Chronique La main de l’Empereur T1

Olivier Gay

Auteur français (voir la page facebook)
Bragelonne
Fantasy
20 €
375 pages
Après avoir eu un immense coup de cœur pour Les Epées de Glace (voir ma chronique ici) et adoré le personnage charismatique et néanmoins pas très éthique de Rekk alias le boucher, j’étais obligée de me plonger dans la préquelle qui s’intéresse de très près au passé de notre anti-héros qu’on aime en dépit de ses actes impossibles à cautionner ou pardonner. Certes, j’aurais mis le temps puisque cette duologie est à présent complète depuis 2017. J’en profite aussi pour dire que la couverture superbe est signée Magali Villeneuve !

J’ai replongé avec régal dans l’univers fantasy de l’auteur, servi par la plume fluide, agréable, maîtrisée et efficace d’Olivier Gay. Tous les personnages sont marquants et c’est avec plaisir qu’on retrouve Rekk et d’autres personnes de son passé comme Dareen et les origines du prénom de Deria.

Nous avons donc un aperçu de l’enfance de Rekk puis de son adolescence mais les choses sérieuses commencent à son entrée dans l’âge adulte et donc à la guerre. Cette dernière se déroule dans une contrée reculée, dans la jungle et face à un peuple tribal qui connaît parfaitement son terrain et qui sait comment malmener les hommes de l’Empire. L’ambiance est stressante et étouffante à souhait, on est très loin de la guerre glamour et propre.

Notre cher Rekk est très naïf mais il n’en demeure pas moins redoutable dès le début. Il reste équilibré, ce n’est ni un benêt ni un monstre au départ, il est seulement façonné par les événements et des personnes qui vont vouloir se servir de lui. Ses vrais amis se comptent donc sur les doigts d’une main. Je l’ai trouvé très crédible mais je ne suis peut-être pas à 100% impartiale dans l’histoire ! Ce que j’apprécie avec Olivier Gay c’est qu’il maîtrise aussi très bien les personnages féminins et que les femmes ont toujours la part belle dans ses romans. Nous sommes servis ici entre Dareen et Bishia, même s’il y a d’autres femmes de caractère et d’envergure dans l’histoire. Bishia n’avait pas vraiment le profil de femme que j’apprécie d’ordinaire mais elle a su tirer son épingle du jeu et se révéler bien plus intéressante que de prime abord.

Le récit est ponctué de touches d’humour qui allègent l’ambiance lourde de la guerre et des massacres et qui permettent au lecteur de souffler entre tous les morts car personne n’est épargné. J’ai vu venir de loin certaines grosses ficelles tandis que d’autres sont restées suffisamment subtiles pour que je me fasse prendre.

La fin est terriblement frustrante et je pense que j’aurais pu m’en douter si je n’avais pas, moi aussi comme Rekk, une part de naïveté en moi. J’étais également tellement plongée dans le récit que j’avais oublié les indices donnés dans Les Epées de Glace qui m’ont sauté aux yeux une fois le dernier paragraphe lu. Cela m’a brisé le cœur.

En toute honnêteté, est-ce que ce roman sur le passé de Rekk est essentiel à la compréhension du personnage et de l’univers ? Non, car Les Epées de Glace se suffisaient à elles-mêmes, le récit et les personnages étaient suffisamment fouillés et travaillés pour qu’on s’imagine très bien le passé chaotique et sanglant de Rekk. En revanche je suis ravie que l’auteur ait eu l’opportunité d’écrire sur le passé de Rekk car c’est un régal de le lire et peu importe ce qu’il a à dire sur ce héros, moi j’achète. D’ailleurs je vais prendre la suite au plus vite. Je me dis même qu’Olivier Gay aurait pu écrire 6 tomes que je les aurais aussi tous lus tant son univers et ses héros sont addictifs.

 Ma note :  :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Des proies pour l’ombre T2

Dana B. Chalys

Autrice française (voir le site Internet)
Flammèche
Urban fantasy
19,90 €
477 pages
Voici le deuxième tome qui fait directement suite au premier (chroniqué ici). On retrouve nos personnages à Londres où Beth veut se battre pour retrouver Shane Stratton et va donc mettre les pieds dans cette grande et intimidante famille de chasseurs du Surnaturel. Comme pour le tome 1 mon avis va être difficilement impartial puisque l’autrice est une amie proche et qu’en plus j’ai bêta lu son roman. Je suis donc un peu juge et parti !

J’ai néanmoins replongé avec délice dans l’histoire, peu importe le temps écoulé entre mes deux lectures. J’ai aimé retrouver toute la brochette de personnages attachants, profondément humains que Dana a su créer. On a toujours l’impression d’être auprès de chacun d’entre eux et de partager leurs doutes, leurs peurs et leurs moments de bonheur.

Si dans le premier tome l’accent était mis sur Keith et sa cousine Beth, dans ce tome, nous apprenons à connaître en détail la famille Stratton, engluée dans les traditions, les drames familiaux et l’autorité écrasante du patriarche Dan. Nous retrouvons des têtes connues ainsi que des liens avec d’autres histoires de l’autrice. Impossible de ne pas s’attacher à ces frères et soeurs charismatiques, liés et pourtant déchirés et à la recherche d’un peu de bonheur. Chaque personnage est travaillé, possède ses qualités et défauts propre et a son rôle à jouer dans l’histoire.

L’univers est riche, avec une appropriation toute personnelle des créatures surnaturelles, les rebondissements sont nombreux, les personnages évoluent et l’intrigue nous tient en haleine. Les indices sont tellement bien cachés que j’ai mis plus de la moitié du roman avant de me rappeler l’identité du coupable.

Bref on y parle de Loup-Garou, de Vampires et de Sorcières mais il s’agit avant tout de drames familiaux, d’une aventure humaine, une quête de soi touchante (sexualité, place dans une famille nombreuse, destinée, sacrifice par amour…) qui saura atteindre chaque lecteur d’une manière ou d’une autre.

La maison d’édition Flammèche étant malheureusement fermée, l’autrice va tout de même sortir son troisième tome d’ici peu afin d’offrir à ses lecteurs une fin en bonne et due forme 🙂

 Ma note ::star::star::star::star::star-half:

Chronique : Spire T1 Ce qui relie

Laurent Genefort

Auteur français (voir le site Internet)
Critic
Science-Fiction
18 €
309 pages
J’ai découvert Laurent Genefort grâce au podcast Procrastination qu’il co-anime avec Lionel Davoust et Mélani Fazi. Je connaissais déjà ces deux derniers (j’ai quasiment toute la biblio de Lionel !) mais je n’avais pas eu encore l’occasion de lire un roman de Laurent Genefort. Or j’ai trouvé ses interventions dans ces podcasts très intéressantes, cela m’a donné envie de voir comment justement lui aussi développait ses univers. En plus, je délaisse trop la SF ces dernières années, donc ni une ni deux, je me suis jetée sur lui aux Imaginales de 2018 et je lui ai pris deux romans, dont le premier tome de la trilogie Spire qui m’attirait depuis un moment avec les trois magnifiques couvertures formant une seule et même image.
Après cette longue introduction, rentrons dans le vif du sujet. J’ai passé un très bon moment de lecture avec Spire, dépaysant, instructif, immersif et en compagnie de personnages intelligents et attachants. L’idée de nos héros, Lenoor et Hummel, est louable, à savoir créer leur propre compagnie de transport interstellaire qui desservirait des planètes éloignées, délaissées et aux conditions d’accueil des vaisseaux plutôt hasardeuses. Seulement, les voyages dans l’espace sont dangereux… et surtout les atterrissages !
Le parti pris de l’auteur est de s’attarder sur le contexte de création de la Spire, puis de faire des ellipses temporelles pour nous amener à des moments clés. J’ai apprécié ces zooms narratifs qu’il nous présente, qui vont nous permettre d’apprendre à connaître nos principaux héros en premier lieu, puis les nouveaux venus, ainsi que les valeurs portées par toutes ces personnes, hommes ou femmes.

La création de la Spire s’accompagne malheureusement de complots et de coups bas pour essayer de réduire à néant cette nouvelle compagnie. À cela s’ajoutent les conditions difficiles d’accès à chaque planète. J’ai trouvé original que pour une fois ce ne soit pas l’espace en lui-même qui soit source de danger mais bien les manœuvres sur les planètes. De la même manière, pas d’alien sanguinaire mais des colons aux objectifs différents sur chaque monde, au niveau de développement inégal et qui rencontrent des problèmes sociétaux liés à toute colonisation ainsi qu’à l’isolement.

J’ai beaucoup aimé suivre des personnages qui, pour une fois, sont quasiment tous foncièrement gentils et altruistes. Certes, la compagnie est lucrative, ce qui est normal pour payer les vaisseaux et les employés, mais sa création part d’un bon sentiment et il est facile de s’identifier à tous ces personnages.  J’ai donc aussi apprécié le développement progressif de la compagnie mais qui sous-entend malheureusement de futurs problèmes dans les prochains tomes. Qui dit agrandissement de la compagnie dit plus d’argent à brasser, ce qui rime presque irrémédiablement avec des dissidences internes, sans parler d’un des personnages importants qui se rapproche davantage du financier et qui donc n’a pas forcément toujours la même vision que nos pilotes. Bref, ça sent le roussi pour la suite !
J’ai commencé par un des derniers cycles de l’auteur, donc je découvre sa mythologie autour des portes de Vangkt, des sortes de portes des étoiles si je devais faire la comparaison. Et du coup, j’étais frustrée de ne pas en savoir davantage sur ce sujet qui me semble passionnant. Il ne tient donc qu’à moi de rattraper mon retard sur la bibliographie de l’auteur.
Je suis donc ravie de ma découverte, j’ai aimé la sobriété narrative de l’auteur (il n’essaye pas d’en faire trop, d’être trop technique ou au contraire trop bref ou incisif), ses idées, sa vision, ses personnages et les valeurs qu’ils véhiculent. Je prendrai la suite à coup sûr et je dois me pencher sur son autre cycle Omale.
 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Le Dieu-Oiseau

Aurélie Wellenstein

Autrice française
Scrinéo
Fantasy
16,90 €
333 pages

J’avais lu et globalement apprécié les précédents romans de l’autrice, Le Roi des Fauves et Les Loups Chantants, même s’il y avait toujours un petit manque d’approfondissement à mes yeux, notamment sur la fin des Loups Chantants. Il n’en demeurait pas moins que les intrigues étaient intéressantes et surtout très prenantes. L’ambiance, la violence, les profonds sentiments d’injustice sont les points forts de l’autrice dans tous ses récits et le Dieu-Oiseau n’y échappe pas. 

L’ambiance générale du roman est sombre et glauque. Le postulat du pays où vit Faolan est que tous les dix ans a lieu une épreuve terrible, sorte de Battle Royal. A l’issue de la quête de l’œuf d’or sur l’île des dieux, le vainqueur règnera sur les autres clans et réduira tous les autres en esclavages, et s’il peut bouffer les vaincus, tout n’est que mieux. J’ai déjà eu du mal avec ce concept ultra violent (cela ne me dérange pas en soi) mais que je trouve bancal. Dévorer le cœur de l’ennemi est une coutume qui a été découverte chez certains peuples et la croyance qui fait qu’on s’approprie les pouvoirs ou l’âme de la personne peut se comprendre. Mais le reste, la mise en esclavage des anciens vainqueurs et l’oppression générale de tout le monde sur une terre qui m’a donné une impression de désolée, je trouve ça contreproductif et je vois mal comment ils ont pu survivre aussi longtemps. Et surtout, devoir remettre le titre en jeu avec un mélange d’anciens esclaves et de maîtres, je ne vois pas du tout ce principe durer. Les forts auraient dû vouloir garder leur titre depuis un bail. Tout ceci me paraissait donc « trop », il n’y avait pas forcément besoin d’autant pour justifier tout ce qui a été mis en branle ni la quête de Faolan, car au final je n’ai pas réussi à m’identifier à ces peuples.

Notre héros, Faolan, est réduit en esclavage, et a vu sa famille être massacrée et dévorée par ceux qui le briment actuellement, dont son maître Torok. Et donc Faolan va vouloir participer à cette course (tout le monde peut y prétendre). On nous dit que la vengeance pousse Faolan à participer mais des fois je me demandais si Faolan lui-même savait ce qu’il voulait vraiment. Ses convictions ne m’ont pas forcément convaincue du coup je le voyais mal tenir ces épreuves, déjà qu’on nous dit bien qu’il n’a aucune condition physique, rien que la première épreuve, il aurait dû mourir noyé. Il y a un décalage entre ce que l’on nous dit, l’épreuve décrite, l’état physique (car après il se blesse) et ce qu’il parvient à accomplir. Ce n’est pas très crédible à mes yeux. Je suis restée assez extérieure à notre héros, ayant plus d’empathie pour certains de ses concurrents.

Les points positifs sont quand même une excellente immersion dans l’ambiance sombre, dans les épreuves, dans cette lutte incessante et tous les pièges que recèle l’île où Faolan et ses concurrents vont se retrouver. La psychologie de Faolan et sa relation avec Torok aussi est très intéressante, même si elle vient trop tard à mon goût, sur la fin c’est beaucoup mieux traité et ça monte en puissance mais j’aurais aimé avoir ces cartes-là en main bien avant histoire de rendre Faolan plus crédible dès le départ. Cela aurait permis davantage d’empathie face à la crédulité du personnage. J’ai vraiment tourné les pages avec intérêt pour savoir justement ce qui se cachait derrière cette quête, derrière ces anciens champions, derrière les visions de Faolan et quel serait son choix final. Malheureusement,  la fin m’a déçu. Il y avait encore une fois un tel potentiel d’idées à explorer sur le psychisme, les cercles vicieux, l’espoir… or, encore une fois pour moi ce n’est pas assez approfondi. Il y avait plusieurs fins possibles et l’autrice aurait pu sans aucun problème en choisir une autre sans pour autant perdre son public à mon humble avis.

Du coup je ressors encore une fois mitigée car la lecture est très prenante, l’ambiance est très travaillée et sombre, violente et malgré les défauts que j’ai pu trouvé j’ai plutôt apprécié ma lecture, mais la fin encore une fois n’est pas assez aboutie pour moi. Après tout ce qui est déployé, je trouve que ça retombe comme un soufflé. On vend ce livre comme le plus gore et violent de l’autrice mais j’ai envie de dire « et pour quoi faire ? » Je recherche encore le but, le message, au-delà de Faolan qui cherche à s’émanciper.


Pour autant le prochain roman de l’autrice sera dans ma PAL, ça traite d’élévation du niveau de la mer et d’impact écologique donc en gros c’est mon métier donc je serai au rendez-vous en espérant qu’il n’y aura pas ces mêmes défauts.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : les aventuriers de la mer T8 & T9

 
Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
377-378 pages
J’ai cette fois-ci enchaîné les deux derniers tomes, car il m’a été impossible de ne pas vouloir connaître le fin mot de l’histoire sur-le-champ. Tout ce qui a été mis en place dans les tomes précédents voit enfin son aboutissement. La tension est palpable pour Althea et sa quête pour récupérer la Vivacia, sauf que nous savons, nous, que son navire n’est plus le même, on se doute que les retrouvailles seront donc tendues. La pauvre Althea va vivre de durs moments particulièrement injustes mais j’ai aimé la fin que Robin Hobb lui a réservé. Elle aura été mon personnage préféré du début à la fin ! Je mets aussi Brashen dans le même panier, lui aussi a été un de mes chouchous et j’ai apprécié son évolution ainsi que son caractère. La fin qui lui est réservée m’a également comblée et je trouve qu’on peut tous être fiers de lui ainsi que de Parangon qui lui aussi a fait beaucoup de travail sur lui-même dans ces derniers tomes.

Selden a endossé un rôle assez particulier qui lui a permis de sortir du lot, de ne pas juste incarner le petit dernier trimballé d’un point A à un point B. J’imagine qu’il aura de l’importance dans le futur. Rheyn prend aussi du grade et une importance capitale pour la suite. C’est un personnage qui est sympathique à suivre et sa relation avec Tintaglia le dragon est plaisante à lire, néanmoins face aux autres personnages charismatiques, il fait plus effacé. Tintaglia est vraiment impressionnante, on perçoit bien sa grandeur, sa force et on se sent ridiculement petit à côté d’elle. Un Dragon dans toute sa splendeur !

Malta quant à elle s’est entièrement révélée. Tous ses caprices et son caractère de fille pourrie-gâtée a enfin trouvé une utilité et elle s’en sort comme une reine. Je crois que c’est le personnage dont l’évolution a été la plus spectaculaire, mais aussi la plus longue. Elle a incroyablement muri et c’était très plaisant à suivre. Ronica s’est peu à peu effacée pour permettre à Keffria de prendre enfin ses responsabilités.  Je n’ai jamais trop adhéré à Keffria mais au moins, elle n’a pas baissé les bras et va pouvoir s’épanouir dans ces nouvelles conditions (du moins on le lui souhaite). La situation globale à Terrilville a également été chamboulée, plus rien ne sera jamais comme avant maintenant que les Dragons sont là. On sent que tout ceci ne sont que des prémices qui s’inscrivent dans un plus grand cycle (l’assassin royal, la cité des anciens…) mais c’était très intéressant  à suivre.

Pour terminer le tour des évolutions, Hiémain est le seul qui m’a déçue. Lui qui était si prometteur, je trouve qu’il a perdu ses capacités de réflexion, de remise en question et d’humilité, aveuglé par son admiration pour Kennit. Je serai curieuse de savoir s’il a sa place dans le reste de l’univers de Robin Hobb, mais sa fin est la seule qui ne plaît pas. Etta a aussi une sacré évolution depuis le premier tome, son amour pour Kennit est là aussi trop aveugle même si elle a davantage de jugeote que Hiémain. C’est encore un sacré personnage féminin, fort et indépendant qui s’est battu pour évoluer.

Quant à Kennit, j’ai rarement suivi un personnage qui m’a à la fois fascinée et révoltée de cette manière. Il est très impressionnant et voir tout le monde tomber dans le panneau de sa toute puissance est aussi frustrant qu’amusant. Nous avons beaucoup de révélations inattendues (en tout cas pour moi) sur son passé, son identité et ses failles émotionnelles. C’est un personnage très complexe et vraiment intéressant à suivre, malgré ses fautes (même s’il ne faut pas pousser, il est allé trop loin pour être pardonné).

Ainsi, à part Hiémain, toutes les fins pour l’ensemble des personnages (humains, dragons, vivenef) m’ont satisfait. La fin est belle, encourageante et bien pensée. L’autrice prend bien le temps de boucler toutes ses intrigues et de soigner sa transition vers la suite du récit. On comprend que d’autres aventures les attendent et on a envie d’embarquer à nouveau avec eux. J’ai été très contente de découvrir cette histoire si connue, elle a été très inspirante, dépaysante et instructive. Impossible donc de ne pas vous conseiller cette saga entière.

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Récits du Demi-Loup T2 Terres de l’Est

Chloé Chevalier

Autrice française, voir la page facebook
Les moutons électriques
Fantasy
19,90 €
327 pages

Le premier tome, Véridienne, avait été une excellente découverte grâce au blog Book en stock en septembre 2017. Il était donc grand temps que je me plonge dans la suite surtout que j’ai eu les tomes 2 et 3 à noël dernier et que l’autrice est en train de boucler le 4ème et dernier tome !

J’avais prêté mon premier tome à Elyra, du coup je ne sais plus s’il y avait une carte du monde, ce qui m’aurait bien aidée à me repérer car tous nos personnages sont éparpillés dans le monde créé par l’autrice. Malgré mon délai de lecture entre les deux tomes, je me souvenais des grandes lignes et on est remis progressivement dans le bain par chacun des narrateurs, à savoir les 3 suivantes Luthfilde, Nersès et Cathelle, plus le prince Aldelmor. Comme pour le premier tome, l’histoire est construite à partir des témoignages de chacun ainsi que des lettres, des messages, des extraits de journaux. Cette construction est particulière mais efficace et passionnante, bien que parfois frustrante car du coup certains événements nous sont transmis de manière indirecte. 

Niveau histoire, les suivantes grandissent chacune à leur manière, Luthfilde et Nersès sont restées auprès de leur princesse respective, Calvina et Malvanne, qui sont à présent reine de leur propre territoire. Nous n’avons toujours pas la vision directe de ces reines qui ne semblent décidément pas s’améliorer. C’est là encore assez frustrant et désolant de constater que nos héroïnes sont plus à-même de régner que les dirigeantes de sang. Dans ce tome j’ai senti que le lecteur était tenu encore plus éloigné de ces reines, rien n’est fait pour nous les rendre attachantes. Encore dans le premier tome on pouvait se dire qu’elles étaient jeunes et insouciantes. Je n’ai plus aucune excuse pour elles. Ni même pour le roi Aldemar complètement démissionnaire. Heureusement qu’il reste donc nos héroïnes et quelques personnes fiables qui ont encore la tête sur leurs épaules, comme Edelin, chef des Chats. 

Les sujets deviennent plus adultes maintenant que nos Suivantes sont plus âgées. Certaines connaissent des événements très difficiles qui vont profondément les changer. Ce tome est surtout consacré à Cathelle et Aldemor. Ce dernier va marcher sur les pas de son passé vers l’Est, chez leurs ennemis, et nous allons, grâce à son journal intime, retracer la fin de son histoire dans l’Est car, pour rappel, il y avait été capturé dans sa jeunesse et tenu prisonnier des années durant. Heureusement que la plume de l’autrice est belle car j’avoue que certains passage de son passé très détaillés étaient assez longs. Et du coup on passe beaucoup de temps sur Aldemor et moins sur les autres personnages. Certes, cela nous permet de mieux comprendre Aldemor ainsi que ses motivations mais j’avoue qu’à l’instant présent, je m’intéressais plus à ce qui allait arriver et non à ce qui était arrivé. 

En tout cas, cela reste un tome passionnant, avec des révélations et des rebondissements inattendus. Je me suis sentie un peu plus extérieure aux Suivantes dans ce tome mais c’est parce qu’on était surtout en compagnie d’Aldemor et de ses souvenirs. Dans le premier tome  les Suivantes étaient toujours ensemble et il était difficile de s’approprier leur personnalité propre tant l’effet groupe était fort et prenait de la place. Là, justement elles s’épanouissent chacune de leur côté et on peut mieux les caractériser. J’ai eu plus d’intérêt à suivre Luthfilde et Cathelle et je pense qu’elles sont destinées à de grandes choses. 

Le tome se termine sur de beaux rebondissements et des tensions grandissantes. On se demande comment ce petit bout de royaume peut faire pour se relever face aux Terres de l’Est et à l’incompétence de ses dirigeantes. J’ai donc hâte de me plonger dans le troisième tome.


 

Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Iron Gold partie 2

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette
SF, Young Adult
18 €
357 pages

Comme promis, je reviens avec mon avis sur la deuxième partie de Iron Gold (pour la première partie c’est ici). Attention aux spoilers par rapport au tome précédent. 

Nous enchaînons rapidement sur les événements et il n’y a aucun temps mort.  J’ai été étrangement ravie et triste en même temps de la chute de Darrow. Encore une fois, notre héros en a fait qu’à sa tête et son entêtement lui coûte cher, très cher. Malheureusement, plus les pages filent, plus le retour en arrière semble impossible. Alors que je l’ai toujours suivi malgré les obstacles et les ennemis, j’avoue qu’il est de plus en plus dur de lui faire confiance et de cautionner ses actes. Un fil de pensée que partagent ses amis aussi. 

Ici Darrow va devoir faire alliance avec de drôles de personnages. L’expression « pactiser avec le diable » prend tout son sens. On y retrouve de vieilles connaissances et de nouveaux personnages intéressants. On sait que, bien sûr, rien ne se passera comme prévu et seul Darrow est encore assez naïf pour l’espérer. La fin du tome est terrible, il est difficile en tant que lecteur de comprendre son acharnement à la guerre. Darrow s’est perdu et c’est ce qui rend ce personnage si réaliste.   

J’avais imaginé tout autre chose pour Lyria mais l’auteur a su me surprendre. C’est un personnage intéressant, qui est un vrai lien pour entrecroiser tous les autres destins. J’ai beaucoup aimé la suivre. C’est celle qui subit le plus d’injustices dans ce roman. J’espère qu’elle aura encore une part belle dans la suite !

Ephraïm trouve enfin son rythme de croisière dans ce roman et j’ai pris plus de plaisir à le découvrir ici. Je n’irais pas jusqu’à dire que son personnage est attachant mais il vaut la peine d’être connu et de lui donner une chance de pardon et de rédemption. 

La partie la plus intrigante et frustrante de ce tome concerne les aventures de Lysandre et Cassius. Bon sang, si on doutait que les Ors de l’ancien système sont des sacrés connards, heureusement qu’il en reste sur la Bordure pour nous le rappeler. J’ai beaucoup aimé suivre la famille d’Or qui les détient prisonnier et que nous avions pu connaître un peu dans Red Rising. Encore une fois des rebondissements et des trahisons viennent ponctuer le roman et le sang coule. Même si cette famille force le respect par certains aspects j’ai beaucoup de mal avec Séraphina mais d’après le chemin tracé il me semble qu’elle est destinée à Lysandre alors je crains de devoir la supporter encore un moment. La part belle est donc donné à cet ennemi qui nous permet de remettre en question le Soulèvement de Darrow.

En conclusion, cette deuxième partie m’a encore étonnée, passionnée et faite trembler. Honneur, trahison, sacrifice et pardon sont mis en avant au travers de tous nos personnages sur fond d’une nouvelle guerre civile qui couve car les perdants d’hier cherchent à retrouver leurs privilèges. Un ennemi est tapi dans l’ombre et je pense deviner de qui il s’agit. A voir dans le prochain tome. Car oui, pour notre plus grand plaisir, l’aventure continue !

 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Iron Gold partie 1

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette
SF, Young Adult
18 €
372 pages

J’ai été plus que ravie d’apprendre que l’auteur poursuivait son aventure dans l’univers de Red Rising. J’ai donc demandé la suite à mon anniversaire et je me suis jetée sur ces deux parties d’Iron Gold qui n’est que le commencement d’un nouveau cycle. 

Attention, si vous n’avez pas terminé Red Rising, je vous conseille de passer votre route car cela spoile la fin de la première trilogie. 

Dix ans ont passé depuis le soulèvement de Darrow. Nous allons suivre trois destins en plus du sien, ce qui nous permet d’aborder la grande créativité de l’auteur pour les autres couleurs et surtout de brosser un tout autre tableau de ce soulèvement où la suprématie des Ors a été mise à mal. 

J’ai été à la fois triste mais satisfaite de voir que notre cher Darrow guerroie depuis 10 ans et n’est pas du tout l’homme qu’il aurait espéré devenir. Triste car le pauvre est complètement coincé dans sa quête de la fin de la guerre, qui consiste pour lui à tuer le Seigneur Cendré,  dernier symbole de la toute puissance de l’ancien système, et du coup il passe à côté de sa vie de famille tant rêvée. Mais satisfaite car cette évolution est bien plus naturelle et réaliste qu’une fin rose de « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Tous les actes de Darrow par le passé ont eu et ont encore des conséquences, j’ai aimé que l’auteur nous transmette ce message. 

Alors que Darrow continue de poursuivre le Seigneur Cendré, nous faisons la connaissance de Lyria, une rouge que j’ai beaucoup appréciée. Le soulèvement a libéré les Rouges exploités mais pas toujours pour le meilleur. De manière très réaliste, l’auteur nous montre que les Rouges livrés à eux-mêmes dans des camps de « sauvetage » font malheureusement ce que les humains font de mieux : ils tournent leur haine contre eux. Et ainsi les anciennes disparités hiérarchiques se retournent contre les différents groupes de Rouges. Lyria en souffre ainsi que sa famille et par un concours de circonstance, la voilà embarquée avec la famille tellement sympathique des Au Télémanus.

Dans ce premier tome, nous faisons aussi la connaissance d’un Gris (et non d’un Obsidien comme dit sur le 4ème de couverture… hum) qui a un lien avec l’ancienne trilogie. Ephraïm nous permet de voir un autre aspect des villes lunaires. La chute de l’ancien système et le désœuvrement de certaines couleurs ont encouragé la mise en place de Syndicats et de petites frappes. Encore une fois, tout n’est pas simple ni rose. Des gens profitent des failles et œuvrent pour revenir à l’ancien système. J’avoue que j’ai été moins emballée par ce personnage, qui trouvera une meilleure place dans l’intrigue dans la seconde partie.

Enfin, nous suivons deux personnages de l’ancienne trilogie que j’ai eu grand plaisir à retrouver (attention spoil de la trilogie !!) : Lysandre et Cassius. Grâce à eux nous comprenons aussi que tout l’univers n’est pas pacifié et que les Ors de la Bordure sont toujours là et bien décidés à revenir à l’ancien système. Cassius m’a un peu déçue dans le sens où il apparaît comme un naufragé, toujours amoureux de Mustang, comme s’il n’avait jamais pu se relever des événements de Red Rising, ce qui est bien dommage. Lysandre en revanche est devenu un jeune adulte très prometteur, intéressant qui va bien évoluer au fil du tome.

J’ai adoré ce tome, à l’image de tous les autres. L’auteur nous en dévoile davantage sur son monde et je reste avide d’en apprendre toujours plus ! J’adore voir que tout s’imbrique parfaitement dans l’ensemble de l’univers et que tous les actes passés ont des conséquences visibles à présent. L’auteur nous montre aussi que réaliser ses rêves et être heureux sont parfois des concepts impossible à concilier. Darrow continue de se battre et commet encore, malheureusement, des actes impardonnables. Il est notre héros mais reste loin d’être parfait et c’est pour ça qu’on l’aime.

J’ai enchaîné avec la seconde partie donc vous aurez ma chronique très vite !
 
 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : La tapisserie de Fionavar T3 la voie obscure

Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
  445pages


J’avais envie de clôturer des séries et je me suis donc lancée dans le troisième et dernier tome de la Tapisserie de Fionavar, offerte par ma chère Elyra. J’avais vraiment bien apprécié le premier tome, puis j’avais été un peu déçue du second, mais le troisième m’a réconciliée avec la saga.

J’ai eu plaisir à retrouver nos héros ainsi que l’univers. Même si les tomes précédents n’étaient pas roses, celui-ci reste globalement bien sombre, voire même déprimant. Plus le temps passe et plus j’ai senti nos héros s’éloigner, se détacher de leur nature humaine de base. D’un autre côté, l’un des thèmes est de lutter contre la roue maudite du destin, ce qui est un comportement typiquement humain. J’ai commencé le tome en me demandant comment nos héros allaient s’en sortir face au pouvoir montant de Rakoth Maugrim.

J’ai eu globalement l’impression de ressentir davantage d’émotions dans ce tome. Tristesse, espoir et mélancolie m’ont accompagné tout au long de ma lecture.  Certains personnages sont touchants même si beaucoup de leurs décisions m’ont échappées, souvent à cause de la narration qui reste obscure (ce que je reprochais au précédent tome). 

Je suis un peu revenue sur mes réserves concernant la présence du mythe arthurien. En effet, l’existence de cette légende avait un objectif même si au final ça a surtout permis à l’auteur de ne pas avoir à développer 3 nouveaux personnages puisque tout le monde connait l’histoire de Guenièvre, Arthur et Lancelot (au moins par Kaamelott !). En revanche, il y a un personnage qui m’est totalement inconnue, celle qui aide Lancelot dans la forêt. La fin les concernant m’a laissée perplexe et je suis très déçue que Jennifer ait disparu au profit de Guenièvre. Donc oui, leur présence apporte une ambiance résolument dramatique mais ce n’était pas nécessaire au récit, et surtout cela aurait été plus original de développer des personnages inédits, car entre ça et les énormes ressemblances avec l’univers de Tolkien, je trouve ça dommage. 

J’ai été en revanche satisfaite du traitement pour les autres personnages, notamment Paul qui est depuis le départ celui avec l’histoire la plus aboutie et intéressante. L’évolution de Kim m’a aussi plu et les nombreux autres personnages ou éléments mythiques ont démontré leur utilité. Alors bien sûr avec autant de personnages il est difficile de tout bien traiter et certains passent donc à la trappe. La chute de Rakim et de son destructeur est trop rapide à mon goût (et bon encore une fois… ce qui suit est tellement ressemblant à la chute de Sauron…). 

Je suis très critique mais en dehors de ces éléments, il s’agit d’une trilogie intéressante, et j’ai été très contente de la découvrir. Le dépaysement est garanti, l’aventure et les héros courageux sont au rendez-vous. La vie y est cruelle, les dieux aussi mais le pardon est omniprésent, les messages sont donc positifs et encourageants.

Bref, Guy Gavriel Kay est quand même un auteur renommé donc je suis contente d’avoir pu le découvrir et d’avoir voyagé en Fionavar (merci Elyra !)

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la voie des oracles T3 : Aylus

Estelle Faye
Autrice francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy, young adult
16,90€
316 pages

Après avoir bien apprécié le tome 1 Thya et le tome 2 Enoch, il ne me restait plus qu’à clôturer la trilogie avec ce troisième tome. La fin du tome précédent nous laissait sur un retournement de situation incroyable qui allait tout bouleverser. Encore une fois la couverture est superbe et l’autrice m’a confié que celle-ci lui avait d’ailleurs inspiré quelques changements dans l’histoire 😉

Thya a changé le passé, du coup le destin de tous les personnages est modifié, à commencer par Aylus et son elle du passé. Dans cet univers alternatif, les devins ont gagné le pouvoir face aux militaires. Pour autant le monde ne s’en trouve pas meilleur. 

J’avais adoré l’ambiance nostalgique et triste des précédents tomes avec la lente agonie des Dieux romains et leur chute. Ici, les Dieux sont plus puissants mais pour autant je n’ai pas trop adhéré à l’ambiance. L’idée de changer le passé et de tout modifier est osée, nous découvrons une autre facette de Thya la jeune, d’Enoch, d’Aedon, de notre Thya, d’Aylus… sauf que je n’ai pas été autant emballée que dans les autres tomes. Ce n’était pas nos héros et cela m’a manqué, même si Aedon et Enoch ont droit à un traitement plus intéressant pour eux. 

L’idée est bien traitée et cela illustre les conséquences inattendues, parfois positives et malheureusement souvent négatives de modifier le cours du temps. J’ai aimé qu’on nous montre que ce ne sont pas les Dieux ou la providence qui sont responsables de notre destin mais bien les humains eux-mêmes. 

La fin nous laisse une lueur d’espoir mais j’avoue être passée à côté de ce tome. J’attendais autre chose de ce retour dans le passé. Les idées ne sont pas mauvaises mais je n’ai pas été autant transportée tant au niveau de l’ambiance que des personnages. Même si l’émotion est au rendez-vous à la fin. C’est donc dommage car je conclus la trilogie sur une lecture en demi-teinte mais cela ne m’empêchera pas de me pencher sur les autres romans de l’autrice, j’ai d’ailleurs Les seigneurs de Bohen dans ma PAL.  Je vous encourage tout de même à lire cette trilogie ^^


 
Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty: