Chronique : Red Rising T3 Morning Star

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette (mon édition : France Loisir)
SF, Young Adult
18 €
540 pages

Après un sans faute pour le Tome 1, puis pour le Tome 2 j’ai enchaîné directement avec le Tome 3 qui clôture cette intrigue. Vu la fin de Golden Son, j’étais un peu obligée de poursuivre devant ce suspens intenable !

Ce tome ne déroge pas à la règle : des rebondissements de folie et des révélations inattendues. Beaucoup de trahisons aussi et d’émotions entre les personnages. J’ai ressenti une certaine mélancolie, on sait qu’on approche de la fin et que des actes irrémédiables ont été commis ou vont être commis. C’est un tome globalement plus sombre, plus triste et plus sanglant.

Ce tome est très entraînant, on veut suivre Darrow et croire en sa révolte. Il insuffle le vent de la rébellion des petits opprimés face aux géants favorisés. Il grandit de tome en tome, c’est un bon leader malgré ce qu’il pense et ce que certains lui disent. Il est conscient de ses limites. Il n’est pas parfait, il force certaines personnes à le suivre, pour autant, son combat me rend admirative et sa conviction est sans faille, sans pour autant être aveugle. Dans sa lutte, il a su, par chance, par choix et suite à ses actions, s’entourer des bonnes personnes pour l’aider. Il sait qu’il est un bon guerrier mais pas un gouverneur, c’est pour cela qu’il a des amis comme Mustang à ses côtés. Sevro se révèle encore plus  important et intéressant, bien que sa personnalité soit encore plus spéciale et décalée qu’avant.

Darrow est un héros stable, intéressant et terriblement attachant. J’ai voulu le suivre à tout prix. J’ai aussi eu peur pour absolument tout le monde parmi ses proches et malheureusement, encore une fois, tout le monde ne sort pas indemne de cette histoire. C’est un roman que l’on ne lit pas mais qu’on vit. J’ai espéré, craint, insulté, presque pleuré, rit aussi auprès de Darrow et de ses amis et plus les pages défilaient plus je me disaient que devoir les laisser allait s’avérer compliqué. Heureusement, l’auteur continue d’écrire dans cet univers donc il y a des chances d’en revoir certains par la suite !

La fin est bonne, haletante jusqu’au bout. Je tournais les pages en me disant sans cesse « mais comment il va faire ? ». Cette fin est réaliste, non idéaliste et donc géniale. 

Je ne peux pas trop m’étendre sur chaque personnage mais croyez-moi, ils sont tous très bien et apportent réellement au héros ainsi qu’à l’intrigue. Darrow ne porte pas sa rébellion seul et ça se ressent. L’amitié, la loyauté, le pardon sont au cœur de ce tome fort en émotions. 

Si mes précédents avis ne vous ont pas convaincu de vous lancer dans cette trilogie, je ne sais plus quoi faire ! Vraiment, je vous la conseille, au même titre que des sagas comme l’Epouvanteur. Quant à moi, j’ai hâte de me plonger dans la suite, Iron Gold !


 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Red Rising T2 Golden Son

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette (mon édition : France Loisir)
SF, Young Adult
19.90 €
507 pages

Le premier tome très réussi de Red Rising m’avait fait une forte impression, alors quand les Lectures enchantées d’Elyza a posté une photo en disant qu’elle appréciait sa lecture du deuxième tome, ni une ni deux, je me suis jetée sur la suite (car j’avais eu la bonne idée d’acheter la trilogie entière chez France Loisir avant de résilier mon abonnement). 

Ce deuxième tome est une bombe à rebondissements. L’ambiance est très différente du premier tome. Là, finies les histoires (pourtant déjà sanglantes) de l’institut, Darrow est dans la vraie vie. Et ça ne rigole pas chez les Ors. Ce tome est sombre, très violent, rempli de désillusions sur une société stricte, cruelle et basée sur des castes restrictives.

J’ai tout de suite été happée et passionnée dès les premières pages. Les rappels du premier tome sont bien dosés et m’ont permis de me replonger très vite dans le bain. L’organigramme et l’index proposés au début du livre sont assez salvateurs pour cela.

J’aime beaucoup Darrow qui me fait penser à Thomas Ward de l’Epouvanteur. C’est le genre de héros qui n’est pas parfait mais qui apprend de ses erreurs et sait se relever tout en assumant ses actes. Ce n’est pas un badass, il est fort certes mais pas invincible ni dénué de défauts. Je peux le dire : il est sacrément couillu comme gars. Ce deuxième tome a confirmé toute l’affection que j’ai pour ce personnage que l’on a envie de suivre et de supporter à 200%. 

Les autres personnages ne sont pas en reste. Mustang en premier lieu est un personnage féminin au top bien plus intéressant et complexe qu’il n’y parait. Sevro prend aussi de l’ampleur. Tous, Victra, Cassius, Tactus, les fils d’Arès, ont leur importance et leur rôle dans l’intrigue. Ils sont tous très charismatiques et vont soutenir Darrow à leur manière… ou le trahir, à vous de le découvrir.

L’intrigue justement m’a tenu en haleine tout du long. Il m’a été très difficile de lâcher le livre chaque soir pour dormir. Darrow flirte sans arrêt avec le danger et malheureusement personne n’est épargné. Le lecteur, lui, flirte tantôt avec l’espoir, tantôt avec le désespoir. Le combat que mène Darrow pour répondre au rêve de sa femme en compagnie des fils d’Arès semble perdu d’avance face aux redoutables Ors.

Quant à la fin… je ne peux rien vous dire, sauf que tous les rebondissements sont inattendus et excellents ! Cette trilogie (car j’ai lu le 3ème tome en suivant) est un bijou. A tel point que je l’ai conseillé à mon compagnon qui est en train de dévorer la série à son tour ^^ 

Franchement, s’il y a une série de Young Adult à adapter en série TV, c’est celle-là *____*


 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Olangar T2

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Fantasy
22 €
489 pages

Après avoir dévoré et adoré la première partie d’Olangar (voir mon avis ici), je me suis replongée avec régal dans la deuxième et dernière partie.Tout ceci toujours en partenariat avec Book En stock dans le cadre du « mois de Clément Bouhélier » qui vient de commencer, et avec les éditions Critic.

Je vous conseille de les lire à la suite sans trop tarder car c’est une seule et même histoire découpée en deux parties, on reprend avec une grande fluidité là où on avait laissé nos personnages à la fin de l’autre tome. D’ailleurs, l’éditeur a sorti les 2 livres de manière très rapprochée ce qui vous laisse (presque) aucune excuse pour ne pas les enchaîner ^^

À l’image du T1, l’auteur nous ramène en arrière pour en dévoiler davantage sur le passé de l’ami Torgend et en particulier savoir comment et pourquoi il avait été déchu. Donc nous apprenons enfin ce qui s’est réellement passé à Ke-Enor. Encore une fois, nous avons nos réponses au travers d’un flash back maîtrisé du bout des doigts.

Nos héros sont séparés car Baldek est resté à Olangar pour préparer le futur tandis que Torgend, Evyna et Silja sont sur la route de l’Ouest pour découvrir la vérité sur la mort d’Andréan, le frère d’Evyna. Sur leur route, ils vont rencontrer de nouveaux compagnons de voyage éphémères et Eran, un orc qui nous permet d’en apprendre plus sur ce peuple craint qui a ravagé le pays. On découvre en détail la ville de Frontenac dans cette partie. Autant vous dire qu’entre cette cité de fer et Olangar, personnellement moi j’irai vivre dans le sud d’où est originaire Evyna. 

Curieusement, alors que j’adore les récits d’aventure, j’ai préféré l’ambiance du premier tome avec ses complots, les syndicats des nains et toutes les magouilles mises à nu. J’ai quand même beaucoup aimé ce deuxième tome mais je me suis sentie plus distante des personnages. Baldek est en retrait et très affecté par les morts qui sont survenus durant la révolte. Torgend aussi est lointain, plongé dans ses souvenirs. Evyna, c’est un peu normal car c’est le chemin nocif de la vengeance qui la guide. Elle apprend à ses dépens ce que « se venger à tout prix » veut dire. Au fil de son voyage le « prix » se révèle et la question « est-ce que cela en valait la peine ? » commence à la hanter sur la fin. La jeune femme est encore touchée par la bataille de train et on la sent dépérir au fil du trajet. En fait, globalement, ce tome est bien plus morose si l’on se base sur le moral de nos héros. Heureusement qu’ils rencontrent d’autres personnages pour les pousser et que Silja est là pour soutenir Evyna et Torgend. Elle se révèle bien plus importante que prévue au final.

La vérité éclate au grand jour et est tout à fait cohérente et réaliste avec l’époque dépeinte ici. Tous les rouages politiques sont bien huilés et tout coule de source une fois qu’on remonte la piste. C’est un jeu très bien mené par l’auteur. 

La tension est aussi vive que dans le premier tome, j’ai frémi pour l’avenir de nos héros plusieurs fois et on ne peut pas dire qu’ils s’en sortent indemne. Loin de là. Ils découvrent tous la vérité mais… pour quoi ? Ont-ils vraiment œuvré pour le bien d’Olangar ? Je dois avouer que je suis sortie de cette lecture un peu déprimée. Justice est rendue mais tous doivent se reconstruire, la seul lueur d’espoir nous provient de Torgend qui enfin parvient à trouver la paix de l’esprit. La fin reste largement ouverte, avec une énorme invitation à écrire un autre roman dans cet univers du côté des Orcs ! Je suis juste un peu déçue de ce qui attend Silja après tout ce qu’elle a fait, j’ai trouvé que sa fin manquait un poil d’empathie. Elle ne méritait pas cela à mes yeux. Cela a rajouté une couche à l’ambiance plus triste de cette partie.

En tout cas j’ai passé d’excellentes heures de lecture à Olangar. L’histoire est passionnante, les héros sont attachants et originaux, l’ambiance est très différente entre les deux parties mais est très bien retranscrite. Bref, c’est un très bon roman de fantasy qui change assez dans le paysage éditorial, engagé avec des échos identifiables à notre société. 

C’est encore une fois une belle découverte ! 


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : le Miroir de Peter

John Ethan Py
Auteur francophone
L’Homme Sans Nom
Fantastique
19.90 €
318 pages

John Ethan Py, alias Sébastien Peguin, fait partie de ces auteurs francophones que je suis à chaque parution. Je l’avais découvert à la sortie de son très beau Le Songe d’Adam (lu avant que je ne me mette aux chroniques assidues) et je l’avais suivi dans son étrange récit autour de Lovecraft dans ChessTomb qui avait été une très belle réussite. Du coup, je m’étais jetée sur la précommande de son dernier Le miroir de Peter… pour le lire maintenant, 2 ans plus tard. Le temps passe trop vite !

Sans surprise de la part de l’auteur, il y a une énorme base de recherches. Le livre entier est riche en détails biographiques et symboliques et encore une fois j’ai appris énormément de choses. Dans Le miroir de Peter, nous nous intéressons à l’art cinématographique en grande partie, ainsi qu’à la symbolique des miroirs. Cette fois c’est l’histoire de Lewis Carroll en particulier que nous allons retracer d’une manière passionnante.  

On suit ici l’unique narrateur, Satiajit, psychiatre qui va prendre pour patient l’écrivain à succès horrifique George Mothershield. Un grand mystère plane sur cet auteur pour savoir comment il parvient à écrire des romans aussi horribles et pourtant saisissants. J’ai bien aimé Satiajit même s’il est plutôt du genre passif, à se laisser marcher sur les pieds par sa femme agaçante et ses beaux parents hautains. J’avais envie de le secouer. Il reste sympathique à suivre, tout comme George, dont la femme Martha est en revanche très flippante.  

L’ambiance du roman est particulière, glauque, oppressante. On sait que quelque cloche, ou va déraper mais impossible de deviner les révélations de l’auteur en ce qui me concerne. Il a très bien tissé sa toile et c’était extrêmement enrichissant. J’ai appris des choses intéressantes sur les légendes autour de certains films horrifiques, comme Freaks ou Cannibal Holocaust (que je n’ai pas vu d’ailleurs), sur Lewis Carroll, Stanley Kubrik (dont j’apprécie grandement les films), sur la psychanalyse etc. Cela m’a donné envie de voir tous les films cités que je ne connaissais pas encore.

Je ne vous le cache pas, ce livre est exigeant. Pas forcément en connaissances mais en attention et en rigueur. J’ai un grand respect pour l’auteur qui parvient à inclure dans le récit le résultat de ses astronomiques recherches sans le rendre indigeste ou soporifique. J’avoue par contre avoir été un peu perdue à un moment du récit avec tous les miroirs mais je pense aussi qu’à ce moment, je n’étais pas à 100% dedans.

Évidemment, qui dit miroir, dit porte ouverte à l’imagination horrifique. Les révélations de fin sont surprenantes mais cohérentes. Elles renversent le cerveau c’est sûr mais la toute fin avec la fameuse « image » est… absolument géniale. Je ne m’y attendais pas mais dès que j’ai su ce que c’était, j’étais bluffée et c’était comme une évidence. C’est une fin très forte et marquante. J’en suis encore impressionnée. 



En conclusion, c’est un très bon roman. Exigeant, comme je l’ai dit plus haut mais extrêmement riche et intéressant. J’ai préféré ChessTomb, d’où ma note inférieure, mais je ne regrette absolument pas d’avoir suivi l’auteur une fois encore et j’espère qu’un prochain roman fera bientôt son apparition.


Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Olangar T1

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Fantasy
22 €
446 pages

J’ai eu la chance d’être sélectionnée par les Vénérables de Book en Stock en partenariat avec les éditions Critic afin de recevoir non pas un, mais deux livres pour Le mois de Clément Bouhélier (à venir en octobre). J’ai donc reçu au cours de l’été les deux parties de son dernier né : Olangar. Histoire de faire durer le suspens, je vais les poster avec un peu d’intervalle. J’ai moi-même laissé quelques livres entre mes deux lectures comme je fais souvent, surtout avec des univers aussi denses (pour éviter l’overdose et une baisse d’attention).

Si vous avez bien suivi, je me suis familiarisée avec l’auteur au travers de son thriller fantastique Passé Déterré. Nous avons ici une toute autre ambiance puisque nous sommes dans la fantasy. Mais de la fantasy assez originale si je puis dire car elle se place à une époque semblable à notre révolution industrielle.

Bon autant avouer tout de suite : je n’ai pas le moindre défaut à relever dans ce roman. Voilà, c’est dit. J’ai adoré du début à la fin. Ce roman est très immersif. Dès les premières pages, l’auteur réussit la très casse-gueule technique du flash back pour raconter l’histoire de son personnage principal… mais intégrée à une baston bien ancrée dans le présent, cela rend le tout très dynamique et plutôt marrant à suivre. Chapeau. 

L’ambiance fantasy qui se déroule à une ère industrielle se compose d’orcs, elfes, nains, d’attaques de train façon western, de guerres sanglantes et de luttes syndicales face à des complots politiques qui forment un cocktail détonnant qui fonctionne du tonnerre. Imaginez un mélange de Wolrd of Warcraft, Gangs of New-York et de Wild Wild West et vous aurez une petite idée de l’ambiance d’une grande richesse créée par l’auteur. Moi, j’y étais à 200%. 

Nous avons donc un récit immersif et passionnant, porté par des personnages très intéressants et loin des clichés. Nous avons un trio principal composé de Torgend, un Elfe combattant déchu qui aime bien se défouler sur des gens ; Evyna, une humaine du sud venue faire la lumière sur la mort de son frère, à la fois intelligente, douée au combat mais pas pour autant une badass qui sait tout de la vie ; Baldek, un nain syndicaliste, charismatique, franc dans ses bottes et avec un certain talent pour les assassinats et la politique. Ces trois héros sont foncièrement bons mais ne rechignent pas à devoir se salir les mains et se les couvrir de sang. La vie à Olangar est dure et violente, cela se ressent à chaque instant.

Ces personnages riches, au background fouillé, attachants, terriblement « humains » dans leurs démarches, viennent renforcer une intrigue et un univers solides. L’intrigue justement se dévoile peu à peu dans le roman et la quête d’Evyna, aidée par Torgend, semble cacher un complot ou une affaire de grande envergure qui pourrait même recouper l’enquête de Baldek aussi. Comme dans Passé Déterré, l’auteur prend bien le temps de poser son contexte, ses personnages et son ambiance avant de monter petit à petit dans le suspens. Et là encore, servie par une plume très agréable et maîtrisée, cette narration se fait sans longueur. Mieux, j’ai été tellement embarquée et passionnée que je tournais les pages sans m’en apercevoir et ce petit pavé a été dévoré en moins d’une semaine.

Ce premier tome très marquant fait aussi écho avec l’actualité et notre sentiment d’impuissance face aux politiques et l’argent qui gouvernent ce monde. Que vous soyez ou non amateur de fantasy, je vous conseille très vivement ce roman. Pour ma part, j’ai grand hâte de me plonger dans la deuxième partie. Foncez, chers amis, foncez !


Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Le regard

Ken Liu
Traduction : Pierre-Paul Durastanti
Belial
Science-Fiction
8,90 €
92 pages
J’ai emprunté ce livre à un ami lors de mes vacances car je trouve cette collection très intéressante, tant au niveau de l’objet livre (avec des couvertures d’Aurélien Police) que sur le fond. En plus cela me permet de connaître très vite de très bons auteurs de SF. Seul bémol, je trouve personnellement le prix trop élevé par rapport au nombre de pages quand on compare à un poche normal et je rechigne donc à en acheter d’autant plus quand mon budget loisir se restreint… mais c’est une super collection donc si je peux les emprunter c’est tant mieux.
Grâce à ce petit roman, j’ai découvert Ken Liu et nous allons parler ici de l’augmentation humaine par la technologie et des questions importantes sur la gestion de nos émotions par ces technologies. Ce n’est pas un thème nouveau mais il reste toujours aussi intéressant lorsqu’il est bien traité.
Les idées ici sont bonnes et le personnage principal bien fouillé en dépit du peu de pages (92p). J’ai pris plaisir à rencontrer l’héroïne Ruth Law. J’ai immédiatement eu de l’empathie pour elle. L’auteur nous raconte son histoire et le drame de sa vie au fil des pages de façon très naturelle et fluide. Cela nous immerge davantage dans l’enquête qu’elle mène.
Comme dit plus haut, Ken Liu nous amène à réfléchir sur des questions intéressantes qui seront peut-être bientôt d’actualité. Ce court roman aurait été parfait dans la série Black Mirror ! La principale question abordée ici est de savoir s’il vaut mieux avoir une froide analyse de la situation commandée par des régulateurs d’origine robotique ou bien de suivre son instinct, de nature impulsive et commandé par notre cœur, notre âme ? J’ai vraiment bien aimé la manière dont ce thème était abordé, avec tout ce qu’il faut d’émotion, de logique et de réalisme. À aucun moment l’auteur ne nous dit ce qui est bien et ce qui est mal, le choix revient au lecteur. Ce roman nous parle aussi du deuil, des remords que chacun peut avoir et comment chacun peut les gérer, du pardon envers soi-même.
Mes bémols concernent la fin que j’ai trouvée trop abrupte, même pour un roman court,  sur le manque d’approfondissement sur le tueur et un dénouement assez facile à deviner. L’univers est original mais pas l’intrigue. Apparemment c’est un constat qu’ont fait plusieurs lecteurs en comparaison avec les autres œuvres de l’auteur. Je suis donc curieuse de lire ses autres romans.
Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Rouge toxic

Morgane Caussarieu
Autrice francophone, voir son blog
Actu SF / Naos
Jeunesse, fantastique
14,90 €
348 pages

Après avoir eu un gros coup de cœur pour Dans les veines et avoir adoré Je suis ton Ombre, je ne pouvais pas passer à côté de Rouge toxic, le petit dernier roman SFFF de Morgane Caussarieu. Je le lui ai pris aux Imaginales 2018 où j’ai enfin pu la rencontrer et discuter un peu avec elle malgré la fournaise !

Rouge Toxic est un livre estampillé jeunesse. Le sachant, je m’attendais évidemment à ce que la plume de Morgane soit un peu plus allégée. J’avais cru comprendre, d’après la dédicace de l’autrice, que nous allions revoir des personnages de ses autres romans et je ne m’attendais pas à être si heureuse de revoir un certain Punk ! Mais revenons au style de Morgane qui a su s’adapter à un public plus jeune, même si ne nous leurrons pas, cela ne reste pas abordable avant un certain âge car il y a de la violence, du sang et de l’addiction. L’alternance de courts chapitres d’un point de vue de Farouk le vampire enfermé dans un corps d’ado, ou de Barbie, l’humaine spéciale, ainsi que les phrases courtes et percutantes collent parfaitement au lectorat cible.

Le roman donne le ton dès le départ : ce sera sanglant. Et c’est un vrai régal. Les vampires de l’autrice sont toujours aussi dangereux mais curieusement attachants. Ultime honte sur moi j’avais oublié certains aspects pourtant juste primordiaux de Je suis ton ombre et Dans les veines, comme la mort d’un des personnages hyper important… Bon du coup ma surprise n’était pas feinte à cette annonce ! 

La force de ce récit, c’est Farouk. Il est très différent des autres vampires du clan de l’autrice, il se croit même le seul vampire au monde ! S’il savait ! J’ai bien plus apprécié Farouk que Barbie. Il lutte contre ses démons tout en restant relativement droit dans ses bottes. Contrairement à d’autres, Farouk n’aime pas forcément prendre des vies et le roman va donc s’intéresser à cette humanité qu’il a conservée, ainsi qu’à la notion de famille et d’appartenance à une communauté. 

Dans la première partie du roman, nous restons au lycée (et au centre équestre, et cette fois Morgane n’a pas tué de cheval, merci 😉 ) où l’autrice nous dépeint avec réalisme la cruauté de ce monde. On y parle exclusion, différence, bizutage. Difficile de ne pas s’identifier à l’un ou l’autre des laissés pour compte ou de ne pas maudire les reines de la ruche. La critique du noyau familial n’est pas en reste à travers les yeux de Barbie qui est à la recherche d’un peu d’affection de la part de son tuteur vu que toute sa famille est morte ou la rejette.

Les choses s’accélèrent dans la deuxième partie, nous avons des révélations sur la nature de Barbie et Farouk découvre sa famille vampirique. Autant j’ai bien aimé Barbie dans la première partie, autant dans la seconde elle régresse. Si je l’ai enguirlandé pour ses erreurs et sa bêtise qui s ‘annoncent fatales pour certains personnages, je me suis ensuite rappelée qu’elle n’avait que 15 ans. On avait tendance à l’oublier vu qu’elle semblait assez mature dans la première partie et que Farouk, avec ses années d’existence derrière un visage d’ado, est plus réfléchi (enfin, sauf quand le sang entre dans la danse). Dans cette seconde partie, l’histoire prend donc une nouvelle ampleur et forme un ensemble cohérent et très intéressant pour qui a lu Dans les veines et/ou Je suis ton ombre. Certaines affaires trouvent leur conclusion, notamment pour un personnage clé de Dans les veines qui méritait enfin sa délivrance. Et si on ne les a pas lus, cela donne envie de creuser (ou de relire comme moi vu que j’avais zappé beaucoup de choses). La fin laisse aussi une belle ouverture pour poursuivre sur ce sujet.

À la lecture du 4ème de couverture je m’attendais à une relation plus malsaine entre Farouk et Barbie. En fait, ce roman est une excellente porte d’entrée pour tous ceux qui ne connaissent pas l’univers de Morgane Caussarieu ou qui aiment un peu l’horreur mais pas trop. En revanche, pour les habitués, c’est une promenade de santé (quoique… ce qui se passe dans cette chambre d’hôtel…brr) et je suis un peu frustrée car je sais que l’autrice peut aller tellement plus loin dans le glauque, le sanglant et l’horreur de la psyché humaine. Mais c’est un roman jeunesse, tel est le deal

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce roman, en grande partie grâce à Farouk qui est un personnage fort, attachant et très intéressant à suivre. L’univers de Morgane Caussarieu est toujours un régal et j’espère qu’elle n’en a pas terminé avec ses vampires méchants. Je vous conseille à 100% ses romans… si vous avez le cœur bien accroché ^^


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Passé déterré

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Thriller, fantastique, horreur
21 €
380 pages

J’ai gagné ce roman lors du concours organisé par Book en stock pour leur Grand Prix de l’Imaginaire 2018. J’avais vu passer cet auteur, Clément Bouhélier dans le catalogue des éditions Critic et il me tentait depuis un moment. D’ailleurs, vu que le mois d’octobre lui sera consacré sur Book en Stock, vous allez entendre parler de lui à nouveau chez moi aussi 😉 

J’ai donc pu me familiariser avec cet auteur lors de ma lecture de son « one shot » Passé Déterré. À la lecture du résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à un vieil épisode d’une série, je ne sais plus si c’était les contes de la crypte ou autre, où des morts sortaient de leur tombe et retournaient dans leur famille. De mémoire c’était assez bienveillant. Mais Passé Déterré n’a rien à voir avec ce que j’imaginais. 

Le style de l’auteur est agréable à suivre, fluide et sans fausse note. Le roman prend le temps de bien poser le contexte, de ce fait, il se passe pas mal de temps avant que les éléments fantastiques ne soient exposés à la lumière. L’ambiance est très réaliste, comme souvent quand des auteurs français nous plongent dans des petits villages de France. Cela peut se passer n’importe où au final, ce qui renforce notre identification aux personnages. Même le drame qui frappe ces familles, un accident de bus mortel où plusieurs enfants sont tués, sonne tristement réaliste. Un fait divers parmi d’autres, qui trouve écho n’importe où en France aussi. Il n’y a pas si longtemps, un bus scolaire avait été fauché par un train aussi. Bref, le contexte est à la fois universel et très intimiste puisque l’on parle de deuil. 

Nous suivons surtout Estelle, qui pense avoir surmonté la mort de son unique enfant, même si pour cela elle est séparée du père de son garçon. J’ai aimé le fait que l’auteur nous montre les réactions des parents plusieurs années après et non juste après le drame. Six ans ont passé et les familles ont toutes réagi différemment à cette épreuve. Cela dépend de s’ils avaient ou non d’autres enfants, s’ils sont restés ou partis et si les couples ont tenu malgré l’adversité. Cette vision a ajouté de la richesse à cette ambiance réaliste.

Estelle est une femme à laquelle il est facile de s’identifier. Elle est sympathique, et sans s’apitoyer sur son sort, sa détresse est palpable et on la partage avec elle. Elle est attachante et on lui souhaite de s’en sortir et de recommencer sa vie même si on sait au fond de nous que c’est impossible d’effacer la mort de son fils et qu’elle ne pourra jamais l’oublier. Alexandre, un autre père qui a perdu son enfant, est aussi très intéressant. Il s’est encore plus renfermé qu’Estelle, on le prend pour le violent et le fou, lui qui a cédé à l’envie meurtrière de la vengeance. On suit également les points de vue des responsables : le Maire qui a fermé les yeux, le chauffeur bourré rescapé et son frère qui dirige l’entreprise familiale. Sans tomber dans les clichés des méchants, l’auteur nous dépeint des personnes humaines qui ont commis de terribles erreurs. Il aborde à travers tous ses personnages des sujets classiques mais qui sont toujours très instructifs dès lors qu’on y réfléchit : la vengeance, la culpabilité, ce fameux enfer pavé de bonnes intentions, le deuil évidemment ainsi que le pardon. Il y a aussi cette agaçante « normalité », qui veut que au-delà d’un certain temps, on est obligé de tourner la page. 

Bref, cette histoire est très prenante même si, au final, l’action ne démarre vraiment que sur la fin. Il y a une tension grandissante et surtout le fait qu’on imagine un schéma classique, la vengeance, qui n’est pas tout à faire suivi. Tout le monde peut être visé car l’origine du mal qui sévit sur ce village est bien plus complexe qu’il n’y parait et plus intéressante aussi. Je ne peux pas trop vous en dire au risque de spoiler mais la raison pour laquelle ces morts reviennent est inattendue et bien traitée. L’auteur n’est pas tombé dans le déjà-vu ni dans la facilité.  Il y a un lien profond lié au village qui est exploré au travers de flash-back. La fin… la fin nous remplit d’espoir jusqu’à ce que le prologue vienne tout réduire à néant. C’était très bien joué de la part de l’auteur. 

En conclusion, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture riche en émotions. On ne tombe pas dans le cliché et tout est fait pour que le lecteur s’identifie au contexte ainsi qu’aux personnages. Cela pourrait être vous, comme vos voisins du village d’à côté. L’histoire est prenante, on a envie de suivre ces personnages et même si certains pourraient trouver le rythme lent, je n’ai ressenti aucune longueur. Clément Bouhélier est donc un auteur français à suivre… et que j’ai eu grand plaisir à retrouver avec son dernier roman en date. Plus d’infos en octobre !

Ma note : :star::star::star::star-half:

Chronique : Arena 13 T2 : la Proie


Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Jeunesse
15,90 €
463 pages

Après un premier tome introductif très intéressant, nous retrouvons notre héros, Leif, parti passé quelques mois dans la famille de son père, le peuple Genthaï. Cela démarre d’ailleurs sur les chapeaux de roue ! Les liens avec le premier tome sont bien faits, avec des rappels bien placés, ce qui est appréciable quand, comme moi, on a oublié beaucoup de choses. On replonge donc très vite dans cet univers.



Le peuple des Genthaï est intéressant, même si leur rituel est absolument affreux. Décidément, ce monde est très cruel mais je suis étonnée par la passivité des gens. « Oh nos petites filles se font bouffer vivantes par des espèces de loups mais c’est la tradition alors bon… » mouais. Bon, au moins, dans ce tome on découvre que notre Leif n’est pas le seul à se bouger les fesses pour faire changer les choses.


Dans ce tome, on en apprend plus sur le contexte. J’avais complètement oublié que ce pays était sous une bulle et que le reste du monde était contrôlé par les Djinns. Alors que d’ordinaire les tomes 2 ralentissent le rythme, ici, on continue d’avancer et de se battre. Tout au long du roman nous allons être emplis d’espoir quant à la quête de Leif, à savoir tuer le djinn Hobb qui terrorise la ville de Gindeen. De nouvelles pistes sont explorées et on se prend au jeu… à nos risques et périls ! Car comme Joseph Delaney nous l’a bien appris avec l’Epouvanteur : rien ne se passe jamais comme prévu !


L’entraînement de Leif s’accentue, les dangers se multiplient. Malgré l’ambiance difficile, j’ai aimé voir que notre jeune héros gardait sa naïveté et son côté puéril, surtout en ce qui concerne Kwin pour qui il fonce toujours tête baissée. Il reste toujours agréable à suivre, assez différent de Tom de l’Epouvanteur même si tous les deux partagent un grand courage et une propension  à n’apprendre qu’à travers leurs erreurs. La plupart des personnages sont attachants et/ou intéressant, notamment les nouveaux à l’image d’Ada. Il n’y a que Kwin que je n’arrive toujours pas à apprécier. Elle continue de dragouiller notre héros et de l’embarquer dans des aventures qui ne lui attireront que des ennuis. À chaque fois, Leif risque de perdre sa place (quand ce n’est pas sa vie) mais elle s’en fout complet car elle ne pense qu’à elle et à son objectif. Surtout qu’elle ne risque en général pas grand chose vu sa position sociale. 

À la lecture du 4ème de couverture je m’étais attendue à certains rebondissements qui n’ont pas eu lieu. Tant mieux car ceux qui sont inattendus sont encore mieux que ce que j’imaginais. Je ne peux pas trop vous en dire au risque de vous spoiler, néanmoins le lecteur tout comme les personnages ont quelques ascenseurs émotionnels !

En conclusion ce fut une sympathique lecture entraînante, dépaysante, forte en espoirs et désillusions. J’attends avec impatience le troisième (et dernier ?) tome de cette saga et surtout… le réveil des lacres !




Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Tapisserie de Fionavar T2 le Feu Vagabond


Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
319 pages

Le résumé détaillé du premier tome a été fort apprécié avant d’entamer la lecture de ce deuxième tome, même si le résumé en lui-même est assez indigeste tant il y a de noms à se remémorer (prénoms, villes, pays, deuxième nom des héros, titre, artéfacts etc.) Heureusement il y a toujours un index des noms des principaux personnages qui facilite ensuite la lecture. 

J’ai retrouvé avec plaisir nos 5 jeunes canadiens. Alors que le premier tome avait mis en place doucement les différentes pièces de l’intrigue, tout s’accélère ici et on voit que tout est cohérent et s’imbrique parfaitement dans la trame conçue par l’auteur.
J’ai eu une lecture en demi-teinte. J’ai été agréablement surprise par certains événements et de voir que justement des choses obscures du premiers tomes trouvaient leur place désormais. Néanmoins, l’auteur choisit d’introduire des éléments de la légende arthurienne. J’y vois deux problèmes. Premièrement je n’aime pas cette légende. Bon ceci est purement personnel mais Arthur, Morgane, Guenièvre, Merlin & co c’est vu, revu et re-revu. Ce roman date et remonte à l’époque où justement on en soupait partout du Arthur donc ce n’est pas trop étonnant. Le deuxième point c’est surtout que ce roman n’en avait pas besoin ! La mythologie du monde de Fionavar est déjà si riche (un peu copiée sur Tolkien parfois), pourquoi s’embêter à tout compliquer avec cette légende ? Elle n’a rien à faire là à mes yeux. Autant, Arthur seul aurait pu passer car il a un rôle précis, très intéressant pour le coup et charismatique, mais nous rajouter une Guenièvre cachée derrière une des filles qui se rappelle pif paf pouf comme ça de son passé ça ne m’a pas du tout plu. D’autant que cette personne à part entière était suffisamment intéressante et fouillée en soi. Cela n’apporte rien, sauf une tragédie de plus à venir car comme ils nous l’ont assez bien répété, qui dit Arthur et Guenièvre, dit Lancelot et trahison. Bref, cela m’a bien ennuyé.

Mon deuxième reproche concerne la manière de l’auteur de nous révéler des éléments de l’intrigue. Nos 5 jeunes  sont dans le flou, puis d’un seul coup ils ont la révélation, ils savent tout sur tout et comprennent ce qui va se jouer… sauf qu’ils ne le partagent pas avec le lecteur qui doit attendre que l’auteur dévoile enfin ses intentions. Une fois ça passe, mais dans ce tome cela arrive trop souvent et c’est un peu lassant à force. Cela donne aussi une impression de bâclé parfois car si les personnages savent depuis longtemps qu’ils vont faire telle action, le lecteur lui ne le sait pas et la découverte tombe comme un cheveu sur la soupe. L’exemple le plus flagrant étant Kim et l’amant qu’elle se choisit. Pourquoi ? Il n’y avait aucun indice, aucune alchimie, rien qui laisse paraître que ce choix est cohérent. 

Finalement dans ce tome j’ai donc préféré les personnages issus de Fionavar plutôt que nos canadiens. Les deux frères Ailéron et Diarmuid sont d’excellents personnages, les Dalreï sont intéressants à suivre, les rivalités entre rois aussi et même la prêtresse Jaelle devient moins agaçante au fur et à mesure qu’elle se dévoile. Les dieux interviennent aussi de plus en plus et la mythologie (hormis l’incartade arthurienne qui, je l’avoue, permet quand même de relier Fionavar au reste des univers) se développe aussi. Globalement j’ai aimé suivre tous ces personnages et j’ai été triste quand l’un d’entre eux est mort (bon là aussi, lui a tout compris juste le pourquoi il devait mourir comme ça, 5 minutes avant). La maîtrise de l’auteur sur son univers et son intrigue est remarquable et donne envie de lire ses autres romans.

Malgré tout cette lecture a été agréable et je suis curieuse de savoir comment cette trilogie va se conclure !





Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty: