Chronique : La Magie de Paris T3 Ici et Ailleurs

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
277 pages
À l’instar des autres tomes, j’ai dévoré ce livre ! Je suis au final bien contente d’avoir attendu que toute la série soit publiée comme ça je n’ai pas d’attente entre les tomes. Comme avec tous les autres romans de l’auteur, on souhaite que la série ne se termine pas. L’univers et les personnages sont tellement intéressants qu’on aurait pu s’attarder pendant plusieurs tomes… mais j’en conviens, l’intrigue en aurait pâti car il y avait urgence pour nos héros d’agir. 

Je suis très contente car les réponses ne sont pas celles auxquelles on aurait pu s’attendre. Les explications sur l’origine de la Magie et son utilisation par les mages et Mikael sont aussi originales que bien travaillées. J’ai beaucoup aimé me trouver de « l’autre côté ». Comme dans le Noir est ma Couleur, l’auteur tient à nous montrer que rien n’est ni noir ni blanc et que les gentils sont parfois plus cruels que lesdits méchants. 

On a de nombreux rebondissements, des révélations aussi, des morts également. L’ambiance est clairement plus sombre comparée aux deux précédents tomes même si bien sûr nous avons des touches d’humour pour détendre l’atmosphère. Les questions sont plus adultes, l’enjeu est très sérieux aussi et la vie de nos héros est sans cesse menacée. 

Tous nos personnages évoluent, Nour prend ici enfin de l’importance car jusque-là elle ne servait qu’à ancrer Chloé dans le monde normal mais cela commençait à la faire passer pour un boulet et une copine casse-pied. Je suis contente que l’auteur lui ait ainsi donné sa chance. Chloé continue d’être une héroïne au top ; Thomas continue de nous montrer qu’il est très fort en magie et un type adorable ; Cassandre se dévoile aussi, on la découvre sous un autre jour (mais ses épreuves n’excusent en rien son comportement, soyons clairs) ; Mikael reste un connard. Il n’y a que David qui malheureusement n’évolue pas plus. Il s’est déridé assez vite pour accepter Chloé mais depuis la moitié du 2ème tome, il stagne à l’inverse des autres. 

Je suis obligée de spoiler, passez au paragraphe suivant si vous ne voulez pas connaître le choix amoureux de Chloé ^^ J’ai été déçue de ce choix car je suis pour la team David depuis le départ et je voyais d’ici les complications intéressantes crées par le lien télépathique que Chloé et Thomas partagent. Chloé nous présentait David comme le type parfait dès le départ mais à mes yeux il a beaucoup de défaut aussi justement, sa froideur, son manque d’empathie, d’humour ou d’initiatives. C’est pourquoi je l’attendais au tournant avec une belle évolution. Cela n’a pas été le choix de l’auteur et du coup c’est vers Thomas que Chloé se tourne. Alors attention, Thomas est génial, c’est un garçon adorable, intelligent et très drôle mais depuis le départ, malgré quelques rapprochements plus gênants qu’autre chose, je n’ai nullement ressenti d’attraction entre eux. Ils ont une super complicité en revanche et j’ai cru à un moment que Chloé et David partageaient aussi un début de complicité. Le chemin choisi par l’auteur devient définitif au milieu de ce tome 3 même si j’ai eu l’impression que Chloé ne savait pas trop pourquoi. Au final, même si je suis déçue je comprends ce choix et comme Thomas est un gars super c’est tout aussi bien pour Chloé. 

Cela n’a pas entaché longtemps ma lecture, cette série est géniale : dynamique, drôle, enthousiasmante, pleine de suspense et de rebondissements. Rires et émotions ont ponctué ma lecture et toutes nos questions ont trouvé des réponses satisfaisantes. Comme je l’ai dit au départ, j’aurais pu suivre nos héros encore pendant longtemps, preuve que cette série est une réussite ^^ Elle n’a pas détrôné le Noir est Ma Couleur mais elle a su trouver sa place et me confirme que je peux suivre cet auteur les yeux fermés 😉 

Donc, oui, évidemment je vous la conseille !!

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Dollhouse T1 Le carrousel éternel

Anya Allyn
Traduction : Fiona Martino 
Chat Noir
Young Adult, fantastique
19,90 €
296 pages
J’avais vraiment bien aimé Ephemeral Lake de cette autrice, traduit également aux Éditions du Chat Noir (voir ma chronique), du coup je n’ai pas hésité à la suivre dans cette autre série qui en plus me semble plus sombre. 

J’ai donc retrouvé la plume d’Anya Allyn, immersive, entraînante et efficace. Difficile de savoir si les différences de style que j’ai senties (moins poétique, plus incisives) sont dues au changement de traducteur ou bien au fait que de base l’autrice a modifié son style pour cette nouvelle série. En tout cas c’est toujours un régal à suivre. A part quelques soucis de mises en page au début et le choix de ponctuation pour les dialogues un peu déroutant, l’intérieur est très soigné et agréable. La couverture de Mina M. est aussi magnifique et contribue activement à nous faire acheter ce roman !

Anya Allyn nous mène encore une fois bien en bateau avec cette histoire. Elle brouille les pistes, laisse le lecteur émettre ses hypothèses avant de révéler ses réponses. Le quatrième de couverture ne laisse pas du tout imaginer ce qui se passe réellement dans cette fameuse maison. J’étais partie sur des trucs différents et j’ai donc été surprise de connaître le fin mot de l’histoire (enfin il y a encore plusieurs tomes mais nous avons déjà beaucoup de réponses). 

Globalement, j’ai retrouvé des personnalités assez semblable à Ephemeral Lake. La plupart des ados sont gentils, et pas caricaturés, néanmoins cela me donne une impression d’inachevé, comme si l’autrice n’était pas allée au bout de son idée de personnalité. Je m’explique. On nous présente Cassandre au départ comme une nouvelle élève qui a quitté Miami où elle était une sacré fêtarde avec ses amies (Cordelia Chase, sors de ce corps XD). Du coup on s’attend à un gros décalage entre ses anciennes amies dont elle nous parle et ses nouveaux amis australiens campagnards. Finalement il n’en est rien, le background construit sur sa vie à Miami ne sert à rien du tout, du moins dans ce tome là. Cela manquait de cohérence. De la même manière, on nous dit qu’Ethan cache une part d’ombre et de violence qui n’est pas vraiment exploitée non plus. A l’inverse Aïcha est très réaliste avec ses défauts et erreurs d’adolescente aussi agaçants que compréhensibles, pareil pour Lacey. Au final, cela nous donne des jeunes assez sympathiques mais sans de réels traits de personnalité originaux. Il n’y a que Jessamine qui sort du lot, même si on doit attendre longtemps avant de comprendre ses motivations.

Mais de manière générale ces aspects ne m’ont pas empêché de m’identifier à eux, de me projeter à leur côté et de ressentir leur détresse ou leur colère. En dépit de leurs personnalités, toute l’intrigue et leurs réactions sont bien pensés et menés de manière intelligente. 

L’aspect claustrophobe et l’impuissance de nos héros à pouvoir s’échapper sont bien retranscrits. J’ai aimé l’ambiance sombre et glauque, même si on reste sur un ouvrage young adult. Comme pour Ephemeral Lake, malgré les horreurs et la dureté des événements qui touchent ces jeunes gens, j’ai ressenti cette pointe de mélancolie, de tristesse, de bienveillance à la base qui est détournée pour donner quelque chose de plus sombre. C’est vraiment cette ambiance très particulière qui pour moi caractérise cette autrice.

La fin est étonnante et audacieuse. Pleine d’espoir et en même temps très dure. Cela donne indubitablement envie de lire la suite ! Anya Allyn est une autrice à suivre qui propose des romans différents dans la sphère du young adult.


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : la Magie de Paris T2 Le calme et la tempête

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
313 pages
Après avoir dévoré le premier tome (chroniqué ici) et regretté amèrement de ne pas avoir pris la trilogie entière aux Imaginales 2018, j’ai commandé illico presto la suite. La Magie de Paris, c’est le genre de série que je ne peux pas distiller dans le temps comme je le fais pour les Aventuriers de la Mer par exemple (quelque chose que mes proches ne comprennent pas d’ailleurs XD). Il me fallait la suite et il me la fallait tout de suite. C’était une question de vie ou de mort (enfin presque).

Je vais essayer de ne pas vous spoiler l’intrigue de ce deuxième tome, surtout en ne vous révélant pas le grand rebondissement de la fin du tome 1 qui était juste génial. Ce tome recèle encore plus d’humour avec des situations et des répliques où j’ai encore plus gloussé (si, si). Je me demande si Olivier Gay n’était pas une femme dans une autre vie car certaines scènes et pensées m’ont paru tellement familières. Je me suis revue à mon adolescence (ou même après), à avoir les mêmes réflexions, les mêmes espoirs que Chloé. Mention spéciale à la scène du « toucher de doigt » si criante de vérité, j’ai vécu la même chose comme bon nombre de jeunes filles j’imagine. Bref, chapeau pour les descriptions et pour la facilité avec laquelle le lecteur s’identifie à Chloé. Bon, je suis une fille, je me demande si c’est pareil avec un public masculin.

Chloé est donc toujours aussi attachante et combattive. On ne peut que lui souhaiter de trouver une solution à son problème et de trouver l’amour aussi, ne nous cachons pas. Elle n’est cependant pas épargnée et ses défauts sont aussi mis à nu dans cette suite. A l’instar de n’importe qui, elle n’est pas exempte de défauts. David est toujours aussi sexy et disant cela je passe pour une couguar… disons même que je frôle le détournement de mineur. Hum.  Il commence à se dérider et à s’émanciper un peu dans ce tome, ses habitudes étant bousculées par l’arrivée de Chloé. Mais on sent qu’il y prend lui aussi du plaisir, bien qu’exprimer des émotions ne fasse pas trop partie de son répertoire.

Thomas est de plus en plus intéressant aussi. La révélation de fin de tome 1 ne concerne pas que Chloé. On se rend compte que c’est un garçon sensible et doté d’une forte puissance magique.  Son lien très fort avec Chloé est primordial dans ce tome et est également prétexte à des scènes plutôt… gênantes (bizarrement, souvent pour Chloé !). Cela contribue à créer un triangle amoureux entre Chloé, Thomas et David, même si ce triangle n’a rien de classique et n’est pas du tout ennuyeux, de mon point de vue en tout cas. Une quatrième personne aperçue à la fin du premier tome vient semer la zizanie, j’ai nommé Cassandre, la Mage de David. Cette fille est tout bonnement insupportable et je rêve que quelqu’un lui fasse fermer son clapet. Il n’empêche qu’elle est forte, franche (trop pour notre bien) et que nos personnages ont besoin d’elle.

Niveau intrigue, en cherchant une solution au problème de Chloé, Thomas et elle vont déterrer des cadavres de l’ordre de magie, ce qui ne va pas plaire au dictateur chef Mickael. Mais au lecteur, par contre, ça lui plait ! C’est assez frustrant de devoir attendre à chaque fois que Chloé et Thomas aient terminé leurs cours et aient semé les amies envahissantes de Chloé (et leurs chaperons aussi) pour en apprendre plus… mais c’est aussi ce qui fait le charme du roman et qui l’ancre dans notre monde autant que dans le registre de la jeunesse. Mais du coup la seule chose qu’on veut leur dire c’est « bordel, séchez vos cours ! » ce qui n’est pas le meilleur exemple à donner aux jeunes lecteurs, vous en conviendrez. C’est aussi ce qui rend le suspens plus haletant et fait de ce tome un véritable page turner comme on dit.

Sans vous spoiler, on continue ici à se poser des questions encore plus poussées sur les Goules. Enfin, le lecteur s’en pose un peu plus que nos héros, ce qui est assez normal puisque nous avons plus de recul (et pour ma part des années de Melrose Place… je devine l’entourloupe ! ). Il faudra néanmoins attendre le dernier tome pour avoir toutes nos réponses. En tout cas, ce deuxième livre se termine sur un nouveau rebondissement de fou. Bien sûr je me suis jetée sur la suite et j’ai dû me faire violence pour ne pas tout lire d’un coup et me coucher à 4h du mat.

En conclusion, un deuxième tome qui réussit le pari d’être meilleur que le premier, la preuve c’est un coup de cœur ! Encore plus d’humour, d’action, de sentiments et d’aventures, cette lecture palpitante a été un régal. Les relations entre les différents personnages sont aussi le point fort de ce roman. L’auteur maîtrise cet aspect, ce n’est pas nouveau et c’est toujours aussi agréable de suivre ses personnages grâce à cela.

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chroniques : Les soeurs Carmines T2 Belle de gris

Ariel Holzl
Auteur francophone, voir le site internet
Mnémos
Urban fantasy
17 €
265  pages
Après ma magnifique découverte du premier tome, le Complot des Corbeaux, j’ai patiemment attendu les Imaginales 2018 afin de me procurer le deuxième tome. En plus d’être doué, Ariel Holzl est très sympathique et il a l’air si gentil alors que des personnages comme Tristabelle et Mr Nyx sortent de son cerveau… c’est inquiétant au final ^^

Je savais que Tristabelle était notre narratrice cette fois et vu que c’était mon personnage préféré (bien que les deux autres sœurs soient géniales aussi), je me disais donc que c’était couru d’avance. Et je ne m’étais pas trompée car c’est un vrai coup de cœur. Si, si !

Commençons par ma seule déception : point de journal de Dolorine ! L’auteur nous avait prévenu sur Book en Stock (si je ne dis pas de bêtise) donc ce n’était pas une surprise et sachant que le troisième tome se concentre sur Dolorine ce n’est pas grave, mais du coup Mr Nyx m’a manqué même si on l’aperçoit bien sûr. Les incursions de Dolorine aussi m’ont manqué mais à vrai dire, être dans la tête de Tristabelle était tellement génial que cela n’entache en rien mon coup de cœur !

L’intrigue nous avait laissé avec un avenir incertain pour Merryvere et il faudra littéralement arracher les infos à Tristabelle pour en savoir plus sur sa sœur. Quant à notre héroïne du jour, elle fera tout pour assister au bal de la reine et cela ne sera pas sans quelques rebondissements plutôt… sanglants. J’ai beaucoup aimé que Tristabelle s’adresse directement au lecteur, comme si nous n’étions qu’une voix dans sa tête, cela permet plus de liberté dans l’écriture mais aussi de nous impliquer davantage.

Est-ce que j’ai aimé être dans le subconscient narcissique, froid, hautain, lapidaire et psychotique de Tristabelle ? J’ai a-do-ré ! Tristabelle, on a envie de lui ressembler pour toutes les libertés qu’elle s’octroie, un peu comme Sheldon de The Big Bang Theory : pas de conventions sociales, on dit ce qu’on pense et on envoie chier tout le monde avec charisme et assurance. D’un autre côté, lorsqu’on est doté d’un minimum de conscience, d’empathie et de compassion… c’est impossible de cautionner ses actions. Pourtant, notre Tristabelle est si attachante à sa façon. Bref, c’est mon idole, vous l’aurez remarqué !

On a beau être dans la jolie tête de Tristabelle, on va parfois suivre d’autres personnages, en particulier Merryvere qui est toujours aussi maladroite et attachante aussi. Ses aventures continuent à leur manière et ça m’a fait plaisir de pouvoir la suivre ainsi. On en apprend également plus sur la famille de nos trois sœurs car leur mère est revenue vivre avec elles, avec un nourrisson sur les bras. Cela nous permet de mieux comprendre Tristabelle. D’ailleurs, à un moment, on nous révèle ses origines et donc sa nature (que je cacherai ici). Je vous avoue avoir eu peur que l’auteur ne s’en serve comme excuse pour expliquer le comportement psychopathe de Tristabelle… mais non. Cela explique certaines choses, mais pas tout. Je loue vraiment son habilité, ses contre-pieds et ses rebondissements qui réussissent à être à la fois loufoques et cohérents.

 Je ne peux pas parler de ce tome sans parler d’Eddie. Mais je ne peux pas trop vous en dire non plus sans spoiler. J’ai beaucoup aimé ce personnage, pour ce qu’il est et pour ce qu’il apporte à Tristabelle aussi. J’ai aimé son intégrité, sa répartie, son efficacité, sa naïveté aussi face aux actes et l’absence de culpabilité de Tristabelle. Je ne pensais pas que l’auteur irait sur le terrain sur lequel il s’est aventuré mais j’en ai été plus que ravie. Je n’en dis pas plus pour vous laisser la surprise.
Même si les chaque tome suit chacune des trois sœurs, les intrigues restent liées. Ainsi, ce qui est arrivé à Merryvere dans le premier livre continue de la poursuivre et d’atteindre sa famille dans le tome suivant. Et j’espère que ce qui arrive à Tristabelle ici sera également exploité dans le troisième et (snif) dernier tome.  Ce lien est très appréciable mais par contre il vous oblige à lire les romans dans l’ordre (mais croyez moi c’est loin d’être une torture !)
La fin… que dire de la fin. J’ai failli pleurer. Et si ! Alors que l’espoir montait peu à peu au fil des pages, que Tristabelle évoluait et que je sentais l’entourloupe… bim tout s’écroule. Honnêtement, en commençant le roman, vu l’absence d’empathie de Tristabelle, je ne m’attendais pas à ressentir autant de sentiments. J’ai été agréablement surprise, même si la tristesse fait parie desdits sentiments…
En conclusion, ce roman est un coup de cœur. Ma lecture a été délicieusement décalée et mordante. J’ai adoré du début à la fin et j’aime encore plus Tristabelle qu’avant. Je vais presque pouvoir rejoindre sa longue liste de soupirants ! On est loin des clichés et loin des intrigues qui sont devinées au bout de deux pages. J’ai été surprise, j’ai rigolé, j’ai tremblé, j’ai donc presque pleuré et j’ai été surtout emportée à 200% dans cet univers et dans la tête de Tristabelle. Encore un livre que je n’ai pas lu, mais vécu à part entière. Et encore un auteur francophone que je pourrais suivre les yeux fermés dans ses prochaines aventures éditoriales (surtout qu’il m’a parlé d’un projet avec un cannibale !)
Mention spéciale aux extraits des futurs tomes qui se trouvent à la fin de chaque roman et qui donnent encore plus envie de lire la suite ! Et aussi pour les couvertures sublimes *__*
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : La Magie de Paris T1 : le coeur et le sabre

Olivier Gay
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
319 pages
J’ai acheté ce roman lors des dernières Imaginales afin d’avoir une dédicace de l’auteur et de pouvoir en discuter avec lui. Un mois après, je regrettais amèrement de ne pas avoir cédé en achetant la trilogie entière ! 

J’ai commencé à lire avec le souvenir encore fugace de notre duo Manon/Alexandre du Noir est ma Couleur (foncez la lire !). J’avais un peu peur justement que leur alchimie géniale ne vienne hanter ma lecture. J’ai vite été rassurée car les nouveaux sont tout aussi géniaux. Ici, le couple est inversé : c’est Thomas qui baigne dans la magie et c’est Chloé la sportive. Pour autant ce n’est pas juste un collage transposé (merci Excel !) par rapport à sa précédente série jeunesse. Les deux héros ont leur personnalité et leurs objectifs propres. Le pari est donc relevé. La magie est également différente, même si je préférais celle du spectre, celle-ci ne manque pas d’originalité et nous avons droit à des démonstrations de puissance crescendo.

De fait, j’ai beaucoup aimé Chloé, Thomas, David qui ont une bonne dynamique de groupe. Chloé m’a été d’emblée sympathique. Je n’ai jamais fait d’escrime de ma vie ni de sport de manière intensive de la sorte et pourtant je me suis très vite identifiée à elle. Elle est loin des clichés, notamment avec son physique, imparfait à ses yeux d’adolescente. Néanmoins elle fait preuve d’une détermination à toute épreuve et d’un grand courage, à l’image de Manon. C’est pour ça que je l’ai autant apprécié. Même dans ses failles (elle cherche à tout prix à se faire aimer de tous), je l’ai trouvé crédible et touchante. 

Thomas est très attachant, avec un humour comme j’aime et une sensibilité rare. Le lien qu’il partage avec Chloé, qui est devenue son Chevalier, est très intriguant et nous permet de mieux partager leurs émotions à tous les deux, sans qu’on ait besoin de changer de narrateur. C’est tout autant immersif et intimiste. Il ne paye pas de mine comme ça, le Thomas, mais il est très intéressant comme personnage. Leur complicité naissante fait plaisir à voir. Mais, ne nous trompons pas : je suis pour la team #David à fond ! Il ne dit pas grand-chose, et c’est rarement sympa, mais il en impose le David et il a un bon fond, ça se ressent. On a envie, au même titre de l’héroïne, de lui montrer ce qu’on vaut. J’ai donc hâte de voir comment leur petit trio va évoluer.

J’ai apprécié également le contraste entre des scènes surréalistes de magie et la vie normale que Chloé doit gérer avec ses amies (un peu envahissantes à mon goût de personne peu sociable) et sa mère. J’ai d’ailleurs aimé le fait que la famille de Chloé est imparfaite également,un reflet de notre société actuelle qui ancre encore plus le récit dans le réel… magie mise à part.


Enfin, les révélations finales sont… complètement inattendues et m’ont laissée sur les fesses pour rester polie. Et pourtant, tout était cohérent. Chapeau bas, Olivier ! Je garde des réserves en ce qui concerne les méchants, alias les Goules pour voir si cela ça ne fait pas comme avec les mages noirs du  Noir est ma Couleur. Car ici aussi, tout n’est pas si blanc ou si noir et c’est ce que j’apprécie beaucoup dans tous les récits de cet auteur.

En résumé, action, humour, amitié et plus si affinités créent un cocktail parfait qu’Olivier Gay maîtrise à la perfection. C’est un très bon premier tome… dont la fin m’a obligé à acheter en urgence les deux tomes suivants ! 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Carbone modifié

Richard K. Morgan
Traduction : Ange
Milady
Science-Fiction
8 €
572 pages
J’ai acheté ce roman il y a deux ans je crois et c’est la sortie de l’adaptation en série par Netflix qui m’a décidé de le lire. Du coup, j’ai attendu de terminer la série avant d’écrire ma chronique afin d’analyser les deux.

Le roman se déroule d’après le point de vue du héros, Takeshi Kovacs, criminel emprisonné qui est embauché par Laurens Bancroft pour résoudre le meurtre de celui-ci. Dans ce futur lointain, l’immortalité est à portée de bras (surtout pour les bras riches) : si votre corps (ici appelé enveloppe) meurt, vous pouvez être « ré-enveloppé » dans le corps de quelqu’un d’autre, dans la majorité des cas dans celui d’un criminel qui purge sa peine.

Donc Takeshi est ré-enveloppé dans un corps sur Terre et engagé pour résoudre cette énigme. J’ai adoré son ton, à la fois cynique, désabusé et lucide sur l’existence. Ce personnage est l’un des plus individualistes et cohérents qui m’ait été donné de lire. Ce n’est pas si évident de créer un anti-héros qui ne vire pas complètement dans le bien pour conserver l’amour du lecteur. Takeshi fait les choses qui lui semblent juste en fonction de sa propre morale et ça marche. Ce qui fait aussi la force de ce personnage, c’est son background chez les Diplos. Nous avons régulièrement des flash back intégrés à ses réflexions qui nous permettent d’en apprendre plus sur sa vie passée. J’avoue que certaines choses sont restées floues pour moi, lire ce livre m’a pris beaucoup de temps et je n’étais pas à 100% concentrée à cause de mon travail qui m’a vampirisé tout mon temps libre des mois de mai et juin.

L’enquête du meurtre de Bancroft était intéressante. Le personnage même de Bancroft était chouette, plus complexe et intriguant qu’à première vue. J’ai aussi beaucoup aimé son acteur et son incarnation dans la série qui lui rendait bien justice. Sa femme par contre m’a été antipathique du début à la fin. Pour poursuivre sur les personnages, j’ai bien aimé Kristin Ortega, même si là encore, elle est davantage mise en avant et sublimée dans la série. Les rares alliés que se fait Takeshi permettent de compléter le tableau et de découvrir la violence et l’injustice de ce monde du futur.

La conclusion sur la mort de Bancroft est bien trouvée, ça se tient mais je n’aurais jamais pu le deviner !Néanmoins, on perd un peu le fil de ladite enquête. Il se passe tellement de rebondissements et de contretemps qu’à la résolution de l’enquête principale on a presque oublié comment tout avait commencé.

Les idées développées dans ce roman au sujet de l’immortalité sont classiques en SF  mais toujours intéressantes à suivre. C’était d’ailleurs très bizarre puisque j’ai moi-même abordé certaines thématiques dans mon roman de SF qui devrait sortir l’an prochain. Notamment cette histoire de puce qui est ici poussée à son extrême et cette pratique de ré-enveloppement. Il va falloir que je mette une note pour préciser que j’ai lu Carbone Modifié après avoir écrit mon roman ! (même si finalement Carbone Modifié date de 2003 en VF). Il reste des idées passionnantes sur la mort, les liens entre les individus, l’âme humaine et les sempiternels clivages entre les riches et les démunis.

La description du roman nous promet une histoire dopée et à déconseiller aux cœurs fragiles. C’est vrai que le sang coule et que la torture est présente et bien dérangeante. Ni le monde, ni Takeshi ne font dans la dentelle. La violence est omniprésente et n’a plus vraiment de limite dans un monde où la mort n’est plus une finalité. Il y a eu des scènes violentes, intenses, difficiles à supporter quand on s’imagine réellement ce qu’elles impliquent : des tortures en mode virtuel, du snuff, des représailles… J’ai aimé l’esprit des Diplos même si leur justice est expéditive.

J’ai aimé l’univers et les personnages mais je m’attendais à plus qu’une enquête policière dans un monde futuriste. Il m’a manqué un peu plus d’implication et d’empathie, d’où ma note qui n’est pas à la hauteur de l’univers incroyable développé ici.

Et c’est là que la série entre en scène car elle a été, à mes yeux, une très bonne adaptation avec juste ce qu’il faut de différences pour impliquer davantage le public et apporter une vision complémentaire. Les scénaristes ont rendu le tout plus personnel pour Takeshi. Il gagne en humanité, sans toutefois virer dans le héros non plus, il reste à la lisière de l’anti-héros. J’ai beaucoup aimé le traitement de la série et leurs changements. En particulier le personnage de Quell sur qui je ne vais rien dire pour ne pas spoiler et celui de Kristin Ortega qui prend beaucoup plus d’ampleur et de charisme et l’IA de l’hôtel à qui on s’attache bien plus. Visuellement, la série colle parfaitement à l’idée que j’en avais, ils ont d’ailleurs repris des scènes avec la couverture du roman français. L’immersion était totale. Passé le décalage entre le Takeshi dans le corps de Ryker (caucasien) et le vrai Takeshi (asiatique) on s’attache bien à notre héros et j’ai bien mieux compris son passé grâce à la série.

Je vous conseille de regarder cette série après avoir lu le livre (ou bien si vous ne voulez pas le lire du tout). C’est une très bonne adaptation je trouve. Quant au roman, il est bourré de bonnes idées et d’actions et je vais très certainement me prendre la suite directe Anges Déchus.

Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Kayla Marchal T2 : L’ascension

Estelle Vagner
Éditions du Chat Noir
Urban Fantasy
19,90 €
350 pages
Après mon coup de cœur pour le premier tome (voir ma chronique) j’avais pris le 2ème tome aux Imaginales de 2017 et, avant de partir à l’édition 2018 j’avais décidé de le lire et savoir si je devais prendre le dernier tome de la trilogie. Vous voulez un indice ? J’ai acheté le troisième tome à l’autrice en mai dernier 😉

J’avoue avoir été un peu désorientée au début, d’autant que ça commence sur les chapeaux de roue. Je ne me souvenais pas de la fin du 1er tome. Du coup un petit rappel de l’épisode précédent n’aurait pas été de trop. Il y a une première partie qui est consacrée aux « Protecteurs » un clan de polymorphes où l’on retrouve notre héroïne Kayla qui doit se remettre de ses blessures, en compagnie de Jade. Cette partie ne m’a pas trop emballée. Je comprends l’idée de l’autrice avec cette partie, qui renforce le sentiment d’exclusion de notre héroïne. En effet, dans le 1er tome, Kayla était méprisée car elle ne parvenait pas à prendre sa forme animale et là on sait qu’elle est une polymorphe et elle est maintenant incapable de prendre sa deuxième forme. Néanmoins, le côté scolaire avec les cours, l’enfermement sous terre et les chamailleries de jeunes, je ne m’attendais pas à cela. Heureusement, cela ne constitue qu’une petite partie du roman.

Les événements se sont ensuite enchaînés, à grand renfort de révélations et rebondissements agrémentés de trahisons. Les aventures de Kayla étaient très intéressantes à suivre, car c’est une chouette fille auprès de qui il est facile de s’identifier. Elle est déterminée, courageuse et n’abandonne rien malgré les coups durs, le mépris général et le fait qu’elle doive toujours faire ses preuves.

Jeremiah s’avère plus fouillé et réfléchi qu’au premier abord. Il ne constitue pas le bête cliché du 2ème beau gosse pour créer un triangle amoureux. Encore une fois, l’autrice détourne les codes de ce genre pour nous proposer quelque chose qui, à mes yeux, est bien meilleur. Bon, on ne coupe quand même pas aux références nombreuses à sa beauté, heureusement que ce personnage sort ensuite de son rôle de juste beau-gosse-ténébreux. Je l’ai vraiment beaucoup plus apprécié ici.

Jade, déjà prometteuse dans le premier tome, se révèle de plus en plus. Son jeune âge disparaît totalement tant elle est mature et courageuse. C’est là aussi un personnage fort et terriblement attachant qui apporte une bonne dose d’humour et de fraîcheur. Parfois, c’était à se demander qui est l’héroïne… ce que Kayla se demande elle-aussi !

Max, mon coup de cœur du premier tome est le grand absent de la première partie ! On nous explique tout par la suite et c’est donc avec grand plaisir que nous le retrouvons plus tard. Autant j’avais beaucoup aimé sa relation avec Kayla dans le T1 qui se terminait avec beaucoup d’espoir, autant là, il me manquait quelque chose : cette complicité que Kayla a paradoxalement développée avec Jeremiah. Du coup, on a plus l’impression de vivre une copie de l’histoire d’amour qui se déroule dans leur vie antérieure plutôt qu’un réel amour entre ces deux personnages. J’attends donc de voir comment cela va évoluer dans le dernier livre même si la fin m’a laissé dubitative. Je n’ai jamais aimé les dramas où les héros/héroïnes prennent la même décision que Kayla. Moi je suis pour que chacun puisse décider de son destin. Donc, à voir !

En ce qui concerne l’histoire dans le passé avec la Déesse, nous en apprenons bien plus ici avec de nombreux retours dans le temps qui nous permettent, en même temps que Kayla, de mieux appréhender l’histoire des morphes et des polymorphes ainsi que les combats qui les opposent entre eux et aux humains. L’immersion est vraiment bonne.

Cette lecture a été très riche en émotions et en surprises. Malgré un début qui ne m’a pas passionné, la suite s’est révélée à la hauteur de mes attentes. J’ai donc très hâte d’enfin connaître le dénouement et voir quels rebondissements l’autrice nous réserve encore !

Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Les aventuriers de la mer T7

Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
377 pages
On continue d’avancer petit à petit et notamment de suivre Althéa et Brashen à la recherche de Vivacia. Ils sont partis à bord de Parangon et doivent faire face à une situation de plus en plus tendue. Déjà, ils doivent réprimer leurs sentiments l’un envers l’autre puisque Brashen est le Capitaine et Althéa un Lieutenant et ensuite on sent que le Second commence à monter une partie de l’équipage contre Brashen… ça sent malheureusement la mutinerie bientôt. D’autant que ce traître encourage Parangon le navire fou à la violence. Néanmoins l’étau se resserre et on se rapproche de Vivacia et de Kennit.

Justement sur la Vivacia, le pauvre Hiémain agonisant doit digérer la vérité sur la nature des vivenefs et les choses se compliquent dès lors que Vivacia l’apprend à son tour. L’aventure prend alors un tout nouveau tournant et je suis très curieuse de voir comment tout cela va s’agencer. Les forces en présence sont chamboulées.

Concernant Malta, elle continue de grandir et je sens que ça risque de devenir tendu pour elle aussi dans le prochain tome. En tout cas, elle trouve davantage grâce à mes yeux d’un livre à l’autre. Le caractère de la famille Vestrit et notamment le courage et la persévérance commence à se révéler chez elle et c’est tant mieux. La petite peste adolescente immature me courait sur le système.

Enfin, la situation à Terrilville est plus critique que jamais. On y retrouve Ronica Vestrit, très vulnérable puisque sa famille est accusée de trahison mais on peut toujours compter sur elle pour supporter n’importe quelle situation avec bravoure et dignité. Sérille, la Compagne du Gouverneur qui a orchestré l’enlèvement de ce dernier afin soi disant de le protéger et que j’appréciais au départ de par ses envies d’indépendance, m’agace profondément. Le fait qu’elle veuille éclipser les Vestrit y est pour beaucoup. A cause de sa soif de pouvoir, elle ne voit pas qu’elle est en train de détruire toute une ville. C’est très frustrant et j’ai jubilé chaque fois que Ronica la remettait à sa place. Même si ce qu’elle a vécu est injuste, cela ne lui donne pas le droit de saper l’autorité des Marchands de Terrilville et de se croire supérieure à eux. Heureusement, les Marchands lui prouvent à plusieurs reprises à quel point elle se méprend sur eux et qu’ils n’ont pas besoin d’elle. Bim, dans les dents !

Encore une fois j’ai passé un excellent moment de lecture. J’arrive bientôt à la fin de cette aventure que j’aurais laissé délibérément traîner pendant des années. Ce monde est tellement passionnant et immersif que je ne veux pas le quitter trop vite !

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : B.O.A. T1 Loterie funeste

Magali Laurent
Auteur francophone (voir le site)
Editions de la Mortagne
 Fantasy
24,95$
446 pages
J’ai reçu ce livre en service presse lors d’une masse critique Babelio. Je ne connaissais ni l’auteure, ni la maison d’édition mais c’est toujours intéressant de découvrir de nouvelles plumes. Globalement, les idées m’ont bien plu, il y a un background intéressant à développer et certains concepts sont prometteurs. La plume est efficace, épurée et dénuée de fautes, avec un rythme addictif néanmoins j’ai trouvé que l’ensemble manquait d’âme, de voix, de personnalité.

Il y a de l’idée vraiment dans ce roman mais à mes yeux ce n’était pas assez abouti, assez travaillé. Le background est expliqué dans le prologue mais après on a plus aucune information de comment les BOA continuent de naître… est-ce héréditaire ? Il nous manque beaucoup de cartes pour bien comprendre le contexte et être emporté dans l’univers. Je suis restée très en périphérie, incapable de m’imaginer comment ça se passe dans le reste du monde ni quelle serait ma place là-bas. J’aurais préféré que l’auteure s’attarde dessus plutôt que de décrire trente-six fois les tenues des jeunes gens.

Globalement c’était un peu trop manichéen à mon goût avec les humains gentils et les BOA (des vampires en fait) méchants, même s’il y a des résistants et des individus plus compréhensifs chez les BOA, les humains sont réduits en esclavage et gâchés…après avoir été exterminés. Ce qui est complètement contre-productif puisque les BOA ont besoin de sang humain pour survivre. Alors pourquoi torturer et tuer des humains déjà en sous-nombre ? Le schéma est assez classique du coup et n’apporte pas grand-chose à la réflexion car nous sommes dans un énième tableau : maître abusif/esclave.

Nous suivons les 6 jeunes rendus immortels pour la loterie selon le point de vue de deux filles du groupe, plus nous avons le point de vue d’un résistant et de manière sporadique de deux ou trois autres personnes, ce qui est assez maladroit car ces passages là n’apportent pas grand-chose alors que l’auteure aurait pu approfondir ses propos du côté psychologique et du contexte. Il a été difficile pour moi de m’attacher aux personnages ou de ressentir beaucoup d’empathie car leurs comportements, et surtout ceux des deux héroïnes Oxana et Cléo, sont clairement incohérents. On nous décrit Cléo comme une séductrice qui a vécu dans une bulle (littéralement, elle n’est jamais sortie de son appartement) alors qu’elle ignore ce qu’est un baiser et est d’une passivité à toute épreuve. Ce n’était pas du tout crédible. On ne peut pas être une séductrice (dans tous les sens du termes, pas seulement femme fatale) et en même temps d’une telle naïveté. En outre elle a été élevée sciemment pour plaire aux BOA mais ne s’est jamais demandée comment ça allait se passer quand ils croqueront dans sa jugulaire.

A l’opposé on nous présente Oxana comme une jeune fille combattive qui veut se révolter contre le système mais qui ne fait quasiment rien. Pour la rebelle, on repassera. Les quelques fois où elle a un sursaut de révolte, c’est amené d’une manière peu crédible. Seuls Dennys et Killian sont parés d’une histoire intéressante qui rend leurs réactions crédibles et leurs personnages plus touchants. Les autres jeunes ne seront que peu exploités. Les organisateurs de la loterie sont tous des pourris et visiblement, il suffit de demander au technicien de trafiquer les numéros pour que ça passe… la Française des Jeux serait ravie de l’apprendre !!

Les ficelles qui tissent les relations entre les jeunes gens sont visibles à des kilomètres. Les rebondissements de la fin n’en sont pas. Encore une fois je ne vois pas l’intérêt de briser les jeunes gens et de les torturer alors que de toute manière ils sont dans l’incapacité de fuir. Il y aussi des choses bizarres, comme le fait qu’on a l’impression d’être dans un monde post-apo avec une régression de la société d’un côté mais toute la technologie est là, dont des hélicoptères. Le flou conservé autour du contexte n’a pas aidé à rendre le tout concret ou crédible. Ces jeunes gens sont restés dans l’ignorance totale de la société mais ils savent ce qu’est une limousine, un hélicoptère mais pas du champagne ou du maquillage. D’ailleurs, passer autant de temps à nous parler du maquillage et des tenues des filles au détriment du contexte ou d’un approfondissement des personnages c’était maladroit en plus d’être inintéressant.

Bref, vous l’aurez compris, ce roman ne m’a pas convaincu. Ceci dit il s’est lu vite, servi par un rythme entraînant et peu de temps mort mais l’intérêt n’y était pas, l’envie de suivre et de soutenir les héros non plus. Les idées de base sont sympathiques mais ça manque d’aboutissement à mes yeux.
Je remercie néanmoins Babelio et les Editions de la Mortagne pour cet envoi.

Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : Les Dieux sauvages T2 Le verrou du fleuve

Lionel Davoust
Auteur francophone (voir le site)
Critic
 Fantasy
23€
503 pages
Après mon coup de cœur intersidéral pour le premier tome (voir ma chronique), j’étais sûre et certaine de prendre le 2ème tome aux prochaines Imaginales. Le sort en a voulu autrement car j’ai eu la chance de recevoir ce tome lors de la dernière Masse Critique de Babelio ! Je les remercie donc eux ainsi que les Editions Critic pour l’envoi de ce livre. Comme ça je vais pouvoir utiliser le budget qui lui était réservé pour acheter un autre roman sur le salon 😉

Ce fut un véritable plaisir que de retrouver l’univers d’Evanégyre et tous ses personnages (et bien sûr Léopol, vous vous en doutez 😉 ). Après un premier tome qui a placé tous les personnages principaux ainsi que les enjeux, nous retrouvons Mériane accompagnée de Léopol et Darén qui part prêter main forte à la ville de Loered avec le jeune souverain Erwel et l’armée de Belnacie. En parallèle, Ganner poursuit son siège de la ville de Loered dans laquelle nous retrouvons le duc Thormig et son chronète Maragal. Ne vous en faites pas, au fil de votre lecture, vous ne serez jamais embrouillé pour savoir qui est qui, d’autant que nous avons un rappel à la fin du livre de l’identité de toutes ces personnes.

J’ai globalement trouvé ce tome plus sombre. Pourtant il y a eu des moments sanglants dans le premier tome mais ici, la guerre a bel et bien étendu son ombre – sous le signe de l’Eternel Crépuscule. On ressent l’impuissance de Mériane, son découragement face à son rôle qui dépasse sa propre personne mais aussi à l’aveuglement et la bêtise des hommes qui refusent de l’écouter et courent à leur perte pour certains. J’avais tellement envie parfois d’aller les secouer et de leur hurler d’aller crever à tous ces misogynes. Mais heureusement, Mériane était plus magnanime que moi !  Mériane est devenue plus posée, plus stratège grâce à Wer qui parle dans sa tête. Elle teste les limites de son rôle de Héraut/Messagère, car non ce n’est pas aussi simple qu’elle (et le lecteur) ne l’imaginait. Elle développe aussi sa compassion et est totalement dévouée à sa cause… sans pour autant épouser totalement celle de Wer. Elle défend ses propres valeurs au risque de s’attirer les foudres de la pourtant toute puissante Eglise. En conclusion, elle reste l’excellente héroïne découverte dans le premier tome et qui est toujours aussi bien croquée dans la couverture.

Mon cher Léopol était plus en retrait dans ce tome, il était plus grognon aussi. Une telle haine couve en lui que ça en est parfois effrayant. Je ne m’en rendais pas forcément compte dans le 1er tome. On découvre ici des weristes à la ferveur extrême, qui vont trouver davantage de raisons de mourir que de vivre ce qui est extrêmement déroutant et à l’exact opposé de ma propre pensée. J’ai peur que les émotions contradictoires qui se heurtent en Léopol ne le poussent à faire des choses regrettables (déjà qu’on a frôlé le sacrifice stupide ici !). Et la mission qui l’attend dans le troisième tome n’est pas pour arranger les choses. Sa dévotion envers Mériane est parfois étouffante comme elle-même le fait remarquer mais j’ai confiance, il a encore 2 tomes pour évoluer mon petit Léopol.

J’ai bien aimé les nouveaux personnages mis en valeur dans ce tome, notamment Thormig le duc de Loered, son chronète Maragal qui est tellement différent des autres weristes (pour ne pas dire Léopol) ou même Kerruÿs. Erwel, comme prévu, prend peu à peu confiance ainsi que la place de meneur qui lui incombe (et qui lui décombe !). Il commet des erreurs mais a l’intelligence et le recul nécessaire pour ne pas les reproduire. Par contre, Izara, l’ancienne reine m’inquiète. Ses décisions risquent de coûter cher dans le futur… c’était très frustrant de la voir ainsi foncer dans le mur. La partie politique est moins développée dans ce tome et c’est pas plus mal car cela nous plonge davantage dans l’action de la guerre.

Curieusement, Juhel m’a manqué ! J’avais apprécié son charisme et son caractère si particulier qui vous donne l’impression que ses actions mauvaises sont tout ce qu’il y a de plus normal et de bienfondé. C’est vraiment un personnage fort et marquant alors j’espère le revoir dans le prochain tome. Nous revoyons par contre Chunsène et Nehyr, pour laquelle j’ai une ou deux hypothèses concernant l’identité. A voir avec la suite !

Donc ce tome était plus sombre, plus pesant, les combats sont désespérés presque sans issue. La foi que réclame Wer se transmet peu à peu au lecteur car face aux monstruosités engrangées par Aska, les chances de survie sont presque inexistantes. Et tout ça pour le caprice de deux dieux. C’est aussi fou que cruel. A la base, les Dieux Sauvages devait être une trilogie mais au final un tome a dû être rajouté pour que l’auteur puisse raconter son histoire telle que prévue. De ce fait, ce deuxième tome aurait dû être plus conséquent et même s’il se passe pas mal d’événements, j’avoue avoir refermé le livre en me disant que la guerre n’avait pas autant progressé que ce à quoi je m’attendais. Cela n’enlève rien à l’intérêt du livre qui reste passionnant du début à la fin. Lionel a ce talent-là.

Au final je me suis régalée, on est pas passé loin du coup de cœur, peut-être est-ce parce que je l’ai lu trop tôt après le premier tome, lequel m’avait emporté dans un tourbillon d’émotions. Peut-être est-ce dû à l’ambiance plus sombre et clairement plus déprimante et angoissante ou au fait que j’imaginais avancer davantage dans l’histoire. Quelques soucis de mise en page (il manque des espaces entre des mots) étaient suffisamment répétés pour m’embêter dans ma lecture.

En tout cas cela a été une excellente lecture, maîtrisée du début à la fin, où encore une fois j’ai vécu et non lu le récit. Le plus dur va être d’attendre vraiment un an avant de lire le troisième tome !! C’est presque une punition XD Fan de Fantasy, ne passez pas à côté de ce bijou !

Ma note ::star::star::star::star::star: