Chronique : Selfies

Jussi Adler Olsen
Traduction : Caroline Berg
Albin Michel
Policier
22,90 €
619 pages
Comme d’habitude, j’ai emprunté ce roman à mes parents qui m’ont confirmé que c’était un bon opus. Je trouve, moi, que le précédent était bien meilleur. A force de devoir sortir un roman chaque année (car je ne doute pas de la pression que l’auteur subit à présent), des failles apparaissent dans le fond comme dans la forme (fautes, répétitions, erreur de date).

Cela m’a tout de même fait plaisir de retrouver Carl, Assad, Rose et Gordon. Ici, nous restons concentrés sur Rose et ses problèmes personnels. L’auteur n’y est pas allé de main morte et si nous avions déjà quelques doutes sur la santé mentale de Rose au fil des tomes précédent, je trouve que là l’auteur va très loin. Trop ? On le saura dans les prochains tomes. 

Je reste moyennent convaincue, tout d’abord du manque d’implication du reste de l’équipe dans la vie de chacun des coéquipiers. Certes, Carl n’est pas l’empathique de l’année mais il reste assez difficile à croire qu’ils ne tissent pas tous davantage de liens depuis toutes ces années à travailler sur des affaires aussi compliquées et chronophages. D’autant que leur équipe est très réduite. C’est valable aussi pour Assad dont on ne sait toujours rien alors que l’auteur ne cesse de nous faire miroiter avec un ou deux détails par tome. 

Ensuite, je trouve que l’auteur va très loin dans la descente aux Enfers de Rose et surtout que ça arrive comme un cheveu sur la soupe. C’était certes annoncé dans le tome précédent mais j’ai quand même trouvé cela un peu gros et exagéré. Personne dans l’équipe n’a rien vu venir, hormis les fois où Rose s’était déguisée en ses sœurs. Ce qui me ramène au point précédent sur le manque de liens entre les protagonistes.

Du coup, tant d’années plus tard, l’équipe se soude enfin autour d’une problématique commune qui les touche personnellement. Il leur en aura fallu du temps !

En ce qui concerne l’enquête policière. Elle est plutôt sympathique même si à la lecture du 4ème de couverture j’étais partie sur tout autre chose. J’ai néanmoins constaté qu’elle avait moins d’impact que d’autres histoires, sans doute à cause du trop grand nombre de personnage impliqués, auxquels il faut rajouter l’intrigue de Rose. Si l’idée de base était intéressante, et le portrait d’une certaine partie de la population qui bénéficie des aides sociales plutôt bien croqué, le tueur m’a laissé de marbre. Celui-ci est à l’image du roman entier : assez plat.

Je suis restée assez extérieure au récit, Jussi Adler Olsen nous a habitué à mieux, à des enquêtes plus intenses, des passés plus fouillés, du suspens haletant. Je n’ai rien retrouvé de tout cela ici malheureusement. La fin est à mon sens bâclée. Bref, ce roman est plutôt une déception compte tenu des excellents romans que l’auteur a déjà écrit.

*Cette lecture fait partie de mon mini-challenge du mois de septembre* 

 

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Lake Ephemeral

Anya Allyn
Traduction : Vincent Tassy
Editions du Chat Noir
Young adult
19,90 €
441 pages
Ce roman, je l’avais repéré à sa sublime couverture mais je n’avais pas craqué tout de suite, me demandant si c’était vraiment mon genre, me méfiant d’un aspect un peu trop jeunesse puisque l’héroïne a onze ans. Puis, j’ai fait confiance à la maison d’édition chez qui je n’ai jamais été déçue. Je me suis donc procurée l’ouvrage aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une dédicace du traducteur, Vincent Tassy, qui est aussi auteur (je lisais justement au même moment son propre roman Apostasie qui fut une magnifique découverte !)

Alors, ai-je eu raison de leur faire confiance ? Oui, mille fois oui car ce livre n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Il est bien plus riche, fouillé et construit que prévu. J’ai été emportée à Ephemeral Lake et bluffée par les rebondissements ainsi que par les tenants et aboutissants de l’intrigue. 

La plume déjà est très jolie, l’alliance de l’auteure et du traducteur donne un texte très beau, riche en vocabulaire et très immersif. La mise en page est également très belle, ce qui donne à l’objet livre un cachet indéniable.

Nous suivons donc Sera, onze ans, qui se croyait orpheline et apprend qu’au final sa mère est en vie et veut qu’elle revienne vivre à Ephemeral Lake. J’ai échafaudé pas mal d’hypothèses au fil du récit mais aucune n’était la bonne. L’auteure a su me surprendre et a apporté toutes les explications à chaque interrogation. Le récit est vraiment mené de manière intelligente et construit parfaitement tout au long des sept parties qui découpent le roman. 

L’histoire est prenante, passionnante et hormis quelques passages un poil rapides et faciles dans la recherche de vérité de Sera, tout était bien dosé. L’héroïne est assez étrange mais elle reste attachante et déterminée. On partage ses émotions aisément et on veut connaître la vérité à tout prix. Elle n’est pas exempte de défaut, ni aucun des autres enfants. Ma seule déception concerne justement les autres enfants dont j’aurais aimé en apprendre davantage et les voir plus impliqués dans le récit. 

Il y a donc de nombreux rebondissements bien exploités et surtout totalement inattendus. L’auteure mélange les genres avec une grande facilité : young adult, un peu de romance, du fantastique, de la SF, des scènes d’horreur… Rien n’est déplacé ou mal exploité à mon sens, tout se tient et est encore une fois parfaitement maîtrisé. On sent bien que ce n’est pas des ajouts successifs mais bien une profonde réflexion en amont.

La fin est surprenante, elle repose sur un aspect de l’intrigue que j’avais totalement oublié. Je ne voyais vraiment pas comment nos héros allaient s’en sortir mais c’est une bonne fin, haletante et qui nous apporte à la fois espoir et crainte. 

Ce roman rassemble beaucoup de qualités. On y trouve du mystère, de l’action, une jeunesse insouciante, une héroïne qui gagne en maturité, des drames familiaux, des expériences interdites, des sentiments. J’ai également trouvé d’excellentes idées, comme cette exploitation des lacs éphémères, les fleurs-cercueils et toute la partie SF qui doit rester secrète pour ne pas vous spoiler…

Au milieu de toute l’horrible vérité qui se cache sous Ephemeral Lake, j’y ai tout de même ressenti une grande bienveillance, un amour inconditionnel mais maudit de parents envers leurs enfants. Ces sentiments apportent une grande force au récit.

En conclusion j’ai passé un excellent moment. J’ai précommandé le prochain roman de l’auteure et j’ai hâte de m’y plonger ^^ Je vous conseille vivement ce roman !
 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique Aeternia 2 : L’envers du monde

Gabriel Katz
Auteur français, voir la page Facebook
Scrinéo
Fantasy
20 €
390 pages
Ma première constatation lorsque j’ai ouvert ce second tome d’Aeternia a été que j’ai commis une grave erreur en laissant passer autant de temps entre ma lecture des deux tomes. En effet, j’ai lu le premier tome en juin 2016 et comme je l’avais prêté, je n’ai pas pu relire les dernières pages. L’Envers du Monde n’offre pas de résumé du premier tome et sa 4ème de couverture est très floue. Du coup, j’ai mis du temps avant de me replonger dans l’histoire et je ne savais plus qui était le ou les traîtres.

Alors oui, c’est un Page turner comme on dit. C’est haletant, c’est bourré de bonnes idées, le héros de ce tome-ci, Desmeon est attachant, l’univers est vraiment intéressant et encore une fois l’auteur aime nous surprendre et mettre à mal les codes du genre. On enchaîne l’action, les trahisons, les injustices, des scènes difficiles à supporter, quelques accalmies, des manipulations etc. Malheureusement, je n’ai pas été conquise contrairement au premier tome.

La faute a un rythme qui ne m’a pas convaincu, où des scènes importantes concernant la psychologie des personnages et les liens qui se créent ou se dissolvent sont traitées trop rapidement alors que des scènes de bataille dans la ville se multiplient par exemple. L’aspect temporel était aussi bizarrement abordé puisque nous avons de l’action à foison en quelques heures puis de gros creux de plusieurs semaines pendant lesquelles l’histoire n’avance pas alors qu’une révolte ravage la ville. On a des révélations tout au long du récit, comme par exemple la nature du prophète… mais cette information n’est pas exploitée.

J’ai donc retrouvé ici les défauts que j’avais soulignés dans le dernier tome du Puits des Mémoires. L’auteur nous fait des révélations fracassantes puis hop elles sont balayées. Un personnage important meurt en fin du premier tome, c’est un tsunami… et c’est à peine évoqué dans le début du second qui prend pourtant place tout de suite après. On préfère s’attarder sur les frasques d’un autre personnage plutôt que sur les émotions. Cela m’a déçue, tout le monde s’en contrefiche.

Les personnages sont intéressants et ont du potentiel, même si Desmeon ressemble un peu trop à Olen du Puits des Mémoires, Synden est très prometteuse, Ismaen le grand prêtre aussi, ainsi que Varian, le chroniqueur. Le bât blesse au niveau des relations où tout est trop rapide, trop superficiel pour que l’on puisse réellement y croire. La révélation finale sur Desmeon manque de base tout au long du récit, ça arrive comme un cheveu sur la soupe, cela aurait mérité davantage de préparation.

En bref, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais encore une fois l’auteur place la barre très haut dans le premier tome et ne nous offre pas de suite à la hauteur malheureusement. C’est donc une déception car je m’attendais à mieux avec de telles idées ! C’est d’autant plus frustrant que l’auteur est très sympathique et que son univers me plaît !

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Récits du Demi-Loup T1 Véridienne

Chloé Chevalier
Auteure française, voir la page facebook
Les moutons électriques
Fantasy
19,90 €
376 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en septembre à Chloé Chevalier, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur leur blog 🙂 

J’ai vu passer de nombreuses critiques élogieuses sur les trois tomes déjà publiés de cette série de fantasy j’étais donc ravie de pouvoir participer à ce « mois de » afin de découvrir à mon tour cette auteure. 

Que vous dire si ce n’est que j’ai dévoré ce livre (bon je suis en arrêt de travail, ça aide !). J’ai été littéralement happée et passionnée par ce premier tome. Pourtant, il n’y a guère d’action, il s’agit, comme son nom l’indique, de récits sur le royaume du Demi-Loup. La plume extraordinaire de l’auteure et son don pour conter les différentes histoires a rendu ma lecture immersive et très intéressante.  

Nous suivons ainsi l’adolescence de 2 princesses, Malvane et Calvina, leurs Suivantes, Cathelle, Nersès et Lufthilde, ainsi que le point de vue du prince héritier Aldemor. Nous les accompagnons sur plusieurs années avec en parallèle les déboires politiques du royaume. Chose surprenante : aucun de ces six personnages ne sort du lot. Je veux dire qu’ils sont tous traités sur un plan d’égalité dans le récit. Ils ont tous des qualités et des défauts et ils commettent bien des erreurs. Du coup, dès que l’un ou l’autre des personnages m’apparaissait comme celui ou celle avec qui je pourrais le mieux m’identifier, paf il/elle faisait une bourde ou révélait son égoïsme, son côté le plus puéril, etc. Au final, je me suis attachée à tous sous forme d’un groupe. Peut-être ce point de vue changera-t-il puisque le groupe finit par se dissoudre, ainsi va la vie. Je dirais que le fait de ne pouvoir s’identifier à un seul personnage est original (peut-être fait exprès de la part de l’auteure) mais cela m’a aussi un peu manqué.

Le récit est très original et très subtil. Nous avons des périodes d’insouciances et de potins ou mesquineries purement féminines et d’autres où le lecteur est plongé dans une affreuse guerre. Encore une fois, on est loin de la fantasy guerrière ou bourré d’action néanmoins cela reste fascinant. On ne s’ennuie pas une seconde, les descriptions ne sont pas trop lourdes, le phrasé n’est pas ni trop moderne ni exagérément médiéval. Tout sonne extrêmement juste.

De manière très curieuse, je me suis rendue compte à la fin de ma lecture que ce roman avait une atmosphère plutôt démoralisante au final. Les six jeunes gens cumulent les erreurs, mettent du temps à grandir et à vouloir prendre leurs resposanbilités, le roi Aldemar est passif, sa femme, agonisante, le royaume se meurt. Bref, c’était assez morose et je me demande où est passé le bonheur ? J’espère qu’il sera au bout de la série (ou même avant, dès le tome 2 ça ferait pas de mal aux persos d’être heureux !). 

En tout cas je vais me procurer la suite, soyez-en certains ! C’est une magnifique découverte, le récit est très riche, il est prenant, passionnant et d’une rare originalité. Je rejoins donc mes consœurs blogueuses : c’est une vraie réussite. Je remercie Dup, Phooka et les éditions des Moutons électriques pour m’avoir permis de découvrir cette pépite.
 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Asynchrone

Fabien Clavel
Auteur français, voir le blog
Lynks
Science Fiction, jeunesse
14,90 €
239 pages
Après mon pavé de SF du mois d’août, j’ai voulu enchainer avec une lecture courte et rapide, d’où mon choix pour ce petit roman sorti récemment aux nouvelles éditions Lynks. L’auteur est une valeur sûre pour moi, de plus je suis le travail de l’artiste Mélanie Delon qui a réalisé la couverture depuis de nombreuses années et ses pièces sont toujours un régal pour les yeux.

Le rythme est très rapide, ce qui est courant en littérature jeunesse et est toujours un peu déroutant pour moi. Néanmoins l’auteur sait de quoi il parle et il n’abuse pas des phrases choc et courtes très à la mode en ce moment. Il y a suffisamment de descriptions et d’introspection dans ce roman qui amène le lecteur à une certaine réflexion, en particulier pour comprendre comment fonctionnent les sauts dans le temps et pouvoir ensuite emboîter les pièces du puzzle temporel.

Quelques points m’ont chiffonnée suffisamment pour que je vous en parle, donc je commence par eux pour terminer sur le positif. J’ai eu du mal avec Chora au départ. Notre héroïne vient de perdre ses parents dans une explosion assez étrange. Ses réactions au début m’ont dérangée, surtout vis-à-vis de Théo, le beau gendarme de 20 ans (elle en a 16), qu’elle tutoie très vite alors que c’est la première fois qu’elle le voit et qu’il est un représentant de l’ordre et non son petit voisin.  Elle est orpheline depuis un jour et songe déjà à flirter… Son comportement général est assez difficile à cerner. D’un autre côté, c’est une adolescente qui se sait en sursis : son cœur peut lâcher à tout moment. Cela fait relativiser, elle n’a pas de temps à perdre.

Théo est présenté de manière grossière. J’entends, qu’un panneau clignotant au-dessus de sa tête annonçant « je suis le flirt de l’héroïne dans cette histoire » aurait été tout aussi subtil. Les autres adultes sont un peu stéréotypés à mon sens : la cheffe de la sécurité « méchante » qui surgit toujours au bon moment juste pour mettre la pression et le savant fou physicien (qui veut envoyer des déchets radioactifs dans le passé pour réduire la pollution de la terre… il lui manque des notions d’écologie à ce brave monsieur). Bref, le départ aurait mérité qu’on s’y attarde un peu plus.

Heureusement, ces défauts sont ensuite gommés au fil de l’histoire. Le lien entre Théo et Chora se développe et trouve tout son sens avec les sauts dans le temps. Les deux jeunes gens sont très touchants et leur évolution respective est très appréciée. Ils murissent chacun au contact de l’autre et toutes les questions trouvent leur explication. Je les ai beaucoup aimés une fois les premières maladresses passées, surtout Théo qui s’avère bien plus profond que les premières pages ne le laissaient entendre.

La vision de l’auteur sur le voyage dans le temps est originale, attrayante et passionnante. C’était une très bonne surprise à ce niveau-là où j’ai pu donner libre cours à mon imagination pour essayer de deviner la solution. Tout du long du roman j’étais aux côtés de Chora pour essayer d’en apprendre davantage sur ce phénomène et si ça avait un lien avec sa pathologie cardiaque (ma seule déception, on ne s’en sert que pour accentuer l’urgence).

Le roman est prenant et rempli d’une émotion à laquelle je ne m’attendais pas. Le plus de cette histoire concernait tous les passages dans le passé où l’on découvre des éléments sur plusieurs des personnages. J’ai été touchée et le tout était très bien mené.

Donc au final, malgré un début un peu mitigé, la suite m’a bien plu et j’ai passé un agréable moment.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Existence

David Brin
Traduction : Claude Mamier
Bragelonne
Science Fiction
25 €
740 pages
J’ai poursuivi mon été spécial David Brin pour un projet particulier dont j’espère pouvoir vous parler d’ici la fin de l’année. Après Jusqu’au Cœur du soleil et Marée Stellaire, je me suis plongée dans Existence qui est sorti en 2012 dans sa version originale. La petite anecdote marrante : mon père l’a aussi acheté (en numérique lui) et nous en avons discuté par hasard. Les chiens ne faisant pas des chats , nous avons eu le même avis !

Que dire de ce roman ? Déjà, c’est un sacré pavé qui m’a occupé presque tout le mois d’août (du 11 au 02 septembre, ce qui est énorme pour moi). C’est un grand format de 740 pages où je dirai 400 à 500p auraient largement suffi. J’ai retrouvé une partie des défauts évoqués dans le premier tome d’Elévation, à savoir une multitude d’idées qui se succèdent sans réel lien. Ce roman aurait pu être découpé en plusieurs tomes, cela aurait sans doute mieux valu d’ailleurs, cela aurait atténué cette impression que l’auteur voulait nous en mettre pleins les yeux avec 36 idées à la fois.

Nous suivons une dizaine de personnages et nous avons aussi à chaque fin de chapitre un extrait de livres, d’interviews ou de journal. Le pire c’est que ce livre est très intéressant ! Je n’ai pas bâclé une seule page de ce pavé (enfin si, quelques extraits répétitifs sur la fin, allez, disons 10p sur 740 !). Je voulais connaître le fin mot de l’histoire, je voulais savoir ce qu’était réellement cet artefact trouvé aux abords de la Terre par l’astronaute Gérald Livingstone.

Je ressors donc avec une étrange impression d’avoir lu plusieurs livres passionnants en un mais qui était bien trop long avec un final frustrant où je ne n’ai pas toutes les réponses. Le fameux « tout ça pour ça ». Honnêtement j’en attendais plus et j’attendais même un lien avec son cycle Elévation plus important que cela. J’ai même cru un moment que c’était une préquelle mais il semblerait que non. Du coup, il a fait un clin d’oeil avec ses dauphins… qui a dû durer une centaine de pages pour rien.

Vous vous retrouvez donc avec des idées en vrac, très intéressantes mais pas exploitées jusqu’au bout : l’élévation du niveau de la mer, les cyborgs, les robots, les extraterrestres, la vie éternelle, les riches qui contrôlent le monde, la réalité virtuelle qui prend le pas sur la vraie vie, la conscience collective sur l’internet etc. Bref, que des choses super à aborder mais qui auraient mérité presque un livre chacune pour être traitées à fond.

Le principal thème reste le contact extraterrestre. Là aussi l’auteur prend une drôle de direction, aux antipodes de ce qu’on imagine dans les nombreux films et autres livres. C’était original, atypique et bien vu mais un peu trop long et emmêlé dans d’autres idées qui rendent le tout flou et difficile à comprendre. L’intérêt final m’a complètement échappé.

C’est assez compliqué pour moi de résumer mon avis tant il y a d’aspects développés. Je suis à la fois frustrée et contente de ma lecture. Une chose est sûre : ce pavé est vraiment intéressant !

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Escape from furnace T5 Execution

Alexander Gordon Smith
Version originale
Faber&Faber
Horreur, jeunesse
6,99£
353 pages
Nous voici arrivés à la fin de cette saga. Comme le Tome 4, j’ai dû lire ce roman en anglais pour avoir le fin mot de l’histoire. Néanmoins, le rodage avec le tome précédent m’a bien servi et j’ai nettement moins galéré. 

La première chose que j’ai appréciée est le chapitre résumé où le narrateur, Alex, nous rappelle tout ce qui lui est arrivé depuis le premier tome. Et quel chemin parcouru ! J’ai été nostalgique des trois premiers tomes qui se déroulaient dans la prison, la Fournaise, mais je dois dire que ce dernier tome clôture d’une bonne manière la série. 

Nous avions laissé Alex en haut d’un gratte-ciel avec de nouvelles mutations génétiques et un beau rebondissement. Le cinquième tome reprend exactement au même endroit et ne nous laissera que très peu de répit. Nous allons enfin connaître l’histoire d’Alfred Furnace et ce qui se cache derrière le fameux nectar. Sur ces deux points j’ai été agréablement surprise, c’était à la fois intéressant et glaçant. Et curieusement, j’ai même eu pitié d’Alfred. En revanche, j’ai tout de suite deviné ses plans en ce qui concerne Alex.

Ce tome a des rebondissements inattendus et heureusement notre cher Zee est toujours de la partie. Que serait notre héros sans son meilleur ami drôle et courageux ? C’est un ami comme on en voudrait tous et le genre de personnage que j’aimerai réussir à créer ^^

Je ne vous dirai rien sur la fin. Par contre je peux vous dire que ce tome a été riche en émotions, en particulier grâce à Donovan, que l’on avait rencontré dans la prison. C’était un personnage auquel je n’avais pas forcément fait attention à l’époque mais qui a pris une ampleur inattendue au fil des tomes. Il y a beaucoup d’émotions aussi au travers des regrets d’Alex sur sa vie passée, ses mauvais choix qui l’ont conduit à la prison. Même s’il a été emprisonné sur un coup monté, c’était un délinquant. Seulement, a-t-il mérité pareille destinée ? Sûrement pas ! On oublie trop souvent que c’est juste un ado de 15-16 ans. Certains passages de ce tome étaient clairement déchirants car non, plus rien ne sera comme avant pour notre pauvre Alex. 

Le dénouement comporte plus d’espoir que je n’avais imaginé. Plongée dans toute cette horreur je ne voyais pas comment de la lumière pouvait encore subsister. Néanmoins l’auteur a bien manœuvré et sa fin est à la fois cohérente et agréable.

En conclusion, c’est une saga terrifiante où l’amitié et la soif de liberté, de justice et d’humanité transpercent les horreurs d’une prison démoniaque. Le héros n’est pas tout blanc, il échoue souvent mais jamais il n’abandonne et j’aurai lutté jusqu’aux dernières pages aux côtés d’Alex. Cette série, elle serait juste parfaite pour le petit écran *___* Je suis ravie d’avoir pu la découvrir et je vous la conseille si l’horreur ne vous fait pas peur (ou l’anglais puisque seuls trois tome sur cinq sont traduits).


*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été  *
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Elévation T2 marée stellaire

David Brin
Traduction :Gérard Lebec
Folio SF
Science Fiction
8 €
653 pages
Ma découverte de l’auteur avec le premier tome s’était révélée mitigée, en grande partie à cause du héros et d’une intrigue floue. Heureusement, c’est une toute nouvelle équipe que nous retrouvons dans ce deuxième tome intitulé Marée Stellaire et je vous l’annonce tout de suite : j’ai largement préféré cette histoire.

Nous faisons la connaissance d’un équipage principalement constitué de dauphins élevés à la sapience, appelés des fen (pour en savoir plus sur le principe de l’élévation, je vous invite à lire mon avis sur le tome précédent), d’un chimpanzé élevé aussi et d’une petite dizaine d’humains.  Tout ce beau monde se trouve dans un vaisseau spatial (en grande partie constitué de zones immergées pour les fen) et tombe sur un cimetière d’épaves extraterrestres. Pourchassé par des Galactiques mécontents, le vaisseau se cache sur une planète aquatique. L’objectif est donc de réparer le vaisseau et d’essayer de s’échapper alors que la planète est assiégée par les différentes races extraterrestres qui se font la guerre pour capturer notre équipage. 

Nous suivons une belle brochette de personnages, une dizaine sans compter les points de vue des différentes races galactiques.  Malgré tout, je n’ai jamais été perdue, ni ne me suis demandée qui est qui car les chapitres sont courts et l’intrigue ne cesse d’évoluer, c’est à dire qu’il y a des ellipses temporelles entre chaque point de vue : ce n’est ni répétitif ni pour autant trop obscur. La narration est donc ici bien mieux maîtrisée à mon sens que pour le premier tome.

Les personnages sont tous très intéressants, avec leurs qualités et leurs défauts. Ils sont tous riches en passé, motivation ou dans leur évolution. Les humains, les fen et le chimpanzé sont tous traités ici à égalité. Les humains sont les patrons des deux autres races (puisqu’ils les ont « élevés »), néanmoins on ressent beaucoup moins d’arrogance et de supériorité que dans le précédent tome. Les humains sont des patrons compatissants, ils n’ont pas liés leurs « clients » avec des contrats comme c’est la règle dans l’espace. Fen et chimpanzés sont libres, même s’ils conservent un certain respect hiérarchique envers les humains. Ces derniers sont toutefois relégués au second plan, le capitaine du vaisseau est un fin, son second aussi. Les humains restent des garants, vers qui ils vont encore se tourner pour demander un appui, mais les fen et les chimpanzés sont autonomes. Toshio, l’un des héros humains reçoit d’ailleurs ses ordres de la part des fen.

J’ai donc apprécié cette vision des choses, où l’homme n’est pas un géant supérieur. J’aime aussi la vision qu’ont les Galactiques de nous. Nous qui ne répondons pas à la norme, qui sommes des « jeunes loups » dont les réactions les étonnent toujours. Les humains donnent un grand coup de pied dans la fourmilière galactique et c’est assez jouissif.

J’ai beaucoup aimé les nombreux thèmes qui sont abordés dans ce gros pavé que j’ai lu avec une grande facilité. Les fen conservent leur identité de dauphins avec des traits propres à leur espèce (principalement du Grand dauphin, Flipper pour ceux qui connaissent) et pourtant on parle de harcèlement sexuel, de racisme, de mutinerie, de dieux, de philosophie etc. La frontière entre comportement delphinien et humain est parfois floue. Toutefois certains traits comme la fourberie sont typiquement humain et c’était donc étrange de les associer à des dauphins. Les fen s’expriment de plusieurs manières différentes, dont du ternaire à grand renfort de poèmes et haïkus. C’était un peu déstabilisant au début et puis ensuite c’est devenu très fluide et musical. 

Il y a de nombreux  rebondissements, l’intrigue est riche, l’univers dense, les personnalités variées, les interactions intéressantes. Bref, ce fut une lecture passionnante, enrichissante et très originale. Je suis ravie d’avoir pu me pencher sur ce roman, cela aurait une perte dans ma culture générale et scientifique.

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Le choix

Paul J. McAULEY
Traduction : Gilles Goullet
Le Bélial’
Science-Fiction
7,90€
83 pages
Je découvre cet auteur ainsi que cette très belle nouvelle collection Une Heure Lumière de chez Le Bélial’ grâce à cette nouvelle. Le résumé parlait d’élévation du niveau de la mer, d’écologie et d’extraterrestre, un cocktail tout à fait à mon goût. 

L’auteur réalise une prouesse pour nous camper en moins de 100 pages un univers riche, dense, extrêmement intéressant et varié. Le tout avec des descriptions fluides qui ne m’ont pas du tout embrouillée. L’ambiance était très particulière dans une région anglaise où l’avancée de la mer a bouleversé la vie des habitants. Accompagnée par la présence des extraterrestre j’ai trouvé que l’ambiance était assez mystique. 

On suit Lucas, un adolescent qui vit dans la précarité avec sa mère militante clouée au lit. Lorsqu’un « Dragon », un appareil E.T. s’écrase non loin, il va s’y rendre avec son meilleur ami Damian et c’est là que les problèmes commencent. 

Je me suis vite attachée à Lucas, un adolescent débrouillard et gentil qui ne mérite pas les problèmes qui lui tombent sur le nez. En revanche, je ne m’attendais pas à une telle tournure de l’histoire. On comprend peu à peu le titre mais la fin m’a laissé dubitative. Je m’attendais à autre chose, j’ai l’impression que le contexte n’est pas exploité à sa juste valeur. 

Sinon, le contrat est rempli, j’ai passé un bon moment. Je n’ai pas chronométré pour savoir si j’ai lu cette nouvelle en une heure mais j’aime beaucoup l’idée et le design de cette collection. Seul point noir : le prix est celui d’un poche de plusieurs centaines de pages, c’est donc un peu cher même si l’objet est beau.

 *Cette lecture fait partie du Challenge de l’été  *

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Les Aventuriers de la Mer T6

Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
413 pages
J’avance peu à peu dans cette saga, je me retiens vraiment de ne pas tout lire d’un coup ^^ Peu importe le temps écoulé entre chaque lecture, l’immersion est toujours immédiate et je me souviens exactement de où en sont les personnages.
Dans ce tome, tout le monde avance, même mes personnages fétiches, Althéa et Brashen que j’aurais aimé voir un peu plus. Néanmoins les quelques chapitres où ils apparaissent étaient forts en émotion, j’ai eu quelques frissons à leurs côtés.
Malta a grandi, enfin ! Même si elle continue à n’en faire qu’à sa tête… Grâce à elle, nous découvrons davantage la Cité des Anciens ainsi que le peuple du Désert des Pluies. Nous avons surtout enfin nos révélations sur l’origine des Vivenefs, des Dragons et des Serpents de mer. J’avais beau m’en douter, connaître tous les détails est quand même surprenant et révèle un univers d’une grande richesse.
Ces révélations nous font faire un bond dans l’histoire et mettent également en place des prémisses de l’autre saga de l’auteure La Cité des Anciens. J’ai donc hâte de voir comment tout va se goupiller par la suite à ce niveau.
En parallèle, Kennit, Hiémain et Etta continuent leur bout de chemin ensemble. Kennit se surpasse encore de manipulation dans ce tome. C’est vraiment un personnage à part. J’ai rarement autant supporté un personnage aussi fourbe et égocentrique. Il est juste génial *___* Hiémain quant à lui évolue d’une certaine manière, je suis un peu déçue qu’il soit si aveuglé par Kennit… d’un autre côté, comment lui en vouloir ? Quant à Etta, je ne suis toujours pas fixée, j’admire sa force tout comme je n’aime pas sa dévotion aveugle envers Kennit. Quoi qu’il en soit, ces personnages et leur lien avec Vivacia sont complexes mais passionnants à suivre.
Au final, il reste encore trois tomes pour conclure l’histoire, je sens qu’ils vont être denses et remplis de rebondissements. Avec ce tome, la saga continue de surfer sur le coup de coeur ^^
*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *
Ma note : :star::star::star::star::star:💕