Chronique : Arena 13 T3

Joseph Delaney
Traduction : Sidonie Van den Dries
Bayard
Young Adult, Jeunesse
15,90 €
338 pages

J’ai commencé ce troisième tome en pensant qu’il était le dernier mais en fouillant un peu j’ai appris que ce n’était pas le cas, et en effet la fin appelle à une suite. En tout cas, comme d’habitude dans cette série, l’histoire démarre sur les chapeaux de roues et je me suis vite replongée dans le bain. 

Le lecteur en découvre plus sur le monde extérieur et l’intrigue avance d’un pas de géant. A l’image de l’Epouvanteur, le monde inventé par l’auteur est riche, passionnant et dangereux. L’histoire prend un tournant intéressant, les connaissances acquises par Leif dans l’Arène 13 vont pouvoir lui servir sur le terrain et surtout servir une plus grande cause.

Je ne peux pas trop vous en dire pour éviter de vous spoiler. En tout cas parmi les nouveaux personnages j’ai beaucoup apprécié Peri (qui est un peu notre Alice de l’Epouvanteur) et Shalatan (notre Grimalkin) qui sont des personnages bien traités et plus intéressants à suivre que Kwin qui prend pourtant plus d’importance dans ce tome. Depuis le début je n’accroche pas du tout à cette héroïne malgré les efforts de l’auteur pour lui donner un rôle crucial.

Si je retrouve les points positifs de l’Epouvanteur, j’y retrouve aussi quelques points négatifs comme des passages traités trop vite, certaines morts importantes qui n’ont pas l’impact escompté à cause de la narration trop rapide. Du coup les liens émotionnels tissés depuis le début des romans passent à la trappe et c’est dommage car l’auteur est capable de nous livrer des passages poignants par ailleurs. Hormis ces points, j’ai passé une très bon moment, passionnant et entrainant.

La fin n’est donc pas la fin que je croyais mais elle conclut un premier cycle et débute l’ouverture d’un nouveau qui s’annonce encore plus périlleux. Rendez-vous au prochain tome !


 Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Equinoxe

Caroline Osmont-Patiño 
Editions Jets d’Encre
Autobiographique
19,50 €
254 pages

En général je ne suis pas très friande des récits de non-fiction mais pour le coup ce roman traite de ma passion, le cheval, et surtout je suis l’autrice sur ses réseaux sociaux. J’étais donc curieuse de connaître son histoire équestre et aussi de trouver des conseils auprès de cette cavalière de haut niveau. 

L’histoire de Caroline est intéressante, on se sent proche d’elle, d’autant plus pour moi puisqu’elle était installée au Pays Basque, a monté dans un de mes anciens centres équestres et a fréquenté des personnes connues localement. La plume de l’autrice est très agréable, elle est sobre mais très élégante et fluide.

Tout du long de ma lecture j’ai ressenti le courage de Caroline qui est communicatif, son abnégation, son humilité. J’ai ressenti toutes ses émotions, ses joies, ses réussites comme ses échecs, ses grands moments de solitude, ses incompréhensions et son impuissance lors des moments durs avec ses chevaux. Je ne m’attendais pas à ce que son étalon Don Quichot soit si difficile ! Les scènes que Caroline décrit où son cheval panique sont impressionnantes et assez effrayantes d’un point de vue de cavalière. Je louais d’autant plus son courage à ces moments-là.

L’autrice nous relate donc sa vie sans détour et sans cacher les moments durs, elle nous livre un témoignage des dessous des concours, en commençant par les amateurs jusqu’aux professionnels. Elle nous dévoile ses expériences dans ce milieu, bonnes ou mauvaises (surtout mauvaises d’ailleurs) et je n’ai pas été surprise de découvrir que même à haut niveau dans des écuries prestigieuses on exploite aussi les cavaliers !

Caroline a dû faire beaucoup de sacrifices pour en arriver à son niveau. Elle a aussi été épaulée par sa famille, notamment pour l’achat de ses chevaux à la base mais aussi pour la soutenir moralement. Au-delà des expériences fâcheuses, elle nous montre que la générosité, l’entraide et l’amour du cheval sont aussi présents. C’est un équilibre subtil tout au long de la lecture, chaque moment dur est contrebalancé par de beaux instants qui lui permettent de se relever.

Alors je n’ai pas forcément eu les conseils que j’espérais car Caroline ne nous explique pas toujours comment elle a géré les problèmes avec Don Quichot mais en revanche, son courage et sa volonté m’ont bien aidé à un moment où moi-même je doutais de mes capacités. Cette lecture est tombée à point nommé et m’a permis de relativiser et de me poser les bonnes questions. Je lui suis donc reconnaissante d’avoir livré autant de ses épreuves avec nous. 

La fin est en demi-teinte. Mi-encourageante, mi-déprimante. Honnêtement, l’autrice a beaucoup de mérite pour poursuivre sa voie. Je pense que ce livre pourra parler à des non cavaliers puisqu’il n’est pas très technique, c’est réellement une biographie avec des instants de sa vie chaotique et extrêmement riche. Ses expériences, ponctuées de citations, peuvent se transposer à d’autres domaines et servir à tout le monde à mon humble avis. Je crois qu’elle prépare un autre roman que je lui prendrai sans aucun doute.
 

 Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Waterwitch

Alex Bell
Traduction : Cécile Guillot
Editions du Chat noir
Young Adult, Fantastique
19,90 €
270 pages

J’ai reçu ce roman dans le cadre de la masse critique de Babelio, que je remercie chaleureusement, ainsi que les Éditions du Chat Noir. Etant aux Imaginales de cette année j’ai pu le récupérer en mains propres, sauf que j’ai pas eu le temps de le faire dédicacer. Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice mais le résumé et la sublime couverture de Len-Yan m’ont motivée à postuler et je ne le regrette pas.

J’ai dévoré ce roman en 4h top chrono, le temps de mon train. C’était prenant, efficace avec des scènes horrifiques très marquantes. La plume de l’autrice est vraiment très visuelle, j’ai été sans peine embarquée dans l’histoire, l’univers et l’ambiance si particulière du Waterwitch. Les scènes avec les fantômes ou les sorcières sont vraiment bien pensées et stressantes à souhait.

Les personnages sont attachants, même si à la lecture du résumé je m’attendais à n’avoir qu’Emma en narratrice et surtout que son handicap serait plus mis en avant. J’attendais davantage d’approfondissement sur sa douleur, sa solitude et son impuissance dans des situations où marcher aurait été indispensable. Il manquait donc un peu de travail à ce niveau-là à mon goût.

Néanmoins Emma, son fidèle chien, Jem et Shell sont tous intéressants et agréables à suivre, même si je pense que l’autrice aurait gagné en intensité en limitant plus les points de vue et en approfondissant un peu plus la personnalité d’Emma. Au final c’est plus Shell qui prend le pas sur l’intrigue. L’histoire derrière le Waterwitch était en revanche passionnante et j’ai adoré l’ambiance de cette auberge ! J’ai été happée par cette histoire, je la visualisais parfaitement et j’y étais plongée jusqu’au cou. J’aime les histoires d’horreur donc j’en ai eu pour mon compte. L’univers et la plume sont tous deux très immersifs. Une adaptation cinématographique serait une belle réussite.

En conclusion, j’ai passé un très bon moment, rapide mais intense avec une ambiance travaillée et des personnages sympathiques. La couverture et la maquette soignée représentent également un plus dans la lecture.

 Ma note ::star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la Faucheuse T2 : Thunderhead

Neal Shusterman
Traduction : Stéphanie Leigniel

Robert Laffont, collection R
Young Adult, SF
19,50 €
571 pages

Le premier tome avait été un beau coup de cœur (voir ma chronique ic), c’est donc tout naturellement que j’ai demandé la suite. J’ai retrouvé avec plaisir l’univers original créé par l’auteur ainsi que les personnages. J’avoue avoir eu un peu de mal à me souvenir ce qui s’était réellement passé à la fin du tome 1 mais je suis parvenue à raccrocher les wagons.

Nos deux héros Citra et Rowan ont bien mûri et ont dû prendre des chemins différents. De nouveaux personnages les rejoignent comme Greyson, que j’ai beaucoup apprécié même si certaines parties le concernant sont un peu survolées (comme Purity par exemple) mais il nous permet d’en apprendre davantage sur les Malpropres.

Le grand nouveau c’est le Thunderhead dont les pensées ponctuent les chapitres. On est loin du grand méchant Skynet comme je l’avais cru à la fin du premier tome. Au contraire, c’est une intelligence artificielle qui œuvre pour les humains de manière juste, mesurée et intelligente. Ses réflexions sont très intéressantes et amènent à l’introspection. En revanche il ne peut intervenir sur les faits et gestes des Faucheurs, il est donc restreint au rôle d’observateur à l’instar du lecteur et c’est très frustrant.

J’ai craint pour nos jeunes héros et les Faucheuses que nous connaissons car les heures sombres approchent et il ne fait pas bon d’être du côté conservateur. La fin est très inattendue et n’épargne personne, cela augure un tome 3 très différent, mais j’ai l’impression que ce genre de stratégie est assez courante maintenant dans les Young Adult. C’est un peu à double tranchant pour moi. A voir, donc !

Ce deuxième tome est plus sombre que le premier, moins enthousiasmant aussi car dans le premier nous avions la découverte du métier de faucheur, c’était passionnant. A présent, Citra et Rowan doivent assumer leurs choix et faire leur place dans la société, chacun œuvrant à sa manière et pensant que c’est la bonne.

La Faucheuse est vraiment une bonne série, intelligente, différente des dystopies habituelles (l’auteur lui-même voulait une utopie), moderne et servie par des personnages attachants et avec du plomb dans le crâne. Je vous la recommande chaudement.

 Ma note:star::star::star::star::star-half:

Chronique La main de l’Empereur T1

Olivier Gay

Auteur français (voir la page facebook)
Bragelonne
Fantasy
20 €
375 pages
Après avoir eu un immense coup de cœur pour Les Epées de Glace (voir ma chronique ici) et adoré le personnage charismatique et néanmoins pas très éthique de Rekk alias le boucher, j’étais obligée de me plonger dans la préquelle qui s’intéresse de très près au passé de notre anti-héros qu’on aime en dépit de ses actes impossibles à cautionner ou pardonner. Certes, j’aurais mis le temps puisque cette duologie est à présent complète depuis 2017. J’en profite aussi pour dire que la couverture superbe est signée Magali Villeneuve !

J’ai replongé avec régal dans l’univers fantasy de l’auteur, servi par la plume fluide, agréable, maîtrisée et efficace d’Olivier Gay. Tous les personnages sont marquants et c’est avec plaisir qu’on retrouve Rekk et d’autres personnes de son passé comme Dareen et les origines du prénom de Deria.

Nous avons donc un aperçu de l’enfance de Rekk puis de son adolescence mais les choses sérieuses commencent à son entrée dans l’âge adulte et donc à la guerre. Cette dernière se déroule dans une contrée reculée, dans la jungle et face à un peuple tribal qui connaît parfaitement son terrain et qui sait comment malmener les hommes de l’Empire. L’ambiance est stressante et étouffante à souhait, on est très loin de la guerre glamour et propre.

Notre cher Rekk est très naïf mais il n’en demeure pas moins redoutable dès le début. Il reste équilibré, ce n’est ni un benêt ni un monstre au départ, il est seulement façonné par les événements et des personnes qui vont vouloir se servir de lui. Ses vrais amis se comptent donc sur les doigts d’une main. Je l’ai trouvé très crédible mais je ne suis peut-être pas à 100% impartiale dans l’histoire ! Ce que j’apprécie avec Olivier Gay c’est qu’il maîtrise aussi très bien les personnages féminins et que les femmes ont toujours la part belle dans ses romans. Nous sommes servis ici entre Dareen et Bishia, même s’il y a d’autres femmes de caractère et d’envergure dans l’histoire. Bishia n’avait pas vraiment le profil de femme que j’apprécie d’ordinaire mais elle a su tirer son épingle du jeu et se révéler bien plus intéressante que de prime abord.

Le récit est ponctué de touches d’humour qui allègent l’ambiance lourde de la guerre et des massacres et qui permettent au lecteur de souffler entre tous les morts car personne n’est épargné. J’ai vu venir de loin certaines grosses ficelles tandis que d’autres sont restées suffisamment subtiles pour que je me fasse prendre.

La fin est terriblement frustrante et je pense que j’aurais pu m’en douter si je n’avais pas, moi aussi comme Rekk, une part de naïveté en moi. J’étais également tellement plongée dans le récit que j’avais oublié les indices donnés dans Les Epées de Glace qui m’ont sauté aux yeux une fois le dernier paragraphe lu. Cela m’a brisé le cœur.

En toute honnêteté, est-ce que ce roman sur le passé de Rekk est essentiel à la compréhension du personnage et de l’univers ? Non, car Les Epées de Glace se suffisaient à elles-mêmes, le récit et les personnages étaient suffisamment fouillés et travaillés pour qu’on s’imagine très bien le passé chaotique et sanglant de Rekk. En revanche je suis ravie que l’auteur ait eu l’opportunité d’écrire sur le passé de Rekk car c’est un régal de le lire et peu importe ce qu’il a à dire sur ce héros, moi j’achète. D’ailleurs je vais prendre la suite au plus vite. Je me dis même qu’Olivier Gay aurait pu écrire 6 tomes que je les aurais aussi tous lus tant son univers et ses héros sont addictifs.

 Ma note :  :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Des proies pour l’ombre T2

Dana B. Chalys

Autrice française (voir le site Internet)
Flammèche
Urban fantasy
19,90 €
477 pages
Voici le deuxième tome qui fait directement suite au premier (chroniqué ici). On retrouve nos personnages à Londres où Beth veut se battre pour retrouver Shane Stratton et va donc mettre les pieds dans cette grande et intimidante famille de chasseurs du Surnaturel. Comme pour le tome 1 mon avis va être difficilement impartial puisque l’autrice est une amie proche et qu’en plus j’ai bêta lu son roman. Je suis donc un peu juge et parti !

J’ai néanmoins replongé avec délice dans l’histoire, peu importe le temps écoulé entre mes deux lectures. J’ai aimé retrouver toute la brochette de personnages attachants, profondément humains que Dana a su créer. On a toujours l’impression d’être auprès de chacun d’entre eux et de partager leurs doutes, leurs peurs et leurs moments de bonheur.

Si dans le premier tome l’accent était mis sur Keith et sa cousine Beth, dans ce tome, nous apprenons à connaître en détail la famille Stratton, engluée dans les traditions, les drames familiaux et l’autorité écrasante du patriarche Dan. Nous retrouvons des têtes connues ainsi que des liens avec d’autres histoires de l’autrice. Impossible de ne pas s’attacher à ces frères et soeurs charismatiques, liés et pourtant déchirés et à la recherche d’un peu de bonheur. Chaque personnage est travaillé, possède ses qualités et défauts propre et a son rôle à jouer dans l’histoire.

L’univers est riche, avec une appropriation toute personnelle des créatures surnaturelles, les rebondissements sont nombreux, les personnages évoluent et l’intrigue nous tient en haleine. Les indices sont tellement bien cachés que j’ai mis plus de la moitié du roman avant de me rappeler l’identité du coupable.

Bref on y parle de Loup-Garou, de Vampires et de Sorcières mais il s’agit avant tout de drames familiaux, d’une aventure humaine, une quête de soi touchante (sexualité, place dans une famille nombreuse, destinée, sacrifice par amour…) qui saura atteindre chaque lecteur d’une manière ou d’une autre.

La maison d’édition Flammèche étant malheureusement fermée, l’autrice va tout de même sortir son troisième tome d’ici peu afin d’offrir à ses lecteurs une fin en bonne et due forme 🙂

 Ma note ::star::star::star::star::star-half:

Chronique : Spire T1 Ce qui relie

Laurent Genefort

Auteur français (voir le site Internet)
Critic
Science-Fiction
18 €
309 pages
J’ai découvert Laurent Genefort grâce au podcast Procrastination qu’il co-anime avec Lionel Davoust et Mélani Fazi. Je connaissais déjà ces deux derniers (j’ai quasiment toute la biblio de Lionel !) mais je n’avais pas eu encore l’occasion de lire un roman de Laurent Genefort. Or j’ai trouvé ses interventions dans ces podcasts très intéressantes, cela m’a donné envie de voir comment justement lui aussi développait ses univers. En plus, je délaisse trop la SF ces dernières années, donc ni une ni deux, je me suis jetée sur lui aux Imaginales de 2018 et je lui ai pris deux romans, dont le premier tome de la trilogie Spire qui m’attirait depuis un moment avec les trois magnifiques couvertures formant une seule et même image.
Après cette longue introduction, rentrons dans le vif du sujet. J’ai passé un très bon moment de lecture avec Spire, dépaysant, instructif, immersif et en compagnie de personnages intelligents et attachants. L’idée de nos héros, Lenoor et Hummel, est louable, à savoir créer leur propre compagnie de transport interstellaire qui desservirait des planètes éloignées, délaissées et aux conditions d’accueil des vaisseaux plutôt hasardeuses. Seulement, les voyages dans l’espace sont dangereux… et surtout les atterrissages !
Le parti pris de l’auteur est de s’attarder sur le contexte de création de la Spire, puis de faire des ellipses temporelles pour nous amener à des moments clés. J’ai apprécié ces zooms narratifs qu’il nous présente, qui vont nous permettre d’apprendre à connaître nos principaux héros en premier lieu, puis les nouveaux venus, ainsi que les valeurs portées par toutes ces personnes, hommes ou femmes.

La création de la Spire s’accompagne malheureusement de complots et de coups bas pour essayer de réduire à néant cette nouvelle compagnie. À cela s’ajoutent les conditions difficiles d’accès à chaque planète. J’ai trouvé original que pour une fois ce ne soit pas l’espace en lui-même qui soit source de danger mais bien les manœuvres sur les planètes. De la même manière, pas d’alien sanguinaire mais des colons aux objectifs différents sur chaque monde, au niveau de développement inégal et qui rencontrent des problèmes sociétaux liés à toute colonisation ainsi qu’à l’isolement.

J’ai beaucoup aimé suivre des personnages qui, pour une fois, sont quasiment tous foncièrement gentils et altruistes. Certes, la compagnie est lucrative, ce qui est normal pour payer les vaisseaux et les employés, mais sa création part d’un bon sentiment et il est facile de s’identifier à tous ces personnages.  J’ai donc aussi apprécié le développement progressif de la compagnie mais qui sous-entend malheureusement de futurs problèmes dans les prochains tomes. Qui dit agrandissement de la compagnie dit plus d’argent à brasser, ce qui rime presque irrémédiablement avec des dissidences internes, sans parler d’un des personnages importants qui se rapproche davantage du financier et qui donc n’a pas forcément toujours la même vision que nos pilotes. Bref, ça sent le roussi pour la suite !
J’ai commencé par un des derniers cycles de l’auteur, donc je découvre sa mythologie autour des portes de Vangkt, des sortes de portes des étoiles si je devais faire la comparaison. Et du coup, j’étais frustrée de ne pas en savoir davantage sur ce sujet qui me semble passionnant. Il ne tient donc qu’à moi de rattraper mon retard sur la bibliographie de l’auteur.
Je suis donc ravie de ma découverte, j’ai aimé la sobriété narrative de l’auteur (il n’essaye pas d’en faire trop, d’être trop technique ou au contraire trop bref ou incisif), ses idées, sa vision, ses personnages et les valeurs qu’ils véhiculent. Je prendrai la suite à coup sûr et je dois me pencher sur son autre cycle Omale.
 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Le Dieu-Oiseau

Aurélie Wellenstein

Autrice française
Scrinéo
Fantasy
16,90 €
333 pages

J’avais lu et globalement apprécié les précédents romans de l’autrice, Le Roi des Fauves et Les Loups Chantants, même s’il y avait toujours un petit manque d’approfondissement à mes yeux, notamment sur la fin des Loups Chantants. Il n’en demeurait pas moins que les intrigues étaient intéressantes et surtout très prenantes. L’ambiance, la violence, les profonds sentiments d’injustice sont les points forts de l’autrice dans tous ses récits et le Dieu-Oiseau n’y échappe pas. 

L’ambiance générale du roman est sombre et glauque. Le postulat du pays où vit Faolan est que tous les dix ans a lieu une épreuve terrible, sorte de Battle Royal. A l’issue de la quête de l’œuf d’or sur l’île des dieux, le vainqueur règnera sur les autres clans et réduira tous les autres en esclavages, et s’il peut bouffer les vaincus, tout n’est que mieux. J’ai déjà eu du mal avec ce concept ultra violent (cela ne me dérange pas en soi) mais que je trouve bancal. Dévorer le cœur de l’ennemi est une coutume qui a été découverte chez certains peuples et la croyance qui fait qu’on s’approprie les pouvoirs ou l’âme de la personne peut se comprendre. Mais le reste, la mise en esclavage des anciens vainqueurs et l’oppression générale de tout le monde sur une terre qui m’a donné une impression de désolée, je trouve ça contreproductif et je vois mal comment ils ont pu survivre aussi longtemps. Et surtout, devoir remettre le titre en jeu avec un mélange d’anciens esclaves et de maîtres, je ne vois pas du tout ce principe durer. Les forts auraient dû vouloir garder leur titre depuis un bail. Tout ceci me paraissait donc « trop », il n’y avait pas forcément besoin d’autant pour justifier tout ce qui a été mis en branle ni la quête de Faolan, car au final je n’ai pas réussi à m’identifier à ces peuples.

Notre héros, Faolan, est réduit en esclavage, et a vu sa famille être massacrée et dévorée par ceux qui le briment actuellement, dont son maître Torok. Et donc Faolan va vouloir participer à cette course (tout le monde peut y prétendre). On nous dit que la vengeance pousse Faolan à participer mais des fois je me demandais si Faolan lui-même savait ce qu’il voulait vraiment. Ses convictions ne m’ont pas forcément convaincue du coup je le voyais mal tenir ces épreuves, déjà qu’on nous dit bien qu’il n’a aucune condition physique, rien que la première épreuve, il aurait dû mourir noyé. Il y a un décalage entre ce que l’on nous dit, l’épreuve décrite, l’état physique (car après il se blesse) et ce qu’il parvient à accomplir. Ce n’est pas très crédible à mes yeux. Je suis restée assez extérieure à notre héros, ayant plus d’empathie pour certains de ses concurrents.

Les points positifs sont quand même une excellente immersion dans l’ambiance sombre, dans les épreuves, dans cette lutte incessante et tous les pièges que recèle l’île où Faolan et ses concurrents vont se retrouver. La psychologie de Faolan et sa relation avec Torok aussi est très intéressante, même si elle vient trop tard à mon goût, sur la fin c’est beaucoup mieux traité et ça monte en puissance mais j’aurais aimé avoir ces cartes-là en main bien avant histoire de rendre Faolan plus crédible dès le départ. Cela aurait permis davantage d’empathie face à la crédulité du personnage. J’ai vraiment tourné les pages avec intérêt pour savoir justement ce qui se cachait derrière cette quête, derrière ces anciens champions, derrière les visions de Faolan et quel serait son choix final. Malheureusement,  la fin m’a déçu. Il y avait encore une fois un tel potentiel d’idées à explorer sur le psychisme, les cercles vicieux, l’espoir… or, encore une fois pour moi ce n’est pas assez approfondi. Il y avait plusieurs fins possibles et l’autrice aurait pu sans aucun problème en choisir une autre sans pour autant perdre son public à mon humble avis.

Du coup je ressors encore une fois mitigée car la lecture est très prenante, l’ambiance est très travaillée et sombre, violente et malgré les défauts que j’ai pu trouvé j’ai plutôt apprécié ma lecture, mais la fin encore une fois n’est pas assez aboutie pour moi. Après tout ce qui est déployé, je trouve que ça retombe comme un soufflé. On vend ce livre comme le plus gore et violent de l’autrice mais j’ai envie de dire « et pour quoi faire ? » Je recherche encore le but, le message, au-delà de Faolan qui cherche à s’émanciper.


Pour autant le prochain roman de l’autrice sera dans ma PAL, ça traite d’élévation du niveau de la mer et d’impact écologique donc en gros c’est mon métier donc je serai au rendez-vous en espérant qu’il n’y aura pas ces mêmes défauts.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : les aventuriers de la mer T8 & T9

 
Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
377-378 pages
J’ai cette fois-ci enchaîné les deux derniers tomes, car il m’a été impossible de ne pas vouloir connaître le fin mot de l’histoire sur-le-champ. Tout ce qui a été mis en place dans les tomes précédents voit enfin son aboutissement. La tension est palpable pour Althea et sa quête pour récupérer la Vivacia, sauf que nous savons, nous, que son navire n’est plus le même, on se doute que les retrouvailles seront donc tendues. La pauvre Althea va vivre de durs moments particulièrement injustes mais j’ai aimé la fin que Robin Hobb lui a réservé. Elle aura été mon personnage préféré du début à la fin ! Je mets aussi Brashen dans le même panier, lui aussi a été un de mes chouchous et j’ai apprécié son évolution ainsi que son caractère. La fin qui lui est réservée m’a également comblée et je trouve qu’on peut tous être fiers de lui ainsi que de Parangon qui lui aussi a fait beaucoup de travail sur lui-même dans ces derniers tomes.

Selden a endossé un rôle assez particulier qui lui a permis de sortir du lot, de ne pas juste incarner le petit dernier trimballé d’un point A à un point B. J’imagine qu’il aura de l’importance dans le futur. Rheyn prend aussi du grade et une importance capitale pour la suite. C’est un personnage qui est sympathique à suivre et sa relation avec Tintaglia le dragon est plaisante à lire, néanmoins face aux autres personnages charismatiques, il fait plus effacé. Tintaglia est vraiment impressionnante, on perçoit bien sa grandeur, sa force et on se sent ridiculement petit à côté d’elle. Un Dragon dans toute sa splendeur !

Malta quant à elle s’est entièrement révélée. Tous ses caprices et son caractère de fille pourrie-gâtée a enfin trouvé une utilité et elle s’en sort comme une reine. Je crois que c’est le personnage dont l’évolution a été la plus spectaculaire, mais aussi la plus longue. Elle a incroyablement muri et c’était très plaisant à suivre. Ronica s’est peu à peu effacée pour permettre à Keffria de prendre enfin ses responsabilités.  Je n’ai jamais trop adhéré à Keffria mais au moins, elle n’a pas baissé les bras et va pouvoir s’épanouir dans ces nouvelles conditions (du moins on le lui souhaite). La situation globale à Terrilville a également été chamboulée, plus rien ne sera jamais comme avant maintenant que les Dragons sont là. On sent que tout ceci ne sont que des prémices qui s’inscrivent dans un plus grand cycle (l’assassin royal, la cité des anciens…) mais c’était très intéressant  à suivre.

Pour terminer le tour des évolutions, Hiémain est le seul qui m’a déçue. Lui qui était si prometteur, je trouve qu’il a perdu ses capacités de réflexion, de remise en question et d’humilité, aveuglé par son admiration pour Kennit. Je serai curieuse de savoir s’il a sa place dans le reste de l’univers de Robin Hobb, mais sa fin est la seule qui ne plaît pas. Etta a aussi une sacré évolution depuis le premier tome, son amour pour Kennit est là aussi trop aveugle même si elle a davantage de jugeote que Hiémain. C’est encore un sacré personnage féminin, fort et indépendant qui s’est battu pour évoluer.

Quant à Kennit, j’ai rarement suivi un personnage qui m’a à la fois fascinée et révoltée de cette manière. Il est très impressionnant et voir tout le monde tomber dans le panneau de sa toute puissance est aussi frustrant qu’amusant. Nous avons beaucoup de révélations inattendues (en tout cas pour moi) sur son passé, son identité et ses failles émotionnelles. C’est un personnage très complexe et vraiment intéressant à suivre, malgré ses fautes (même s’il ne faut pas pousser, il est allé trop loin pour être pardonné).

Ainsi, à part Hiémain, toutes les fins pour l’ensemble des personnages (humains, dragons, vivenef) m’ont satisfait. La fin est belle, encourageante et bien pensée. L’autrice prend bien le temps de boucler toutes ses intrigues et de soigner sa transition vers la suite du récit. On comprend que d’autres aventures les attendent et on a envie d’embarquer à nouveau avec eux. J’ai été très contente de découvrir cette histoire si connue, elle a été très inspirante, dépaysante et instructive. Impossible donc de ne pas vous conseiller cette saga entière.

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Bilan écriture 2018 et perspectives 2019



Bilan de 2018

Il était temps de me poser pour faire cet article ! Si 2017 avait été une année chargée d’un point de vue personnel, en 2018 c’est mon travail qui a pris toute la place. Mais le travail a payé puisque j’ai pu vivre de merveilleuses aventures avec des embarquements en mer, stressants, épuisants, mais très enrichissants d’un point de vue humain et en expérience. Et surtout, nous avons sorti un nouvel ouvrage qui constitue mon premier livre scientifique *__* 


Voilà à quoi mon année 2018 a été consacrée 😉



Du coup, l’écriture dans l’imaginaire a pris un coup dans l’aile, puisque mon cerveau était à 100% pour mon travail. Mais ne vous en faites pas, j’ai commencé 2019 sur les chapeaux de roue.

Alors, faisons un tour d’horizon de ce qui était prévu en 2018.



 

 *** Travailler sur le manuscrit accepté ***


OBJECTIF RÉUSSI

Je conserve encore le mystère sur cette future publication qui devrait arriver courant 2019. J’ai effectué une relecture complète et des corrections. J’attends pour 2019 un deuxième retour de corrections éditoriales.

 

*** Préparer et avancer sur mon nouveau projet de SF ***
  OBJECTIF ÉCHOUÉ

Clairement, ce n’était pas ma priorité en 2018 mais ce le sera en 2019 !
Illustration par Josef Barton

 *** Revoir Une Sérénade pour l’Horreur pour un nouvel envoi aux éditeurs***
  OBJECTIF RÉUSSI

Je suis contente car j’ai fait une relecture complète et une refonte de cette histoire en changeant les points de vue ainsi que le lectorat visé. Je suis bien plus satisfaite de cette version. Je n’ai pas tout terminé en 2018 mais la suite se fera en 2019.







*** Participer à plusieurs appels à texte pour nouvelles ***
OBJECTIF INITIE



Échec critique ! Enfin si j’avais commencé une nouvelle pour un AT de romance de Noël mais non, la sauce n’a pas pris.

 *** Continuer de Bêta lire ***
OBJECTIF ÉCHOUÉ

 Cette année je n’ai pas été sollicitée pour de la bêta lecture, ce qui tombait bien puisque j’avais très peu de temps de disponible.

  *** Retourner aux Imaginales *** 
 OBJECTIF RÉUSSI

Nous y sommes retournées avec Elyra, et même que j’ai pu faire dédicacer mes Aventuriers de la Mer par Robin Hobb ! Ce fut court mais intense ^^ Je suis très heureuse d’avoir pu retourner à ce salon et y revoir des autrices et auteurs que j’apprécie !




 *** Poursuivre mes implications pour Nouveau Monde***
 OBJECTIF ÉCHOUÉ

 Je n’ai malheureusement pas eu de temps à consacrer à ce projet cette année.

 
C’est un bilan assez mitigé même si en réalité avec le temps et l’énergie disponibles cette année, je reste satisfaite. Le plus important a été fait, à savoir les corrections de mon futur roman à paraître et la refonte de Une sérénade pour l’horreur.   
En parallèle, je guette les ouvertures de soumission de manuscrit chez des éditeurs sérieux et dont la ligne éditoriale correspond à mon manuscrit de post-apo/survival Les Charognards. J’ai donc soumis ce roman à plusieurs éditeurs cette année. J’ai reçu des réponses négatives, dont une très encourageante ! Je persévère donc avec ce roman ! 
En termes de publications, l’une de mes nouvelles Le bourreau vagabond a été acceptée pour un recueil qui va sortir chez Mots & Légendes, je l’espère en 2019. A part ça, j’ai écrit un article pour la revue Présences d’esprits  qui est sortie en début d’année 2018 sur la thématique : David Brin et les dauphins. Pour l’occasion j’avais donc comblé mes lacunes littéraires sur cet auteur pourtant très connu et très intéressant. J’avais ensuite fait le parallèle entre les idées développées par l’auteur dans ses univers et la réalité scientifique de mon travail avec les dauphins. Ce fut une expérience très sympathique qui a signé ma seule et unique publication littéraire de l’année. 

Ma seule publication de 2018 est un article pour la revue Présences d’esprits

 


 
 Perspectives pour 2019
 *** Assurer les corrections éditoriales sur le manuscrit accepté ***
*** Terminer la réécriture et les corrections d’Une sérénade pour l’horreur  puis l’envoyer aux éditeurs ***

*** Préparer et avancer sur mon nouveau projet de SF ***
*** Participer à plusieurs appels à texte pour nouvelles ***
(même si c’est mal barré) 

  *** Retourner aux Imaginales ***
 *** Participer au NaNoWriMo 2019 ***