Chronique : Mr Mercedes

Stephen King
Traduction : Océane Bies et Nadine Gassie 
Albin Michel
Thriller
474 pages
23,50€

Voilà un livre qui squatte ma PAL depuis plusieurs années (sa sortie remonte à 2015) mais je ne sais pas, il m’attirait moins que d’autres Stephen King. Je m’attendais à autre chose, du coup j’ai été au début agréablement surprise de voir la direction que ce roman prenait. Je crois que j’ai été échaudée par Nosfera2 de son fils (Joe Hill) qui m’a profondément déçue.

J’ai donc été emballée par le début, qui nous propose un thriller efficace avec des personnages sympathiques et attachants. On a une brochette de personnages assez uniques, entre la classe et dynamique Janey, le jeune et talentueux Jerome, l’atypique Holly qui s’étoffe au fil du roman et qu’on apprend à mieux apprécier. L’inspecteur Bill est lui plutôt classique. Il ne m’a pas vraiment marqué. Brady était intéressant mais on nous fait des promesses non tenues à son sujet. Ça manquait un peu de profondeur et son intelligence n’est surtout montrée que par ses actes passés par ceux qu’il prend ensuite.

Ainsi, même si l’histoire s’est révélée plus intéressante que je ne le croyais, cela reste une lecture facile à oublier. Autant le prologue est clairement du 100% King, autant la suite, sans une once de fantastique, ne cassait pas trois pattes à un canard. Ce n’est clairement pas le meilleur des Stephen King à mon goût. Même s’il y a des prises de risque et des rebondissements inattendus, je n’ai pas vraiment frissonné ni eu trop peur pour les personnages. En fait, il nous appâte avec des possibilités qui ne se concrétisent pas (sauf une, époustouflante et terrible), alors que d’habitude on ne le voit pas venir et il frappe fort.

En conclusion ce fut une lecture pas désagréable mais pas forcément à la hauteur de ce que King peut faire. C’est trop classique, trop déjà vu, il n’apporte pas grand-chose de nouveau, ni même le côté haletant de certains thriller vraiment bien ficelés.


 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Victime 2117

Jussi Adler-Olsen
Traduction : Caroline Berg 
Albin Michel
Thriller
572 pages
22,90€

Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu la suite des aventures de Carl, Assad et Rose. L’auteur avait écrit un roman qui ne se déroulait pas dans le Département V dans l’intervalle que je n’ai pas lu. Comme j’ai offert à mes parents le 4ème film adapté des romans et qu’on l’a regardé pour Noël, cela m’a permis de me replonger dans l’histoire avant de lire Victime 2117.

Ce roman est un peu à part des autres car il est principalement centré sur l’histoire d’Assad qui nous est sciemment cachée depuis le premier tome. On apprend toute la vérité et elle est vraiment triste pour notre pauvre Assad. Même si c’est son histoire et qu’il nous la conte par petits morceaux tout au long du roman, j’ai trouvé Assad moins actif, sauf à la fin. Il subit plus qu’il n’agit.

Pour nous faire découvrir l’histoire d’Assad, l’auteur s’empare de sujets d’actualités, sur les migrants qui débarquent sur les plages et dont beaucoup ne survivent pas à leur traversée de la Méditerranée et aussi des actes terroristes même si pour le coup, ici on est davantage sur une vengeance personnelle que sur des motifs extrémistes.

En parallèle Rose et Gordon travaillent sur un autre cas, qui est pourtant lié aux migrants et qui permet à Gordon de sortir de sa zone de confort et de se confronter au terrain. Assad étant au fond du seau, l’aspect humoristique vient de Gordon et vu les thématiques et les événements, cette petite touche de fraîcheur est la bienvenue. Cela sort aussi Rose d’une dépression liée aux événements du tome précédent. Son évolution tout au long du tome fait plaisir car au départ, j’ai ressenti beaucoup de pitié et de tristesse pour son état. Quant à Carl, pour une fois c’est donc plus lui qui est actif étant donné qu’Assad est totalement déprimé et tétanisé par les événements liés à son passé. Alors qu’au début c’est Assad qui devait pousser pour tisser des liens entre eux, cette fois, l’amitié qu’ils se portent est soutenue par Carl qui est présent pour son ami.Je suis moins emballée par la tournure de la relation Mona-Carl par contre.

Même si j’aime beaucoup cette série et ses personnages vraiment atypiques, hauts en couleur et attachants, je sens que cela commence à sentir la fin. Il serait temps de clôturer à présent que les personnages ont plus ou moins tous dénoué leurs fils d’intrigue. Mais on voit bien que le fil rouge derrière, l’affaire qui a coûté la vie à un policier et rendu le coéquipier de Carl paralysé est toujours en suspens. J’espère donc qu’on aura le fin mot dans un tome final. J’ai en tout cas ici passé un bon moment de lecture même si ce tome n’est pas mon préféré du lot.


 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : C’est dans la boîte

Frédéric Ernotte
Auteur francophone, voir le site  
Séma Editions
Thriller
275 pages
8,90€

Je ne connaissais pas du tout l’auteur mais le descriptif et l’envie d’aider les éditions Séma au lancement de cette nouvelle collection poche à petit prix m’ont convaincu de tenter le coup. Je ne regrette absolument pas. Pour information, il y avait une édition collector numérotée qui est à présent épuisée.

J’ai été complètement emportée par l’histoire et la narration en très peu de temps. Il y a plusieurs histoires en une et c’était très intéressant de les découvrir. Je ne peux pas trop en dire plus car il faut garder le mystère et la surprise qui rendent ce roman si prenant et surprenant. Tout ce que je peux dire c’est que ces histoires parallèles sont si immersives qu’elles m’ont fait perdre de vue l’objectif principal. Ce qui pourrait sembler un point négatif mais non car elles font office de diversion afin de renforcer l’effet de surprise.

Les annonces autour du roman ne cessaient de vanter son côté bluffant, force est de constater qu’elles avaient raison. Je me suis donc prise au jeu de cette boîte et de toute les intrigues. Ce roman est ingénieux et intelligent. Sa longueur aussi est parfaite, juste assez pour nous plonger dedans mais pas trop long pour ne pas perdre le côté huis-clos.

J’ai donc passé un très bon moment de lecture, le pari autour de ce roman est complètement réussi car je ne suis pas parvenue à déjouer les pièges de l’auteur. Chapeau bas. Si vous voulez un petit thriller, court, efficace et qui vous surprendra, je ne peux que vous le conseiller


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Chute

Christophe Nicolas
Auteur francophone 
Outrefleuve
Thriller
19,90 €
366pages

Je ne lis plus beaucoup de pur thriller, mais certains auteurs sont devenus des incontournables de ma pile à lire, comme Christophe Nicolas, un auteur francophone aux romans immersifs et prenants que j’ai eu plaisir à rencontrer lors de festivals.

Le héros du roman « Chute » ne fait pas exception aux précédents héros de l’auteur, à savoir un monsieur tout le monde, crédible et réaliste à qui il va arriver tout un tas de péripéties. L’originalité cette fois vient du fait que notre héros est lui-même un écrivain et qu’il a une bonne raison de s’inquiéter des événements étranges et inquiétants qui se déroulent autour de lui car il n’est pas le réel auteur de son best seller.

J’ai lu le roman en 5 jours, ce qui est très rapide pour moi et vous montre à quel point ce roman est addictif et prenant. Nous suivons donc les aventures de Thomas, auteur français qui connait un succès fulgurant avec son dernier roman qui décrit les aventures sordides d’un homme qui pourrait sembler relativement instable psychologiquement. Christophe Nicolas réussit le tour de force en quelques extraits à nous donner envie de lire aussi l’ouvrage dont il est question.

Je n’ai pas eu beaucoup de sympathie pour Thomas, après tout il s’est approprié le manuscrit de quelqu’un d’autre pour en récolter les lauriers, ce n’est pas une attitude très intègre même si on peut évidemment comprendre ses motivations. Plusieurs pistes se dessinent tout au long du roman pour essayer de deviner la vérité. J’ai été un peu déçue de voir que Christophe Nicolas n’empruntait pas forcément la voie qui me bottait le plus mais sa fin est très bien ainsi et il a parfaitement maîtrisé sa narration pour rendre ses explications cohérentes et rendre l’ensemble du récit aussi prenant qu’intéressant.

La chute est géniale, j’ai adoré la toute fin.

Si notre héros n’est pas tout blanc et que j’ai eu un peu de mal à lui trouver des excuses, j’ai quand même compatis sur la fin. J’ai passé un très bon moment de lecture, je vous le recommande si vous appréciez les thriller !


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Passé déterré

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Thriller, fantastique, horreur
21 €
380 pages

J’ai gagné ce roman lors du concours organisé par Book en stock pour leur Grand Prix de l’Imaginaire 2018. J’avais vu passer cet auteur, Clément Bouhélier dans le catalogue des éditions Critic et il me tentait depuis un moment. D’ailleurs, vu que le mois d’octobre lui sera consacré sur Book en Stock, vous allez entendre parler de lui à nouveau chez moi aussi 😉 

J’ai donc pu me familiariser avec cet auteur lors de ma lecture de son « one shot » Passé Déterré. À la lecture du résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à un vieil épisode d’une série, je ne sais plus si c’était les contes de la crypte ou autre, où des morts sortaient de leur tombe et retournaient dans leur famille. De mémoire c’était assez bienveillant. Mais Passé Déterré n’a rien à voir avec ce que j’imaginais. 

Le style de l’auteur est agréable à suivre, fluide et sans fausse note. Le roman prend le temps de bien poser le contexte, de ce fait, il se passe pas mal de temps avant que les éléments fantastiques ne soient exposés à la lumière. L’ambiance est très réaliste, comme souvent quand des auteurs français nous plongent dans des petits villages de France. Cela peut se passer n’importe où au final, ce qui renforce notre identification aux personnages. Même le drame qui frappe ces familles, un accident de bus mortel où plusieurs enfants sont tués, sonne tristement réaliste. Un fait divers parmi d’autres, qui trouve écho n’importe où en France aussi. Il n’y a pas si longtemps, un bus scolaire avait été fauché par un train aussi. Bref, le contexte est à la fois universel et très intimiste puisque l’on parle de deuil. 

Nous suivons surtout Estelle, qui pense avoir surmonté la mort de son unique enfant, même si pour cela elle est séparée du père de son garçon. J’ai aimé le fait que l’auteur nous montre les réactions des parents plusieurs années après et non juste après le drame. Six ans ont passé et les familles ont toutes réagi différemment à cette épreuve. Cela dépend de s’ils avaient ou non d’autres enfants, s’ils sont restés ou partis et si les couples ont tenu malgré l’adversité. Cette vision a ajouté de la richesse à cette ambiance réaliste.

Estelle est une femme à laquelle il est facile de s’identifier. Elle est sympathique, et sans s’apitoyer sur son sort, sa détresse est palpable et on la partage avec elle. Elle est attachante et on lui souhaite de s’en sortir et de recommencer sa vie même si on sait au fond de nous que c’est impossible d’effacer la mort de son fils et qu’elle ne pourra jamais l’oublier. Alexandre, un autre père qui a perdu son enfant, est aussi très intéressant. Il s’est encore plus renfermé qu’Estelle, on le prend pour le violent et le fou, lui qui a cédé à l’envie meurtrière de la vengeance. On suit également les points de vue des responsables : le Maire qui a fermé les yeux, le chauffeur bourré rescapé et son frère qui dirige l’entreprise familiale. Sans tomber dans les clichés des méchants, l’auteur nous dépeint des personnes humaines qui ont commis de terribles erreurs. Il aborde à travers tous ses personnages des sujets classiques mais qui sont toujours très instructifs dès lors qu’on y réfléchit : la vengeance, la culpabilité, ce fameux enfer pavé de bonnes intentions, le deuil évidemment ainsi que le pardon. Il y a aussi cette agaçante « normalité », qui veut que au-delà d’un certain temps, on est obligé de tourner la page. 

Bref, cette histoire est très prenante même si, au final, l’action ne démarre vraiment que sur la fin. Il y a une tension grandissante et surtout le fait qu’on imagine un schéma classique, la vengeance, qui n’est pas tout à faire suivi. Tout le monde peut être visé car l’origine du mal qui sévit sur ce village est bien plus complexe qu’il n’y parait et plus intéressante aussi. Je ne peux pas trop vous en dire au risque de spoiler mais la raison pour laquelle ces morts reviennent est inattendue et bien traitée. L’auteur n’est pas tombé dans le déjà-vu ni dans la facilité.  Il y a un lien profond lié au village qui est exploré au travers de flash-back. La fin… la fin nous remplit d’espoir jusqu’à ce que le prologue vienne tout réduire à néant. C’était très bien joué de la part de l’auteur. 

En conclusion, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture riche en émotions. On ne tombe pas dans le cliché et tout est fait pour que le lecteur s’identifie au contexte ainsi qu’aux personnages. Cela pourrait être vous, comme vos voisins du village d’à côté. L’histoire est prenante, on a envie de suivre ces personnages et même si certains pourraient trouver le rythme lent, je n’ai ressenti aucune longueur. Clément Bouhélier est donc un auteur français à suivre… et que j’ai eu grand plaisir à retrouver avec son dernier roman en date. Plus d’infos en octobre !

Ma note : :star::star::star::star-half:

Bilan lecture 2017


 Livres lus en 2017


J’ai encore diminué mon nombre de livres lus cette année avec un total de 45 livres. Pourtant, je n’ai jamais eu l’impression de lire autant. Allez donc savoir ! L’année aura été assez inégale niveau rythme (à découvrir dans mon bilan écriture) et pauvres en réels coups de cœur. Néanmoins, j’ai eu de très bonnes lectures (seuls 3 romans m’ont déçue complètement), j’ai découvert de magnifiques plumes francophones (Ariel Holzl, Chloé Chevalier, Christelle Dabos) et j’ai mis à jour mes connaissances d’auteurs cultes (Neil Gaiman, David Brin, Barjavel, Guy Gavriel Kay). 

Cette année, la part belle revient à la Fantasy mais j’ai augmenté mon quota de livres SF et aussi de young adult/jeunesse, un genre qui me plaît assez même si je choisis mes livres avec parcimonie


Mes coups de cœurs 2017

Objectifs 2018 :

Mes petits bilans mensuels ont été un échec cette année. J’ai décidé, hors participation au « mois de » du blog Book en stock, de ne plus m’imposer de challenge. Je vais essayer d’alterner une lecture étrangère à une lecture francophone et aussi de me mettre davantage aux lectures en VO (car c’est bien beau de commander des Fairy Loot, il faut les lire ensuite !!)



Et sinon vous avez le détail genre par genre ci-dessous. Cliquez sur les photos pour avoir l’image en plus grand 🙂 Chacun de ces livres a été chroniqué au fil de l’année, vous pouvez retrouver la liste entière des livres lus ici.

Cliquez sur les images pour voir les couvertures en plus grand ^^


Science-Fiction/anticipation/dystopie


Je suis contente de mon bilan de cette année en SF car c’était presque toujours de gros pavés !




 Fantasy
Une braise sous la cendre a été l’une de mes révélations de l’année !


J’ai enfin terminé Eternité et j’ai fait une cure de Lionel Davoust ^^


 Fantastique/urban fantasy
Grosse déception pour Nosfera2, le reste a été un régal !



Young adult / jeunesse
Je me plais bien plus que je ne le pensais dans le young adult !


Thriller et anthologies

Un peu de diversité de temps à autres 😉

Bilan du mois d’octobre

3615 ma vie & écriture
Ce mois d’octobre est passé à toute vitesse. Entre les vacances de mon compagnon, les travaux dans la maison, les futurs achats et réflexions qui nous prennent tout notre temps et une vie sociale chargée, je ne pensais pas parvenir à lire autant. 

J’ai terminé les corrections de mon manuscrit de post-apo/survival que j’ai ensuite envoyé à plusieurs éditeurs. Réponses attendues dans de longs mois ! J’ai enchaîné avec la préparation du NaNoWriMo. Je vous ai d’ailleurs déjà présenté mon projet ici.


Bilan lecture d’octobre 2017

Young Adult

Ma note : :star::star::star::star::star-half:
Ma chronique

Résumé : Laia et Elias se frayent un chemin vers le nord afin de libérer le frère de Laia des horreurs de la prison de Kauf. Pourchassés par les soldats de l’Empire, manipulés par la Commandante et hantés par leurs passés, Laia et Elias doivent duper leurs ennemis et confronter la perfidie de leurs propres coeurs.Dans la ville de Serra, Helene Aquilla se retrouve attachée à la volonté du nouveau leader à l’esprit tordu de l’Empire, Marcus. Quand sa loyauté est mise en doute, Helene accepte une mission pour montrer ce dont elle est capable, une mission qui pourrait bien la détruire.

Ma note : :star::star::star::star::star:

Résumé : Sora vient d’apprendre qu’elle doit passer le reste de sa vie à béquilles. Son quotidien se résumera désormais aux cours au lycée et aux séances de kiné. Elle pourrait s’y faire si Kay, la grande soeur qui l’a quasiment élevée, tenait le coup ; mais cette dernière, qui a toujours été la plus forte des deux, est en pleine descente aux enfers. Alors Sora décide de prendre les choses en main et d’enfiler la cape de ces superhéros qu’elle aime tant. Objectif : changer sa vie. Son meilleur atout : l’héritage navajo laissé par sa mère. Un ancien pouvoir de guérison qui pourrait les sauver, elle et sa sœur. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas les seules à le chercher… et que leur rival est prêt à les suivre au bout du monde pour parvenir à ses fins.


Ma note : :star::star::star::star::star:
Ma chronique

Résumé : Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir. 
Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature. Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé

 
Policier/Thriller

Ma note :
Ma chronique

Résumé : Adolescente, Toni Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer. Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Toni et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison. Aujourd’hui âgée de 34 ans, Toni se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale. Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau. Surtout, Toni prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Mais la vérité a un prix…

Mes achats ou réceptions du mois


Chronique : Après la nuit

Chevy Stevens
Traduction : Sebastian Danchin
France Loisir 
Thriller
492 pages
J’avais bien aimé le premier roman de cette auteure, Séquestrée, que j’ai lu avant de tenir ce blog. J’ai donc profité de mon achat trimestriel chez France Loisir pour me procurer son dernier en date. Je trouve que les thrillers et le fantastique s’accordent parfaitement à l’automne !
J’ai davantage l’habitude des thrillers policiers de Jussi Adler Olsen et Camilla Läckberg ces dernières années, donc je m’étais habituée à une plume un peu plus élaborée que celle-ci. Nous suivons Tonie qui a été accusée à tort du meurtre de sa petite sœur Nicole, avec son copain Ryan. Incarcérée pendant des années, elle est enfin libérée et va plus ou moins chercher à découvrir la vérité.
Le récit oscille entre la période avant le meurtre de Nicole, la prison et le présent. Ainsi, l’auteure nous brosse le tableau complet en ménageant le suspense car il faudra attendre les trois quarts du roman pour savoir comment Nicole est morte et comment Tonie en est arrivée à porter le chapeau. Je comprends la technique de l’auteure, d’autant que c’est une bonne façon de créer de l’empathie avec l’héroïne et de comprendre ses actes. Sauf que de l’empathie, je n’en ai pas ressentie. Je ne me suis pas attachée à Tonie, je suis presque restée extérieure au récit. C’est une adolescente de 18 ans au moment du drame, mais elle est très irresponsable, elle cumule les erreurs sans jamais se remettre en question et est très entêtée. D’un côté on nous la présente comme une dure à cuire et, de l’autre, elle se laisse intimider par des greluches. Ce n’est pas toujours très logique, e seul objectif de Tonie est de passer du temps avec Ryan. Ce n’est guère palpitant. En plus, j’ai senti un forçage de la part de l’auteure pour que vraiment Tonie n’est aucune chance de paraître innocente.

Je comprends bien la stratégie de l’auteure seulement à force de nous montrer une succession de passages où Tonie accumule les erreurs et les injustices afin de nous montrer pourquoi les flics et le public n’a pas voulu chercher un autre coupable potentiel, on en vient à survoler des passages qui auraient mérité davantage de profondeur. A commencer par la nuit du meurtre de Nicole. Il y a des passages aussi très faciles. Tonie ne s’intéresse pas du tout à sa sœur et est aveugle à ses problèmes. Si au moins j’avais senti une évolution dans le personnage, mais même pas. Son passage en prison est assez abstrait, comme si au final ce n’était pas si terrible.
Le dénouement et les explications sont balayés. Même si on se doutait de l’identité du coupable (l’auteure n’a pas vraiment creusé pour nous mettre sur de fausses pistes), les motivations arrivent comme un cheveu sur la soupe. Les indices distillés au fil du roman ont été inutiles puisque Tonie n’en avait rien à carrer de sa sœur. Le lecteur n’avait que des suppositions très floues.
Pour autant, j’ai été tendue tout au long de ma lecture. Il y a tant d’injustice et de colère dans ce roman, que ça m’a mise sur les nerfs : l’acharnement de Shauna la peste, l’aveuglement de la mère de Tonie, la police incompétente, l’entêtement de Tonie, le regard de la société sur des libérés de prison, les délations, la guerre entre détenus etc. Le seul aspect vraiment traité avec justesse concerne la liberté conditionnelle, une période que je n’imaginais pas si stricte. En effet, même si Tonie n’y est pour rien et possède un alibi pour un délit quelconque, le simple fait d’être interrogée au commissariat fait sauter sa conditionnelle. C’est hyper rude, d’autant qu’évidemment au moindre pépin (un vol en l’occurrence) on se tourne direct vers la meurtrière.
En conclusion, je suis mitigée. Le roman est original, puisqu’une héroïne qui se tape plus de 10 ans de prison ce n’est pas courant. Néanmoins il possède des faiblesses et des facilités qui m’ont donné un goût d’inachevé. J’attendais plus mais j’ai été captivée par l’histoire et je voulais absolument connaître le fin mot de l’histoire. Si je n’ai pas ressentie d’empathie pour l’héroïne, j’ai vécu son injustice.
Ma note:star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Le camp

Christophe Nicolas
Auteur francophone (voir la page Facebook)
Pocket 
Thriller
8,50
415 pages

J’ai découvert Christophe Nicolas au salon Eternelle Fantasy en 2013 où je tenais un stand. Je le connaissais de nom, édité aux Editions du Riez, mais je n’avais pas lu ses livres. Et comme je suis une timide doublée d’une ermite je n’étais pas allée le voir XD Mais j’ai lu son Projet Harmonie (je n’ai pas la chronique sur le blog) et j’avais vraiment bien aimé. Du coup, je suis ses projets avec attention et j’avais repéré Le camp depuis sa sortie chez Outre Fleuve. Mais comme je privilégie les achats en librairie ou salon et que ma librairie biarrote n’est pas toujours très calée en SFFF et encore moins francophone, j’ai tardé à l’acquérir. D’ailleurs, je l’ai acheté en gare Montparnasse alors que j’étais en pénurie de lecture !

Bon, arrêtons l’introduction et parlons de ce roman. Il s’agit d‘un thriller haletant, prenant et très ancré localement, ce qui est la marque de fabrique de l’auteur. Nous sommes donc dans le Sud-Est (à prononcer avec l’accent c’est mieux ^^) avec de bons franchouillards : Titi le perturbé mental, du Pascal, du Doume et le patois. Niveau ambiance, c’est bien posé ! 

J’ai d’abord été surtout intéressée par l’histoire centrée autour de Cyril, qui disparaît une nuit avec l’ensemble du village de La Draille pour se retrouver enfermé dans un caisson étrange.  Tout au long du roman, j’ai échafaudé pleins d’hypothèses, qui se vérifiaient parfois ou à l’inverse m’avaient mené loin de la vérité. L’auteur nous donne des indices mais toute ma lecture je me suis posée la question : extraterrestre ou pas extraterrestre ? Car il nous donne des pistes, oui, mais il les brouille, il nous met le doute. Nous sommes perdus, à l’instar les personnages, mais ce n’est pas flou pour autant. 

Nous suivons en parallèle Marie, la compagne de Cyril, qui vit les événements qui ont suivi la disparition du héros. Et si je n’ai pas vraiment fait attention à elle, à la fin d’un chapitre tout a basculé. Je m’étais bien fourvoyée sur le sens du titre. L’auteur a été très habile, et j’ai rarement autant aimé être menée en bateau

Comme tout bon thriller, l‘explication n’est donnée qu’à la toute fin, et elle est cohérente. Certaines de mes hypothèses étaient justes mais incomplètes. Grâce aux différents personnages que Cyril rencontre, nous avons le fin mot de l’histoire. Je me demandais comment l’auteur allait conclure et je suis satisfaite, ça se tient, c’est porteur d’espoir et tout est bien ficelé même si on a quelques zones obscures le lecteur doit faire travailler son imagination.

Globalement, nous sommes dans un roman qui se concentre sur la psychologie et les personnages. Je ne pouvais pas m’empêcher de comparer ce roman avec les films d’auteurs, en me disant qu’un américain aurait tout fait exploser. Ici, l’enjeu est dans les réactions des personnages. Des gens comme vous et moi qui vont se retrouver dans des situations bouleversantes. Aucun n’est épargné. Ils font des erreurs, ils doutent, ils sont égoïstes, ils se remettent en question. Ce ne sont pas des Badass, mais ils sont bien plus forts dans leur tête. C‘était d’autant plus crédible que leurs questionnements étaient légitimes et faisaient écho aux miens : et moi, qu’aurais-je fais dans cette situation ? L’identification est aisée dans ces conditions.

Certaines scènes et idées sont dures, mais je n’ai pas trouvé l’ambiance déprimante pour autant.  L’ensemble est très crédible, notamment en ce qui concerne les réactions de l’armée ou des gens. Le traitement est intelligent, les descriptions suffisaient à rendre compte de l’atmosphère oppressante et stressante. 

En conclusion, une belle réussite que ce roman ! J’ai passé un très bon moment et je n’ai pas vu passer les pages ! Je vous recommande les thrillers 100% français de notre ami Christophe ^^ Son dernier roman, Chute, vient de paraître, cette fois, promis je n’attendrai pas aussi longtemps pour me le procurer !

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

 



Chronique : Promesse

Jussi Adler Olsen
Albin Michel
Thriller/policier
22,90€
649 pages
Cela faisait un moment que je n’avais pas lu cette série mais j’ai replongé avec un grand plaisir dans les aventures de notre trio préféré : Carl, Assad et Rose. Nous les retrouvons quelques années plus tard mais rien n’a vraiment changé entre eux. Leur alchimie est parfaite, ils sont très différents et pourtant attachants chacun à leur manière. Dans ce roman nous en apprenons davantage sur le passé de Rose, ce qui la rend touchante.
Le roman démarre fort, c’est prenant et on est tout de suite aux côtés des inspecteurs dans leur enquête. Avec les flash back et les points de vue d’autres personnages, on a très vite des suspects et on devine ce qui s’est passé pour la pauvre Alberte… tout du moins, le croyais-je ! Pendant tout le récit je me suis dit « c’est X le coupable, il suffit juste que les enquêteurs arrivent à remonter jusqu’à ce personnage ». J’étais donc très curieuse sur la manière dont cela allait se passer et entrer dans l’esprit de criminel est toujours très surprenant.
L’auteur réussit la pirouette de nous réserver des surprises alors que je pensais connaître tous les fils de l’intrigue. Il est très fort ! Tout se tient et pourtant il m’a mené en bateau tout au long de ma lecture. J’ai eu aussi de l’empathie pour Alberte, bien qu’elle soit morte et que personne ne l’ait connue dans l’équipe.
Il y avait beaucoup de haine et de ressentiment dans ce roman, ce qui est paradoxal puisque nous nous confrontons à une secte dont l’objectif est au contraire d’apporter la paix et la sérénité. L’auteur a fait d’énormes recherches sur l’ésotérisme et les sectes qu’il nous livre sans nous assommer pour autant.
Bref, un roman prenant, qui nous offre encore une fois une intrigue indépendante mais avec en toile de fond les relations des trois personnages et de nouvelles perspectives sur leur passé.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le vert)
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