ! Cela m’a fait plaisir de me replonger dans ses aventures, d’autant qu’on avait regardé la saison 4 peu de temps avant. Dans ce deuxième tome, nous voyons davantage un personnage que j’ai beaucoup apprécié dans la série, à savoir Leofric. Sa relation avec Uthred apporte une touche humoristique bienvenue compte tenu de l’ambiance générale toujours très assez plombante du fait de la guerre. Dans ce tome, le Roi Alfred, acculé, va en outre se cacher dans des marais où sévit la maladie, donc l’ambiance s’en trouve d’autant plus alourdie.

De nouveaux personnages font leur apparition comme le Père Pyrlig, très bien joué dans la série et le colossal Steappa, lui aussi très fidèle dans l’adaptation. Le fait d’avoir vu la série avant et tous ces personnages attachants, qu’ils soient saxons ou danes, me donne l’impression à ma lecture de retrouver de vieux amis.

L’intrigue est toujours très prenante, et historiquement passionnante avec la fuite d’Alfred, les dérives d’Uthred, les Danes à deux doigt de conquérir le tant désiré Wessex, l’importance grandissante de l’Église, etc. Uthred est de plus en plus tiraillé entre ses origines saxonnes et son éducation danoises. Il est extraordinaire car il arrive à se convaincre et donc nous convaincre lecteur (et spectateur) que ses choix sont toujours dictés par la loyauté et même si on a l’impression qu’il trahit l’un des camps, il parvient toujours à inverser la tendance. Uthred reste un ambassadeur pour les deux côtés et ça fonctionne.

J’ai trouvé malheureusement que la qualité narrative n’était pas toujours au rendez-vous. Je ne me souviens plus si c’était le cas dans le premier tome. Ici, j’ai trouvé que de nombreux passages manquaient d’empathie. Des morts, importants, sont traités sans susciter la moindre émotion au lecteur. J’ai tiqué plus d’une fois sur des répétitions de verbes, sur le manque de créativité et de vocabulaire diversifié. Sans la version originale, il m’est impossible de savoir si c’est l’auteur ou le traducteur qui en est à l’origine mais en anglais, comme en français, il existe une grande richesse de vocabulaire qui permet de nuancer et d’adapter des descriptions. J’ai trouvé cela plutôt pauvre dans ce tome.

Hormis ce point négatif, c’est toujours un réel plaisir que de me plonger dans cette partie de l’Histoire que je connais très mal et qui se révèle passionnante. La personnalité d’Uthred et tous les personnages qui gravitent autour de lui jouent beaucoup sur l’attachement que l’on ressent pour eux et sur notre envie de suivre leurs aventures.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Récits du demi-loup T3

Chloé Chevalier
Autrice francophone 
Les Moutons électriques
Fantasy
364 pages
19,90 € pages

C’était agréable de retourner dans le royaume du Demi-Loup. Je me suis rappelée sans trop de mal les divers événements même en l’absence de résumé. En dépit de la présence d’une épidémie mortelle, de conflits, de morts, de menace de guerre et des complots, j’ai toujours une impression de douceur et d’apaisement quand je lis les livres de cette saga. Le style de l’autrice, sa narration, le fait que certains événements nous sont racontés par des intermédiaires ou par lettre rendent l’ensemble de ces récits beaux et agréables à lire.

Ce troisième tome m’a fait l’impression d’être un intermédiaire, il place certains pions avant le dernier tome. Des choses avancent de manière cachée, on sent que bientôt tout éclatera au grand jour. Puisque c’est un troisième tome je ne peux pas trop rentrer dans l’intrigue au risque de vous spoiler.

Il y a de nombreux rebondissements dans ce tome, qui concernent toutes les suivantes et leurs reines. Des trahisons, des complots, des pertes jalonnent notre lecture. La situation semble désespérée pour nos héros alors je n’ose imaginer pour le peuple de ce royaume ! Cette même narration qui donnent un aspect apaisant au récit a néanmoins un inconvénient, c’est qu’on reste assez extérieur aux sentiments des uns et des autres.

En ce qui concerne les personnages, j’ai toujours une préférence pour Lufthilde et Cathelle. Nersès force le respect, elle qui continue de monter à cheval et de mener des armées en étant enceinte ! Son fils adoptif Crassu a bien grandi et prend dans ce tome une plus grande importance. Le prince Adelmor lui était plus effacé et m’a moins emballé. Depuis son passage dans les terres de l’Est le personnage n’est plus en adéquation avec mes attentes malheureusement. Les personnages secondaires sont intéressants, notamment Vigtan ou Crêm mais, tout comme des personnages ont fait les frais de l’immaturité des deux reines Calvina et Malvane, maintenant les personnages subissent les conséquences des actes de leurs trois suivantes.

J’ai hâte de connaitre le fin mot de cette histoire, en espérant que tous ces personnages auront enfin droit au bonheur et à un avenir clément ! Cette saga reste passionnante et vraiment très bien écrite.


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Faucheuse T3

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly 
Robert Laffont
Young Adult
709 pages
21 € pages

J’ai enfin terminé cette trilogie étonnante et passionnante de La Faucheuse. L’auteur nous avait laissé sur une fin de deuxième tome ahurissante qui nous faisait entamer un sacré virage dans l’intrigue non sans y laisser des plumes.

Nous retrouvons nos trois héros, Citra, Rowan et Greyson qui vont encore vivre un certain nombre de rebondissements. J’ai encore une fois eu peur une ou deux fois pour eux tout au long du roman. On peut dire que l’auteur sait jouer avec nos nerfs et a le sens des révélations. De nouveaux personnages accompagnent nos héros et leurs personnages secondaires, à commencer par Jeri qui était étonnant à plusieurs égards et qui m’a bien plu. Je l’ai trouvé intéressant et son traitement est inédit et bien trouvé. Loriana aussi était intéressante et j’ai bien aimé la façon dont l’auteur nous a replacé Tyger.

Ce pavé de 700 pages est ponctué de rebondissements et de révélations en tous genres. C’était passionnant à suivre, haletant et la fin, que je ne voyais absolument pas venir, m’a époustouflée. Je regrette juste que le traitement de Goddard ait été un peu rapide à mon goût. Les décisions du Thunderhead sont surprenantes et toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement, tout a été géré d’une main de maître depuis le départ. J’ai bien aimé la tournure des événements finaux, même si l’échappatoire imaginée par le Thunderhead arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (sauf si j’ai loupé des indices avant) mais elle reste globalement cohérente. J’ai beaucoup aimé le destin de Maître Faraday et également l’évolution de Greyson.

L’ambiance est différente d’un tome à l’autre et si j’ai un élan de nostalgie en pensant au premier tome avec la découverte des faucheurs, l’apprentissage par Maître Faraday, je trouve que la trilogie dans son ensemble est intelligente. Elle dénonce les dérives de nos sociétés, en particulier sur le fanatisme religieux, quel qu’il soit, la dangerosité de certaines idéologies, et elle nous interroge sur l’intelligence artificielle et notre rapport à la mort. Tous les personnages sont bien travaillés et sont attachants. Dans son dernier tome, j’ai trouvé le Thunderhead plus touchant, plus humain, il est devenu un personnage à part entière.

En conclusion cette trilogie fut une très bonne découverte, c’est un Young Adult avec des thèmes assez classiques mais traités avec beaucoup d’intelligence et de justesse. Je la recommande vivement. Je suis curieuse de voir l’adaptation, en espérant qu’elle sera à la hauteur !


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : des milliards de tapis de cheveux

Andreas Eschbach
Traduction : Claire Duval 
J’ai Lu
Science-Fiction
316 pages

C’est mon amie Elyra qui m’a offert ce roman et je l’en remercie car j’ai passé un excellent moment de lecture. Ce roman est très surprenant et il est doté d’une très belle plume poétique. Nous suivons les destins de divers personnages au travers de plusieurs courtes histoires qui sont toutes reliées de près ou de loin à ces tapis de cheveux, œuvre de toute une vie, que les tisseurs s’échinent à réaliser de père en fils dans tout l’Empire.

L’histoire générale, tout autant que celles spécifiquement développées dans chaque chapitre sont prenantes, passionnantes et nous dépeignent un tableau général assez triste je trouve. L’Empereur tout puissant a été tué et pourtant, son emprise est si énorme que sa déchéance ne parvient pas à briser le cercle si profondément ancré de la tradition liée aux tapis de cheveux. L’espoir qu’aurait dû apporter sa mort se transforme en déception.

Les profils des personnages qui nous sont proposés sont variés et très intéressants à suivre, parfois surprenants également. L’univers décrit est également riche même si j’ai eu l’impression d’à peine l’effleurer tant il avait l’air vaste. Les idées de l’auteur sont bluffantes, j’ai adoré le principe ainsi que sa narration, impeccablement menée. Toutes les histoires sont cohérentes et s’inscrivent dans une trame générale maîtrisée.

Les thématiques abordées m’ont plu et passent très bien avec le genre de la SF. L’auteur nous apporte du grain à moudre sur les conséquences sociologiques de l’empire et de la tradition. La vérité autour des tapis de cheveux est surprenante, à la fois absurde et tellement crédible et ses conséquences vertigineuses sont affolantes. J’ai été bluffée par cette fin.

Je n’avais jamais entendu parler de ce roman, qui date pourtant dans sa version originale de 1995, ni même de cet auteur mais la qualité de sa narration et ses idées m’ont séduite donc je vais regarder ses autres œuvres.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Comment le dire à la nuit ?

Vincent Tassy
Auteur francophone 
Chat Noir
Fantastique
19,90 €
346 pages

J’avais beaucoup aimé ma lecture de Apostasie en 2017 et ce fut donc les yeux fermés que j’avais pris le roman suivant de Vincent Tassy. Et c’est aussi les yeux fermés que j’ai commandé son troisième roman le mois dernier !

Je ne peux pas commencer mon avis sans parler de la sublime plume de Vincent Tassy. Ses textes sont empreints d’une poésie, d’une mélancolie, d’une beauté inaccessible qui les rendent magnifiques et uniques. L’auteur nous décrit des sentiments d’une telle manière qu’ils me semblent irréels, hors du temps et de portée pour de simples mortels. Au travers de ses personnages, il pose des questions existentielles et des réflexions si lointaines qu’elles se heurtent à mon esprit pragmatique. Je ne suis donc qu’une spectatrice émerveillée qui est plongée corps et âme dans les histoires que l’auteur nous livre.

À l’instar d’Apostasie nous avons aussi une histoire dans l’histoire. Un système narratif que l’auteur maîtrise à merveille. Quel que soit le personnage que nous suivons, nous sommes happés, immergés et stupéfiés par toutes ces histoires reliées par le temps.

Les personnages sont à l’image de la plume et de l’ambiance : mélancoliques, bizarres, beaux avec cette sensation qu’ils sont intouchables, qu’ils évoluent dans un espace-temps que nous pouvons à peine envisager. Pourtant, je me suis sentie proche d’eux, quand bien même la vision de la vie de Rachel est totalement éloignée de la mienne, j’ai été prise d’emblée de sympathie pour elle. Cette jeune femme est à la fois étrange et familière à mes yeux. À côté de cela, j’ai été fascinée par Cléopâtre, choquée par la cruauté d’Athalie, époustouflée par l’indéfinissable Adriel, touchée par Léopold et Egmont.

Ce roman est magnifique, maîtrisé du début à la fin et d’une très belle justesse. La fin était un peu étrange mais elle m’a convenu. L’auteur nous parle d’artistes qui me sont malheureusement inconnus, sa culture en poésie et œuvres gothiques transparait et nous immerge d’autant plus dans son récit.

C’est donc une lecture poétique d’une beauté toute mélancolique qui m’a transportée et qui me confirme que le talent de Vincent Tassy est indéniable.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Chute

Christophe Nicolas
Auteur francophone 
Outrefleuve
Thriller
19,90 €
366pages

Je ne lis plus beaucoup de pur thriller, mais certains auteurs sont devenus des incontournables de ma pile à lire, comme Christophe Nicolas, un auteur francophone aux romans immersifs et prenants que j’ai eu plaisir à rencontrer lors de festivals.

Le héros du roman « Chute » ne fait pas exception aux précédents héros de l’auteur, à savoir un monsieur tout le monde, crédible et réaliste à qui il va arriver tout un tas de péripéties. L’originalité cette fois vient du fait que notre héros est lui-même un écrivain et qu’il a une bonne raison de s’inquiéter des événements étranges et inquiétants qui se déroulent autour de lui car il n’est pas le réel auteur de son best seller.

J’ai lu le roman en 5 jours, ce qui est très rapide pour moi et vous montre à quel point ce roman est addictif et prenant. Nous suivons donc les aventures de Thomas, auteur français qui connait un succès fulgurant avec son dernier roman qui décrit les aventures sordides d’un homme qui pourrait sembler relativement instable psychologiquement. Christophe Nicolas réussit le tour de force en quelques extraits à nous donner envie de lire aussi l’ouvrage dont il est question.

Je n’ai pas eu beaucoup de sympathie pour Thomas, après tout il s’est approprié le manuscrit de quelqu’un d’autre pour en récolter les lauriers, ce n’est pas une attitude très intègre même si on peut évidemment comprendre ses motivations. Plusieurs pistes se dessinent tout au long du roman pour essayer de deviner la vérité. J’ai été un peu déçue de voir que Christophe Nicolas n’empruntait pas forcément la voie qui me bottait le plus mais sa fin est très bien ainsi et il a parfaitement maîtrisé sa narration pour rendre ses explications cohérentes et rendre l’ensemble du récit aussi prenant qu’intéressant.

La chute est géniale, j’ai adoré la toute fin.

Si notre héros n’est pas tout blanc et que j’ai eu un peu de mal à lui trouver des excuses, j’ai quand même compatis sur la fin. J’ai passé un très bon moment de lecture, je vous le recommande si vous appréciez les thriller !


 Ma note : :star::star::star::star::star-half: