Chronique : Dollhouse T1 Le carrousel éternel

Anya Allyn
Traduction : Fiona Martino 
Chat Noir
Young Adult, fantastique
19,90 €
296 pages
J’avais vraiment bien aimé Ephemeral Lake de cette autrice, traduit également aux Éditions du Chat Noir (voir ma chronique), du coup je n’ai pas hésité à la suivre dans cette autre série qui en plus me semble plus sombre. 

J’ai donc retrouvé la plume d’Anya Allyn, immersive, entraînante et efficace. Difficile de savoir si les différences de style que j’ai senties (moins poétique, plus incisives) sont dues au changement de traducteur ou bien au fait que de base l’autrice a modifié son style pour cette nouvelle série. En tout cas c’est toujours un régal à suivre. A part quelques soucis de mises en page au début et le choix de ponctuation pour les dialogues un peu déroutant, l’intérieur est très soigné et agréable. La couverture de Mina M. est aussi magnifique et contribue activement à nous faire acheter ce roman !

Anya Allyn nous mène encore une fois bien en bateau avec cette histoire. Elle brouille les pistes, laisse le lecteur émettre ses hypothèses avant de révéler ses réponses. Le quatrième de couverture ne laisse pas du tout imaginer ce qui se passe réellement dans cette fameuse maison. J’étais partie sur des trucs différents et j’ai donc été surprise de connaître le fin mot de l’histoire (enfin il y a encore plusieurs tomes mais nous avons déjà beaucoup de réponses). 

Globalement, j’ai retrouvé des personnalités assez semblable à Ephemeral Lake. La plupart des ados sont gentils, et pas caricaturés, néanmoins cela me donne une impression d’inachevé, comme si l’autrice n’était pas allée au bout de son idée de personnalité. Je m’explique. On nous présente Cassandre au départ comme une nouvelle élève qui a quitté Miami où elle était une sacré fêtarde avec ses amies (Cordelia Chase, sors de ce corps XD). Du coup on s’attend à un gros décalage entre ses anciennes amies dont elle nous parle et ses nouveaux amis australiens campagnards. Finalement il n’en est rien, le background construit sur sa vie à Miami ne sert à rien du tout, du moins dans ce tome là. Cela manquait de cohérence. De la même manière, on nous dit qu’Ethan cache une part d’ombre et de violence qui n’est pas vraiment exploitée non plus. A l’inverse Aïcha est très réaliste avec ses défauts et erreurs d’adolescente aussi agaçants que compréhensibles, pareil pour Lacey. Au final, cela nous donne des jeunes assez sympathiques mais sans de réels traits de personnalité originaux. Il n’y a que Jessamine qui sort du lot, même si on doit attendre longtemps avant de comprendre ses motivations.

Mais de manière générale ces aspects ne m’ont pas empêché de m’identifier à eux, de me projeter à leur côté et de ressentir leur détresse ou leur colère. En dépit de leurs personnalités, toute l’intrigue et leurs réactions sont bien pensés et menés de manière intelligente. 

L’aspect claustrophobe et l’impuissance de nos héros à pouvoir s’échapper sont bien retranscrits. J’ai aimé l’ambiance sombre et glauque, même si on reste sur un ouvrage young adult. Comme pour Ephemeral Lake, malgré les horreurs et la dureté des événements qui touchent ces jeunes gens, j’ai ressenti cette pointe de mélancolie, de tristesse, de bienveillance à la base qui est détournée pour donner quelque chose de plus sombre. C’est vraiment cette ambiance très particulière qui pour moi caractérise cette autrice.

La fin est étonnante et audacieuse. Pleine d’espoir et en même temps très dure. Cela donne indubitablement envie de lire la suite ! Anya Allyn est une autrice à suivre qui propose des romans différents dans la sphère du young adult.


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : la Magie de Paris T2 Le calme et la tempête

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
313 pages
Après avoir dévoré le premier tome (chroniqué ici) et regretté amèrement de ne pas avoir pris la trilogie entière aux Imaginales 2018, j’ai commandé illico presto la suite. La Magie de Paris, c’est le genre de série que je ne peux pas distiller dans le temps comme je le fais pour les Aventuriers de la Mer par exemple (quelque chose que mes proches ne comprennent pas d’ailleurs XD). Il me fallait la suite et il me la fallait tout de suite. C’était une question de vie ou de mort (enfin presque).

Je vais essayer de ne pas vous spoiler l’intrigue de ce deuxième tome, surtout en ne vous révélant pas le grand rebondissement de la fin du tome 1 qui était juste génial. Ce tome recèle encore plus d’humour avec des situations et des répliques où j’ai encore plus gloussé (si, si). Je me demande si Olivier Gay n’était pas une femme dans une autre vie car certaines scènes et pensées m’ont paru tellement familières. Je me suis revue à mon adolescence (ou même après), à avoir les mêmes réflexions, les mêmes espoirs que Chloé. Mention spéciale à la scène du « toucher de doigt » si criante de vérité, j’ai vécu la même chose comme bon nombre de jeunes filles j’imagine. Bref, chapeau pour les descriptions et pour la facilité avec laquelle le lecteur s’identifie à Chloé. Bon, je suis une fille, je me demande si c’est pareil avec un public masculin.

Chloé est donc toujours aussi attachante et combattive. On ne peut que lui souhaiter de trouver une solution à son problème et de trouver l’amour aussi, ne nous cachons pas. Elle n’est cependant pas épargnée et ses défauts sont aussi mis à nu dans cette suite. A l’instar de n’importe qui, elle n’est pas exempte de défauts. David est toujours aussi sexy et disant cela je passe pour une couguar… disons même que je frôle le détournement de mineur. Hum.  Il commence à se dérider et à s’émanciper un peu dans ce tome, ses habitudes étant bousculées par l’arrivée de Chloé. Mais on sent qu’il y prend lui aussi du plaisir, bien qu’exprimer des émotions ne fasse pas trop partie de son répertoire.

Thomas est de plus en plus intéressant aussi. La révélation de fin de tome 1 ne concerne pas que Chloé. On se rend compte que c’est un garçon sensible et doté d’une forte puissance magique.  Son lien très fort avec Chloé est primordial dans ce tome et est également prétexte à des scènes plutôt… gênantes (bizarrement, souvent pour Chloé !). Cela contribue à créer un triangle amoureux entre Chloé, Thomas et David, même si ce triangle n’a rien de classique et n’est pas du tout ennuyeux, de mon point de vue en tout cas. Une quatrième personne aperçue à la fin du premier tome vient semer la zizanie, j’ai nommé Cassandre, la Mage de David. Cette fille est tout bonnement insupportable et je rêve que quelqu’un lui fasse fermer son clapet. Il n’empêche qu’elle est forte, franche (trop pour notre bien) et que nos personnages ont besoin d’elle.

Niveau intrigue, en cherchant une solution au problème de Chloé, Thomas et elle vont déterrer des cadavres de l’ordre de magie, ce qui ne va pas plaire au dictateur chef Mickael. Mais au lecteur, par contre, ça lui plait ! C’est assez frustrant de devoir attendre à chaque fois que Chloé et Thomas aient terminé leurs cours et aient semé les amies envahissantes de Chloé (et leurs chaperons aussi) pour en apprendre plus… mais c’est aussi ce qui fait le charme du roman et qui l’ancre dans notre monde autant que dans le registre de la jeunesse. Mais du coup la seule chose qu’on veut leur dire c’est « bordel, séchez vos cours ! » ce qui n’est pas le meilleur exemple à donner aux jeunes lecteurs, vous en conviendrez. C’est aussi ce qui rend le suspens plus haletant et fait de ce tome un véritable page turner comme on dit.

Sans vous spoiler, on continue ici à se poser des questions encore plus poussées sur les Goules. Enfin, le lecteur s’en pose un peu plus que nos héros, ce qui est assez normal puisque nous avons plus de recul (et pour ma part des années de Melrose Place… je devine l’entourloupe ! ). Il faudra néanmoins attendre le dernier tome pour avoir toutes nos réponses. En tout cas, ce deuxième livre se termine sur un nouveau rebondissement de fou. Bien sûr je me suis jetée sur la suite et j’ai dû me faire violence pour ne pas tout lire d’un coup et me coucher à 4h du mat.

En conclusion, un deuxième tome qui réussit le pari d’être meilleur que le premier, la preuve c’est un coup de cœur ! Encore plus d’humour, d’action, de sentiments et d’aventures, cette lecture palpitante a été un régal. Les relations entre les différents personnages sont aussi le point fort de ce roman. L’auteur maîtrise cet aspect, ce n’est pas nouveau et c’est toujours aussi agréable de suivre ses personnages grâce à cela.

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : La Magie de Paris T1 : le coeur et le sabre

Olivier Gay
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
319 pages
J’ai acheté ce roman lors des dernières Imaginales afin d’avoir une dédicace de l’auteur et de pouvoir en discuter avec lui. Un mois après, je regrettais amèrement de ne pas avoir cédé en achetant la trilogie entière ! 

J’ai commencé à lire avec le souvenir encore fugace de notre duo Manon/Alexandre du Noir est ma Couleur (foncez la lire !). J’avais un peu peur justement que leur alchimie géniale ne vienne hanter ma lecture. J’ai vite été rassurée car les nouveaux sont tout aussi géniaux. Ici, le couple est inversé : c’est Thomas qui baigne dans la magie et c’est Chloé la sportive. Pour autant ce n’est pas juste un collage transposé (merci Excel !) par rapport à sa précédente série jeunesse. Les deux héros ont leur personnalité et leurs objectifs propres. Le pari est donc relevé. La magie est également différente, même si je préférais celle du spectre, celle-ci ne manque pas d’originalité et nous avons droit à des démonstrations de puissance crescendo.

De fait, j’ai beaucoup aimé Chloé, Thomas, David qui ont une bonne dynamique de groupe. Chloé m’a été d’emblée sympathique. Je n’ai jamais fait d’escrime de ma vie ni de sport de manière intensive de la sorte et pourtant je me suis très vite identifiée à elle. Elle est loin des clichés, notamment avec son physique, imparfait à ses yeux d’adolescente. Néanmoins elle fait preuve d’une détermination à toute épreuve et d’un grand courage, à l’image de Manon. C’est pour ça que je l’ai autant apprécié. Même dans ses failles (elle cherche à tout prix à se faire aimer de tous), je l’ai trouvé crédible et touchante. 

Thomas est très attachant, avec un humour comme j’aime et une sensibilité rare. Le lien qu’il partage avec Chloé, qui est devenue son Chevalier, est très intriguant et nous permet de mieux partager leurs émotions à tous les deux, sans qu’on ait besoin de changer de narrateur. C’est tout autant immersif et intimiste. Il ne paye pas de mine comme ça, le Thomas, mais il est très intéressant comme personnage. Leur complicité naissante fait plaisir à voir. Mais, ne nous trompons pas : je suis pour la team #David à fond ! Il ne dit pas grand-chose, et c’est rarement sympa, mais il en impose le David et il a un bon fond, ça se ressent. On a envie, au même titre de l’héroïne, de lui montrer ce qu’on vaut. J’ai donc hâte de voir comment leur petit trio va évoluer.

J’ai apprécié également le contraste entre des scènes surréalistes de magie et la vie normale que Chloé doit gérer avec ses amies (un peu envahissantes à mon goût de personne peu sociable) et sa mère. J’ai d’ailleurs aimé le fait que la famille de Chloé est imparfaite également,un reflet de notre société actuelle qui ancre encore plus le récit dans le réel… magie mise à part.


Enfin, les révélations finales sont… complètement inattendues et m’ont laissée sur les fesses pour rester polie. Et pourtant, tout était cohérent. Chapeau bas, Olivier ! Je garde des réserves en ce qui concerne les méchants, alias les Goules pour voir si cela ça ne fait pas comme avec les mages noirs du  Noir est ma Couleur. Car ici aussi, tout n’est pas si blanc ou si noir et c’est ce que j’apprécie beaucoup dans tous les récits de cet auteur.

En résumé, action, humour, amitié et plus si affinités créent un cocktail parfait qu’Olivier Gay maîtrise à la perfection. C’est un très bon premier tome… dont la fin m’a obligé à acheter en urgence les deux tomes suivants ! 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Saving paradise T1 En proie au rêve

Lise Syven
Auteure francophone (voir le site)
Castelmore
Fantastique, Young adult
16,90€
380 pages

A trois mois des prochaines Imaginales, il était temps que je me mette à lire les romans achetés l’an dernier non ? Histoire de savoir si je prends la suite, ça pourrait déculpabiliser le porte-feuille. Je vous épargne le suspense : bien sûr que je prendrai le tome 2 de Saving Paradise  !

Dire que j’ai été happée serait un faible mot car je n’ai pas vu passer les cent premières pages. Les suivantes auraient subi le même sort si le week-end n’était pas venu entrecouper ma lecture. 

En bon Young Adult, l’histoire démarre sur les chapeaux de roue, néanmoins j’ai trouvé l’ensemble très réaliste et bien traité. Je n’ai pas eu l’impression que l’auteure précipitait son histoire ni n’occultait des passages importants. Non, le rythme est juste soutenu. L’aspect surnaturel vient tout doucement, à tel point qu’on pourrait se demander durant une bonne partie du récit si ce n’est pas juste un thriller. Mais non, il y a bien du fantastique, qui arrive par touche, de sorte qu’on a pas une acceptation aussi brutale qu’improbable, ni un déni agaçant de la part de l’héroïne. Encore une fois, c’est donc fait avec justesse. Le fantastique est tellement en arrière-plan qu’à la fin du premier tome on sait qu’on a affaire à des créatures surnaturelles (je ne vous dirais pas lesquelles) sans être sûr et certain de leur nature. Ce que j’ai pu apercevoir et comprendre m’intrigue énormément, j’ai hâte de voir ce que l’auteure nous réserve dans le volume suivant.

Nous sommes loin d’avoir toutes les cartes en main et pourtant nous n’en avons pas encore besoin. Cela ne m’a pas dérangé de terminer ma lecture avec des questions car cela titille mon imagination. Tout au long de la lecture nous soupçonnons une présence surnaturelle, nous cherchons les taupes, les responsables et je suis tombée dans quelques pièges.


J’ai bien aimé Faustine, une étudiante relativement bien dans ses baskets, qui pourrait être vous et moi. Ce n’est pas la grande révolutionnaire, ni la grande gueule ou au contraire la naïve. Ce n’est ni la reine du bal, ni la laissée pour compte qui se transforme en cendrillon. Faustine a ses qualités, ses défauts mais elle est surtout résolument humaine et d’une nature agréable à suivre. 

Nato est surprenant. Il ne colle pas forcément au profil type du héros de ce genre de roman. Il est gentil, agréable aussi, mais il ne s’impose pas, ce n’est pas un casse-cou surprotecteur ni un grand révolutionnaire lui non plus. Il a un passé difficile mais qui n’est pas cliché et qui est surtout très réaliste. C’est une bonne pâte et son lien avec Faustine est reposant. Je trouve qu’ils se complètent bien et qu’ils apportent un peu de paix et d’unité dans ce récit survolté.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste, à commencer par Allison que j’ai adorée. Idem pour Michelle, qui me faisait penser à l’une des scientifiques de la série Fringe. Le père de Faustine est un homme intéressant même si nous n’avons pas eu l’occasion de le connaître vraiment au-delà du scientifique dans ce premier tome. Les ennemis sont intrigants et charismatiques, de même que Chevalier, un personnage que j’ai eu du mal à cerner tant elle est mystérieuse. Bref, nous avons un mélange de personnalités très diverses sans pour autant tomber dans les clichés. Tout ce beau monde contribue à rendre la lecture agréable.

Pour autant, je n’ai pas pu avoir de coup de cœur alors que tout était réuni. Pourquoi, me direz-vous ? C’est entièrement la faute de l’auteure ! Et oui, car elle avait placé la barre teeeeellement haut avec son diptyque Les chroniques de Siwès que je n’ai pas cessé de comparer Faustine à Siwès et Nato à Baxian. Or Baxian est irremplaçable. Même plusieurs années après ma lecture, cette histoire continue de m’accompagner et de me faire rêver. Bon c’est un peu bête car du coup ma lecture de Saving Paradise en a pâti un peu mais du coup j’ai envie de relire Siwès…

En proie au rêve est une très bonne lecture, haletante, surprenante et très ancrée dans le réel ce qui permet de s’attacher vite aux personnages. Elle change assez de mes autres lectures dans le Young adult et de ce qui se fait actuellement je trouve. J’ai hâte de me procurer le deuxième et dernier tome et d’avoir toutes mes réponses !

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique La voie des oracles T2 Enoch

Estelle Faye
Auteure francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy historique, young adult
16,90€
333 pages

J’ai lu le premier tome, intitulé Thya, en novembre 2016 (ma chronique est ici) qui avait constitué une belle découverte. Je me suis procurée le deuxième tome aux Imaginales 2017 auprès de l’auteure (en même temps que la brique de fantasy Les Seigneurs de Bohen.)

Bon, mon problème étant que je laisse passer du temps entre chaque tome j’avais complètement oublié le contexte dans lequel nous avions laissé nos héros, Thya l’Oracle, Enoch le maquilleur aux pouvoirs magiques et Aylus l’ancien oracle. Même sans résumé je me suis quand même vite replongée dedans. Je ne suis pas restée perdue très longtemps. Nous retrouvons aussi en parallèle, Aedon, le frère de Thya qui cherche à la tuer et qui va tomber entre les griffes manipulatrices d’Hécate.

Point ultra positif : cette fois nous avons eu droit à une carte qui m’avait manquée lors du premier livre. J’ai donc eu tout le loisir de pouvoir visualiser les différents lieux cités, d’autant qu’ils vont tous beaucoup voyager compte tenu qu’ils partent de Gaule pour se retrouver au-delà de Constantinople. Bref, cette carte m’a autant aidée, qu’instruite car cette époque m’est totalement étrangère. 

Dans ce volume, Thya nous apparaît moins assurée, moins prompte à utiliser ses dons d’oracles. Elle doute davantage et va se reposer sur ses compagnons, du moins durant une partie de l’histoire. Cela permet à Enoch de s’imposer un peu plus même s’il est à mon avis encore loin de son véritable potentiel. On en apprend plus sur Aedon et sur les desseins d’Hécate. La petite touche amusante est générée grâce au Sylvain qui accompagne Enoch, un minuscule être que j’ai aussitôt associé dans mon esprit à Bébé Groot des Gardiens de la Galaxie puisque j’ai vu le deuxième film le mois dernier (mais je ne dis pas que le sylvain s’en inspire, c’est juste moi qui l’ait imaginé ainsi dans mon esprit.)

Le blason des dieux est un peu plus redoré, enfin, disons qu’ils sont plus présents et avec une plus forte implication car, malheureusement, leur puissance se fane et ils ne sont plus qu’une pâle image de leur splendeur passée. J’ai adoré le passage avec Dyonisos qui était à la fois beau, cruel et d’une grande tristesse. Encore une fois, je me suis sentie impuissante face à la disparition des dieux. La nostalgie persiste tandis que la magie est plus exploitée ici.

La fin est surprenante, je ne m’y attendais pas. Plusieurs rebondissements ponctuent le récit qui est moins prévisible que le premier (je rappelle que nous avons les visions d’avenir de Thya, donc on sait à peu près à quoi s’attendre dans le premier tome). Les personnages chutent, se relèvent et rechutent encore, c’est assez surprenant et frustrant à la fois. Certains aspects, dont la disparition de personnages, sont traités un peu vite à mon goût. Ce sera mon seul bémol, ça et les « ma belle » d’Enoch qui me hérissent le poil.

Je suis très curieuse de lire le dernier tome car la fin de ce volume nous promet une toute autre vision de l’histoire.  C’est vraiment une série atypique avec une ambiance très particulière. L’univers est riche et la plume est fluide, agréable et enrichissante également. Estelle Faye n’invente rien, ses recherches ont dû être conséquentes pour nous décrire les lieux, les coutumes, les habits, etc. Cette époque (Vème siècle après JC) à cheval entre la Rome antique et le christianisme est assez méconnue, du moins en ce qui me concerne, donc je suis heureuse d’apprendre beaucoup de choses à son sujet, et notamment tous ces anciens peuples étrusques et sassanides.

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Bilan lecture 2017


 Livres lus en 2017


J’ai encore diminué mon nombre de livres lus cette année avec un total de 45 livres. Pourtant, je n’ai jamais eu l’impression de lire autant. Allez donc savoir ! L’année aura été assez inégale niveau rythme (à découvrir dans mon bilan écriture) et pauvres en réels coups de cœur. Néanmoins, j’ai eu de très bonnes lectures (seuls 3 romans m’ont déçue complètement), j’ai découvert de magnifiques plumes francophones (Ariel Holzl, Chloé Chevalier, Christelle Dabos) et j’ai mis à jour mes connaissances d’auteurs cultes (Neil Gaiman, David Brin, Barjavel, Guy Gavriel Kay). 

Cette année, la part belle revient à la Fantasy mais j’ai augmenté mon quota de livres SF et aussi de young adult/jeunesse, un genre qui me plaît assez même si je choisis mes livres avec parcimonie


Mes coups de cœurs 2017

Objectifs 2018 :

Mes petits bilans mensuels ont été un échec cette année. J’ai décidé, hors participation au « mois de » du blog Book en stock, de ne plus m’imposer de challenge. Je vais essayer d’alterner une lecture étrangère à une lecture francophone et aussi de me mettre davantage aux lectures en VO (car c’est bien beau de commander des Fairy Loot, il faut les lire ensuite !!)



Et sinon vous avez le détail genre par genre ci-dessous. Cliquez sur les photos pour avoir l’image en plus grand 🙂 Chacun de ces livres a été chroniqué au fil de l’année, vous pouvez retrouver la liste entière des livres lus ici.

Cliquez sur les images pour voir les couvertures en plus grand ^^


Science-Fiction/anticipation/dystopie


Je suis contente de mon bilan de cette année en SF car c’était presque toujours de gros pavés !




 Fantasy
Une braise sous la cendre a été l’une de mes révélations de l’année !


J’ai enfin terminé Eternité et j’ai fait une cure de Lionel Davoust ^^


 Fantastique/urban fantasy
Grosse déception pour Nosfera2, le reste a été un régal !



Young adult / jeunesse
Je me plais bien plus que je ne le pensais dans le young adult !


Thriller et anthologies

Un peu de diversité de temps à autres 😉

Chronique : Une flamme dans la nuit

Sabaa Tahir
Traduction :Hélène Zylbrait
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
541 pages
Après avoir eu un coup de cœur pour le premier tome lu en avril, j’avais hâte de me plonger dans la suite. Nous retrouvons Elias et Laia là où nous les avions laissés, c’est-à-dire dans le pétrin ! À l’image du premier tome, l’action s’enchaîne et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. La voix d’Hélène, meilleure amie d’Elias, est désormais incluse dans la narration, ce qui nous donne un point de vue de l’Empire. Le personnage d’Hélène est à l’image de tout le roman : loin des clichés. Car si au départ je pensais que cette jeune femme n’était là que pour l’éternel triangle amoureux, j’ai dû revoir mon jugement. L’auteure nous livre ici une histoire bien plus complexe et intéressante que prévu. Elle ne cesse de me surprendre de manière positive. 

J’ai légèrement moins aimé ce tome. Il faut dire que le premier avait frappé fort, la surprise est passée malgré les nombreux rebondissements. Même si ce tome nous offre son lot de souffrance, de morts et de sang, j’ai moins ressentie l’ambiance tendue et glauque du premier livre. Des choix irrémédiables sont faits, la loyauté des héros est mise à rude épreuve face aux trahisons. Amour, amitié et courage sont au rendez-vous… et toujours avec une originalité étonnante et un univers riche. 

De nouveaux personnages se greffent aux héros, d’origine ou de nature inattendue. J’ai été bluffée par certaines révélations ! Parmi les nouveaux, justement, j’ai énormément aimé Harper. Chez nos héros, Hélène prend de l’ampleur et je l’ai beaucoup apprécié ici. Son cœur balance entre Elias, désormais un traître aux yeux des Martiaux, et l’Empire. Son dilemme est bien traité, le lecteur partage ses doutes. 

Laia s’améliore mais à mes yeux elle n’arrive pas à la cheville d’Elias qui est un héros absolument génial. Il est courageux, loyal, intelligent, très juste et attachant. Il n’est pas exempt de défauts comme tout un chacun mais ça ne le rend que plus humain. 

En bref, c’est une suite attrayante, ponctuée de révélations surprenantes. Il s’agit plus d’une course contre la montre là où le premier tome se déroulait davantage en huit clos. Les personnages se développent, l’histoire avance, les rebondissements cassent les ficelles habituelles du genre et je meurs d’envie de connaître le fin mot de l’intrigue.

 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Asynchrone

Fabien Clavel
Auteur français, voir le blog
Lynks
Science Fiction, jeunesse
14,90 €
239 pages
Après mon pavé de SF du mois d’août, j’ai voulu enchainer avec une lecture courte et rapide, d’où mon choix pour ce petit roman sorti récemment aux nouvelles éditions Lynks. L’auteur est une valeur sûre pour moi, de plus je suis le travail de l’artiste Mélanie Delon qui a réalisé la couverture depuis de nombreuses années et ses pièces sont toujours un régal pour les yeux.

Le rythme est très rapide, ce qui est courant en littérature jeunesse et est toujours un peu déroutant pour moi. Néanmoins l’auteur sait de quoi il parle et il n’abuse pas des phrases choc et courtes très à la mode en ce moment. Il y a suffisamment de descriptions et d’introspection dans ce roman qui amène le lecteur à une certaine réflexion, en particulier pour comprendre comment fonctionnent les sauts dans le temps et pouvoir ensuite emboîter les pièces du puzzle temporel.

Quelques points m’ont chiffonnée suffisamment pour que je vous en parle, donc je commence par eux pour terminer sur le positif. J’ai eu du mal avec Chora au départ. Notre héroïne vient de perdre ses parents dans une explosion assez étrange. Ses réactions au début m’ont dérangée, surtout vis-à-vis de Théo, le beau gendarme de 20 ans (elle en a 16), qu’elle tutoie très vite alors que c’est la première fois qu’elle le voit et qu’il est un représentant de l’ordre et non son petit voisin.  Elle est orpheline depuis un jour et songe déjà à flirter… Son comportement général est assez difficile à cerner. D’un autre côté, c’est une adolescente qui se sait en sursis : son cœur peut lâcher à tout moment. Cela fait relativiser, elle n’a pas de temps à perdre.

Théo est présenté de manière grossière. J’entends, qu’un panneau clignotant au-dessus de sa tête annonçant « je suis le flirt de l’héroïne dans cette histoire » aurait été tout aussi subtil. Les autres adultes sont un peu stéréotypés à mon sens : la cheffe de la sécurité « méchante » qui surgit toujours au bon moment juste pour mettre la pression et le savant fou physicien (qui veut envoyer des déchets radioactifs dans le passé pour réduire la pollution de la terre… il lui manque des notions d’écologie à ce brave monsieur). Bref, le départ aurait mérité qu’on s’y attarde un peu plus.

Heureusement, ces défauts sont ensuite gommés au fil de l’histoire. Le lien entre Théo et Chora se développe et trouve tout son sens avec les sauts dans le temps. Les deux jeunes gens sont très touchants et leur évolution respective est très appréciée. Ils murissent chacun au contact de l’autre et toutes les questions trouvent leur explication. Je les ai beaucoup aimés une fois les premières maladresses passées, surtout Théo qui s’avère bien plus profond que les premières pages ne le laissaient entendre.

La vision de l’auteur sur le voyage dans le temps est originale, attrayante et passionnante. C’était une très bonne surprise à ce niveau-là où j’ai pu donner libre cours à mon imagination pour essayer de deviner la solution. Tout du long du roman j’étais aux côtés de Chora pour essayer d’en apprendre davantage sur ce phénomène et si ça avait un lien avec sa pathologie cardiaque (ma seule déception, on ne s’en sert que pour accentuer l’urgence).

Le roman est prenant et rempli d’une émotion à laquelle je ne m’attendais pas. Le plus de cette histoire concernait tous les passages dans le passé où l’on découvre des éléments sur plusieurs des personnages. J’ai été touchée et le tout était très bien mené.

Donc au final, malgré un début un peu mitigé, la suite m’a bien plu et j’ai passé un agréable moment.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Escape from furnace T5 Execution

Alexander Gordon Smith
Version originale
Faber&Faber
Horreur, jeunesse
6,99£
353 pages
Nous voici arrivés à la fin de cette saga. Comme le Tome 4, j’ai dû lire ce roman en anglais pour avoir le fin mot de l’histoire. Néanmoins, le rodage avec le tome précédent m’a bien servi et j’ai nettement moins galéré. 

La première chose que j’ai appréciée est le chapitre résumé où le narrateur, Alex, nous rappelle tout ce qui lui est arrivé depuis le premier tome. Et quel chemin parcouru ! J’ai été nostalgique des trois premiers tomes qui se déroulaient dans la prison, la Fournaise, mais je dois dire que ce dernier tome clôture d’une bonne manière la série. 

Nous avions laissé Alex en haut d’un gratte-ciel avec de nouvelles mutations génétiques et un beau rebondissement. Le cinquième tome reprend exactement au même endroit et ne nous laissera que très peu de répit. Nous allons enfin connaître l’histoire d’Alfred Furnace et ce qui se cache derrière le fameux nectar. Sur ces deux points j’ai été agréablement surprise, c’était à la fois intéressant et glaçant. Et curieusement, j’ai même eu pitié d’Alfred. En revanche, j’ai tout de suite deviné ses plans en ce qui concerne Alex.

Ce tome a des rebondissements inattendus et heureusement notre cher Zee est toujours de la partie. Que serait notre héros sans son meilleur ami drôle et courageux ? C’est un ami comme on en voudrait tous et le genre de personnage que j’aimerai réussir à créer ^^

Je ne vous dirai rien sur la fin. Par contre je peux vous dire que ce tome a été riche en émotions, en particulier grâce à Donovan, que l’on avait rencontré dans la prison. C’était un personnage auquel je n’avais pas forcément fait attention à l’époque mais qui a pris une ampleur inattendue au fil des tomes. Il y a beaucoup d’émotions aussi au travers des regrets d’Alex sur sa vie passée, ses mauvais choix qui l’ont conduit à la prison. Même s’il a été emprisonné sur un coup monté, c’était un délinquant. Seulement, a-t-il mérité pareille destinée ? Sûrement pas ! On oublie trop souvent que c’est juste un ado de 15-16 ans. Certains passages de ce tome étaient clairement déchirants car non, plus rien ne sera comme avant pour notre pauvre Alex. 

Le dénouement comporte plus d’espoir que je n’avais imaginé. Plongée dans toute cette horreur je ne voyais pas comment de la lumière pouvait encore subsister. Néanmoins l’auteur a bien manœuvré et sa fin est à la fois cohérente et agréable.

En conclusion, c’est une saga terrifiante où l’amitié et la soif de liberté, de justice et d’humanité transpercent les horreurs d’une prison démoniaque. Le héros n’est pas tout blanc, il échoue souvent mais jamais il n’abandonne et j’aurai lutté jusqu’aux dernières pages aux côtés d’Alex. Cette série, elle serait juste parfaite pour le petit écran *___* Je suis ravie d’avoir pu la découvrir et je vous la conseille si l’horreur ne vous fait pas peur (ou l’anglais puisque seuls trois tome sur cinq sont traduits).


*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été  *
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Faucheuse

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Robbert Laffont collection R
Young Adult, Science Fiction
18,90€
495 pages
Séduite par les nombreux coups de cœur et encouragée par la lecture commune organisée par le club de lecture des Hiboux, je me suis procurée puis ai dévoré ce roman. Depuis un an, je me mets un peu plus au Young Adult et je dois dire que je tombe sur des pépites. Ce roman est génial. Il se démarque clairement des autres grâce aux nombreuses questions sur l’homme et la société future qu’il pose.

En effet, dans ce roman, nous sommes dans le futur et l’homme est immortel. Vous tombez d’un immeuble de 10 étages ? Pas de soucis, on vous ressuscite. Vous trouvez que votre corps de 70 ans ne vous plaît plus ? Hop, on vous régénère à vos 20 ans. Ainsi, on se retrouve avec des personnes, mariées plusieurs fois avec de multiples enfants… qui ont parfois un physique plus jeune que leurs propres enfants.

Afin de lutter quand même contre la surpopulation, il existe des Faucheurs qui vont « glaner » des personnes. Comprendre, les tuer définitivement. Certains choisissent de manière aléatoire, au gré de leurs envies ou, comme Faraday, le maître de nos deux héros, en fonction des anciennes statistiques de mort. Sa manière de faire semble originale à première vue. Puis, je l’ai trouvé glaçante. Je trouverais ça moins cruel d’avoir un âge limite plutôt que leur manière de faire où la mort peut frapper n’importe où, n’importe quand. On pourrait dire qu’il en est de même à notre époque, mais ce n’est pas vrai. En plus, je me dis qu’on aurait une chance de s’en sortir en cas d’accident de voiture, alors qu’un Faucheur ne vous laisse pas de chance. Il vous tue, point barre. C’est un assassinat où la victime n’a pas le droit de se défendre, sous peine de voir toute sa famille se faire « glaner ». Un assassinat légal en somme.

Ce monde est en outre aseptisé : les émotions sont bridées, contrôlées par des récepteurs. Plus de douleur, plus de peur, plus d’instincts violents. Les seuls tueurs sont les Faucheurs. Cela rend cette humanité morne, lisse, sans but ni passion. Pourtant, tout le monde s’accroche à sa vie et redoute la venue du Faucheur. D’un autre côté, certains Faucheurs cherchent la gloire et profitent de leur statut, ils usent et abusent de leur puissance et de leurs privilèges.

Bref, ce monde est déjà incroyablement atypique, riche et intéressant, même si je ne voudrais pas du tout y vivre. La vie éternelle décrite ici ne me vend absolument pas du rêve. Je me suis d’ailleurs demandée pourquoi ils ne contrôlaient pas les naissances afin de limiter cette surpopulation au lieu de glaner autant de gens. En tout cas, le roman soulève beaucoup de questions qui vont faire réfléchir le lecteur.

Nous suivons Rowan et Citra, deux adolescents très différents qui ont comme point commun d’être plutôt réfléchis, même s’ils commettent des erreurs propre à leur âge. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer. Leur avenir n’était pas du tout certain car le roman enchaîne les rebondissements. Je suis allée de bonnes surprises en bonnes surprises et l’évolution des ados, en particulier Rowan, est excellente.

Ce roman frôle le coup de cœur. Il est intelligent, atypique, prenant, très bien pensé, mené par des héros attachants et bourré de rebondissements. J’ai passé un excellent moment et j’espère que l’adaptation cinématographique ne va pas gâcher toute la réflexion qui se cache derrière les lignes du roman.

Ma note:star::star::star::star::star:💕