Chronique : Démons

Shirley J. Owens
Autrice francophone, voir le site 
Séma Editions
Young Adult/ Fantastique
18 €
301 pages

J’ai un peu honte de lire ce livre 3 ans après sa sortie, d’autant que je l’avais pré-commandé ! Mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? 

Je me suis donc plongée dans ce premier roman de Shirley. L’univers est très sombre, déprimant et assez glacial. L’autrice a bien su dépeindre son ambiance et je me suis plongée dans son univers avec l’espoir assez fou de trouver au fil des pages une lueur à laquelle me raccrocher. L’ambiance sombre m’a contaminée le temps de ma lecture, c’est dire qu’elle était bien travaillée. 

Nous suivons notre héros Aldavir, je ne dirais pas avec plaisir vu toutes les horreurs qu’il traverse, mais avec intérêt et cet espoir tenace qu’il va s’en sortir. Qu’il mérite de s’en sortir même si tout joue contre lui.  Il est attachant et dégourdi et on souhaite en apprendre plus sur l’origine de sa malédiction. C’est un jeune garçon bien équilibré, avec ses qualités et ses défauts que je suis contente d’avoir appris à connaître.

L’histoire est violente et sanglante mais tout est cohérent et justifié. L’intrigue se déroule en plus dans des contrées du nord soumises à un environnement difficile et froid qui renforce encore plus l’ambiance du roman. L’humanité y est montrée sous son jour le moins glorieux. On a vraiment pas envie d’aller mettre le pied dans cette région !

L’histoire se découpe en deux grosses parties. J’ai préféré la première, centrée autour du village de Burnwick, il y a plus de mystère, de tension et de suspense. La deuxième n’est pas dénuée d’intérêt, mais j’y ai trouvé le traitement d’Aldavir un peu déjà-vu. Cette partie nous permet en revanche d’en apprendre plus sur d’autres personnages, notamment Henrik qui est le plus complexe et intéressant de tous à mes yeux. La petite Ida, même si on ne la voit pas beaucoup et si elle n’est pas vraiment au coeur de l’action, reste présente tout du long du roman. Son courage et sa résistance forcent le respect et on espère qu’elle aussi pourra s’en sortir. 

J’ai donc passé un bon moment même si quelques passages étaient un peu flous, notamment en ce qui concerne les transformations des personnages suite à leur malédiction. C’est en tout cas un bon roman de young adult qui change et qui prend aux tripes. 




 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Au Service Surnaturel de Sa Majesté

Daniel O’Malley
Traduction : Charles Bonnot
Pocket 
Fantastique
8,60 €
664 pages

C’est mon amie Elyra Carrousel qui m’a offert ce livre et comme bien souvent, elle ne s’est pas trompée dans son choix. J’ai passé un très bon moment avec ce livre drôle, décalé et dynamique qui sentait bon l’Angleterre. 

J’ai été d’emblée prise d’affection pour Myfawny, en dépit de son prénom difficile à prononcer (apparemment même elle a du mal !) qui se réveille au beau milieu d’un parc complètement amnésique et poursuivie par des gens bizarres. Si la thématique de l’agence secrète qui emploie des personnes dotées de pouvoirs spéciaux n’est pas inédite, l’auteur a su se réapproprier ce thème grâce à un background riche et des idées bien trouvées. Je n’ai pas pu m’empêcher à Roxane Dambre et sa série Animae. 

Les personnages que l’on découvre sont atypiques et sympathiques. La Myfawny de départ avait prévu sa perte de mémoire et a donc laissé des lettres pour sa future « moi ». On peut donc la découvrir et elle est complètement différente de la nouvelle Myfawny. J’ai préféré la nouvelle mais j’ai aimé apprendre à connaître l’ancienne qui fait office de mentor. Parmi les autres personnages, Gestalt est le plus marquant et je loue les idées de l’auteur car c’est un personnage génial. 

Le roman était intriguant, passionnant et dense. L’auteur a su tacler les clichés tout en insufflant son humour britannique. Bon par contre il faudra m’expliquer comment on peut survivre à de telles journées ! En tout cas il y a une suite et je serai ravie de la découvrir 😉





 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Les Soeurs Carmines T3

Ariel Holzl 
Mnémos, collection Naos 
Jeunesse, Fantastique
17 €
271 pages

Après avoir beaucoup aimé le premier tome puis eu un coup de cœur pour le second, il me restait donc à découvrir le troisième et dernier tome des Sœurs Carmines. Cette fois nous suivons donc les aventures de la plus jeune sœur, Dolorine, accompagnée de son cher Monsieur Nyx lors de sa rentrée scolaire. Évidemment, nous sommes à Grisaille donc cette école n’a rien de normal ! 

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Grisaille et l’humour si particulier de l’auteur. La narration depuis le point de vue de Dolorine est plus enfantin et naïf mais cela créé un décalage humoristique quand on l’entend parler meurtre avec un tel détachement. Ses pensées et réflexions sont aussi empreintes de bon sens. La fillette est attachante mais ça on l’avait déjà remarqué lors des tomes précédents. C’est aussi l’occasion pour nous de renouer avec son journal intime rempli de mots barrés et de dessins morbides.  

J’ai été ravie de voir aussi en fond Merry et, bien sûr, l’inimitable et irremplaçable Tristabelle ! L’auteur nous glisse quelques informations bienvenues sur le devenir de ces deux personnages. Il y aurait encore tant à dire sur elles, sur leur mère et bébé Dram… j’espère que l’auteur pourra développer cet univers encore un peu.

J’ai passé un bon moment de lecture, l’histoire prend un tournant auquel je ne m’attendais pas mais qui est digne de Grisaille ! Bon Dolorine travaille encore moins que dans un tome d’Harry Potter mais son école est sympa et ses camarades de classes intéressants. J’ai aimé retrouvé les différentes familles et voir que malgré leur jeune âge ils sont déjà tous à fond dans le complot et les tueries. J’aurais par contre bien aimé avoir un peu plus d’interactions avec Monsieur Nyx, même si à la fin il prend une… ampleur inattendue. 

En tout cas globalement les Sœurs Carmines sont une vraie réussite. L’auteur a su créer un univers atypique, riche et drôle avec des personnages uniques que l’on a plaisir à suivre. L’humour mordant, décalé et cynique qui accompagne cette trilogie est une vraie bouffée d’air frais dans le paysage littéraire du moment. Je vous conseille vraiment de ne pas passer à côté de cette pépite !



 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Le Trône de Fer Intégrale 3

G.R.R. Martin
Traduction : Jean Sola
 Ma version : France Loisir
Fantasy
18,50 € (version J’ai Lu)
1150 pages

Ma lecture de l’intégrale 2 remonte à 2015… j’ai bien pris mon temps pour poursuivre. La faute à l’appréhension devant le nombre de pages et du temps que j’allais donc y consacrer. Mais d’avoir vu la dernière saison de la série et les déceptions qui s’en sont suivies m’ont motivé à me remettre à la lecture de cette saga. 

L’intégrale 3 correspond à la saison 3 de la série qui a suivi assez fidèlement le livre. Le point positif d’avoir vu la série plusieurs fois avant c’est que j’avais bien tous les personnages en tête. Le point négatif c’est tous les rebondissements et les morts principales qui ne sont pas une surprise (plus les spoilers de mes parents qui ont plusieurs tomes d’avance sur moi…) 

Malgré cela et le nombre de pages (écrites en toute petite police rapprochée) j’ai été passionnée et happée par ce tome. Il se passe énormément de choses, tout comme dans la série : les noces pourpres, le mariage de Joffrey, la Vipère rouge, les Marcheurs Blancs, l’attaque des Sauvageons etc. On ne s’ennuie pas une seconde et même si j’ai mis presque 2 mois à le lire je n’ai ressenti aucune longueur. 

J’ai entendu beaucoup de plaintes sur la traduction en français de ces premiers tomes et si cela ne m’avait pas marqué dans les tomes précédents (enfin je crois, ça remonte à présent) j’avoue que là certains passages étaient répétitifs et peu travaillés. Par exemple on arrête pas de parler de « tourne-casaque » pour Jon. Alors peut-être que  l’auteur G.R.R. Martin n’utilisait en VO qu’un seul terme à chaque fois, mais nous avons suffisamment de synonymes en français pour éviter de répéter ce terme déjà assez peu usité à tout bout de champ. 

Cela ne m’a pas empêché de passer un excellent moment de lecture, à la hauteur des précédents tomes. Cette fois je n’attendrais pas autant d’année entre mes lectures d’autant que je suis très curieuse de voir les différences entre la série et les romans maintenant !


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Les Enfants de l’Ô T3

Vanessa du Frat
Autrice francophone (voir le site)
 Chromosome éditions
Science-Fiction
21 €
435 pages

J’ai lu les tomes 1 et 2 il y a bien trop longtemps, en 2015 (voici mon avis sur le tome 2), donc j’avais oublié beaucoup d’éléments. J’ai relu en diagonale une partie du tome 2 afin de me replonger dans le bain et puisque j’avais rencontré l’autrice aux Imaginales peu de temps avant, certains éléments étaient bien frais dans mon esprit. 

J’ai repris le fil sans trop de difficultés, l’écriture est fluide et prenante. Les histoires de cœur, de famille et de complots de nos personnages sont toujours aussi passionnantes. L’intrigue générale avance petit à petit, nous avons des révélations mais tout autant de nouvelles questions. J’ai vraiment hâte de connaitre tous les tenants et aboutissants de cette histoire. 

Malgré le fait que ce soit surtout des tranches de vies, je ne me suis pas ennuyée une seconde. C’est juste très frustrant de voir tous ces personnages commettre leurs erreurs sans pouvoir intervenir. Notre groupe principal, Line, Lúka, Ludméa et Ruan est constitué de personnages qui sont tous profondément humains (enfin on ne sait pas vraiment pour tous…) avec leurs qualités mais surtout leurs défauts et leurs faiblesses. En fonction des tomes certains sont plus excusables que d’autres. Ici, j’ai eu davantage d’empathie pour Lúka qui essayait étonnamment de faire les choses un peu mieux. Il grandit, l’espoir est donc permis qu’il prenne enfin les bonnes décisions après tant d’erreurs et de tromperies.

Par contre c’est Line qui m’a le plus agacé dans ce tome. Le résumé nous prévenait que nous verrions les plus noirs aspects de nos héros. Dans le cas de Line je réalise que ce n’est vraiment pas une belle personne. Autant son frère a des défauts mais essaye sincèrement et maladroitement de changer, autant elle manipule son petit monde et se fait passer pour la pauvre fille sans défense. C’est injuste, notamment pour la pauvre Ludméa, notre vraie victime de l’histoire manipulée sans pitié et sans aucun moyen de s’en sortir pour l’instant. Elle m’a donc horripilée tout du long. Je crains que mon avis ne change guère dans le tome suivant puisqu’elle s’est trouvée un nouveau pigeon ! 

Lyen est un peu en retrait dans ce tome, elle attend encore le bon moment pour frapper et je pense que le jeune Mikhail aura un rôle crucial à jouer là-dedans.  On apprend aussi plus de choses sur Ruan qui est un personnage toujours assez complexe à décrypter. Globalement l’ambiance n’était pas au beau fixe dans ce tome, il n’y a que peu de place pour l’espoir ou pour les personnages équilibrés (et fidèles…). Le tableau que nous brosse l’autrice n’est pas très reluisant mais je me dis qu’il faut parfois toucher le fond pour mieux remonter la pente.

Difficile de donner un avis sur un tome 3 sans trop en révéler mais une chose est sûre, cette saga est addictive, très bien écrite et elle nous propose des personnages « qu’on aime détester ou qu’on déteste aimer » (pour reprendre les termes d’un lecteur du roman).


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Les Seigneurs de Bohen

Estelle Faye 
Autrice francophone (voir le site)
 Critic
Fantasy
25 €
593 pages

J’avais acheté ce tome aux Imaginales de 2018 et je l’ai lu avant l’édition de cette année pour savoir si je prenais la suite ou non (vu le prix ça se réfléchit). J’ai été plutôt bien inspirée car, une fois n’est pas coutume, j’ai été très déçue de cette lecture et donc, non, je n’ai pas poursuivi l’aventure avec cette histoire. 

Autant le dire tout de suite : je  n’ai pas eu le moindre intérêt pour tous les personnages présentés et il y en a un paquet il faut le dire. Les rares fois où je commençais à trouver un personnage prometteur, mon enthousiasme retombait comme un soufflé par la suite. Je suis restée très extérieure au récit pour deux raisons principales. La première est que les motivations des personnages n’ont pas été assez fortes pour me convaincre du bien-fondé de leurs entreprises. On nous parle d’un Empire qui va mal, d’une révolte, d’une guerre sous-jacente mais à aucun moment je n’ai perçu de malaise, de peuple mal-traité, d’injustice, de cruauté, d’oppression réelle d’une partie de la population ou autre de la part des dirigeants. Du coup, je n’ai pas trouvé de raison valable à cette révolte. 

Ensuite, je n’ai pas non plus été convaincue par les sentiments de nos divers personnages. L’autrice nous décrit des sentiments forts, des personnages qui tombent amoureux d’un claquement de doigts ou qui s’attirent… sauf qu’il ne suffit pas de l’écrire, il faut le ressentir et pour le coup je suis restée de marbre. Pour tous les couples. L’autrice a misé sur la diversité des genres mais clairement à mes yeux cela ne suffit pas. Pour tous les couples, amoureux ou non, il manque toujours quelque chose pour qu’ils soient crédibles à mes yeux. Cela faisait trop superficiel pour moi, presque forcé. Certaines relations sont exagérées et sonnent faux, surtout celle de Sainte-Étoile, le fameux bretteur  expérimenté dont on nous promet les exploits et qui en fait se comporte en midinette. Je ne sais pas si cela sera mieux exploité dans la suite mais j’attends toujours l’utilité du démon qui vit en lui à part pour glisser une ou deux séquences humoristiques. 

Bref, il y avait un beau potentiel, notamment avec la magie des Essène et celle des sorcières morguennes et l’histoire de base de l’Empire qui elle semble très intéressante mais malheureusement pour moi les personnages ont complètement desservi l’histoire. De plus, le roman a, à mes yeux, souffert de la comparaison avec les autres romans de fantasy que j’ai lus des Editions Critic et qui sont d’une telle qualité ! Ma déception n’en a été que plus grande. 

Ce roman a quand même su trouver son public, ce traitement de la fantasy et des personnages n’est tout simplement pas le mien. Je vous encourage quand même à vous faire votre propre avis sur la question.
 Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : Arena 13 T3

Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Young Adult, Jeunesse
15,90 €
338 pages

J’ai commencé ce troisième tome en pensant qu’il était le dernier mais en fouillant un peu j’ai appris que ce n’était pas le cas, et en effet la fin appelle à une suite. En tout cas, comme d’habitude dans cette série, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues et je me suis vite replongée dans le bain. 

Le lecteur en découvre plus sur le monde extérieur et l’intrigue avance d’un pas de géant. A l’image de l’Epouvanteur, le monde inventé par l’auteur est riche, passionnant et dangereux. L’histoire prend un tournant intéressant, les connaissances acquises par Leif dans l’Arène 13 vont pouvoir lui servir sur le terrain et surtout servir une plus grande cause.

Je ne peux pas trop vous en dire pour éviter de vous spoiler. En tout cas parmi les nouveaux personnages j’ai beaucoup apprécié Peri (qui est un peu notre Alice de l’Epouvanteur) et Shalatan (notre Grimalkin) qui sont des personnages bien traités et plus intéressants à suivre que Kwin qui prend pourtant plus d’importance dans ce tome. Depuis le début je n’accroche pas du tout à cette héroïne malgré les efforts de l’auteur pour lui donner un rôle crucial.

Si je retrouve les points positifs de l’Epouvanteur, j’y retrouve aussi quelques points négatifs comme des passages traités trop vite, certaines morts importantes qui n’ont pas l’impact escompté à cause de la narration trop rapide. Du coup les liens émotionnels tissés depuis le début des romans passent à la trappe et c’est dommage car l’auteur est capable de nous livrer des passages poignants par ailleurs. Hormis ces points, j’ai passé une très bon moment, passionnant et entrainant.

La fin n’est donc pas la fin que je croyais mais elle conclut un premier cycle et débute l’ouverture d’un nouveau qui s’annonce encore plus périlleux. Rendez-vous au prochain tome !


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Equinoxe

Caroline Osmont-Patiño 
Editions Jets d’Encre
Autobiographique
19,50 €
254 pages

En général je ne suis pas très friande des récits de non-fiction mais pour le coup ce roman traite de ma passion, le cheval, et surtout je suis l’autrice sur ses réseaux sociaux. J’étais donc curieuse de connaître son histoire équestre et aussi de trouver des conseils auprès de cette cavalière de haut niveau. 

L’histoire de Caroline est intéressante, on se sent proche d’elle, d’autant plus pour moi puisqu’elle était installée au Pays Basque, a monté dans un de mes anciens centres équestres et a fréquenté des personnes connues localement. La plume de l’autrice est très agréable, elle est sobre mais très élégante et fluide.

Tout du long de ma lecture j’ai ressenti le courage de Caroline qui est communicatif, son abnégation, son humilité. J’ai ressenti toutes ses émotions, ses joies, ses réussites comme ses échecs, ses grands moments de solitude, ses incompréhensions et son impuissance lors des moments durs avec ses chevaux. Je ne m’attendais pas à ce que son étalon Don Quichot soit si difficile ! Les scènes que Caroline décrit où son cheval panique sont impressionnantes et assez effrayantes d’un point de vue de cavalière. Je louais d’autant plus son courage à ces moments-là.

L’autrice nous relate donc sa vie sans détour et sans cacher les moments durs, elle nous livre un témoignage des dessous des concours, en commençant par les amateurs jusqu’aux professionnels. Elle nous dévoile ses expériences dans ce milieu, bonnes ou mauvaises (surtout mauvaises d’ailleurs) et je n’ai pas été surprise de découvrir que même à haut niveau dans des écuries prestigieuses on exploite aussi les cavaliers !

Caroline a dû faire beaucoup de sacrifices pour en arriver à son niveau. Elle a aussi été épaulée par sa famille, notamment pour l’achat de ses chevaux à la base mais aussi pour la soutenir moralement. Au-delà des expériences fâcheuses, elle nous montre que la générosité, l’entraide et l’amour du cheval sont aussi présents. C’est un équilibre subtil tout au long de la lecture, chaque moment dur est contrebalancé par de beaux instants qui lui permettent de se relever.

Alors je n’ai pas forcément eu les conseils que j’espérais car Caroline ne nous explique pas toujours comment elle a géré les problèmes avec Don Quichot mais en revanche, son courage et sa volonté m’ont bien aidé à un moment où moi-même je doutais de mes capacités. Cette lecture est tombée à point nommé et m’a permis de relativiser et de me poser les bonnes questions. Je lui suis donc reconnaissante d’avoir livré autant de ses épreuves avec nous. 

La fin est en demi-teinte. Mi-encourageante, mi-déprimante. Honnêtement, l’autrice a beaucoup de mérite pour poursuivre sa voie. Je pense que ce livre pourra parler à des non cavaliers puisqu’il n’est pas très technique, c’est réellement une biographie avec des instants de sa vie chaotique et extrêmement riche. Ses expériences, ponctuées de citations, peuvent se transposer à d’autres domaines et servir à tout le monde à mon humble avis. Je crois qu’elle prépare un autre roman que je lui prendrai sans aucun doute.
 

 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Waterwitch

Alex Bell
Traduction : Cécile Guillot
Editions du Chat noir
Young Adult, Fantastique
19,90 €
270 pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre de la masse critique de Babelio, que je remercie chaleureusement, ainsi que les Éditions du Chat Noir. Etant aux Imaginales de cette année j’ai pu le récupérer en mains propres, sauf que j’ai pas eu le temps de le faire dédicacer. Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice mais le résumé et la sublime couverture de Len-Yan m’ont motivée à postuler et je ne le regrette pas.

J’ai dévoré ce roman en 4h top chrono, le temps de mon train. C’était prenant, efficace avec des scènes horrifiques très marquantes. La plume de l’autrice est vraiment très visuelle, j’ai été sans peine embarquée dans l’histoire, l’univers et l’ambiance si particulière du Waterwitch. Les scènes avec les fantômes ou les sorcières sont vraiment bien pensées et stressantes à souhait.

Les personnages sont attachants, même si à la lecture du résumé je m’attendais à n’avoir qu’Emma en narratrice et surtout que son handicap serait plus mis en avant. J’attendais davantage d’approfondissement sur sa douleur, sa solitude et son impuissance dans des situations où marcher aurait été indispensable. Il manquait donc un peu de travail à ce niveau-là à mon goût.

Néanmoins Emma, son fidèle chien, Jem et Shell sont tous intéressants et agréables à suivre, même si je pense que l’autrice aurait gagné en intensité en limitant plus les points de vue et en approfondissant un peu plus la personnalité d’Emma. Au final c’est plus Shell qui prend le pas sur l’intrigue. L’histoire derrière le Waterwitch était en revanche passionnante et j’ai adoré l’ambiance de cette auberge ! J’ai été happée par cette histoire, je la visualisais parfaitement et j’y étais plongée jusqu’au cou. J’aime les histoires d’horreur donc j’en ai eu pour mon compte. L’univers et la plume sont tous deux très immersifs. Une adaptation cinématographique serait une belle réussite.

En conclusion, j’ai passé un très bon moment, rapide mais intense avec une ambiance travaillée et des personnages sympathiques. La couverture et la maquette soignée représentent également un plus dans la lecture.

 Ma note ::star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la Faucheuse T2 : Thunderhead

Neal Shusterman
Traduction : Stéphanie Leigniel

Robert Laffont, collection R
Young Adult, SF
19,50 €
571 pages

Le premier tome avait été un beau coup de cœur (voir ma chronique ic), c’est donc tout naturellement que j’ai demandé la suite. J’ai retrouvé avec plaisir l’univers original créé par l’auteur ainsi que les personnages. J’avoue avoir eu un peu de mal à me souvenir ce qui s’était réellement passé à la fin du tome 1 mais je suis parvenue à raccrocher les wagons.

Nos deux héros Citra et Rowan ont bien mûri et ont dû prendre des chemins différents. De nouveaux personnages les rejoignent comme Greyson, que j’ai beaucoup apprécié même si certaines parties le concernant sont un peu survolées (comme Purity par exemple) mais il nous permet d’en apprendre davantage sur les Malpropres.

Le grand nouveau c’est le Thunderhead dont les pensées ponctuent les chapitres. On est loin du grand méchant Skynet comme je l’avais cru à la fin du premier tome. Au contraire, c’est une intelligence artificielle qui œuvre pour les humains de manière juste, mesurée et intelligente. Ses réflexions sont très intéressantes et amènent à l’introspection. En revanche il ne peut intervenir sur les faits et gestes des Faucheurs, il est donc restreint au rôle d’observateur à l’instar du lecteur et c’est très frustrant.

J’ai craint pour nos jeunes héros et les Faucheuses que nous connaissons car les heures sombres approchent et il ne fait pas bon d’être du côté conservateur. La fin est très inattendue et n’épargne personne, cela augure un tome 3 très différent, mais j’ai l’impression que ce genre de stratégie est assez courante maintenant dans les Young Adult. C’est un peu à double tranchant pour moi. A voir, donc !

Ce deuxième tome est plus sombre que le premier, moins enthousiasmant aussi car dans le premier nous avions la découverte du métier de faucheur, c’était passionnant. A présent, Citra et Rowan doivent assumer leurs choix et faire leur place dans la société, chacun œuvrant à sa manière et pensant que c’est la bonne.

La Faucheuse est vraiment une bonne série, intelligente, différente des dystopies habituelles (l’auteur lui-même voulait une utopie), moderne et servie par des personnages attachants et avec du plomb dans le crâne. Je vous la recommande chaudement.

 Ma note:star::star::star::star::star-half: