Chronique La voie des oracles T2 Enoch

Estelle Faye
Auteure francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy historique, young adult
16,90€
333 pages

J’ai lu le premier tome, intitulé Thya, en novembre 2016 (ma chronique est ici) qui avait constitué une belle découverte. Je me suis procurée le deuxième tome aux Imaginales 2017 auprès de l’auteure (en même temps que la brique de fantasy Les Seigneurs de Bohen.)

Bon, mon problème étant que je laisse passer du temps entre chaque tome j’avais complètement oublié le contexte dans lequel nous avions laissé nos héros, Thya l’Oracle, Enoch le maquilleur aux pouvoirs magiques et Aylus l’ancien oracle. Même sans résumé je me suis quand même vite replongée dedans. Je ne suis pas restée perdue très longtemps. Nous retrouvons aussi en parallèle, Aedon, le frère de Thya qui cherche à la tuer et qui va tomber entre les griffes manipulatrices d’Hécate.

Point ultra positif : cette fois nous avons eu droit à une carte qui m’avait manquée lors du premier livre. J’ai donc eu tout le loisir de pouvoir visualiser les différents lieux cités, d’autant qu’ils vont tous beaucoup voyager compte tenu qu’ils partent de Gaule pour se retrouver au-delà de Constantinople. Bref, cette carte m’a autant aidée, qu’instruite car cette époque m’est totalement étrangère. 

Dans ce volume, Thya nous apparaît moins assurée, moins prompte à utiliser ses dons d’oracles. Elle doute davantage et va se reposer sur ses compagnons, du moins durant une partie de l’histoire. Cela permet à Enoch de s’imposer un peu plus même s’il est à mon avis encore loin de son véritable potentiel. On en apprend plus sur Aedon et sur les desseins d’Hécate. La petite touche amusante est générée grâce au Sylvain qui accompagne Enoch, un minuscule être que j’ai aussitôt associé dans mon esprit à Bébé Groot des Gardiens de la Galaxie puisque j’ai vu le deuxième film le mois dernier (mais je ne dis pas que le sylvain s’en inspire, c’est juste moi qui l’ait imaginé ainsi dans mon esprit.)

Le blason des dieux est un peu plus redoré, enfin, disons qu’ils sont plus présents et avec une plus forte implication car, malheureusement, leur puissance se fane et ils ne sont plus qu’une pâle image de leur splendeur passée. J’ai adoré le passage avec Dyonisos qui était à la fois beau, cruel et d’une grande tristesse. Encore une fois, je me suis sentie impuissante face à la disparition des dieux. La nostalgie persiste tandis que la magie est plus exploitée ici.

La fin est surprenante, je ne m’y attendais pas. Plusieurs rebondissements ponctuent le récit qui est moins prévisible que le premier (je rappelle que nous avons les visions d’avenir de Thya, donc on sait à peu près à quoi s’attendre dans le premier tome). Les personnages chutent, se relèvent et rechutent encore, c’est assez surprenant et frustrant à la fois. Certains aspects, dont la disparition de personnages, sont traités un peu vite à mon goût. Ce sera mon seul bémol, ça et les « ma belle » d’Enoch qui me hérissent le poil.

Je suis très curieuse de lire le dernier tome car la fin de ce volume nous promet une toute autre vision de l’histoire.  C’est vraiment une série atypique avec une ambiance très particulière. L’univers est riche et la plume est fluide, agréable et enrichissante également. Estelle Faye n’invente rien, ses recherches ont dû être conséquentes pour nous décrire les lieux, les coutumes, les habits, etc. Cette époque (Vème siècle après JC) à cheval entre la Rome antique et le christianisme est assez méconnue, du moins en ce qui me concerne, donc je suis heureuse d’apprendre beaucoup de choses à son sujet, et notamment tous ces anciens peuples étrusques et sassanides.

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Forest of a thousand lanterns

Julie C. Dao
Lecture en V.O.
Penguin Random House
Fantasy, young adult
11,42$
363 pages

En 2017 je me suis laissée tenter par la box littéraire anglaise de young adult Fairy Loot. J’en ai reçu 4 dont les thèmes m’avaient intéressé. Cette box me plait beaucoup car les goodies sont de qualité, les fandoms me plaisent et les gérants sont très sympa. Le prix reste un peu élevé car avec les frais de ports je m’en tire à presque 50€. Autant dire que c’est devenu un luxe ces derniers mois. Heureusement les derniers thèmes ne me tentaient pas trop ! 

Mais c’est bien beau d’acheter des livres anglais, il faut les lire ensuite ! Parmi les livres reçus j’ai jeté mon dévolu sur celui-ci, qui m’intriguait beaucoup de par le lieu (Chine, réelle ou imaginaire, je me le demande) et le mélange de magie et de créatures mythologiques chinoises. 

J’ai beaucoup aimé ce premier tome. La plume reste très accessible malgré des passages assez denses avec du vocabulaire inconnu pour décrire des vêtements ou des aliments asiatiques. Le reste est venu assez naturellement. 

Outre l’atmosphère à la fois magique et dépaysante, c’est l’héroïne Xifeng qui a contribué à mon excellente lecture. On s’identifie très vite à elle, on admire son courage et sa détermination, on compatit à la dureté de son éducation par Guma, sa tante. On s’inquiète de ce monstre qui vit en elle et on rêve de ce destin fabuleux prédit par les cartes, à savoir devenir l’impératrice du Feng Lu.  On pourrait croire que cette fille du peuple est arrogante, ambitieuse et arriviste à vouloir se rendre à la cour de l’Empereur et à aspirer à un rang plus élevé. Pourtant, elle n’est rien de tout cela. Ambitieuse, peut-être, mais pas dans l’aspect négatif. A la base, elle n’est pas prête à écraser tout le monde pour y parvenir. C’est son destin et elle s’évertue à le suivre, ce qui lui donne une confiance en elle communicative et qui m’a rendue aussi admirative. 

Néanmoins, Xifeng n’est pas toute blanche. Elle est consciente de ses défauts et du fait que parfois elle utilise les gens, dont Wei, son amoureux depuis qu’ils sont enfants. Le pauvre garçon rêve d’une vie simple et heureuse avec elle, lui transit d’amour. Pour autant, je n’ai jamais vraiment perçu Xifeng comme une égoïste car elle aime Wei à sa manière et n’abuse pas non plus de lui. Elle l’aide même si au final cela sert ses intérêts. C’est assez paradoxal mais c’est ce qui m’a plu. Xifeng est sans conteste un personnage complexe et très intéressant à suivre.  Elle a une part d’ombre assez poussée que j’ai aimé découvrir.

Les histoires de la cour de l’Empereur étaient sympathiques à suivre et j’ai trouvé qu’elles étaient racontées avec justesse. De manière générale les psychologies étaient bien trouvées et les relations, qu’elles soient amoureuses, amicales ou hostiles étaient bien traitées, elles étaient humaines et donc crédibles. Il y a du bon et du mauvais dans chacun d’entre eux. J’ai bien accroché à l’Empereur Jun, j’ai hâte d’en savoir davantage sur lui dans le prochain tome.

La fin est douce amère. Je ne veux pas vous spoiler donc je n’en dirais pas plus mais je suis curieuse de voir où l’auteure a décidé de nous emmener car Xifeng a fait des choix irréversibles lors de ce premier livre. 

En conclusion j’ai vraiment beaucoup aimé ma lecture, c’était dépaysant, atypique, passionnant et ponctué de personnages crédibles et attachants. J’espère qu’il sortira en français car je trouve qu’il change vraiment du paysage éditorial de young adult actuel.

 
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique la Passe-Miroir T2 : les Disparus du Clairdelune

Christelle Dabos
Auteure francophone, voir le site
Gallimard jeunesse
Fantasy
19 €
551 pages

Comme me l’a fait remarquer ma co-rêveuse Elyra, je n’ai pas laissé beaucoup de temps entre mes lectures du T1 (en mars, voir ma chronique) et du T2. J’avais envie de replonger dans cet univers, surtout qu’on m’a offert le T3 pour Noël. 

Le premier tome avait été un coup de cœur, j’avais donc beaucoup d’attentes pour cette suite. Trop sans doute, d’autant que les deuxièmes tomes s’essoufflent souvent et font officie de transition. J’ai replongé avec plaisir dans cette lecture sauf que je l’ai trouvé moins prenante au démarrage. Il m’a fallu attendre presque la moitié du roman pour être totalement intéressée. Je comprends le rythme de l’auteure car ses personnages ont des caractères très marqués, ils ne peuvent pas changer du jour au lendemain. Le début se concentre sur la cour et les déboires d’Ophélie qui y fait ses premiers pas. Cette partie ne m’a donc pas passionnée mais une fois que l’intrigue des disparus s’amorce avec en parallèle cette fameuse lecture du Livre de Farouk l’esprit de Famille, j’ai été embarquée. 

Autant dans le premier tome je me suis sentie très proche de l’héroïne, Ophélie, autant j’ai été hermétique à son esprit et ses décisions dans ce tome-ci. Peu à peu elle s’affirme et ça prend du temps, certes, mais cela m’a beaucoup moins touché que l’évolution de Thorn. C’est lui le vrai gagnant de ce tome, je l’ai adoré ! Et pour revenir à Ophélie, j’ai trouvé sa maladresse de trop ici, comme si l’auteure se sentait presque obligée de nous rappeler ce défaut pour rester cohérente avec son premier tome, sauf que ça ne m’a pas paru naturel (surtout quand l’héroïne voyage pieds nus dans la neige par grand froid…) ni toujours nécessaire.

Bref, Ophélie et moi n’étions pas sur la même longueur d’onde. Ce fut d’autant plus marqué quand sa famille a débarqué. J’ai horreur, mais horreur des gens qui imposent les choses aux autres. Or, l’emprise de la mère d’Ophélie sur sa fille est affreuse. Ophélie va évoluer sur la fin mais que ce fut laborieux ! Je comprends mal comment on peut avoir son caractère affirmé et décidé et en même temps se laisser autant marcher dessus. J’espère très fortement que cela va changer définitivement dans la suite car j’ai lu que ça se déroulait 2 ans plus tard. 

Malgré toutes ces réserves sur le personnage d’Ophélie (on est toujours plus exigeant avec des livres de qualité), j’ai passé un bon moment. J’ai été happée par l’intrigue autour des Esprits de Famille et j’ai fait des suppositions sur les fameux disparus. J’ai aimé la fin et la manière dont les choses évoluent entre Ophélie et Thorn, tout comme j’ai aimé les interventions de Farouk. La révélation de ce tome (outre Thorn, bien sûr), c’est Archibald, qui se révèle bien plus intéressant et complexe que prévu. Bon, il a malheureusement le syndrome de tout-le-mode-tombe-amoureux-de-l’héroïne mais j’ose espérer que là aussi l’auteure me surprendra.

L’univers est donc toujours aussi riche, dépaysant et l’on veut tout savoir de ce monde et de ce Dieu dont il est question. Nous apprenons beaucoup de choses sur les Esprits de Famille et je suis très curieuse de connaître la suite et voir la direction que prend l’auteure. Cette partie est réellement passionnante.

En conclusion, j’ai été légèrement déçue car le premier tome avait été un gros coup de cœur, néanmoins ce fut une belle lecture et j’ai de grands espoirs sur l’évolution d’Ophélie. L’histoire générale reste passionnante, le monde donne envie de le parcourir et d’en connaître les moindres détails. Mention spéciale à Thorn, qui lui a été un vrai coup de cœur en revanche ^^

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Bilan lecture 2017


 Livres lus en 2017


J’ai encore diminué mon nombre de livres lus cette année avec un total de 45 livres. Pourtant, je n’ai jamais eu l’impression de lire autant. Allez donc savoir ! L’année aura été assez inégale niveau rythme (à découvrir dans mon bilan écriture) et pauvres en réels coups de cœur. Néanmoins, j’ai eu de très bonnes lectures (seuls 3 romans m’ont déçue complètement), j’ai découvert de magnifiques plumes francophones (Ariel Holzl, Chloé Chevalier, Christelle Dabos) et j’ai mis à jour mes connaissances d’auteurs cultes (Neil Gaiman, David Brin, Barjavel, Guy Gavriel Kay). 

Cette année, la part belle revient à la Fantasy mais j’ai augmenté mon quota de livres SF et aussi de young adult/jeunesse, un genre qui me plaît assez même si je choisis mes livres avec parcimonie


Mes coups de cœurs 2017

Objectifs 2018 :

Mes petits bilans mensuels ont été un échec cette année. J’ai décidé, hors participation au « mois de » du blog Book en stock, de ne plus m’imposer de challenge. Je vais essayer d’alterner une lecture étrangère à une lecture francophone et aussi de me mettre davantage aux lectures en VO (car c’est bien beau de commander des Fairy Loot, il faut les lire ensuite !!)



Et sinon vous avez le détail genre par genre ci-dessous. Cliquez sur les photos pour avoir l’image en plus grand 🙂 Chacun de ces livres a été chroniqué au fil de l’année, vous pouvez retrouver la liste entière des livres lus ici.

Cliquez sur les images pour voir les couvertures en plus grand ^^


Science-Fiction/anticipation/dystopie


Je suis contente de mon bilan de cette année en SF car c’était presque toujours de gros pavés !




 Fantasy
Une braise sous la cendre a été l’une de mes révélations de l’année !


J’ai enfin terminé Eternité et j’ai fait une cure de Lionel Davoust ^^


 Fantastique/urban fantasy
Grosse déception pour Nosfera2, le reste a été un régal !



Young adult / jeunesse
Je me plais bien plus que je ne le pensais dans le young adult !


Thriller et anthologies

Un peu de diversité de temps à autres 😉

Bilan du mois d’octobre

3615 ma vie & écriture
Ce mois d’octobre est passé à toute vitesse. Entre les vacances de mon compagnon, les travaux dans la maison, les futurs achats et réflexions qui nous prennent tout notre temps et une vie sociale chargée, je ne pensais pas parvenir à lire autant. 

J’ai terminé les corrections de mon manuscrit de post-apo/survival que j’ai ensuite envoyé à plusieurs éditeurs. Réponses attendues dans de longs mois ! J’ai enchaîné avec la préparation du NaNoWriMo. Je vous ai d’ailleurs déjà présenté mon projet ici.


Bilan lecture d’octobre 2017

Young Adult

Ma note : :star::star::star::star::star-half:
Ma chronique

Résumé : Laia et Elias se frayent un chemin vers le nord afin de libérer le frère de Laia des horreurs de la prison de Kauf. Pourchassés par les soldats de l’Empire, manipulés par la Commandante et hantés par leurs passés, Laia et Elias doivent duper leurs ennemis et confronter la perfidie de leurs propres coeurs.Dans la ville de Serra, Helene Aquilla se retrouve attachée à la volonté du nouveau leader à l’esprit tordu de l’Empire, Marcus. Quand sa loyauté est mise en doute, Helene accepte une mission pour montrer ce dont elle est capable, une mission qui pourrait bien la détruire.

Ma note : :star::star::star::star::star:

Résumé : Sora vient d’apprendre qu’elle doit passer le reste de sa vie à béquilles. Son quotidien se résumera désormais aux cours au lycée et aux séances de kiné. Elle pourrait s’y faire si Kay, la grande soeur qui l’a quasiment élevée, tenait le coup ; mais cette dernière, qui a toujours été la plus forte des deux, est en pleine descente aux enfers. Alors Sora décide de prendre les choses en main et d’enfiler la cape de ces superhéros qu’elle aime tant. Objectif : changer sa vie. Son meilleur atout : l’héritage navajo laissé par sa mère. Un ancien pouvoir de guérison qui pourrait les sauver, elle et sa sœur. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas les seules à le chercher… et que leur rival est prêt à les suivre au bout du monde pour parvenir à ses fins.


Ma note : :star::star::star::star::star:
Ma chronique

Résumé : Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir. 
Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature. Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé

 
Policier/Thriller

Ma note :
Ma chronique

Résumé : Adolescente, Toni Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer. Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Toni et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison. Aujourd’hui âgée de 34 ans, Toni se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale. Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau. Surtout, Toni prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Mais la vérité a un prix…

Mes achats ou réceptions du mois


Chronique : Red Rising

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette (mon édition : France Loisir)
Science-Fiction, Young Adult
15,50€
477 pages
J’ai pris ce livre lors d’un achat trimestriel chez France Loisir car j’avais vu passer de bonnes critiques. Le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai été totalement bluffée. Le roman est prenant dès les premiers pages et jusqu’au bout. Les rebondissements s’enchaînent et si certains sont assez prévisibles, d’autres le sont beaucoup moins. 

La base est assez classique : un adolescent qui perd tout et se révolte contre l’autorité en place. Pourtant, tout est mené d’une main de maître et l’auteur y apporte une belle originalité grâce à son monde. Là aussi, le système de caste est classique mais efficace et surtout on commence à se rendre compte que tout n’est pas aussi simple, stéréotypé et manichéen qu’on ne le croit au départ. Le regard du lecteur devient critique au fil des pages, à l’image de celui du héros.

Je ne m’attendais pas à ce qu’une bonne partie du roman se passe à l’institut des Ors et surtout qu’il se déroule de la sorte. On a un roman hybride où science-fiction, médiéval et mythologie romaine cohabitent avec brio. Passée la comparaison avec Harry Potter pour les questions de maisons au sein de l’école, j’ai apprécié cette partie, ce jeu grandeur nature particulièrement cruel. Je regrette quelques incohérences entre ce qui nous est décrit des Ors et ce qui se déroule réellement dans le jeu. Le héros, comme le lecteur (et peut-être même l’auteur) se perdent dans le jeu au point d’oublier ce qui se passe dehors ainsi que les enjeux à long-terme.

La véritable force de ce roman, c’est son héros Darrow. Sur le papier, c’est un héros classique mais dans les actes, il est absolument génial. Il commet des erreurs, est impulsif, colérique, souvent naïf mais il se relève, il apprend, assume et s’élève tout en conservant son humanité avec ses doutes, ses regrets et sa culpabilité. Il m’a fait pensé à Alex de la série La Fournaise. Il est entouré d’amis ou d’ennemis qui font également sa force. Parmi eux j’ai beaucoup apprécié Sevro et j’attends de voir ce que donnera Mustang dans les tomes suivants. 

Le roman a frôlé le coup de cœur tant il m’a passionnée et surprise. J’ai passé un excellent moment au point que j’ai déjà acheté le tome 2 ! J’ai hâte de connaître la suite des aventures de Darrow et de savoir si oui ou non il parviendra au bout de son rêve imposé.


Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Quelques pas de plus

Agnès Marot
Auteure francophone, voir le site
Scrinéo
Fantastique, young adult
16,90 €
343 pages
Agnès Marot fait partie de ces auteures francophones que j’aime rencontrer dans les (trop rares) salons littéraires auxquels je me rends. Elle est adorable, toujours très enjouée et j’apprécie ses romans du cycle Au-delà du mur (voir ma chronique du préquel ici) résolument optimistes, empreints de grâce et de justesse. 

J’ai acheté Quelques pas de plus  aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une jolie et gentille dédicace. J’aime beaucoup la couverture d’ailleurs ! Je connaissais la thématique du roman, un road trip aux USA durant lequel Sora essaye de sauver sa sœur en puisant dans leurs origines amérindiennes. Je savais également que Sora était atteinte d’une blessure à la cheville qui l’oblige à se déplacer en béquille, ce qui était réellement arrivé à l’auteure. Je m’attendais donc à ressentir une touche d’authenticité dans les descriptions de la douleur, du handicap et même des paysages américains où l’auteure s’était rendue. 

Je n’ai pas du tout été déçue sur cet aspect authenticité. Dès les premières pages, le récit est poignant, touchant et criant de vérité, que ce soit pour cette douleur, insidieuse et continue, que dans les réactions des gens face à une personne handicapée. Des réactions, positives sous forme d’entraide, comme négatives car Sora n’est pas à 100% handicapée et dans l’esprit étroit et cloisonné des gens, elle « triche ». Manquerait plus qu’elle ait un macaron pour se garer sur les places handicapés alors qu’elle n’a que des béquilles, dites donc !

Bref, du point de vue de l’émotion, j’ai été servie. Je ne me suis jamais apitoyée sur Sora, qui est un personnage très courageux même si elle ne s’en rend pas forcément compte. Je n’ai pas adhéré à toutes ses actions néanmoins, car elle commet des erreurs, elle ment et vole, quand bien même ses motivations à la base sont louables. Kay, sa grande sœur, force également le respect. Les deux sœurs sont unies par un amour inconditionnel et un passé auquel je ne m’attendais pas et qui vient renforcer l’émotion autour de cette histoire. 

L’intrigue était plus intense et immersive que je ne l’imaginais. J’ai partagé beaucoup de choses avec Kay et Sora, j’ai eu énormément d’empathie pour toutes les deux. Cela me rendait presque jalouse de voir un tel lien fusionnel, un tel sens du sacrifice pour un membre de sa famille. Enfin, l’ensemble de ces sentiments est livré avec une incroyable justesse, comme l’auteure a l’habitude de le faire.

En ce qui concerne le récit en lui-même, le rythme est très bien géré car nous avons à la fois le road trip aux USA mais aussi des flash back pour nous expliquer pourquoi et comment Kay et Sora se sont retrouvés ici. J’ai trouvé que cela rendait le récit en entier plus palpitant, plus entraînant et cela oblige aussi le lecteur à mieux comprendre les décisions de Kay et Sora et, d’en quelque sorte, cautionner la démarche des deux sœurs. 

Quelques personnages gravitent autour d’elles, dont Marc qui, à mon sens, aurait mérité un chouia plus d’approfondissement et un chouia moins de haine, malgré son état. En revanche j’ai adoré Ahiga, c’est un personnage droit et intéressant que l’on a envie de mieux connaître. 

Il reste une question en suspens sur les origines amérindiennes de Kay et Sora car nous n’en savons pas plus sur leur mère alors que c’était l’un des buts du voyage, du moins pour Sora. Il y a aussi une touche de fantastique au travers de la culture amérindienne qui était très intéressante à suivre.

Au final, c’est un roman intense, plus adulte que je ne l’imaginais à cause des thèmes graves qui sont traités et de la douleur omniprésente. C’est une belle leçon de vie, de courage, d’acceptation et d’amour sororal. Cela fait partie des romans qui, au-delà de l’aspect dépaysant et divertissant, apportent une vraie réflexion sur soi. La preuve, je me suis moi-même demandée quelle était mon attitude, mon regard envers les handicapés (complets ou non). 

Cette histoire est un témoignage, une ode à l’espoir et au courage qui force l’admiration et qui apporte une grande richesse émotionnelle.

Le petit bonus : les références de l’auteure, dont Supernatural 😉 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Lake Ephemeral

Anya Allyn
Traduction : Vincent Tassy
Editions du Chat Noir
Young adult
19,90 €
441 pages
Ce roman, je l’avais repéré à sa sublime couverture mais je n’avais pas craqué tout de suite, me demandant si c’était vraiment mon genre, me méfiant d’un aspect un peu trop jeunesse puisque l’héroïne a onze ans. Puis, j’ai fait confiance à la maison d’édition chez qui je n’ai jamais été déçue. Je me suis donc procurée l’ouvrage aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une dédicace du traducteur, Vincent Tassy, qui est aussi auteur (je lisais justement au même moment son propre roman Apostasie qui fut une magnifique découverte !)

Alors, ai-je eu raison de leur faire confiance ? Oui, mille fois oui car ce livre n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Il est bien plus riche, fouillé et construit que prévu. J’ai été emportée à Ephemeral Lake et bluffée par les rebondissements ainsi que par les tenants et aboutissants de l’intrigue. 

La plume déjà est très jolie, l’alliance de l’auteure et du traducteur donne un texte très beau, riche en vocabulaire et très immersif. La mise en page est également très belle, ce qui donne à l’objet livre un cachet indéniable.

Nous suivons donc Sera, onze ans, qui se croyait orpheline et apprend qu’au final sa mère est en vie et veut qu’elle revienne vivre à Ephemeral Lake. J’ai échafaudé pas mal d’hypothèses au fil du récit mais aucune n’était la bonne. L’auteure a su me surprendre et a apporté toutes les explications à chaque interrogation. Le récit est vraiment mené de manière intelligente et construit parfaitement tout au long des sept parties qui découpent le roman. 

L’histoire est prenante, passionnante et hormis quelques passages un poil rapides et faciles dans la recherche de vérité de Sera, tout était bien dosé. L’héroïne est assez étrange mais elle reste attachante et déterminée. On partage ses émotions aisément et on veut connaître la vérité à tout prix. Elle n’est pas exempte de défaut, ni aucun des autres enfants. Ma seule déception concerne justement les autres enfants dont j’aurais aimé en apprendre davantage et les voir plus impliqués dans le récit. 

Il y a donc de nombreux rebondissements bien exploités et surtout totalement inattendus. L’auteure mélange les genres avec une grande facilité : young adult, un peu de romance, du fantastique, de la SF, des scènes d’horreur… Rien n’est déplacé ou mal exploité à mon sens, tout se tient et est encore une fois parfaitement maîtrisé. On sent bien que ce n’est pas des ajouts successifs mais bien une profonde réflexion en amont.

La fin est surprenante, elle repose sur un aspect de l’intrigue que j’avais totalement oublié. Je ne voyais vraiment pas comment nos héros allaient s’en sortir mais c’est une bonne fin, haletante et qui nous apporte à la fois espoir et crainte. 

Ce roman rassemble beaucoup de qualités. On y trouve du mystère, de l’action, une jeunesse insouciante, une héroïne qui gagne en maturité, des drames familiaux, des expériences interdites, des sentiments. J’ai également trouvé d’excellentes idées, comme cette exploitation des lacs éphémères, les fleurs-cercueils et toute la partie SF qui doit rester secrète pour ne pas vous spoiler…

Au milieu de toute l’horrible vérité qui se cache sous Ephemeral Lake, j’y ai tout de même ressenti une grande bienveillance, un amour inconditionnel mais maudit de parents envers leurs enfants. Ces sentiments apportent une grande force au récit.

En conclusion j’ai passé un excellent moment. J’ai précommandé le prochain roman de l’auteure et j’ai hâte de m’y plonger ^^ Je vous conseille vivement ce roman !
 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : La Faucheuse

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Robbert Laffont collection R
Young Adult, Science Fiction
18,90€
495 pages
Séduite par les nombreux coups de cœur et encouragée par la lecture commune organisée par le club de lecture des Hiboux, je me suis procurée puis ai dévoré ce roman. Depuis un an, je me mets un peu plus au Young Adult et je dois dire que je tombe sur des pépites. Ce roman est génial. Il se démarque clairement des autres grâce aux nombreuses questions sur l’homme et la société future qu’il pose.

En effet, dans ce roman, nous sommes dans le futur et l’homme est immortel. Vous tombez d’un immeuble de 10 étages ? Pas de soucis, on vous ressuscite. Vous trouvez que votre corps de 70 ans ne vous plaît plus ? Hop, on vous régénère à vos 20 ans. Ainsi, on se retrouve avec des personnes, mariées plusieurs fois avec de multiples enfants… qui ont parfois un physique plus jeune que leurs propres enfants.

Afin de lutter quand même contre la surpopulation, il existe des Faucheurs qui vont « glaner » des personnes. Comprendre, les tuer définitivement. Certains choisissent de manière aléatoire, au gré de leurs envies ou, comme Faraday, le maître de nos deux héros, en fonction des anciennes statistiques de mort. Sa manière de faire semble originale à première vue. Puis, je l’ai trouvé glaçante. Je trouverais ça moins cruel d’avoir un âge limite plutôt que leur manière de faire où la mort peut frapper n’importe où, n’importe quand. On pourrait dire qu’il en est de même à notre époque, mais ce n’est pas vrai. En plus, je me dis qu’on aurait une chance de s’en sortir en cas d’accident de voiture, alors qu’un Faucheur ne vous laisse pas de chance. Il vous tue, point barre. C’est un assassinat où la victime n’a pas le droit de se défendre, sous peine de voir toute sa famille se faire « glaner ». Un assassinat légal en somme.

Ce monde est en outre aseptisé : les émotions sont bridées, contrôlées par des récepteurs. Plus de douleur, plus de peur, plus d’instincts violents. Les seuls tueurs sont les Faucheurs. Cela rend cette humanité morne, lisse, sans but ni passion. Pourtant, tout le monde s’accroche à sa vie et redoute la venue du Faucheur. D’un autre côté, certains Faucheurs cherchent la gloire et profitent de leur statut, ils usent et abusent de leur puissance et de leurs privilèges.

Bref, ce monde est déjà incroyablement atypique, riche et intéressant, même si je ne voudrais pas du tout y vivre. La vie éternelle décrite ici ne me vend absolument pas du rêve. Je me suis d’ailleurs demandée pourquoi ils ne contrôlaient pas les naissances afin de limiter cette surpopulation au lieu de glaner autant de gens. En tout cas, le roman soulève beaucoup de questions qui vont faire réfléchir le lecteur.

Nous suivons Rowan et Citra, deux adolescents très différents qui ont comme point commun d’être plutôt réfléchis, même s’ils commettent des erreurs propre à leur âge. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer. Leur avenir n’était pas du tout certain car le roman enchaîne les rebondissements. Je suis allée de bonnes surprises en bonnes surprises et l’évolution des ados, en particulier Rowan, est excellente.

Ce roman frôle le coup de cœur. Il est intelligent, atypique, prenant, très bien pensé, mené par des héros attachants et bourré de rebondissements. J’ai passé un excellent moment et j’espère que l’adaptation cinématographique ne va pas gâcher toute la réflexion qui se cache derrière les lignes du roman.

Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : Faux frère, vrai secret

Olivier Gay
Auteur francophone, voir la page facebook
Castelmore
Jeunesse
14,90 €
283 pages
Encore un roman jeunesse d’Olivier Gay dévoré en quelques heures. Ici, nous quittons le fantastique du Noir est ma Couleur pour un autre genre… que je garderai secret pour conserver la surprise. Nous suivons donc Léa qui se retrouve du jour au lendemain avec un « frère » sur les bras puisque Mike a perdu ses parents dans un accident et est recueilli par la famille de Léa. Sauf que Mike est étrange…

J’ai tout de suite deviné le secret qui entoure Mike mais cela ne m’a pas gêné, au contraire j’étais curieuse de savoir comment Léa allait découvrir le fin mot de l’histoire. On va suivre l’intégration de Mike au lycée… ou plutôt sa non-intégration justement. L’auteur y aborde la thématique du harcèlement, l’absence parentale et du fait que, oui, le lycée c’est la guerre et la jungle sociale ! 

J’ai bien accroché à Léa, qui est différente de Manon du Noir est ma Couleur, je me suis même plus identifiée à elle. L’aisance d’Olivier Gay pour entrer dans la tête de jeune fille de 16 ans est fabuleuse… ou douteuse 😉 (je plaisante bien sûr). Mike m’a fait rire et sourire de par son comportement complètement décalé et atypique. On s’attache à lui à cause ou grâce à ses bizarreries. Mais la vraie révélation de ce roman c’est Maxime car bon, il faut le dire, Olivier Gay est surtout un grand maître du Bad Boy dont on tombe amoureuse. 

L’humour est bien sûr omniprésent, globalement c’est plus léger que ses autres romans, même si on a de la bagarre et des coups de feu. L’action va crescendo et j’ai apprécié ça, car ça aurait été trop gros que Léa soit de suite confrontée à un type armé.  La fin est encore une fois explosive… dans les deux sens du terme. J’ai failli laisser couler la larmichette, car oui c’est triste quand même. La fin mériterait un dernier passage au lycée car j’aurai bien voulu savoir comment la vie normale pouvait reprendre après ça et surtout comment 2 personnages allaient réagir en se revoyant. Je fais du mystère pour ne pas vous spoiler.

En conclusion, un petit one shot qui se lit très bien, d’une traite, rafraîchissant, drôle, qui prend une direction plutôt inattendue dans le paysage de la littérature jeunesse du moment. Une lecture un peu plus en profondeur nous fait nous interroger sur ce qui se passe au lycée, l’équilibre entre vie de famille et carrière professionnelle et d’autres sujets trop spoilants pour vous. 


  
 

Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty: