Chronique : Au Service Surnaturel de Sa Majesté

Daniel O’Malley
Traduction : Charles Bonnot
Pocket 
Fantastique
8,60 €
664 pages

C’est mon amie Elyra Carrousel qui m’a offert ce livre et comme bien souvent, elle ne s’est pas trompée dans son choix. J’ai passé un très bon moment avec ce livre drôle, décalé et dynamique qui sentait bon l’Angleterre. 

J’ai été d’emblée prise d’affection pour Myfawny, en dépit de son prénom difficile à prononcer (apparemment même elle a du mal !) qui se réveille au beau milieu d’un parc complètement amnésique et poursuivie par des gens bizarres. Si la thématique de l’agence secrète qui emploie des personnes dotées de pouvoirs spéciaux n’est pas inédite, l’auteur a su se réapproprier ce thème grâce à un background riche et des idées bien trouvées. Je n’ai pas pu m’empêcher à Roxane Dambre et sa série Animae. 

Les personnages que l’on découvre sont atypiques et sympathiques. La Myfawny de départ avait prévu sa perte de mémoire et a donc laissé des lettres pour sa future « moi ». On peut donc la découvrir et elle est complètement différente de la nouvelle Myfawny. J’ai préféré la nouvelle mais j’ai aimé apprendre à connaître l’ancienne qui fait office de mentor. Parmi les autres personnages, Gestalt est le plus marquant et je loue les idées de l’auteur car c’est un personnage génial. 

Le roman était intriguant, passionnant et dense. L’auteur a su tacler les clichés tout en insufflant son humour britannique. Bon par contre il faudra m’expliquer comment on peut survivre à de telles journées ! En tout cas il y a une suite et je serai ravie de la découvrir 😉





 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Les Soeurs Carmines T3

Ariel Holzl 
Mnémos, collection Naos 
Jeunesse, Fantastique
17 €
271 pages

Après avoir beaucoup aimé le premier tome puis eu un coup de cœur pour le second, il me restait donc à découvrir le troisième et dernier tome des Sœurs Carmines. Cette fois nous suivons donc les aventures de la plus jeune sœur, Dolorine, accompagnée de son cher Monsieur Nyx lors de sa rentrée scolaire. Évidemment, nous sommes à Grisaille donc cette école n’a rien de normal ! 

J’ai retrouvé avec plaisir l’univers de Grisaille et l’humour si particulier de l’auteur. La narration depuis le point de vue de Dolorine est plus enfantin et naïf mais cela créé un décalage humoristique quand on l’entend parler meurtre avec un tel détachement. Ses pensées et réflexions sont aussi empreintes de bon sens. La fillette est attachante mais ça on l’avait déjà remarqué lors des tomes précédents. C’est aussi l’occasion pour nous de renouer avec son journal intime rempli de mots barrés et de dessins morbides.  

J’ai été ravie de voir aussi en fond Merry et, bien sûr, l’inimitable et irremplaçable Tristabelle ! L’auteur nous glisse quelques informations bienvenues sur le devenir de ces deux personnages. Il y aurait encore tant à dire sur elles, sur leur mère et bébé Dram… j’espère que l’auteur pourra développer cet univers encore un peu.

J’ai passé un bon moment de lecture, l’histoire prend un tournant auquel je ne m’attendais pas mais qui est digne de Grisaille ! Bon Dolorine travaille encore moins que dans un tome d’Harry Potter mais son école est sympa et ses camarades de classes intéressants. J’ai aimé retrouvé les différentes familles et voir que malgré leur jeune âge ils sont déjà tous à fond dans le complot et les tueries. J’aurais par contre bien aimé avoir un peu plus d’interactions avec Monsieur Nyx, même si à la fin il prend une… ampleur inattendue. 

En tout cas globalement les Sœurs Carmines sont une vraie réussite. L’auteur a su créer un univers atypique, riche et drôle avec des personnages uniques que l’on a plaisir à suivre. L’humour mordant, décalé et cynique qui accompagne cette trilogie est une vraie bouffée d’air frais dans le paysage littéraire du moment. Je vous conseille vraiment de ne pas passer à côté de cette pépite !



 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Waterwitch

Alex Bell
Traduction : Cécile Guillot
Editions du Chat noir
Young Adult, Fantastique
19,90 €
270 pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre de la masse critique de Babelio, que je remercie chaleureusement, ainsi que les Éditions du Chat Noir. Etant aux Imaginales de cette année j’ai pu le récupérer en mains propres, sauf que j’ai pas eu le temps de le faire dédicacer. Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice mais le résumé et la sublime couverture de Len-Yan m’ont motivée à postuler et je ne le regrette pas.

J’ai dévoré ce roman en 4h top chrono, le temps de mon train. C’était prenant, efficace avec des scènes horrifiques très marquantes. La plume de l’autrice est vraiment très visuelle, j’ai été sans peine embarquée dans l’histoire, l’univers et l’ambiance si particulière du Waterwitch. Les scènes avec les fantômes ou les sorcières sont vraiment bien pensées et stressantes à souhait.

Les personnages sont attachants, même si à la lecture du résumé je m’attendais à n’avoir qu’Emma en narratrice et surtout que son handicap serait plus mis en avant. J’attendais davantage d’approfondissement sur sa douleur, sa solitude et son impuissance dans des situations où marcher aurait été indispensable. Il manquait donc un peu de travail à ce niveau-là à mon goût.

Néanmoins Emma, son fidèle chien, Jem et Shell sont tous intéressants et agréables à suivre, même si je pense que l’autrice aurait gagné en intensité en limitant plus les points de vue et en approfondissant un peu plus la personnalité d’Emma. Au final c’est plus Shell qui prend le pas sur l’intrigue. L’histoire derrière le Waterwitch était en revanche passionnante et j’ai adoré l’ambiance de cette auberge ! J’ai été happée par cette histoire, je la visualisais parfaitement et j’y étais plongée jusqu’au cou. J’aime les histoires d’horreur donc j’en ai eu pour mon compte. L’univers et la plume sont tous deux très immersifs. Une adaptation cinématographique serait une belle réussite.

En conclusion, j’ai passé un très bon moment, rapide mais intense avec une ambiance travaillée et des personnages sympathiques. La couverture et la maquette soignée représentent également un plus dans la lecture.

 Ma note ::star::star::star::star::star-empty:

Chronique : le Miroir de Peter

John Ethan Py
Auteur francophone
L’Homme Sans Nom
Fantastique
19.90 €
318 pages

John Ethan Py, alias Sébastien Peguin, fait partie de ces auteurs francophones que je suis à chaque parution. Je l’avais découvert à la sortie de son très beau Le Songe d’Adam (lu avant que je ne me mette aux chroniques assidues) et je l’avais suivi dans son étrange récit autour de Lovecraft dans ChessTomb qui avait été une très belle réussite. Du coup, je m’étais jetée sur la précommande de son dernier Le miroir de Peter… pour le lire maintenant, 2 ans plus tard. Le temps passe trop vite !

Sans surprise de la part de l’auteur, il y a une énorme base de recherches. Le livre entier est riche en détails biographiques et symboliques et encore une fois j’ai appris énormément de choses. Dans Le miroir de Peter, nous nous intéressons à l’art cinématographique en grande partie, ainsi qu’à la symbolique des miroirs. Cette fois c’est l’histoire de Lewis Carroll en particulier que nous allons retracer d’une manière passionnante.  

On suit ici l’unique narrateur, Satiajit, psychiatre qui va prendre pour patient l’écrivain à succès horrifique George Mothershield. Un grand mystère plane sur cet auteur pour savoir comment il parvient à écrire des romans aussi horribles et pourtant saisissants. J’ai bien aimé Satiajit même s’il est plutôt du genre passif, à se laisser marcher sur les pieds par sa femme agaçante et ses beaux parents hautains. J’avais envie de le secouer. Il reste sympathique à suivre, tout comme George, dont la femme Martha est en revanche très flippante.  

L’ambiance du roman est particulière, glauque, oppressante. On sait que quelque cloche, ou va déraper mais impossible de deviner les révélations de l’auteur en ce qui me concerne. Il a très bien tissé sa toile et c’était extrêmement enrichissant. J’ai appris des choses intéressantes sur les légendes autour de certains films horrifiques, comme Freaks ou Cannibal Holocaust (que je n’ai pas vu d’ailleurs), sur Lewis Carroll, Stanley Kubrik (dont j’apprécie grandement les films), sur la psychanalyse etc. Cela m’a donné envie de voir tous les films cités que je ne connaissais pas encore.

Je ne vous le cache pas, ce livre est exigeant. Pas forcément en connaissances mais en attention et en rigueur. J’ai un grand respect pour l’auteur qui parvient à inclure dans le récit le résultat de ses astronomiques recherches sans le rendre indigeste ou soporifique. J’avoue par contre avoir été un peu perdue à un moment du récit avec tous les miroirs mais je pense aussi qu’à ce moment, je n’étais pas à 100% dedans.

Évidemment, qui dit miroir, dit porte ouverte à l’imagination horrifique. Les révélations de fin sont surprenantes mais cohérentes. Elles renversent le cerveau c’est sûr mais la toute fin avec la fameuse « image » est… absolument géniale. Je ne m’y attendais pas mais dès que j’ai su ce que c’était, j’étais bluffée et c’était comme une évidence. C’est une fin très forte et marquante. J’en suis encore impressionnée. 



En conclusion, c’est un très bon roman. Exigeant, comme je l’ai dit plus haut mais extrêmement riche et intéressant. J’ai préféré ChessTomb, d’où ma note inférieure, mais je ne regrette absolument pas d’avoir suivi l’auteur une fois encore et j’espère qu’un prochain roman fera bientôt son apparition.


Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Rouge toxic

Morgane Caussarieu
Autrice francophone, voir son blog
Actu SF / Naos
Jeunesse, fantastique
14,90 €
348 pages

Après avoir eu un gros coup de cœur pour Dans les veines et avoir adoré Je suis ton Ombre, je ne pouvais pas passer à côté de Rouge toxic, le petit dernier roman SFFF de Morgane Caussarieu. Je le lui ai pris aux Imaginales 2018 où j’ai enfin pu la rencontrer et discuter un peu avec elle malgré la fournaise !

Rouge Toxic est un livre estampillé jeunesse. Le sachant, je m’attendais évidemment à ce que la plume de Morgane soit un peu plus allégée. J’avais cru comprendre, d’après la dédicace de l’autrice, que nous allions revoir des personnages de ses autres romans et je ne m’attendais pas à être si heureuse de revoir un certain Punk ! Mais revenons au style de Morgane qui a su s’adapter à un public plus jeune, même si ne nous leurrons pas, cela ne reste pas abordable avant un certain âge car il y a de la violence, du sang et de l’addiction. L’alternance de courts chapitres d’un point de vue de Farouk le vampire enfermé dans un corps d’ado, ou de Barbie, l’humaine spéciale, ainsi que les phrases courtes et percutantes collent parfaitement au lectorat cible.

Le roman donne le ton dès le départ : ce sera sanglant. Et c’est un vrai régal. Les vampires de l’autrice sont toujours aussi dangereux mais curieusement attachants. Ultime honte sur moi j’avais oublié certains aspects pourtant juste primordiaux de Je suis ton ombre et Dans les veines, comme la mort d’un des personnages hyper important… Bon du coup ma surprise n’était pas feinte à cette annonce ! 

La force de ce récit, c’est Farouk. Il est très différent des autres vampires du clan de l’autrice, il se croit même le seul vampire au monde ! S’il savait ! J’ai bien plus apprécié Farouk que Barbie. Il lutte contre ses démons tout en restant relativement droit dans ses bottes. Contrairement à d’autres, Farouk n’aime pas forcément prendre des vies et le roman va donc s’intéresser à cette humanité qu’il a conservée, ainsi qu’à la notion de famille et d’appartenance à une communauté. 

Dans la première partie du roman, nous restons au lycée (et au centre équestre, et cette fois Morgane n’a pas tué de cheval, merci 😉 ) où l’autrice nous dépeint avec réalisme la cruauté de ce monde. On y parle exclusion, différence, bizutage. Difficile de ne pas s’identifier à l’un ou l’autre des laissés pour compte ou de ne pas maudire les reines de la ruche. La critique du noyau familial n’est pas en reste à travers les yeux de Barbie qui est à la recherche d’un peu d’affection de la part de son tuteur vu que toute sa famille est morte ou la rejette.

Les choses s’accélèrent dans la deuxième partie, nous avons des révélations sur la nature de Barbie et Farouk découvre sa famille vampirique. Autant j’ai bien aimé Barbie dans la première partie, autant dans la seconde elle régresse. Si je l’ai enguirlandé pour ses erreurs et sa bêtise qui s ‘annoncent fatales pour certains personnages, je me suis ensuite rappelée qu’elle n’avait que 15 ans. On avait tendance à l’oublier vu qu’elle semblait assez mature dans la première partie et que Farouk, avec ses années d’existence derrière un visage d’ado, est plus réfléchi (enfin, sauf quand le sang entre dans la danse). Dans cette seconde partie, l’histoire prend donc une nouvelle ampleur et forme un ensemble cohérent et très intéressant pour qui a lu Dans les veines et/ou Je suis ton ombre. Certaines affaires trouvent leur conclusion, notamment pour un personnage clé de Dans les veines qui méritait enfin sa délivrance. Et si on ne les a pas lus, cela donne envie de creuser (ou de relire comme moi vu que j’avais zappé beaucoup de choses). La fin laisse aussi une belle ouverture pour poursuivre sur ce sujet.

À la lecture du 4ème de couverture je m’attendais à une relation plus malsaine entre Farouk et Barbie. En fait, ce roman est une excellente porte d’entrée pour tous ceux qui ne connaissent pas l’univers de Morgane Caussarieu ou qui aiment un peu l’horreur mais pas trop. En revanche, pour les habitués, c’est une promenade de santé (quoique… ce qui se passe dans cette chambre d’hôtel…brr) et je suis un peu frustrée car je sais que l’autrice peut aller tellement plus loin dans le glauque, le sanglant et l’horreur de la psyché humaine. Mais c’est un roman jeunesse, tel est le deal

En conclusion, j’ai beaucoup aimé ce roman, en grande partie grâce à Farouk qui est un personnage fort, attachant et très intéressant à suivre. L’univers de Morgane Caussarieu est toujours un régal et j’espère qu’elle n’en a pas terminé avec ses vampires méchants. Je vous conseille à 100% ses romans… si vous avez le cœur bien accroché ^^


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Passé déterré

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Thriller, fantastique, horreur
21 €
380 pages

J’ai gagné ce roman lors du concours organisé par Book en stock pour leur Grand Prix de l’Imaginaire 2018. J’avais vu passer cet auteur, Clément Bouhélier dans le catalogue des éditions Critic et il me tentait depuis un moment. D’ailleurs, vu que le mois d’octobre lui sera consacré sur Book en Stock, vous allez entendre parler de lui à nouveau chez moi aussi 😉 

J’ai donc pu me familiariser avec cet auteur lors de ma lecture de son « one shot » Passé Déterré. À la lecture du résumé, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à un vieil épisode d’une série, je ne sais plus si c’était les contes de la crypte ou autre, où des morts sortaient de leur tombe et retournaient dans leur famille. De mémoire c’était assez bienveillant. Mais Passé Déterré n’a rien à voir avec ce que j’imaginais. 

Le style de l’auteur est agréable à suivre, fluide et sans fausse note. Le roman prend le temps de bien poser le contexte, de ce fait, il se passe pas mal de temps avant que les éléments fantastiques ne soient exposés à la lumière. L’ambiance est très réaliste, comme souvent quand des auteurs français nous plongent dans des petits villages de France. Cela peut se passer n’importe où au final, ce qui renforce notre identification aux personnages. Même le drame qui frappe ces familles, un accident de bus mortel où plusieurs enfants sont tués, sonne tristement réaliste. Un fait divers parmi d’autres, qui trouve écho n’importe où en France aussi. Il n’y a pas si longtemps, un bus scolaire avait été fauché par un train aussi. Bref, le contexte est à la fois universel et très intimiste puisque l’on parle de deuil. 

Nous suivons surtout Estelle, qui pense avoir surmonté la mort de son unique enfant, même si pour cela elle est séparée du père de son garçon. J’ai aimé le fait que l’auteur nous montre les réactions des parents plusieurs années après et non juste après le drame. Six ans ont passé et les familles ont toutes réagi différemment à cette épreuve. Cela dépend de s’ils avaient ou non d’autres enfants, s’ils sont restés ou partis et si les couples ont tenu malgré l’adversité. Cette vision a ajouté de la richesse à cette ambiance réaliste.

Estelle est une femme à laquelle il est facile de s’identifier. Elle est sympathique, et sans s’apitoyer sur son sort, sa détresse est palpable et on la partage avec elle. Elle est attachante et on lui souhaite de s’en sortir et de recommencer sa vie même si on sait au fond de nous que c’est impossible d’effacer la mort de son fils et qu’elle ne pourra jamais l’oublier. Alexandre, un autre père qui a perdu son enfant, est aussi très intéressant. Il s’est encore plus renfermé qu’Estelle, on le prend pour le violent et le fou, lui qui a cédé à l’envie meurtrière de la vengeance. On suit également les points de vue des responsables : le Maire qui a fermé les yeux, le chauffeur bourré rescapé et son frère qui dirige l’entreprise familiale. Sans tomber dans les clichés des méchants, l’auteur nous dépeint des personnes humaines qui ont commis de terribles erreurs. Il aborde à travers tous ses personnages des sujets classiques mais qui sont toujours très instructifs dès lors qu’on y réfléchit : la vengeance, la culpabilité, ce fameux enfer pavé de bonnes intentions, le deuil évidemment ainsi que le pardon. Il y a aussi cette agaçante « normalité », qui veut que au-delà d’un certain temps, on est obligé de tourner la page. 

Bref, cette histoire est très prenante même si, au final, l’action ne démarre vraiment que sur la fin. Il y a une tension grandissante et surtout le fait qu’on imagine un schéma classique, la vengeance, qui n’est pas tout à faire suivi. Tout le monde peut être visé car l’origine du mal qui sévit sur ce village est bien plus complexe qu’il n’y parait et plus intéressante aussi. Je ne peux pas trop vous en dire au risque de spoiler mais la raison pour laquelle ces morts reviennent est inattendue et bien traitée. L’auteur n’est pas tombé dans le déjà-vu ni dans la facilité.  Il y a un lien profond lié au village qui est exploré au travers de flash-back. La fin… la fin nous remplit d’espoir jusqu’à ce que le prologue vienne tout réduire à néant. C’était très bien joué de la part de l’auteur. 

En conclusion, j’ai passé un très bon moment avec cette lecture riche en émotions. On ne tombe pas dans le cliché et tout est fait pour que le lecteur s’identifie au contexte ainsi qu’aux personnages. Cela pourrait être vous, comme vos voisins du village d’à côté. L’histoire est prenante, on a envie de suivre ces personnages et même si certains pourraient trouver le rythme lent, je n’ai ressenti aucune longueur. Clément Bouhélier est donc un auteur français à suivre… et que j’ai eu grand plaisir à retrouver avec son dernier roman en date. Plus d’infos en octobre !

Ma note : :star::star::star::star-half:

Chronique : La Magie de Paris T3 Ici et Ailleurs

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
277 pages
À l’instar des autres tomes, j’ai dévoré ce livre ! Je suis au final bien contente d’avoir attendu que toute la série soit publiée comme ça je n’ai pas d’attente entre les tomes. Comme avec tous les autres romans de l’auteur, on souhaite que la série ne se termine pas. L’univers et les personnages sont tellement intéressants qu’on aurait pu s’attarder pendant plusieurs tomes… mais j’en conviens, l’intrigue en aurait pâti car il y avait urgence pour nos héros d’agir. 

Je suis très contente car les réponses ne sont pas celles auxquelles on aurait pu s’attendre. Les explications sur l’origine de la Magie et son utilisation par les mages et Mikael sont aussi originales que bien travaillées. J’ai beaucoup aimé me trouver de « l’autre côté ». Comme dans le Noir est ma Couleur, l’auteur tient à nous montrer que rien n’est ni noir ni blanc et que les gentils sont parfois plus cruels que lesdits méchants. 

On a de nombreux rebondissements, des révélations aussi, des morts également. L’ambiance est clairement plus sombre comparée aux deux précédents tomes même si bien sûr nous avons des touches d’humour pour détendre l’atmosphère. Les questions sont plus adultes, l’enjeu est très sérieux aussi et la vie de nos héros est sans cesse menacée. 

Tous nos personnages évoluent, Nour prend ici enfin de l’importance car jusque-là elle ne servait qu’à ancrer Chloé dans le monde normal mais cela commençait à la faire passer pour un boulet et une copine casse-pied. Je suis contente que l’auteur lui ait ainsi donné sa chance. Chloé continue d’être une héroïne au top ; Thomas continue de nous montrer qu’il est très fort en magie et un type adorable ; Cassandre se dévoile aussi, on la découvre sous un autre jour (mais ses épreuves n’excusent en rien son comportement, soyons clairs) ; Mikael reste un connard. Il n’y a que David qui malheureusement n’évolue pas plus. Il s’est déridé assez vite pour accepter Chloé mais depuis la moitié du 2ème tome, il stagne à l’inverse des autres. 

Je suis obligée de spoiler, passez au paragraphe suivant si vous ne voulez pas connaître le choix amoureux de Chloé ^^ J’ai été déçue de ce choix car je suis pour la team David depuis le départ et je voyais d’ici les complications intéressantes crées par le lien télépathique que Chloé et Thomas partagent. Chloé nous présentait David comme le type parfait dès le départ mais à mes yeux il a beaucoup de défaut aussi justement, sa froideur, son manque d’empathie, d’humour ou d’initiatives. C’est pourquoi je l’attendais au tournant avec une belle évolution. Cela n’a pas été le choix de l’auteur et du coup c’est vers Thomas que Chloé se tourne. Alors attention, Thomas est génial, c’est un garçon adorable, intelligent et très drôle mais depuis le départ, malgré quelques rapprochements plus gênants qu’autre chose, je n’ai nullement ressenti d’attraction entre eux. Ils ont une super complicité en revanche et j’ai cru à un moment que Chloé et David partageaient aussi un début de complicité. Le chemin choisi par l’auteur devient définitif au milieu de ce tome 3 même si j’ai eu l’impression que Chloé ne savait pas trop pourquoi. Au final, même si je suis déçue je comprends ce choix et comme Thomas est un gars super c’est tout aussi bien pour Chloé. 

Cela n’a pas entaché longtemps ma lecture, cette série est géniale : dynamique, drôle, enthousiasmante, pleine de suspense et de rebondissements. Rires et émotions ont ponctué ma lecture et toutes nos questions ont trouvé des réponses satisfaisantes. Comme je l’ai dit au départ, j’aurais pu suivre nos héros encore pendant longtemps, preuve que cette série est une réussite ^^ Elle n’a pas détrôné le Noir est Ma Couleur mais elle a su trouver sa place et me confirme que je peux suivre cet auteur les yeux fermés 😉 

Donc, oui, évidemment je vous la conseille !!

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Dollhouse T1 Le carrousel éternel

Anya Allyn
Traduction : Fiona Martino 
Chat Noir
Young Adult, fantastique
19,90 €
296 pages
J’avais vraiment bien aimé Ephemeral Lake de cette autrice, traduit également aux Éditions du Chat Noir (voir ma chronique), du coup je n’ai pas hésité à la suivre dans cette autre série qui en plus me semble plus sombre. 

J’ai donc retrouvé la plume d’Anya Allyn, immersive, entraînante et efficace. Difficile de savoir si les différences de style que j’ai senties (moins poétique, plus incisives) sont dues au changement de traducteur ou bien au fait que de base l’autrice a modifié son style pour cette nouvelle série. En tout cas c’est toujours un régal à suivre. A part quelques soucis de mises en page au début et le choix de ponctuation pour les dialogues un peu déroutant, l’intérieur est très soigné et agréable. La couverture de Mina M. est aussi magnifique et contribue activement à nous faire acheter ce roman !

Anya Allyn nous mène encore une fois bien en bateau avec cette histoire. Elle brouille les pistes, laisse le lecteur émettre ses hypothèses avant de révéler ses réponses. Le quatrième de couverture ne laisse pas du tout imaginer ce qui se passe réellement dans cette fameuse maison. J’étais partie sur des trucs différents et j’ai donc été surprise de connaître le fin mot de l’histoire (enfin il y a encore plusieurs tomes mais nous avons déjà beaucoup de réponses). 

Globalement, j’ai retrouvé des personnalités assez semblable à Ephemeral Lake. La plupart des ados sont gentils, et pas caricaturés, néanmoins cela me donne une impression d’inachevé, comme si l’autrice n’était pas allée au bout de son idée de personnalité. Je m’explique. On nous présente Cassandre au départ comme une nouvelle élève qui a quitté Miami où elle était une sacré fêtarde avec ses amies (Cordelia Chase, sors de ce corps XD). Du coup on s’attend à un gros décalage entre ses anciennes amies dont elle nous parle et ses nouveaux amis australiens campagnards. Finalement il n’en est rien, le background construit sur sa vie à Miami ne sert à rien du tout, du moins dans ce tome là. Cela manquait de cohérence. De la même manière, on nous dit qu’Ethan cache une part d’ombre et de violence qui n’est pas vraiment exploitée non plus. A l’inverse Aïcha est très réaliste avec ses défauts et erreurs d’adolescente aussi agaçants que compréhensibles, pareil pour Lacey. Au final, cela nous donne des jeunes assez sympathiques mais sans de réels traits de personnalité originaux. Il n’y a que Jessamine qui sort du lot, même si on doit attendre longtemps avant de comprendre ses motivations.

Mais de manière générale ces aspects ne m’ont pas empêché de m’identifier à eux, de me projeter à leur côté et de ressentir leur détresse ou leur colère. En dépit de leurs personnalités, toute l’intrigue et leurs réactions sont bien pensés et menés de manière intelligente. 

L’aspect claustrophobe et l’impuissance de nos héros à pouvoir s’échapper sont bien retranscrits. J’ai aimé l’ambiance sombre et glauque, même si on reste sur un ouvrage young adult. Comme pour Ephemeral Lake, malgré les horreurs et la dureté des événements qui touchent ces jeunes gens, j’ai ressenti cette pointe de mélancolie, de tristesse, de bienveillance à la base qui est détournée pour donner quelque chose de plus sombre. C’est vraiment cette ambiance très particulière qui pour moi caractérise cette autrice.

La fin est étonnante et audacieuse. Pleine d’espoir et en même temps très dure. Cela donne indubitablement envie de lire la suite ! Anya Allyn est une autrice à suivre qui propose des romans différents dans la sphère du young adult.


Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Magie de Paris T1 : le coeur et le sabre

Olivier Gay
Castelmore
Young Adult, fantastique
14,90 €
319 pages
J’ai acheté ce roman lors des dernières Imaginales afin d’avoir une dédicace de l’auteur et de pouvoir en discuter avec lui. Un mois après, je regrettais amèrement de ne pas avoir cédé en achetant la trilogie entière ! 

J’ai commencé à lire avec le souvenir encore fugace de notre duo Manon/Alexandre du Noir est ma Couleur (foncez la lire !). J’avais un peu peur justement que leur alchimie géniale ne vienne hanter ma lecture. J’ai vite été rassurée car les nouveaux sont tout aussi géniaux. Ici, le couple est inversé : c’est Thomas qui baigne dans la magie et c’est Chloé la sportive. Pour autant ce n’est pas juste un collage transposé (merci Excel !) par rapport à sa précédente série jeunesse. Les deux héros ont leur personnalité et leurs objectifs propres. Le pari est donc relevé. La magie est également différente, même si je préférais celle du spectre, celle-ci ne manque pas d’originalité et nous avons droit à des démonstrations de puissance crescendo.

De fait, j’ai beaucoup aimé Chloé, Thomas, David qui ont une bonne dynamique de groupe. Chloé m’a été d’emblée sympathique. Je n’ai jamais fait d’escrime de ma vie ni de sport de manière intensive de la sorte et pourtant je me suis très vite identifiée à elle. Elle est loin des clichés, notamment avec son physique, imparfait à ses yeux d’adolescente. Néanmoins elle fait preuve d’une détermination à toute épreuve et d’un grand courage, à l’image de Manon. C’est pour ça que je l’ai autant apprécié. Même dans ses failles (elle cherche à tout prix à se faire aimer de tous), je l’ai trouvé crédible et touchante. 

Thomas est très attachant, avec un humour comme j’aime et une sensibilité rare. Le lien qu’il partage avec Chloé, qui est devenue son Chevalier, est très intriguant et nous permet de mieux partager leurs émotions à tous les deux, sans qu’on ait besoin de changer de narrateur. C’est tout autant immersif et intimiste. Il ne paye pas de mine comme ça, le Thomas, mais il est très intéressant comme personnage. Leur complicité naissante fait plaisir à voir. Mais, ne nous trompons pas : je suis pour la team #David à fond ! Il ne dit pas grand-chose, et c’est rarement sympa, mais il en impose le David et il a un bon fond, ça se ressent. On a envie, au même titre de l’héroïne, de lui montrer ce qu’on vaut. J’ai donc hâte de voir comment leur petit trio va évoluer.

J’ai apprécié également le contraste entre des scènes surréalistes de magie et la vie normale que Chloé doit gérer avec ses amies (un peu envahissantes à mon goût de personne peu sociable) et sa mère. J’ai d’ailleurs aimé le fait que la famille de Chloé est imparfaite également,un reflet de notre société actuelle qui ancre encore plus le récit dans le réel… magie mise à part.


Enfin, les révélations finales sont… complètement inattendues et m’ont laissée sur les fesses pour rester polie. Et pourtant, tout était cohérent. Chapeau bas, Olivier ! Je garde des réserves en ce qui concerne les méchants, alias les Goules pour voir si cela ça ne fait pas comme avec les mages noirs du  Noir est ma Couleur. Car ici aussi, tout n’est pas si blanc ou si noir et c’est ce que j’apprécie beaucoup dans tous les récits de cet auteur.

En résumé, action, humour, amitié et plus si affinités créent un cocktail parfait qu’Olivier Gay maîtrise à la perfection. C’est un très bon premier tome… dont la fin m’a obligé à acheter en urgence les deux tomes suivants ! 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Saving paradise T1 En proie au rêve

Lise Syven
Auteure francophone (voir le site)
Castelmore
Fantastique, Young adult
16,90€
380 pages

A trois mois des prochaines Imaginales, il était temps que je me mette à lire les romans achetés l’an dernier non ? Histoire de savoir si je prends la suite, ça pourrait déculpabiliser le porte-feuille. Je vous épargne le suspense : bien sûr que je prendrai le tome 2 de Saving Paradise  !

Dire que j’ai été happée serait un faible mot car je n’ai pas vu passer les cent premières pages. Les suivantes auraient subi le même sort si le week-end n’était pas venu entrecouper ma lecture. 

En bon Young Adult, l’histoire démarre sur les chapeaux de roue, néanmoins j’ai trouvé l’ensemble très réaliste et bien traité. Je n’ai pas eu l’impression que l’auteure précipitait son histoire ni n’occultait des passages importants. Non, le rythme est juste soutenu. L’aspect surnaturel vient tout doucement, à tel point qu’on pourrait se demander durant une bonne partie du récit si ce n’est pas juste un thriller. Mais non, il y a bien du fantastique, qui arrive par touche, de sorte qu’on a pas une acceptation aussi brutale qu’improbable, ni un déni agaçant de la part de l’héroïne. Encore une fois, c’est donc fait avec justesse. Le fantastique est tellement en arrière-plan qu’à la fin du premier tome on sait qu’on a affaire à des créatures surnaturelles (je ne vous dirais pas lesquelles) sans être sûr et certain de leur nature. Ce que j’ai pu apercevoir et comprendre m’intrigue énormément, j’ai hâte de voir ce que l’auteure nous réserve dans le volume suivant.

Nous sommes loin d’avoir toutes les cartes en main et pourtant nous n’en avons pas encore besoin. Cela ne m’a pas dérangé de terminer ma lecture avec des questions car cela titille mon imagination. Tout au long de la lecture nous soupçonnons une présence surnaturelle, nous cherchons les taupes, les responsables et je suis tombée dans quelques pièges.


J’ai bien aimé Faustine, une étudiante relativement bien dans ses baskets, qui pourrait être vous et moi. Ce n’est pas la grande révolutionnaire, ni la grande gueule ou au contraire la naïve. Ce n’est ni la reine du bal, ni la laissée pour compte qui se transforme en cendrillon. Faustine a ses qualités, ses défauts mais elle est surtout résolument humaine et d’une nature agréable à suivre. 

Nato est surprenant. Il ne colle pas forcément au profil type du héros de ce genre de roman. Il est gentil, agréable aussi, mais il ne s’impose pas, ce n’est pas un casse-cou surprotecteur ni un grand révolutionnaire lui non plus. Il a un passé difficile mais qui n’est pas cliché et qui est surtout très réaliste. C’est une bonne pâte et son lien avec Faustine est reposant. Je trouve qu’ils se complètent bien et qu’ils apportent un peu de paix et d’unité dans ce récit survolté.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste, à commencer par Allison que j’ai adorée. Idem pour Michelle, qui me faisait penser à l’une des scientifiques de la série Fringe. Le père de Faustine est un homme intéressant même si nous n’avons pas eu l’occasion de le connaître vraiment au-delà du scientifique dans ce premier tome. Les ennemis sont intrigants et charismatiques, de même que Chevalier, un personnage que j’ai eu du mal à cerner tant elle est mystérieuse. Bref, nous avons un mélange de personnalités très diverses sans pour autant tomber dans les clichés. Tout ce beau monde contribue à rendre la lecture agréable.

Pour autant, je n’ai pas pu avoir de coup de cœur alors que tout était réuni. Pourquoi, me direz-vous ? C’est entièrement la faute de l’auteure ! Et oui, car elle avait placé la barre teeeeellement haut avec son diptyque Les chroniques de Siwès que je n’ai pas cessé de comparer Faustine à Siwès et Nato à Baxian. Or Baxian est irremplaçable. Même plusieurs années après ma lecture, cette histoire continue de m’accompagner et de me faire rêver. Bon c’est un peu bête car du coup ma lecture de Saving Paradise en a pâti un peu mais du coup j’ai envie de relire Siwès…

En proie au rêve est une très bonne lecture, haletante, surprenante et très ancrée dans le réel ce qui permet de s’attacher vite aux personnages. Elle change assez de mes autres lectures dans le Young adult et de ce qui se fait actuellement je trouve. J’ai hâte de me procurer le deuxième et dernier tome et d’avoir toutes mes réponses !

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty: