Chronique : Le choix

Paul J. McAULEY
Traduction : Gilles Goullet
Le Bélial’
Science-Fiction
7,90€
83 pages
Je découvre cet auteur ainsi que cette très belle nouvelle collection Une Heure Lumière de chez Le Bélial’ grâce à cette nouvelle. Le résumé parlait d’élévation du niveau de la mer, d’écologie et d’extraterrestre, un cocktail tout à fait à mon goût. 

L’auteur réalise une prouesse pour nous camper en moins de 100 pages un univers riche, dense, extrêmement intéressant et varié. Le tout avec des descriptions fluides qui ne m’ont pas du tout embrouillée. L’ambiance était très particulière dans une région anglaise où l’avancée de la mer a bouleversé la vie des habitants. Accompagnée par la présence des extraterrestre j’ai trouvé que l’ambiance était assez mystique. 

On suit Lucas, un adolescent qui vit dans la précarité avec sa mère militante clouée au lit. Lorsqu’un « Dragon », un appareil E.T. s’écrase non loin, il va s’y rendre avec son meilleur ami Damian et c’est là que les problèmes commencent. 

Je me suis vite attachée à Lucas, un adolescent débrouillard et gentil qui ne mérite pas les problèmes qui lui tombent sur le nez. En revanche, je ne m’attendais pas à une telle tournure de l’histoire. On comprend peu à peu le titre mais la fin m’a laissé dubitative. Je m’attendais à autre chose, j’ai l’impression que le contexte n’est pas exploité à sa juste valeur. 

Sinon, le contrat est rempli, j’ai passé un bon moment. Je n’ai pas chronométré pour savoir si j’ai lu cette nouvelle en une heure mais j’aime beaucoup l’idée et le design de cette collection. Seul point noir : le prix est celui d’un poche de plusieurs centaines de pages, c’est donc un peu cher même si l’objet est beau.

 *Cette lecture fait partie du Challenge de l’été  *

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Elévation T1 Jusqu’au coeur du Soleil

 
 

 

David Brin
Traduction : Françoise Maillet
Folio SF
Science Fiction
7,50€
480 pages
 
 
Grâce à l’intervention de Lionel Davoust, on m’a proposé un projet très intéressant et pour lequel je me devais de combler mes lacunes au sujet des œuvres de David Brin. J’ai donc plongé dans ce premier tome et en suis ressortie mitigée. J’ai à la fois adoré mon voyage jusqu’au soleil et été déçue par certains aspects. 

 

Déjà, je dois reconnaître que les idées de l’auteur sont excellentes. Dans un futur lointain, l’homme a découvert comment élever à la conscience humaine les chimpanzés et les dauphins. On appelle cela l’élévation. L’humanité a aussi rencontré des races extraterrestres qui ont toutes été élevées à la conscience par une ancienne race aujourd’hui disparue. Chaque race peut ensuite en élever d’autres. S’établit alors un contrat entre un « patron » et un « client ». Le problème étant qu’il n’y aucune trace de « patron » pour les humains. Il semblerait que nous soyons devenus « intelligents » par nos propres moyens, ce qui n’est pas sans irriter certains E.T. à l’égo démesuré. 

J’ai trouvé ces idées très intéressantes, bien qu’un peu arrogantes. Le lien entre « patron » et « clients » est aussi bien trouvé et plutôt dérangeant. Nous découvrons dans ce roman Jacob, qui a justement participé à l’élévation des dauphins, qui est envoyé en mission pour rencontrer des Solaires que l’on soupçonne d’être, peut-être, les « patrons » de l’humanité. Autant dire que le voyage s’annonce autant scientifique que politique.

J’ai aimé ce roman pour le voyage, le dépaysement et les idées géniales qui sont développées. Les E.T. sont aussi variés qu’intéressants, mention spéciale pour Fagin la plante que j’imaginais comme Groot des Gardiens de la Galaxie (en plus causant). Les personnages secondaires sont bien travaillés dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé Hélène et j’ai aimé détester Larroque (un français en plus, merci…). Il y a de nombreuses réflexions et des parties plus complexes quand on aborde les descriptions techniques des lasers et autres systèmes de refroidissement du vaisseau. 

C’était donc un fabuleux voyage, toutefois le gros point négatif c’est Jacob, le héros. Alors il est somme toute sympathique, c’est un brave homme, intéressant, avec des qualités et des défauts mais l’auteur a voulu trop en faire à mon avis et paradoxalement il ne nous en dit pas assez sur lui. J’ai eu beaucoup de mal à m’imaginer Jacob et c’est sur la fin que j’ai compris qu’il était d’origine amérindienne. Le comprendre avant m’aurait aidé à le visualiser pendant tout le récit… d’autant que son âge reste obscur. Il y a tout un flou sur sa famille qui apparemment a une certaine influence, c’est très fouillis.

Il est affublé d’un Mr Hyde inutile, qui complique les choses. Il peut aussi entrer dans des transes. Plusieurs fois au cours du récit, Jacob craint d’utiliser sa force, on exagère ses capacités et au final je me suis dit « tout ça pour ça ». Pour avoir côtoyé des héros de SF, en livre comme en série ou film, je peux vous dire qu’il est très loin de leur arriver à la cheville et pourtant tous les autres protagonistes le portent en haute estime. Sauf que pour moi, lectrice, qui ne connaît pas ses faits d’armes, j’ai été déçue.

Enfin, l’auteur nous la joue à la Agatha Christie. Alors, je conviens que tous les rebondissements ont été de vrais surprises. Mais n’est pas Hercule Poirot qui veut et Jacob n’est pas du tout à la hauteur comme pseudo-enquêteur. Certaines explications sont tirées par les cheveux, arrivent brutalement sans aucun moyen de spéculer. J’ai été perdue sur des faits exagérés sur le moment qui au final ne servent à rien. C’était maladroit à mon sens. 

A mes yeux, l’auteur a voulu trop en faire question intrigue au détriment des véritables questions soulevées par leur voyage. Je suis à l’heure actuelle incapable de vous dire si oui ou non les solaires ont élevé l’humanité. Soit je n’ai pas retenu tant la réponse était noyée dans les intrigues annexes, soit je n’ai pas eu la réponse du tout. Avouez que c’est dommage, non ? 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé le voyage spatial, le contexte très travaillé, les idées globales de l’auteur. J’y étais au cœur de son soleil ! Malheureusement l’exploitation du héros est pour moi maladroite, pas toujours crédible non plus. L’auteur en a trop fait du côté des intrigues et d’un aspect policier qui a gâché les raisons premières de ce voyage. 

Ceci dit, je suis obligée de lire au moins le tome suivant qui parle d’envoyer des dauphins dans l’espace. On va voir si ce deuxième tome me plaît davantage.



Ma note ::star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : La Faucheuse

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Robbert Laffont collection R
Young Adult, Science Fiction
18,90€
495 pages
Séduite par les nombreux coups de cœur et encouragée par la lecture commune organisée par le club de lecture des Hiboux, je me suis procurée puis ai dévoré ce roman. Depuis un an, je me mets un peu plus au Young Adult et je dois dire que je tombe sur des pépites. Ce roman est génial. Il se démarque clairement des autres grâce aux nombreuses questions sur l’homme et la société future qu’il pose.

En effet, dans ce roman, nous sommes dans le futur et l’homme est immortel. Vous tombez d’un immeuble de 10 étages ? Pas de soucis, on vous ressuscite. Vous trouvez que votre corps de 70 ans ne vous plaît plus ? Hop, on vous régénère à vos 20 ans. Ainsi, on se retrouve avec des personnes, mariées plusieurs fois avec de multiples enfants… qui ont parfois un physique plus jeune que leurs propres enfants.

Afin de lutter quand même contre la surpopulation, il existe des Faucheurs qui vont « glaner » des personnes. Comprendre, les tuer définitivement. Certains choisissent de manière aléatoire, au gré de leurs envies ou, comme Faraday, le maître de nos deux héros, en fonction des anciennes statistiques de mort. Sa manière de faire semble originale à première vue. Puis, je l’ai trouvé glaçante. Je trouverais ça moins cruel d’avoir un âge limite plutôt que leur manière de faire où la mort peut frapper n’importe où, n’importe quand. On pourrait dire qu’il en est de même à notre époque, mais ce n’est pas vrai. En plus, je me dis qu’on aurait une chance de s’en sortir en cas d’accident de voiture, alors qu’un Faucheur ne vous laisse pas de chance. Il vous tue, point barre. C’est un assassinat où la victime n’a pas le droit de se défendre, sous peine de voir toute sa famille se faire « glaner ». Un assassinat légal en somme.

Ce monde est en outre aseptisé : les émotions sont bridées, contrôlées par des récepteurs. Plus de douleur, plus de peur, plus d’instincts violents. Les seuls tueurs sont les Faucheurs. Cela rend cette humanité morne, lisse, sans but ni passion. Pourtant, tout le monde s’accroche à sa vie et redoute la venue du Faucheur. D’un autre côté, certains Faucheurs cherchent la gloire et profitent de leur statut, ils usent et abusent de leur puissance et de leurs privilèges.

Bref, ce monde est déjà incroyablement atypique, riche et intéressant, même si je ne voudrais pas du tout y vivre. La vie éternelle décrite ici ne me vend absolument pas du rêve. Je me suis d’ailleurs demandée pourquoi ils ne contrôlaient pas les naissances afin de limiter cette surpopulation au lieu de glaner autant de gens. En tout cas, le roman soulève beaucoup de questions qui vont faire réfléchir le lecteur.

Nous suivons Rowan et Citra, deux adolescents très différents qui ont comme point commun d’être plutôt réfléchis, même s’ils commettent des erreurs propre à leur âge. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer. Leur avenir n’était pas du tout certain car le roman enchaîne les rebondissements. Je suis allée de bonnes surprises en bonnes surprises et l’évolution des ados, en particulier Rowan, est excellente.

Ce roman frôle le coup de cœur. Il est intelligent, atypique, prenant, très bien pensé, mené par des héros attachants et bourré de rebondissements. J’ai passé un excellent moment et j’espère que l’adaptation cinématographique ne va pas gâcher toute la réflexion qui se cache derrière les lignes du roman.

Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : Les Foulards Rouges saison 2 : Terre

Cécile Duquenne
Auteure francophone (voir le site)
Bragelonne
Science-Fiction
25€
462 pages
Enfin, Lara et Renaud sont de retour 🙂 Bon, par contre j’aurai dû le lire bien plus tôt car j’avais oublié pas mal de choses depuis la saison 1 ! En tout cas, c’est un réel plaisir de plonger dans l’univers créé par Cécile qui ne cesse de nous surprendre. Je suis épatée car en plus, c’est une série à épisode et les premiers sortent alors que les suivants ne sont pas écrits ! Un truc dont je serais incapable ! Pourtant, tout est très fluide et surtout très cohérent.
J’ai regretté l’ambiance si particulière de Bagne, qui faisait tant le charme de la première saison (laquelle avait été un coup de cœur). Toutefois, l’auteure nous ménage, ainsi que ses personnages, puisque Lara, Renaud et la douce Claudia se sont écrasés en Australie, terre sauvage et désertique qui n’est pas sans rappeler notre planète-prison préférée.
Nous voilà donc sur Terre, où Lara et Renaud ont chacun des vies passées et des affaires à régler. Nous découvrons de nouveaux personnages, dont je tairais les noms pour conserver le suspense. Nous abordons aussi de nouvelles thématiques à travers la magie. Si j’ai d’abord été sceptique, car à mes yeux elle n’était pas forcément nécessaire pour le personnage en question, j’ai compris ensuite que les enjeux étaient bien plus grands. Vraiment, le scénario est très bien ficelé.
L’auteure emprunte des chemins inattendus, avec des révélations étonnantes mais aussi beaucoup de désillusions. Car comme sur Bagne, rien ne se passe jamais comme prévu pour nos pauvres personnages ! Nous en apprenons davantage sur Renaud, dont j’ai beaucoup apprécié la psychologie. La relation entre lui et Lara évolue pour notre plus grand plaisir 😉 Quant à Claudia, j’ai regretté de ne pas la voir plus mais j’ai comme dans l’idée que son rôle n’est pas terminé et qu’elle prendra de la puissance dans la saison 3. Je fonde de grands espoirs en elle.
La fin nous laisse avec un cliffhanger de folie, comme pour la saison précédente ! Explosive et déprimante à souhait ! Avec toujours une dose d’espoir tout de même.

Au final, ce roman regorge d’amitié, d’affectif, de colère, de regrets et de doutes au fil des nombreuses pages. Bref, action, émotion, rebondissement, réflexion, tout est présent dans cette saison. Et si ce n’est pas un coup de cœur, c’est uniquement parce que la planète Bagne de la saison 1 est inégalable !

Ma note:star::star::star::star::star:

Chronique : Âme ténébreuse, coeur lumineux

Anthologie d’auteurs francophones
Éditions du Chat Noir
Fantastique, Fantasy et Science-fiction
19,90€
297 pages
Sommaire :
Valérie Simon (voir le site)
Hilda Alonso (voir le site)
Anne Laure
Cécile Guillot (voir le site)
Lydie Blaizo
Denis Labbé
Lucie Chenu
Vincent Tassy(voir la page facebook)
Sophie Dabat (voir le site)
Sara Doke
 
J’ai acheté cette anthologie au dernier salon fantastique car résister aux achats en salon, c’est dur ! Je n’ai, à ma grande honte, pas lu de romans de ces Grandes Dames auxquelles ce recueil fait référence (Anne McCaffrey, Mercedes Lackey…) bien que j’en ai très largement entendu parler. Ceci dit, cela ne m’a pas empêché d’aimer cette anthologie. Je connaissais déjà la plume de certains auteurs de la liste mais j’ai pu en découvrir de nouvelles.
Je ne vais pas pas faire une chronique pour chaque nouvelle même si j’ai pris des notes pour chacune d’elles. Globalement la qualité est au rendez-vous et plusieurs thèmes sont abordés. J’ai détecté un certain classement par thématique justement : Mythe d’Arthur, sorcières, amants maudits…
 Du coup, les deux premières nouvelles traitent des légendes arthuriennes…. lesquelles ne me passionnent pas du tout. Je ne vais donc pas m’éterniser dessus d’autant que je n’y ai pas trouvé un grand intérêt.
Parmi mes nouvelles préférées figure celle d’Anne Laure Les Cartes de Lily. C’est un texte tout simple mais d’une grande puissance empathique. Il y avait beaucoup d’émotion et j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre l’héroïne. Je n’ai pas lu la série de cette auteure aux Éditions du Chat Noir mais après avoir lu ce texte, je me dis que je devrais m’y mettre !
Les valeurs sûres de ce recueil sont pour moi Cécile Guillot avec sa très poétique, douce et très bien menée nouvelle Les sœurs de la Lune Noire où l’on découvre des sorcières très proches de la nature et Sophie Dabat avec Les dames de Sirhaven qui nous entraîne une nouvelle fois dans un texte fort, dur sur un thème difficile qu’elle sait si bien aborder.
J’ai bien aimé Du sang pour l’Adagio  de Lydie Blaizot (oui bon, c’est sanglant et en ce moment je monte beaucoup un cheval qui s’appelle Adagio : les ingrédients étaient réunis). Pareil, je ne connaissais pas cette auteure (seulement de nom) et j’ai passé un très bon moment même si la fin n’était pas ce que j’imaginais.
Enfin, dernier texte que j’ai beaucoup apprécié, celui de Vincent Tassy : Regarde ce qu’il y a dans sa tombe. Bon, déjà rien que le titre me plaisait. Je n’ai pas encore lu Apostasie de ce même auteur, ce qui ne saurait tarder car cette nouvelle m’a donné un excellent avant-goût de son talent. C’était un texte très bien mené, maîtrisé, intéressant, original avec des personnages attachants et bien développés. Bref, un équilibre parfait et si difficile à obtenir en nouvelle.
En conclusion, c’est un bon recueil, bien équilibré qui a surtout eu le mérite de confirmer le talent des auteurs que j’appréciais déjà mais surtout de m’en faire découvrir de nouveaux.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de février : Lire une anthologie
Ma note ::star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : La nuit des temps

René Barjavel
Auteur francophone
Pocket
Science-Fiction
7,40€
381 pages
Honte à moi, je ne connaissais pas Barjavel ! C’est grâce à Maureen du Bazar de la Littérature que j’ai compris qu’il s’agissait juste d’un grand auteur français… Ce roman est une vieille édition que l’Homme a dû lire durant son cycle scolaire. Sous ses recommandations, je m’y suis donc penchée.
Le 4ème de couverture nous en dévoile très peu au final et j’avais donc imaginé un certain nombre de chose mais ce fut la surprise totale à la lecture. Il ne faut pas perdre de vue que ce livre date de 1968, la narration et les idées sont donc propres à cette époque de ce que je nomme « la vieille SF ».
Le style est agréable, les chapitres sont courts et immersifs. Les idées développées ici sont très originales, ambitieuses mais toujours réalistes. En tout cas, on a envie de connaître cette autre civilisation découverte sous la glace et on le fera de manière poussée.
Au final nous n’avons pas un seul héros, contrairement à ce que je croyais au départ mais tout un panel et surtout le couple « extraterrestre » que l’on apprend à connaître au fil de l’histoire. Le roman est très riche mais est parfaitement accessible à tous (la preuve, mon compagnon l’avait lu au collège je crois). L’immersion dans l’Antarctique est excellente. Je sentais le froid sur moi !
J’ai bien aimé la vision du monde de l’auteur et son envie d’unir les peuples. L’humanité se soude à la découverte de cette autre civilisation. Il y a une phase d’entraide, de soutien de la part de toutes les nations. Et puis, bien sûr, l’avidité et le pouvoir refont surface. L’humanité se soude, oui, pour le meilleur… et pour le pire.
Pour une fois, nous autres scientifiques avons le beau rôle ! (Exit les caricatures du film Prometheus !)  Et surtout, nous avons le contrôle ! Déjà à l’époque, l’auteur avait saisi le pouvoir des médias et s’en est bien servi. Il avait aussi bien compris la noirceur de l’homme.
La fin m’a surprise ! C’était osé et terriblement dommage à la fois. Je ne vous en dis pas plus pour conserver le suspens.
En bref, ce fut une bonne lecture, bourrée de bonnes idées !
Ma note:star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Deathworld


 
Harry Harrison
Bragelonne
Science-Fiction
10€
494 pages 
Enfin un peu de science-fiction ! Il était temps que je m’y replonge. Ce roman s’est étalé sur décembre et janvier car au final il était assez conséquent et que je n’ai pas trop pu lire pendant la période de fêtes de fin d’année. Cette intégrale regroupe 3 romans et une nouvelle. Au final, le premier roman se suffisait à lui-même.
Nous suivons Jason qui possède un pouvoir psy dont il se sert pour tricher aux cartes. Il va se faire embaucher et va suivre son employeur, malgré les avertissements, sur sa planète Pyrrus où les habitants livrent une guerre féroce contre la faune et la flore.
J’ai bien aimé Jason, qui est un personnage sympathique, attachant et pas pas prise de tête. Le début commence très fort et on a pas de temps morts ou de longueurs.
Ce que j’ai aimé dans ce premier tome, c’est l’originalité du monde, l’aspect aventure mais aussi les idées philosophiques qui y sont développées. Le fond est intéressant et la forme passionnante. Le rapport de force est un peu caricatural en revanche car Jason apparaît comme le héros cultivé qui sait se remettre en question et va aider les habitants à comprendre car ces derniers sont trop bornés pour le faire. Encore, dans ce premier livre ça passait car l’obstination des pyrrusiens est assez drôle et bien menée. Ils ne vont pas changer d’un claquement de doigts et même Jason commet des erreurs.
Non vraiment ce premier livre était presque un sans faute, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Par contre, les deux suivants n’ont servi à rien du tout. Dans le second livre, Jason est enlevé par un fanatique complètement obtus et il se retrouve sur une planète à la Mad Max. Dans le troisième, Jason veut aller convertir une population de guerriers à la civilisation histoire de pouvoir exploiter leurs terres. Dans ces deux cas, le schéma est répétitif et Jason, qui était si sympathique, est certes toujours courageux mais devient une espèce de colon qui veut à tout prix transformer des populations qui ont un niveau de développement inférieur et les mener à la Civilisation avec un grand C.
Du coup, c’était globalement la même chose et je n’ai pas trouvé grand intérêt à ma lecture. Certes Jason est malin et on se demande toujours comment il va se tirer de ses mauvais pas, mais je n’ai pas apprécié sa mentalité de vouloir absolument changer les locaux. Il me faisait trop penser aux missionnaires européens envoyés dans le tiers-monde pour que les populations locales adhèrent à ces croyances que eux pensaient être les bonnes ou les meilleures. Encore, l’auteur s’était engagé sur une pente intéressante dans le troisième roman puisqu’on voyait clairement que Jason voulait faire évoluer les guerriers pour exploiter leurs terres pour ses profits, seulement ce n’était pas fait de manière franche. Au final, on a tellement de sympathie pour Jason qui en bave qu’on oublie ses motivations premières.
Bref, j’ai passé un super moment avec le premier livre mais les suivants m’ont dérangée même s’ils étaient très captivants dans la forme et que le héros a su porter l’intrigue jusqu’au bout avec brio. Je suis donc partagée.
Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Blade runner

Philip K. Dick
J’ai Lu
Science-Fiction
6€
283 pages
Prêté par le père d’Elyra 

J’ai vu le film il y a fort longtemps et à part l’allure des androïdes et l’ambiance sombre je ne me souviens de rien du tout. Il va falloir que je me le rematte !

Donc, grâce au père de ma co-rêveuse Elyra, j’ai pu lire ce grand classique. Cela faisait un moment que je n’avais pas relu ce que j’appelle la « vieille SF ». Je trouve ça toujours aussi hallucinant de voir à quel point les écrivains d’autrefois pensaient que nous aurions colonisé l’espace dans les années 2000. Déjà à l’époque ils savaient que le nucléaire et l’homme foutraient la merde et qu’on allait détruire notre planète. C’est assez flippant tout de même.

J’ai donc dû me réhabituer au style de l’époque : explications un peu brouillonnes, narration assez dépouillée pour les dialogues, ce qui fait qu’on s’y perd parfois, des personnages qui vont droit au but et ne laissent pas forcément le temps au lecteur de rassembler tous les éléments etc. Au-delà de ces aspects, j’ai passé un bon moment de lecture. Le héro Rick est attachant, on se met vite à sa place d’autant que sa mission est claire : tuer des androïdes, récolter la prime et s’acheter un animal. Ce roman est plus léger et drôle que ce que j’imaginais. L’auteur glisse en plus des références à ses confrères !

Les idées sont très riches et  je suis tombée dans quelques pièges au même titre que notre héros. Les éternelles questions sur l’aptitude ou non des robots/androïdes à posséder des sentiments, une âme, ou ici de l’empathie, reviennent sur le tapis mais sont toujours très intéressantes à mes yeux. Je pense avoir manqué de quelques éléments pour bien suivre la réflexion de l’auteur, en particulier pour la fin qui est assez abrupte. Mais je suis très contente d’avoir enfin pu découvrir ce roman et de me replonger enfin dans la SF !

 
Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Mois 100% Voy'[el] : Essaims galactiques

En ce mois de février, l’opération un mois, une maison, un achat est consacrée aux Éditions Voy'[el] ! L’objectif de cet événement est de mettre en avant une maison d’édition française ^^

Je reviens avec ma très récente lecture d’un superbe artbook 🙂

Jean-Christophe Chaumette et Sébastien Hue
Auteur et illustrateur francophone (site de Jean-Christophe et Sébastien
Voy'[el]
25€
110 pages

 

J’avais choisi ce livre bien avant l’évènement consacré à la maison d’éditions pour mon mini-challenge inspiré du blog des Petits mots de Saefiel ! Le thème de mon mini-challenge du mois ^^ était :  lire un artbook
J’achète parfois des artbooks, d’artistes que je connais en général, car j’ai toujours adoré les belles illustrations qui m’inspirent beaucoup en général. Là je ne connaissais ni l’auteur, ni l’illustrateur mais avouez que la couverture donnait envie ! Les images en SF ont un grand effet sur moi donc je n’ai pas pu résister.
Le côté atypique de l’arbook c’est qu’il s’agit en quelque sorte d’une exposition. Pour chaque illustration, les auteurs ont défini des styles (« pré-expressionnisme » par exemple), comme c’est déjà le cas dans le domaine artistique classique. Cette « exposition » permet de raconter une  grande partie de l’Histoire de la Terre dans son essaimage galactique. Franchement, l’histoire est super ! C’est hyper intéressant et tellement réaliste ! Vraiment passionnant, surtout l’histoire de la planète Nerthus ! Waou ! Et la fin… tellement d’actualité et ironique, j’ai adoré. Je me suis surprise en plus à apprécier les détails « artistiques » cités dans le texte.

Au niveau des illustrations, elles sont superbes et tout à fait dans le style que j’apprécie. J’ai une nette préférence pour les tableaux qu’ils appellent de « spatio symbolisme », avec les planètes et des couleurs magnifiques. J’ai été également bluffée par les paysages sublimes de la planète Nerthus ! On a donc autant des illustrations ultra détaillées de vaisseaux qui donnent limite l’impression que c’est de la 3D, que des paysages qui font plus painting ou des portraits de soldats armés plus vrais que nature.

Pour chaque tableau, on a droit à un rappel du contexte, puis au mouvement artistique, à la description du tableau avec des détails sur le contexte (utilisation du vaisseau dépeint, ou religion liée au sanctuaire illustré, personnalité peinte etc.) et enfin un retour à l’histoire avec ce qui va se passer ensuite. Mon seul bémol c’est que parfois j’étais un peu larguée dans les descriptions très détaillées des armes ou des vaisseaux (ce qui n’était pas le cas pour les autres types de tableaux). On a donc des tableaux qui s’intéressent à la fois aux vaisseaux, soldats, paysages, technologies, sanctuaires religieux, scènes historiques et personnages importants. C’est très très riche et encore une fois super intéressant.

En conclusion, une super lecture, passionnante et superbement illustrée. Moi qui suis assez hermétique aux mouvements artistiques classiques, j’ai beaucoup aimé le fait que les auteurs se les réapproprient et les appliquent à l’espace ou aux planètes.

Ma note :  :star::star::star::star::star-half:
 

Mois 100% Editions Voy'[el] : Ecosystématique de fin du monde

En ce mois de février, l’opération un mois, une maison, un achat est consacrée aux Éditions Voy'[el] ! L’objectif de cet événement est de mettre en avant une maison d’édition française ^^

Je reviens avec ma courte chronique du recueil de nouvelles de mon ami Anthony Boulanger avec qui j’ai travaillé dans le cadre d’un ancien JDR et avec qui j’ai partagé une anthologie (Ex machina, chez Elenya Editions). C’était la première fois que je lisais ce qu’il écrivait et franchement, quel talent !

Anthony Boulanger
Auteur francophone (voir le blog)
Voy'[el]
12€
233 pages 

J’ai acheté la version collector de ce recueil de nouvelles qui est donc en format dur, ce qui en fait un très bel objet. Sans oublier la très belle couverture qui illustre très bien les thèmes du livre. D’ordinaire je ne suis pas très fan des nouvelles. J’en écris mais je préfère de loin lire des romans complets dans lesquels j’ai le temps de m’immerger. Toutefois, Anthony sait faire une chose dont je suis incapable : écrire des micro-nouvelles. En deux pages, il vous développe une histoire et vous la conclut magistralement. Il maîtrise parfaitement la structure ainsi que son sujet. Chapeau !

Ce recueil comporte des nouvelles de fantasy, de SF mais aussi  il mélange les genres et n’hésite pas à envoyer la fantasy dans l’espace 🙂 Quelle imagination ! Ses idées sont géniales, juste et toujours très bien exploitées. Ce n’est pas pessimiste et l’environnement est au cœur de ce recueil. Sa plume est maîtrisée et il fait passer des émotions diverses tout en ayant une touche du scientifique qu’il incarne dans la « vraie vie »
Je n’avais pas fait un retour ultra détaillé à l’époque donc je suis incapable de vous dire à l’heure actuelle quelles ont été mes nouvelles préférées. Néanmoins je me souviens encore de mon admiration face à ce recueil à l’écriture fluide et construit avec intelligence. Anthony m’a réconciliée avec les nouvelles !

Ma note:star::star::star::star::star-empty: