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Chronique : Chute

Christophe Nicolas
Auteur francophone 
Outrefleuve
Thriller
19,90 €
366pages

Je ne lis plus beaucoup de pur thriller, mais certains auteurs sont devenus des incontournables de ma pile à lire, comme Christophe Nicolas, un auteur francophone aux romans immersifs et prenants que j’ai eu plaisir à rencontrer lors de festivals.

Le héros du roman « Chute » ne fait pas exception aux précédents héros de l’auteur, à savoir un monsieur tout le monde, crédible et réaliste à qui il va arriver tout un tas de péripéties. L’originalité cette fois vient du fait que notre héros est lui-même un écrivain et qu’il a une bonne raison de s’inquiéter des événements étranges et inquiétants qui se déroulent autour de lui car il n’est pas le réel auteur de son best seller.

J’ai lu le roman en 5 jours, ce qui est très rapide pour moi et vous montre à quel point ce roman est addictif et prenant. Nous suivons donc les aventures de Thomas, auteur français qui connait un succès fulgurant avec son dernier roman qui décrit les aventures sordides d’un homme qui pourrait sembler relativement instable psychologiquement. Christophe Nicolas réussit le tour de force en quelques extraits à nous donner envie de lire aussi l’ouvrage dont il est question.

Je n’ai pas eu beaucoup de sympathie pour Thomas, après tout il s’est approprié le manuscrit de quelqu’un d’autre pour en récolter les lauriers, ce n’est pas une attitude très intègre même si on peut évidemment comprendre ses motivations. Plusieurs pistes se dessinent tout au long du roman pour essayer de deviner la vérité. J’ai été un peu déçue de voir que Christophe Nicolas n’empruntait pas forcément la voie qui me bottait le plus mais sa fin est très bien ainsi et il a parfaitement maîtrisé sa narration pour rendre ses explications cohérentes et rendre l’ensemble du récit aussi prenant qu’intéressant.

La chute est géniale, j’ai adoré la toute fin.

Si notre héros n’est pas tout blanc et que j’ai eu un peu de mal à lui trouver des excuses, j’ai quand même compatis sur la fin. J’ai passé un très bon moment de lecture, je vous le recommande si vous appréciez les thriller !


 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Les flots Sombres

Thibaud Latil-Nicolas
Auteur francophone 
Mnémos
Fantasy
21 €
347 pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique avec Babelio mais à cause du confinement je l’ai reçu fin juin. D’après la description sur le site, ce tome était indépendant du premier (les Chevauche-Brumes) et pouvait donc se lire sans problème. C’est pourquoi j’ai postulé car je n’ai pas lu le premier tome.

Alors en effet, l’auteur a inclus au début un résumé très pratique du premier tome qui permet de très bien comprendre l’intrigue principale, à savoir l’invasion de monstres appelés des mélampyges, qui surgissent d’une étrange brume. En voulant sauver le royaume, les Chevauche-Brumes ont en fait libérer ces créatures. Les Flots Sombres est donc la suite directe de ces aventures.

L’auteur a mis un index des personnages à la fin… que je n’ai vu qu’après ma lecture, dommage pour moi ! Car l’appropriation des personnages a été difficile. J’ignore si dans le tome un nous avons une description plus détaillée des personnages mais l’absence de repères physiques, un simple âge, une allure un peu plus précise, une caractéristique marquée qui permette de bien distinguer les doryactes entre elles, ou de déterminer qui est qui dans tous les anciens combattants de la neuvième compagnies auraient été les bienvenus. Au fil des pages, je suis parvenue à les distinguer mais sans pouvoir me les représenter dans mon esprit, ce qui m’a manqué. Je suis incapable de reconnaître Barbelin de Cagna par exemple.

D’un autre côté, c’est vrai que cette absence de distinction au sein des Chevauche-Brumes est troublante mais elle renforce le côté « troupe ». Ils ont tous l’air sympathiques, leur cohésion d’équipe, leurs chamailleries, leur humour et leur bonne humeur sont autant d’éléments qui aident à l’immersion dans leur groupe. Je me suis sentie proche d’eux malgré tout. C’est une impression très étrange au final.

Au-delà, certains personnages sont plus facile à identifier, comme Jerod, le petit Roy, l’horrible Juxs, ou la courageuse Ophélie. Plusieurs intrigues, distinctes au départ, se rejoignent au fil des pages. J’ai été aussi bien impliquée dans les intrigues de la cour, que par les combats des Chevauche-Brumes, la recherche de vérité de Jerod ou la poursuite du monstre d’Ophélie. Bon, ma vie liée à l’océan m’a bien sûr fait préféré l’histoire d’Ophélie mais l’ensemble du roman est cohérent et très agréable à suivre.

Hormis le problème d’identification des personnages, ma lecture s’est révélée très immersive, dépaysante et intéressante. La plume de l’auteur est très travaillée et surtout très technique et précise, je suis impressionnée. Qu’il parle de navires, d’architecture ou de combat, c’est pointu et l’intrigue semble millimétrée. Chapeau pour son travail de recherches !

Les idées derrières sont intéressantes, malgré des thèmes assez classiques de lutte politique entre le pouvoir et la religion mais qui sont toujours aussi efficaces quand ils sont bien menés. L’histoire derrière les mélampyges nous tient aussi en haleine, nous avons des révélations inattendues et prometteuses pour la suite.

En tout cas cette lecture du tome 2 me donne à la fois envie de poursuivre sur le tome 3 mais aussi de me pencher sur le premier tome. On peut donc dire que c’est une victoire totale !


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : les Enfants de l’Ô T4

Vanessa du Frat
Autrice francophone, voir le site 
Chromosomes Editions
Science-Fiction
23 €
525 pages

Cette fois j’essaye de ne pas laisser passer trop de temps entre mes lectures de cette saga afin de ne pas perdre le fil de la trame principale. Ainsi, après avoir lu le tome 3 l’an dernier, je me suis attaquée pendant le confinement au tome 4.

J’ai replongé avec plaisir dans cette histoire qui fait suite directement au tome précédent. On fait de grandes avancées dans le scénario avec des révélations très intéressantes sur le Père et encore plus intrigantes notamment sur ce qui se passe sur Eaven.

Bien sûr, énormément de choses tournent autour de Line et Lúka qui ne cessent de s’entredéchirer pour mieux se rapprocher. Je ne le pensais pas possible mais Line m’est encore plus devenue antipathique alors qu’à la base c’est elle qui avait toutes les raisons du monde de se séparer de Lúka. A présent, elle cumule les erreurs sans les assumer et tout le monde la trouve toujours si merveilleuse. Lúka en revanche m’a beaucoup touché dans ce tome, malgré ses erreurs, son égoïsme et sa cruauté.

Au milieu nous avons leur fils, à l’écart dans ce tome mais qui je suppose fait les frais de leur séparation et surtout le pauvre William, victime collatérale que tout lecteur plaindra ! Il y a quelques nouveaux personnages surprenants avec des tournants inattendus pour la suite. Difficile de ne pas trop en dire sans spoiler tant il y a d’éléments mais en tout cas c’est un tome tout aussi intéressant et passionnant à lire que les précédents. L’accent est mis sur Lúka et sur Eaven, la planète d’origine de Lyen. On ne voit quasiment pas Ruan (même si son court passage nous en apprend déjà beaucoup) ni Ludméa mais de ce que j’ai compris ils reviendront en force dans le prochain tome.

L’écriture est toujours aussi impeccable, prenante et immersive. La qualité de narration est au rendez-vous, et on sent bien derrière la trame finement ficelée de l’autrice qui nous permet de ne pas perdre de vue les questions de fond. Les personnages se posent des questions qui arrivent toujours à me parler, en dépit de nos différences, on se sent proche d’eux et on partage leurs difficultés.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Chroniques d’Oakwood

Marianne Stern
Autrice francophone 
Chat Noir
Fantastique
14,90 €
199 pages

Il me semble que j’avais reçu ce roman en cadeau lors d’une grosse commande auprès de la maison d’édition. Je connais de nom Marianne Stern mais je n’avais pas encore l’occasion de lire ses textes. 

Le récit est composé de courtes histoires sur le village d’Oakwood qui s’entremêlent avec brio. Nous suivons l’évolution du village au travers de l’histoire de sa sorcière à des époques différentes. Nous y voyons la genèse de cette sorcière, ses actes mais aussi leurs conséquences sur les autres habitants. 

L’ambiance à la fois mystérieuse de la sorcellerie et de l’époque (nous sommes dans les années 1600) est bien retranscrite, j’ai été immergée dans cet univers grâce aux différents personnages que nous suivons et qui sont tous bien travaillés. Ils sont tous attachants à leur manière alors j’ai apprécié passer du temps en leur compagnie qu’ils soient présents juste pour une histoire ou bien tout du long. Il semble que l’autrice ait écrit plusieurs nouvelles publiées séparément sur cet univers et les ai rassemblées et agrémentées ici. Le lien est très bien fait, l’ensemble du recueil forme une histoire cohérente et intéressante.

La demoiselle d’Oakwood, la sorcière principale, est une héroïne discrète mais touchante, loin des représentations habituelles des sorcières. J’ai ressenti beaucoup de douceur et de mélancolie lors de ma lecture. J’aurais quand même aimé la voir davantage, en apprendre plus sur sa vie adulte et sur James tant ces personnages m’ont touché.

Ce court roman est une belle découverte. Les thématiques y sont sombres, la mort guette souvent nos personnages, s’ils ne le sont pas déjà au départ. Pourtant j’ai aussi ressenti de l’espoir, de la beauté. L’amour et le bien finissent par triompher malgré les injustices. L’ensemble forme un livre triste mais beau. Mon seul bémol provient d’un tic d’écriture pour décrire les personnages quand ils sont au nombre de deux : « la paire ». Le terme est assez peu employé en général en littérature, mais ici il est systématique ce qui me détournait de ma lecture à chaque fois. Hormis ça, la plume de l’autrice est jolie, poétique et sombre à la fois. Cela convenait parfaitement à la thématiques générale.

Ce fut donc une belle découverte de mon côté, je suis contente d’avoir enfin pu lire un de ses romans.

Info de dernière minute : le timing est parfait (ce n’était même pas prémédité !) mais l’autrice a réinventé toute l’histoire pour la transformer en un roman unique totalement indépendant de l’œuvre d’origine. Le roman est en pré-commande jusqu’au 15 juillet 2020 et je pense bien me laisser tenter 🙂

 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : American Gods

Neil Gaiman
J’ai Lu
Fantastique
599 pages
8,90€

J’ai vu la série avant de lire le roman et j’aurais clairement dû faire l’inverse car j’ai préféré de loin l’adaptation télévisuelle au livre !

L’idée de départ de Neil Gaiman est géniale, et j’y ai tout de suite adhéré en grande amatrice de divinités anciennes, seulement à l’inverse de la série, je trouve qu’ils ne sont pas assez mis en valeur dans le roman. Pourtant il en a des pages, et l’auteur aurait eu mille fois l’occasion de faire ce qu’il a réussi dans la série : leur donner une place plus importante, plus juste.

Quelle n’a pas été ma déception de voir que mon personnage préféré de la série, Sweeney le Dingue notre cher Leprechaun était à peine présent dans le roman ! Une bonne partie de mon intérêt s’en est allé quand j’ai compris que les dieux n’étaient pas autant mis en valeur. Certains le sont, comme Czernobog et les trois Zorya, ainsi que, heureusement, Ibis et Chaquel. La plupart des autres sont en fait évoqués au travers de courts chapitres, comme le Djinn ou Bilquis, même Nancy est relégué en arrière plan. Le Technicien est aussi bien mieux dans la série, de même que Monsieur Monde. Même Laura, malgré tous ses défauts, étaient plus présente et intéressante dans la série.

En fait, il n’y a qu’Ombre et Voyageur qui sont au centre. Ombre et son air toujours à l’ouest, qui subit les événements sans trop d’émotion et pour lequel on a peu d’empathie. Et Voyageur, plus ambigu ici, ce que j’ai apprécié et que je ne pouvais m’empêcher d’imaginer sous les traits de l’acteur, j’entendais sa voix. Il était suffisamment bien développé pour qu’on puisse se le représenter dès le départ. La fin m’a surprise en revanche, elle est cohérente et en adéquation avec l’esprit global du roman.

En gros j’ai été déçue, je m’attendais tellement à retrouver l’esprit de la série mais cette dernière a transcendé et sublimé le livre de départ alors que d’habitude les romans sont meilleurs et plus détaillés que leurs adaptations. Ici je n’ai pas ressenti la fièvre et la grandeur des dieux, même dans leur chute et leur décrépitude. Et puis mince, mon Leprechaun… J’ai trouvé d’autant plus frustrant de voir tous ces dieux si prometteurs peu abordés, que certains passages étaient longs et peu intéressants, comme la partie sur Lakeside.

Bref, il faut toujours lire les romans avant leur adaptation mais pour une fois ce n’est pas parce que l’intrigue m’était dévoilée et qu’elle m’enlevait goût à la lecture, mais bien parce que ma lecture n’était clairement pas à la hauteur des idées de base de l’auteur et du développement de la série. Une série que je vous conseille vivement (si vous ne l’aviez pas compris !)

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : un appart de rêve

Roxane Dambre
Autrice francophone, voir le site
Éditions de l’Épée (version numérique)
Comédie romantique
9,99€

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu d’histoire de Roxane Dambre. Ses histoires entraînantes, drôles, loufoques mais juste, portées par des héroïnes attachantes et des personnages haut en couleur m’avaient manqué. Du coup j’ai profité d’une réduction pour me prendre ce tome unique en version numérique qui semblait bien sympathique.

Le genre de la comédie romantique ce n’est pas trop mon dada, je préfère quand il y a une touche d’imaginaire mais je savais que je serai entre de bonnes mains. J’ai passé un bon moment, très rapide car je l’ai lu en même pas deux jours. L’histoire est drôle, inattendue, rafraîchissante et réconfortante. Vu la période de confinement, cela faisait du bien 🙂

L’intrigue est comme d’habitude parsemée de détails, d’anecdotes et de comportements qui sentent le vécu et au sein d’une agence immobilière, rien ne m’a paru impossible vu ce que j’avais moi-même vécu. J’ai même trouvé l’autrice très soft !

L’héroïne, Noëlle, exerce comme tous les héros de l’autrice un métier aussi improbable que réel : elle infiltre les boîtes pour faire un audit de ce qui ne va pas. Où donc Roxane est-elle allée chercher ça ? Notre héroïne va donc infiltrer une agence immobilière de luxe et rencontrer ses collègues, sympathiques de prime abord. Noëlle est attachante, elle est vive d’esprit, gentille et c’est très facile de se mettre à sa place. JC est touchant aussi, même si je ne sais pas si, beaux yeux ou non, j’aurais eu la patience de l’héroïne pour percer son mystère ! Leur complicité est mignonne, c’était plaisant à suivre.

Les autres personnages qui gravitent autour de nos héros sont aussi bien croqués, j’adore le vrai patron de Noëlle, il est génial ! J’ai juste eu un bémol pour la voisine Hortense, mais ça c’est mon côté ours qui déteste quand des gens viennent briser sa tranquillité (un voisin c’est fait pour rester chez lui ! ) car sinon c’est un sacré personnage, justement haut en couleur.

Les retournements de situation sont bien trouvés, même si je suis frustrée de ne pas avoir de touche fantastique, malgré une histoire de maison hantée. L’un des personnages nous fait un revirement de personnalité assez effrayant mais pas incohérent, ce qui nous prouve bien que parfois on croit connaître ses collègues… mais non !

En conclusion, le roman a rempli son rôle en me faisant passer un moment de lecture agréable, drôle, bourré de bons sentiments, qui m’a redonné le sourire dans une période anxiogène 🙂

 

Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Bienvenue

Après quelques essais depuis une dizaine d’années, j’ai sauté le pas avec la création de ce site Internet tout beau (enfin j’espère) et tout neuf. Je vais donc à terme supprimer mon blog de la Dryade Intersidérale qui m’a été bien utile pendant des années mais qui est trop attaché à mes avis lectures. Or, je souhaite plutôt approfondir les aspects de ma vie qui concernent l’écriture.

Normalement j’aurais dû publier un roman cette année mais les récents événements ont bousculé pas mal de choses. La publication est décalée, vraisemblablement pour 2021. Cela me laissera le temps de bien installer ce nouveau site pour ensuite vous présenter convenablement cette nouvelle sortie.

Je vais également essayer d’être plus présente sur les réseaux sociaux, ce qui n’est guère évident pour moi. Vous trouverez sur ce site toutes les informations sur mes précédentes publications, aussi bien des romans que des nouvelles dans des anthologies. La lecture est indissociable de ma vie et elle nourrit mon imaginaire autant que mes compétences d’autrice, alors mes avis lectures seront toujours archivés dans la partie « blog ».

Je vous souhaite donc la bienvenue sur ce nouveau site 🙂

A très vite pour de nouveaux articles.

Chroniques : Nos chemins de travers

Georgia Caldera
Autrice francophone, voir le site 
J’ai Lu
Romance contemporaine
10,90 €
510 pages

Je sors de ma zone de confort avec ce roman de romance contemporaine. Néanmoins pour avoir déjà lu plusieurs romans de l’autrice, sa plume m’avait beaucoup plu et sa réputation n’est plus à faire. On y faisait également mention du monde équestre, donc je ne pouvais pas ne pas tenter ma chance. 

J’ai littéralement dévoré ce roman en trois jours. C’est très bien écrit, addictif, intelligent, juste et même si je ne suis pas toujours d’accord avec les personnages, leur détresse m’a beaucoup touchée. 

Les deux héros, Emma et Louis sont bien construits et sortent des sentiers battus. Même si Louis a ce côté du héros torturé qui ne m’attire pas car sur-utilisé partout, ici j’ai trouvé son usage bien dosé et très compréhensible, même si je me doute qu’il y a encore anguille sous roche pour le tome 2. Emma, elle, a des complexes profondément ancrés en elle et si sa passivité et le fait qu’elle se laisse tant bouffer par ses complexes justement m’ont énervé, son comportement est très réaliste et malheureusement très répandu.

La relation entre ces deux jeunes gens est chaotique, laborieuse mais belle et vraie en dépit d’une fin de tome dévastatrice. Elle est à la fois pure et malsaine car tout est trop intense, trop rapide, trop exclusif. Louis s’en rend compte sans pouvoir y mettre un frein. Sa santé dépend bien trop d’Emma, il le sait, le lecteur le sait et pourtant difficile de résister au raz-de-marée des sentiments. L’autrice prend le temps de nouer une vraie relation, certes rapide en termes de jour mais pas en moments de complicité. Mon seul bémol est la mièvrerie dans laquelle tombe Louis, lui qui était si différent au départ. Il aurait pu tomber amoureux sans changer complètement de personnalité non plus envers Emma. Les changements envers les autres sont bénéfiques par contre, l’évolution générale du personnage de Louis est très intéressante. On sent que pour Emma, cela interviendra dans le tome suivant. 

Il s’agit d’un roman de reconstruction pour Louis, où le monde du cheval, ses compétitions exigeantes, sa superficialité et son argent, est à la fois le déclencheur de ses malheurs et sa thérapie. C’est aussi un roman de lâcher prise pour Emma, de révélations et d’épanouissement. On veut croire et espérer à ses côtés sans pour autant cesser de se méfier.

C’est une histoire qui blesse autant qu’elle apaise, l’autrice nous fait vraiment ressentir les émotions de ses personnages. Sa belle plume m’a embarquée auprès d’eux, bien plus que je ne l’aurais cru dans ce genre contemporain. Une belle réussite. Je me suis empressée de prendre la suite, en numérique, confinement oblige. Je ne tarderai pas à la lire pour avoir le fin mot.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : The Dark gates of madness

Frédéric Livyns
Auteur francophone, voir le site
Graham Masterton
Traduction : Christophe Corthouts
Illustrations : Christophe Huet 
Éditions Séma
Fantastique/horreur
18 €
206 pages

Ce recueil de nouvelles se lit très vite, servi par deux auteurs rompus à l’exercice des nouvelles et des textes horrifiques. Leurs plumes se mêlent bien. J’ai déjà lu deux romans de Graham Masterton que j’ai plus ou moins appréciés alors c’était l’occasion de le découvrir en nouvelles et de faire connaissance avec Frédéric Livyns. Leurs deux styles sont assez proches ce qui rend l’ensemble du recueil cohérent et fluide. Chaque nouvelle est accompagnée de deux illustrations de Christophe Huet, aussi dérangeantes que belles pour certaines.

Comme c’est noté sur la couverture c’est un texte pour public averti. D’ailleurs la couverture avec son effet ancien est très bien faite, mon compagnon m’a demandé de quand datait le livre, preuve que ça fonctionne !

Nous avons donc 3 nouvelles pour chaque auteur. Globalement j’ai bien apprécié ma lecture, les deux auteurs parviennent à nous plonger à chaque fois dans leur univers et dans ces histoires différentes autour de nouveaux personnages. La seule que j’ai moins apprécié est Résonances maléfiques (G. Masterton) que j’ai trouvé plus floue et moins prenante. Les autres sont sympathiques, bien glauques et gores à souhait, mises en valeur par les illustrations de Christophe, en particulier celle de Zombio (F. Livyns) est criante de réalisme !

La palme de la nouvelle la plus bizarre revient à Septisémie de G. Masterton qui est hyper dérangeante et dégoûtante. Où donc est-il allé chercher ça ? On a aucune explication sur le comportement de ce couple mais pourtant ça fonctionne. J’avais parfois l’impression d’être un voyeur c’était très perturbant… et c’est pour ça qu’on lit ce genre de texte. Le plus beau des cadeaux du même auteur est aussi très spéciale, avec des détails glaçants sur de l’automutilation qui m’ont fait froid dans le dos. La morale à la fin est un peu étrange, j’aurais vu autre chose mais en tout cas l’aspect horrifique est bel et bien présent… sans avoir besoin de monstre.

Les nouvelles de Frédéric Livyns sont efficaces, avec des thèmes plus classiques comme les zombies (Zombio) ou la vengeance (A l’aulne de ta souffrance) mais qu’il a su sublimer. J’ai plongé tête la première et j’ai bien grimacé à la lecture de certains passages bien gores… surtout que je lis au petit déjeuner donc autant vous dire que La Bouche de l’ancien, mieux vaut pas la lire en mangeant ses céréales. Le stress et le sentiment d’oppression sont bien présents ; tout comme certains personnages, on ressent l’urgence de sauver notre peau. En tout cas cela m’a donné très envie de découvrir ses autres textes car son écriture est agréable, ses personnages bien campés et ses idées intéressantes.

En conclusion un recueil qui se lit vite mais bien. Les nouvelles sont dérangeantes, sanglantes et immersives. J’ai passé un très bon moment avec ces deux auteurs qui maîtrisent aussi bien le format de la nouvelle (ce qui n’est pas une mince affaire) que de la thématique de l’horreur.



 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Chroniques Saxonnes #1

Bernard Cornwell
Traduction : Pascal Loubet 
Bragelonne
Fiction historique
22 €
331 pages

J’ai découvert la série The Last Kingdom grâce à des amis et nous avons tout de suite adoré. Alors quand j’ai vu que c’était tiré de romans, je me les suis procurés. Au-delà de l’aspect de série d’aventure, de combats et des Vikings, ce qui m’a plu dans la série c’est le côté historique que je ne connaissais absolument pas de l’invasion Vikings en Angleterre. Pour les amateurs, l’intrigue est différente et complémentaire de la série Vikings. L’auteur des romans, Bernard Cornwell, est un auteur de fiction historique visiblement réputé qui a fait beaucoup de recherches sur son sujet. 

La série s’est autorisée quelques petits changements par rapport au livre qui ne bouleversent pas le récit. Nous passons dans le roman plus de temps sur la jeunesse d’Uthred chez les Danes (et non des Vikings, c’est expliqué dans le roman). J’ai pris énormément de plaisir à retrouver notre intrépide et loyal Uthred, la sauvage et courageuse Brida et l’austère mais si intelligent Alfred. À ce titre, l’acteur de la série l’incarne à la perfection (pareil pour sa femme  Ælswith). Le Père Beocca est plus en retrait (et plus estropié et effacé dans le livre, c’est mon seul regret alors qu’il était si bien dans la série).

Le fait de connaître déjà la trame de fond via la série m’a permis de mieux me concentrer sur l’aspect purement historique et sur la progression des Danes en Angleterre. Le récit est passionnant et très prenant, je l’ai lu très vite tant la narration est fluide. Le roman est instructif en plus d’être dépaysant, distrayant et immersif. Les notes de l’auteur à la fin sont très intéressantes et montrent aussi la complexité d’écrire ces récits de fiction historique.

Je vous conseille vraiment ce roman si vous aimez cette époque, les combats, les stratégies militaires et l’Histoire. Le personnage d’Uthred est extrêmement attachant, impossible de ne pas s’identifier à lui et de se retrouver à sa place, hésitant entre le peuple Danes qui l’a élevé et sa patrie d’origine l’Angleterre. Et comme le dit notre cher Uthred : j’ai foi en ma Destinée (dans le livre ils l’ont traduit en « la Destinée est tout » mais je trouve ça moins fluide) 



 Ma note : :star::star::star::star::star: