Chronique : Chroniques Saxonnes #1

Bernard Cornwell
Traduction : Pascal Loubet 
Bragelonne
Fiction historique
22 €
331 pages

J’ai découvert la série The Last Kingdom grâce à des amis et nous avons tout de suite adoré. Alors quand j’ai vu que c’était tiré de romans, je me les suis procurés. Au-delà de l’aspect de série d’aventure, de combats et des Vikings, ce qui m’a plu dans la série c’est le côté historique que je ne connaissais absolument pas de l’invasion Vikings en Angleterre. Pour les amateurs, l’intrigue est différente et complémentaire de la série Vikings. L’auteur des romans, Bernard Cornwell, est un auteur de fiction historique visiblement réputé qui a fait beaucoup de recherches sur son sujet. 

La série s’est autorisée quelques petits changements par rapport au livre qui ne bouleversent pas le récit. Nous passons dans le roman plus de temps sur la jeunesse d’Uthred chez les Danes (et non des Vikings, c’est expliqué dans le roman). J’ai pris énormément de plaisir à retrouver notre intrépide et loyal Uthred, la sauvage et courageuse Brida et l’austère mais si intelligent Alfred. À ce titre, l’acteur de la série l’incarne à la perfection (pareil pour sa femme  Ælswith). Le Père Beocca est plus en retrait (et plus estropié et effacé dans le livre, c’est mon seul regret alors qu’il était si bien dans la série).

Le fait de connaître déjà la trame de fond via la série m’a permis de mieux me concentrer sur l’aspect purement historique et sur la progression des Danes en Angleterre. Le récit est passionnant et très prenant, je l’ai lu très vite tant la narration est fluide. Le roman est instructif en plus d’être dépaysant, distrayant et immersif. Les notes de l’auteur à la fin sont très intéressantes et montrent aussi la complexité d’écrire ces récits de fiction historique.

Je vous conseille vraiment ce roman si vous aimez cette époque, les combats, les stratégies militaires et l’Histoire. Le personnage d’Uthred est extrêmement attachant, impossible de ne pas s’identifier à lui et de se retrouver à sa place, hésitant entre le peuple Danes qui l’a élevé et sa patrie d’origine l’Angleterre. Et comme le dit notre cher Uthred : j’ai foi en ma Destinée (dans le livre ils l’ont traduit en « la Destinée est tout » mais je trouve ça moins fluide) 



 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : 3 Oboles pour Charon

Franck Ferric
Folio SF
Science-Fiction/mythologie
4,60 €
376 pages

J’ai déjà lu 2 romans de Franck Ferric et je peux vous dire que cet auteur a un style bien à lui, mélange de percutant, moderne et poétique. Il faut le lire pour le comprendre je pense. Il aime aussi s’attacher à la mythologie et moi-même y étant sensible et ayant eu toujours un grand intérêt pour Charon, j’étais très intriguée par ce livre. Bon au final, l’image de Charon est loin de celle que je m’imaginais… mais elle est géniale quand même, bien plus réaliste. 

Nous suivons ici un héros amnésique qui ne cesse de se réveiller au cœur de guerre, de mourir, d’atterrir dans l’Autre Monde et à défaut de pouvoir payer le Passeur, de repartir, amnésique, dans le monde réel. Le schéma est donc très répétitif et pourtant, mon intérêt n’a pas une seule fois décrut. Les premières fois dans l’Autre Monde sont un peu floues autant pour le héros que pour nous, mais ensuite cela devient une routine familière, une étape transitoire avant de découvrir une nouvelle époque, un nouveau combat et une nouvelle thématique. 

Globalement le récit est assez déprimant puisque cette répétition est sans fin et chaque combat est perdu d’avance. Notre héros tente plus d’une fois de se soustraire aux combats, mais la guerre le rattrape où qu’il soit. Telle est sa malédiction. Pourtant, le lecteur est pris en haleine et veut y croire à chaque fois. C’est la force de cet auteur : il nous plonge à chaque fois dans une courte nouvelle à une époque médiévale ou bien dans le futur mais à chaque réveil il va prendre le temps de poser le récit, d’introduire des personnages importants autour du héros, de développer un contexte, plus ou moins long, mais à chaque fois, j’ai été happée et j’y ai cru autant que le héros… avant de désespérer car l’issue est toujours la même. 

Le travail de recherche de l’auteur est vraiment remarquable car il réussit son immersion aussi bien dans les guerres anciennes, que récentes et dans l’Autre Monde. Sa plume si particulière est un régal à suivre, mi-poétique, mi-moderne avec un vocabulaire varié et peu commun. Ses références historiques sont bien étayées et bien racontées. Je me suis attachée au héros, j’ai aimé découvrir avec lui toute ces époques ainsi que sa propre histoire. Ce n’est pas forcément une bonne personne et pourtant on a de l’empathie pour lui et on se dit que quand même, sa malédiction est un peu disproportionnée… mais qui peut remettre en question le jugement des Dieux ? La fin est cohérente alors qu’on se demandait comment tout ceci pourrait trouver un point final. 

Mon pauvre Charon n’a pas le beau rôle (ni le physique d’ailleurs !) dans cette histoire. Son rôle de Passeur est ici réaliste, celui d’une créature qui ne fait qu’attendre, attendre et attendre la mort des gens et leurs oboles. Sauf que les siècles passant, les religions changent et plus personne ne croient en lui donc l’Autre Monde devient désertique, déprimant et tout ceci est un cocktail parfait pour sombrer dans la folie. Sa relation avec notre héros est assez complexe et vraiment intéressante.

En conclusion ce fut un lecture très intéressante, prenante, instructive. On entend pas beaucoup parler de Franck Ferric alors que sa plume est vraiment spéciale et vaut le détour.



 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Rouge Venom

Morgane Caussarieu
Naos
Young adult, Fantastique
14,90 €
282 pages

Depuis que je suis entrée dans l’univers vampirique de Morgane Caussarieu, j’ai été happée par sa plume, ses idées et ses personnages hautement addictifs. Toutes mes lectures ont été formidables, avec un coup de cœur pour Dans les veines. Même si cette série avec Barbie et Farouk est plus orientée pour les jeunes, elle garde des traces sanglantes et a son lot de tripailles et de morts. Ce n’est donc pas à mettre entre toutes les mains, soyez prévenus. Je vous déconseille de lire mon avis si vous n’avez pas lu le premier tome Rouge toxic, car c’est la suite directe et vous risquez des spoilers. 

J’ai eu un immense plaisir à retrouver son bande vampirique, surtout J.F. ne nous cachons pas. Ce vampire punk est absolument génial. En tant qu’héroïne, c’est sûr qu’un sombre Farouk ou un mélancolique Damian (Dans les veines) sont plus attirants, ce sont les Angel tandis que notre J.F. est le bon vieux Spyke (en version initiale, sans âme). Et Gaby, en voilà un personnage glaçant ! J’ai beaucoup aimé le lien avec Je suis ton ombre (même si j’avais oublié la fin) ; tous les romans sont liés et cela renforce le côté famille de cette bande de Vampire dans laquelle Barbie est projetée. 

Dans ce deuxième tome, nous abordons d’autres thématiques sur ce qui fait de nous des monstres au final… notre nature ou nos actes ? Peut-on lutter contre sa propre nature ? C’est ce qu’essayent de faire Farouk et Emma avec un traitement qui les délivre de leur addiction au sang. Est-ce que ça va fonctionner… surtout avec un J.F. qui ramène des casse-croûte à la maison, telle est la question.

Barbie prend ici une nouvelle ampleur, je ne reste pas sa plus grande fan, heureusement qu’on alterne les points de vue avec les autres de la bande, mais elle n’est pas inintéressante et elle connaît un sacré virage sur la fin. A présent qu’elle connait sa nature de tueuse de vampire à l’insu de son plein gré, elle aussi lutte contre sa nature pour ne pas tuer les vampires qui sont proches d’elle, à commencer par Farouk, accessoirement son amoureux. On se pose alors la même question : parviendra-t-elle à lutter contre sa nature ?

Farouk est un personnage captivant aussi, il dégage une aura exotique, fascinante très bien décrite. Il donne vraiment envie de le rencontrer, c’est un être à part, in touchable, difficile à cerner. Il tranche complètement à côté de J.F. et pourtant leur complicité est touchante. Tous ces personnages, peut importe leur degré de malfaisance, sont touchants, attachants et nous forcent à l’empathie. 

Le roman est prenant, sanglant et avec des retournements de situations inattendus, jouissifs et effrayants. La fin est un bon mélange d’espoir, d’apaisement, de retour de karma et de promesse sanglante. Dans la lignée de tous les romans de l’autrice en somme ! 

Une excellente lecture comme toujours 🙂 J’attends impatiemment ses prochains romans.



 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : A la croisée des mondes

Philip Pullman 
Traduction : Jean Esch
Gallimard
Jeunesse, Fantasy
25 €
1 025 pages

Je connaissais ce roman de nom, je savais qu’il avait marqué de nombreux jeunes lecteurs à sa sortie, un peu comme Harry Potter ou le Seigneur des Anneaux. Je savais qu’ils en avaient fait un film mais je ne l’ai jamais vu. En revanche, nous avons vu la série et nous avons adoré. Du coup, comme j’avais acheté d’occasion l’intégrale en roman je me suis dit qu’il était temps de lire avant l’arrivée de la suite de la série (s’il y en a une d’ailleurs, je n’en sais rien). 

Pour le coup, c’est compliqué car c’est un roman d’abord destiné aux jeunes et le lire une fois adulte doit enlever une grande part de sa magie et de l’émerveillement que j’aurais sans doute dû ressentir. J’ai tout lu d’une traite et ça m’a pris trois mois tant le récit est dense. La série a très bien su retranscrire le premier livre à mon humble avis, je trouve qu’elle l’a même sublimé. Si les films ont tendance à dénaturer les romans en coupant des passages ou en allant très vite sur des aspects importants à cause du temps imparti, les séries elles ont le temps nécessaire pour installer les intrigues et bien présenter les personnages. 

Pour en revenir au roman, le premier livre est intéressant, intriguant et passionnant. On nous y présente des personnages vraiment sympathiques à suivre comme Lyra, Mme Coulter, les gitans, Lee et bien sûr Iorek. Dans le second tome, les choses commencent à déraper avec les nouveaux mondes. Nous faisons la connaissance de Will qui est vraiment un super personnage, bien mieux que Lyra au final. Il prend d’ailleurs plus de place et son évolution est bien plus intéressante à suivre. Il lui vole clairement la vedette. 

A partir de ce deuxième roman j’ai perdu de l’intérêt. Je ne voyais pas du tout la suite ainsi avec les Anges, l’Autorité, la Poussière etc. J’ai été assez déçue je ne vous le cache pas. Encore une fois, si je l’avais lu plus jeune, mon avis aurait peut-être été différent.  La narration n’est pas non plus ma préférée, avec peu de dialogues, des personnages qui se lancent dans de grandes explications pas très naturelles, beaucoup de mystères et parfois pouf les persos comprennent sans que le lecteur ait la moindre piste alors qu’on est dans leur tête. Bref, si ce genre de narration fonctionne dans certains genres ici je n’ai pas toujours été convaincue. La plume est par contre plutôt descriptive, poétique, limite contemplative par moment.

Le troisième tome n’a pas rattrapé mon avis. Je me suis clairement ennuyée à certains passages, notamment avec le Docteur Malone. Cela manquait de crédibilité et malheureusement d’intérêt. Certaines choses arrivent trop vite sans explications, notamment sur les sentiments des personnages. Des idées restent vraiment très intéressantes, comme les daemons bien sûr, le lien entre tous les mondes, le couteau et la Poussière ou encore le monde des morts. Le dépaysement est garanti, ça c’est certain.

Après je salue l’auteur pour avoir choisi en personnage principale Lyra, une gamine très réaliste, menteuse, insolente et assez égocentrée, pourtant capable de générosité et de grand courage. On est loin de l’héroïne habituelle et je comprends que beaucoup de jeunes filles puissent s’identifier à elle. Madame Coolter est géniale, ça c’est un personnage grandiose ! Complexe, inédit et vraiment bien construit, c’était passionnant de la suivre. C’est un personnage comme on en voit rarement et très marquant. Lord Asriel aussi est sacrément prometteur, je suis déçue qu’on ne le voit pas plus (bon d’accord, je suis très influencée par l’acteur qui l’incarne dans la série). Lee est une personne comme on aimerait en avoir à ses côtés pour ce genre d’aventure, il est très inspirant.

En conclusion, ce roman est culte donc je ne regrette pas de l’avoir lu mais ce n’est clairement pas un coup de cœur pour moi. L’auteur a eu de super idées et à créé des personnages attachants que l’on a envie de suivre,  mais à mon avis tout cela est dilué dans des complications avec les Anges, l’Autorité, les Mulefas etc. A trop en faire, il a perdu mon implication auprès des deux héros. 



 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Aberrations

Joseph Delaney
Traduction : Marie-Hélène Delval
Bayard
Fantastique/jeunesse
14,90€
342 pages

Des amis nous ont prêté ce premier tome sachant que nous aimions mon compagnon et moi toutes les séries de Joseph Delaney. 


Nous retrouvons dans Aberrations tous les ingrédients qui font la réussite de l’auteur : un héros jeune, courageux, débrouillard, qui ose se dresser contre l’injustice et qui désobéit très souvent aux adultes afin de venir en aide aux siens. 

Pour autant, la sauce prend toujours et chacun de ses héros, malgré leurs ressemblances, ont leur propre voix. Bon je n’ai pas trop accroché aux différents surnoms des jeunes personnages c’est mon seul bémol… mais qui est quand même pas si anodin car il bloque une partie de l’identification. L’usage de ces surnoms (anglo-saxons en plus) me les a rendus moins tangibles. Dommage.
Ce nouveau monde est encore plus dangereux et difficile que les précédents avec la présence de cette brume (le Shole) qui transforme les êtres vivants en monstre. Son omniprésence et son expansion aléatoire renforce le sentiment de stress permanent et d’urgence tout au long du roman. J’ai retrouvé l’ambiance fantastique et sombre de l’Epouvanteur avec des créatures horribles et dangereuses. 

Le danger vient également de l’intérieur et des humains lambdas qui, pour certains, n’ont rien à envier aux monstres. J’ai beaucoup aimé ce traitement et ce qu’il advient du « méchant » de l’histoire. 
L’injustice est aussi un sentiment fort de ce roman car Crafty est à la fois un élément clé pour les adultes car il peut traverser la brume sans être transformé, et en même temps il est traité comme un moins que rien. Son poste s’appelle d’ailleurs « mouche de coche » ce qui en dit long sur le peu de considération que les adultes ont pour lui. 
J’ai bien aimé les autres jeunes personnages du récit qui deviennent ses amis, notamment Click qui est prometteuse et Bertha aussi qui a un rôle central important. Encore une fois, l’auteur a certes des héros masculins mais il sait placer des héroïnes crédibles, puissantes et indispensables au récit (et très souvent dotées d’un sacré caractère, ne le cachons pas !)

En bref j’ai passé un très bon moment d’angoisse et de mystère avec ce premier tome. Après un tome 14 un peu en deçà niveau fantastique de l’Epouvanteur, je suis heureuse de retrouver un peu plus de monstres et de peur dans un roman de Joseph Delaney.


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Retour au Pays

Robin Hobb
Traduction :Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
3,70 €
121 pages

Après avoir lu sur plusieurs années la saga des Aventuriers de la mer (qui a été un coup de cœur général) il me fallait terminer cette saga avec ce petit roman  très court qui se déroule bien avant l’intrigue principale et qui nous raconte l’installation des premiers colons, exilés dans le Désert des Pluies. 

C’était une petite histoire sympathique qui a le mérite de nous replonger dans l’univers. On ressent bien toutes les difficultés de ces exilés qui pensaient atterrir sur une terre accueillante et débarquent dans des marécages insalubres avec une eau acide. On partage leur quotidien difficile, puis les dangers liés à la découverte des ruines des Anciens. 

Le personnage principal ne m’a pas été sympathique d’emblée mais les difficultés de sa nouvelle vie rend cette riche et hautaine bourgeoise plus agréable au final. On finit par accompagner le petit groupe qui nous est proposé avec empathie en espérant les voir survivre à cette aventure.

Même si c’est toujours un régal de retrouver l’univers des Aventuriers de la mer, ce court texte ne nous apprend rien de particulier sur les Anciens. Au contraire je dirais même qu’il a démystifié le peuple du Désert des Pluies en nous montrant qu’à la base ce sont bel et bien juste des gens ordinaires qui ont juste vécu sur un territoire particulier. En plus certaines scènes dans les ruines des Anciens faisaient redites avec les aventures de Malta.

Vu la longueur et le prix, je ne regrette pas ma lecture mais disons que ce n’est pas du tout essentiel à la compréhension de la saga principale.



 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Hex

Thomas Olde Heuvelt

Traduction : Benoît  Domis
Bragelonne
Fantastique/horreur

20 €
378 pages

Voilà un roman qui m’a clairement attiré par la recommandation du maître King et je ne regrette pas du tout d’avoir demandé ce roman lors d’un précédent Noël. En quelques mots, nous suivons une famille qui habite dans une ville aux États-Unis qui a la particularité d’être maudite par une sorcière, Katherine. Quiconque s’installe dans cette ville, Black Spring, ne peut plus en repartir au risque de succomber à la malédiction.


J’ai été un peu déstabilisée au départ car nous débarquons directement dans la vie des personnages où la sorcière tient une place importante. Elle nous est à peine présentée tant elle fait partie du paysage et de leur quotidien. J’ai donc dû relire le 4ème de couverture pour bien comprendre. 

Il y a un étrange contraste entre l’ambiance générale de la ville qui semble plongée dans le passé et qui est pourtant ouverte au monde puisque des touristes peuvent y circuler. Les habitants jouissent de toute la modernité, comme Internet, même si certaines choses leurs sont interdites. Car le public ne doit pas apprendre l’existence de Katherine. Les habitants peuvent aller librement dans d’autres lieux… tant qu’ils reviennent rapidement. Au bout d’une semaine, les premiers symptômes de la malédiction apparaissent. 

Nous voilà donc plongés dans le quotidien de la famille Grant. L’intrigue prend le temps de s’installer gentiment, ainsi le lecteur comprend mieux le contexte et tout comme les habitants de Black Spring, nous nous habituons à Katherine… quitte à ne plus envisager le danger qu’elle représente. Jusqu’à ce que des adolescents décident de s’en mêler.

J’ai retrouvé l’influence de Stephen King dans la façon de construire l’histoire, de décrire les scènes marquantes et dans le profil des personnages. Mais rassurez-vous l’auteur a sa propre patte originale. 

Les personnages de la famille Grant sont sympathiques mais j’ai eu surtout de l’affection pour Tyler, le fils aîné. Globalement, je n’ai pas forcément été attachée aux autres, ni même aux « méchants » car  la véritable héroïne c’est bel et bien Katherine. Elle a un fort charisme et on s’attache curieusement à elle malgré le fait qu’elle ne parle pas et que nous ne sommes pas depuis son point de vue. Les idées développées sont bonnes et bien plus profondes qu’elles n’y paraissent au premier abord. Au travers de Katherine, pourtant vieille de plusieurs siècles, l’auteur traite de plusieurs thématiques très modernes. J’ai particulièrement apprécié le fait qu’on ne sait pas toujours ce qui relève réellement de la malédiction ou bien des conséquences naturels des actes des personnages.

Un peu comme dans Dôme du maître King, le fait de vivre en huis-clos (même si Black Spring reste ouverte au monde), exacerbe le pire chez les gens et on retrouve les mêmes genre d’abus par les personnes de pouvoir et surtout le terrifiant effet de foule dont la bêtise me glace toujours autant d’effroi. 


A la moitié du roman, les choses commencent à déraper. Certaines scènes étaient vraiment flippantes et prenantes. Des rebondissements sont très bien trouvés et j’ai été soufflée par des conséquences sur lesquelles je ne peux pas m’attarder sous peine de vous gâcher le plaisir. 


La fin, pourtant grandiose, m’a laissé un peu sur ma faim. Soit l’auteur en a trop dit sur Katherine soit pas assez. Dans les remerciements, l’auteur nous indique qu’il a profité de la traduction de son roman en anglais (à la base il est néerlandais) pour modifier la conclusion… sans nous dire en quoi elle diffère ! 


En résumé cela a été une très bonne lecture, bluffante, prenante et terrifiante. Les idées sont vraiment originales et la réussite tient beaucoup au personnage de Katherine.Mon année de lecture commence très bien ! Je vais surveiller cet auteur de près.


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Lames Vives T1 Obédience

Ariel Holzl
Auteur francophone (voir le site Internet)
Mnémos, collection Naos
Young Adult, Dystopie
18 €
332 pages

Je remercie les Éditions Mnémos qui m’ont aimablement fait parvenir ce service presse. 

Après avoir beaucoup aimé la trilogie des Sœurs Carmines d’Ariel Holzl, j’étais curieuse de savoir vers quoi l’auteur allait se tourner. C’est très dur de passer après une telle trilogie où la plume à l’humour noir de l’auteur constitue presque un personnage à part entière et où l’univers de Grisaille était tellement marquant, de même que les trois sœurs (et surtout Tristabelle).

Pour le coup, l’auteur s’est dirigé vers un registre complètement différent avec un Young Adult plus classique au niveau de la trame de l’intrigue et du profil des personnages principaux mais servis par un univers original et très dépaysant de fantasy orientale. J’ai eu un peu plus de mal à rentrer dans cette ambiance, peut-être parce que la narration est à la première personne et que tous les personnages sont eux parfaitement imprégnés à leur monde et n’ont donc pas à tout décrire au lecteur.  Une fois que j’étais plus habituée aux terminologies, à la géographie et à l’histoire, j’ai été plus happée par l’intrigue. 

L’auteur regorge d’idées intéressantes et ponctue son récit de pirouettes scénaristiques bien trouvées. On ne rentre pas forcément tout de suite dans le cœur de l’intrigue, on prend le temps de faire connaissance avec tous les personnages et de comprendre leurs motivations. Pour avoir lu quelques dystopies, les thèmes développés sont classiques mais efficaces. C’est vraiment par la richesse et la complexité de son univers que l’auteur a su tirer son épingle du jeu. Que ce soit sur la culture, l’histoire du monde avec notamment l’échange de pouvoirs entre les anciens maîtres et esclaves, les golems, le vif argent ou les mensonges que l’on commence à soupçonner sur la fin, le travail de création de monde et d’intrigue est vraiment bien ficelé.

Au niveau des personnages, on en a une belle brochette des deux côtés (anciens esclaves devenus maîtres; anciens maîtres devenus esclaves) ce qui permet d’avoir un son de cloche plus global et donc plus équitable. Le lecteur a plus de cartes en main pour se faire son propre avis. 

J’ai beaucoup aimé Saabr et j’espère qu’elle aura une belle place dans le deuxième tome pour mieux s’exprimer. Ellinore aussi a capté mon attention, c’est un personnage équilibré, et très intéressant à suivre.  En plus, ses capacités de Magnite sont fascinantes. L’histoire de Minah et Nazeem m’a moins touché, ils forment un duo plus commun et le caractère de Minah ne figure pas parmi ceux que je préfère même s’il c’est le genre de personnage indispensable à ce type d’histoire. 

Nazeem a apporté une touche d’humour bienvenue, notamment lors de ses interactions avec Gryff mais le pauvre est clairement sous-estimé par Minah et relégué au rôle de simple accompagnateur en dépit de ses qualités. Gryff lui était très prometteur dès le début du roman mais j’ai été déstabilisée de voir au final la façon dont il est utilisé. Je peux comprendre le choix de l’auteur, surtout après avoir côtoyé Saabr qui nous donne le ton sur le caractère des lames, mais cela restait frustrant de le voir ainsi bridé. Heureusement, quelques passages nous permettent de mieux connaître son passé.  Je suis curieuse de voir ce qu’il va advenir de lui dans le prochain tome. 

En résumé, c’était une lecture intéressante sur un univers très original, qui se termine en apothéose avec encore plus de questions qu’au départ. Les indices laissés au fil de l’intrigue laissent présumer d’un fond encore plus travaillé et attisent ma curiosité. Je serai donc là pour le tome suivant ! 

Un dernier mot sur l’objet livre très beau, qui est ponctué de quelques belles illustrations à l’image de la couverture. 


 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Thomas Ward l’Epouvanteur

Joseph Delaney
Traduction : Marie-Hélène Delval 
Bayard Jeunesse
Jeunesse, fantastique
14,90 €
331 pages

La saga principale L’épouvanteur a été un vrai coup de cœur pour moi, donc c’est tout naturellement que je me suis procurée la suite des aventures de Tom Ward. J’ai replongé avec plaisir dans l’univers bien que globalement, c’était moins sombre que la saga principale. Il faut dire que l’auteur nous avait laissé avec un nouvel ennemi et je trouve qu’on s’éloigne de l’ambiance d’origine pour aller plus sur celle de sa série Arena 13. C’est moins fantastique et plus tourné vers l’action. 

Pour autant, j’ai apprécié de revoir Tom qui est un personnage vraiment sympathique et attachant. Il a été changé par la fin de la première saga et on le retrouve moins sûr de lui, solitaire et il m’a franchement fait de la peine. C’est un jeune homme intelligent, qui sait reconnaître ses erreurs et qui n’a pas peur de briser ses habitudes pour affronter les événements. Il a beaucoup de courage. 

On retrouve aussi Grimalkin, un des personnages les plus marquants de cette série. La grande nouveauté vient de Jenny qui apporte une touche féminine et plus fraîche à cette nouvelle saga. Elle est cependant assez têtue et agaçante. Un peu comme Kwyn de Arena 13. Je préfère largement Alice, la sorcière et amie de Tom. 

Dans ce premier tome, l’auteur replace ses pions après la fin de la saga précédente et poursuit le travail de fond réalisé sur les nouveaux ennemis, les Kobalos. On a un plus grand aperçu du vaste monde dans lequel évolue Tom et on sent que l’auteur en a encore pas mal sous le capot. J’espère juste qu’on retrouvera plus l’ambiance fantastique dans les prochains tomes. Ça tombe bien j’ai déjà le prochain tome que je vais lire rapidement.



 Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Les Dieux sauvages T3 la fureur de la Terre

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site 
Critic
Fantasy
25 €
789 pages

Après avoir lu presque en suivant les deux premiers tomes (voir mon coup de cœur pour le tome 1 et mon avis très enthousiaste sur le tome 2) j’ai dû faire comme tout le monde et prendre mon mal en patience pour mériter la lecture de ce pavé de tome 3. 

 J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver l’univers et les personnages des Dieux Sauvages. Le roman est long, copieux et dense. Pourtant, je ne me suis nullement ennuyée, ni n’ai jamais décroché. 

Le cœur du roman est un siège. De nombreuses scènes d’assaut se succèdent et si ça pourrait paraître répétitif, au contraire j’ai trouvé ces scènes passionnantes car elles nous permettent de nous plonger dans cette guerre qui nous semble perdue d’avance. C’est une guerre d’usure, les combattants sont las, désespérés et pourtant, grâce à Mériane, ils gardent une lueur d’espoir. C’est exactement ce que j’ai ressenti. L’auteur arrive à nous transporter dans cette guerre plus vraie que nature. Nous sommes loin des batailles épiques et des héros flamboyants. Ici, il n’y a que des humains (enfin du moins d’un côté de la barrière) avec leurs forces et leurs faiblesses. Mériane est au bout du rouleau et sa fatigue contamine le lecteur… de même que sa détermination lorsque tout semble perdu.

Du point de vue de l’histoire globale, nous en apprenons davantage sur Wer, les Dieux et Nehyr. Peu à peu le voile se lève sur toute cette histoire et ça en devient encore plus intriguant. 

Niveau personnage, on suit beaucoup plus Chunsène qui évolue aussi peu à peu et devient de plus en plus intéressante à mes yeux. Elle grandit et c’est agréable de suivre son évolution. Mon cher Léopol est un peu plus en retrait dans ce tome et à mon grand désespoir tous les efforts déployés au cours des précédents tomes pour le faire changer sont brutalement réduits à néant. 

En fond, d’autres intrigues politiques continuent de se développer pour notre plus grand malheur puisque cela n’augure rien de bon pour Mériane. Cette religion weriste est une plaie et fait douloureusement écho à plusieurs de nos propres religions passées et présentes dans lesquelles la femme, la science et la connaissance sont des ennemies et conduisent aux pires dérives. C’est d’autant plus difficile en tant que lectrice d’être simple spectatrice de tout ce qui se trame et qui risque de se passer dans les prochains tomes. 

En résumé, ce fut une excellente lecture où j’ai ressenti le désespoir et la peur de nos combattants. Encore une fois la rigueur de l’auteur, sa plume, la quantité de ses recherche et la maîtrise de son univers font que cette série des Dieux Sauvages est de grande qualité et est passionnante à suivre.  

Encore une fois je ne peux que vous recommander cette série à tous les amateurs de fantasy !



 Ma note : :star::star::star::star::star-half: