Chronique : Eternité T3 Des dunes sous le vent

Magalie Ségura
Auteure francophone, voir le site
Version France Loisir
Fantasy
9,99€
432 pages
Enfin, voici la conclusion de cette trilogie exceptionnelle. Nous enchaînons directement après la fin haletante du tome 2. L’histoire était encore fraîche, bien que j’ai lu le tome précédent en septembre 2016. Quelques rappels sont tout de même bien placés afin de ne pas se perdre. 

Encore une fois, tout se déroule sur les chapeaux de roue ! Toutefois, l’histoire reste réaliste car nos héros, Naslie et Yshem sont au bout du rouleau après cet enchaînement de rebondissements interminables. Ils sont humains et comme tous les humains, Naslie est épuisée physiquement et mentalement, cela se ressent dans ce troisième tome, même si elle a toujours sa volonté intacte de se battre. 

Ce tome est encore marqué par des moments injustes, tristes et douloureux. La justice triomphe tout de même mais pas sans sacrifices. C’est assez à la mode de « faire souffrir » ses persos mais dans cette trilogie, tout est fait avec justesse, réalisme et beaucoup d’empathie. 

Je ne peux pas trop vous en dire sur l’intrigue, c’est à vous de la découvrir. Je peux juste vous faire un retour global sur cette magnifique trilogie. C’est une très belle histoire, fouillée, passionnante, riche, intelligente, servie par des personnages humains, réalistes et terriblement attachants. Ils sont empreints de défauts mais ils portent aussi un courage incroyable. On lutte à leurs côtés, on espère pour eux, on désespère avec eux et on subit cette morsure du désert impitoyable. Ce désert, ce monde, est d’une originalité rare. 

J’ai aimé les trois personnages principaux, Naslie, Yshem et Jelis, avec une mention spéciale pour les Luminis, ces boules de poils que j’imaginais en espèce de critters sympathiques XD L’intrigue est travaillée, les villes et descriptions aussi, le monde est riche. C’est une belle épopée, j’ai été transportée, dépaysée, bluffée et assoiffée par ce monde désertique. 

Je ne sais comment vous dire que cette trilogie est une merveille de fantasy francophone. Je suis très triste de quitter cet univers et ces personnages et je pense ne pas me tromper en vous affirmant que cette histoire va me hanter encore un moment. 

*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Elévation T1 Jusqu’au coeur du Soleil

 
 

 

David Brin
Traduction : Françoise Maillet
Folio SF
Science Fiction
7,50€
480 pages
 
 
Grâce à l’intervention de Lionel Davoust, on m’a proposé un projet très intéressant et pour lequel je me devais de combler mes lacunes au sujet des œuvres de David Brin. J’ai donc plongé dans ce premier tome et en suis ressortie mitigée. J’ai à la fois adoré mon voyage jusqu’au soleil et été déçue par certains aspects. 

 

Déjà, je dois reconnaître que les idées de l’auteur sont excellentes. Dans un futur lointain, l’homme a découvert comment élever à la conscience humaine les chimpanzés et les dauphins. On appelle cela l’élévation. L’humanité a aussi rencontré des races extraterrestres qui ont toutes été élevées à la conscience par une ancienne race aujourd’hui disparue. Chaque race peut ensuite en élever d’autres. S’établit alors un contrat entre un « patron » et un « client ». Le problème étant qu’il n’y aucune trace de « patron » pour les humains. Il semblerait que nous soyons devenus « intelligents » par nos propres moyens, ce qui n’est pas sans irriter certains E.T. à l’égo démesuré. 

J’ai trouvé ces idées très intéressantes, bien qu’un peu arrogantes. Le lien entre « patron » et « clients » est aussi bien trouvé et plutôt dérangeant. Nous découvrons dans ce roman Jacob, qui a justement participé à l’élévation des dauphins, qui est envoyé en mission pour rencontrer des Solaires que l’on soupçonne d’être, peut-être, les « patrons » de l’humanité. Autant dire que le voyage s’annonce autant scientifique que politique.

J’ai aimé ce roman pour le voyage, le dépaysement et les idées géniales qui sont développées. Les E.T. sont aussi variés qu’intéressants, mention spéciale pour Fagin la plante que j’imaginais comme Groot des Gardiens de la Galaxie (en plus causant). Les personnages secondaires sont bien travaillés dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé Hélène et j’ai aimé détester Larroque (un français en plus, merci…). Il y a de nombreuses réflexions et des parties plus complexes quand on aborde les descriptions techniques des lasers et autres systèmes de refroidissement du vaisseau. 

C’était donc un fabuleux voyage, toutefois le gros point négatif c’est Jacob, le héros. Alors il est somme toute sympathique, c’est un brave homme, intéressant, avec des qualités et des défauts mais l’auteur a voulu trop en faire à mon avis et paradoxalement il ne nous en dit pas assez sur lui. J’ai eu beaucoup de mal à m’imaginer Jacob et c’est sur la fin que j’ai compris qu’il était d’origine amérindienne. Le comprendre avant m’aurait aidé à le visualiser pendant tout le récit… d’autant que son âge reste obscur. Il y a tout un flou sur sa famille qui apparemment a une certaine influence, c’est très fouillis.

Il est affublé d’un Mr Hyde inutile, qui complique les choses. Il peut aussi entrer dans des transes. Plusieurs fois au cours du récit, Jacob craint d’utiliser sa force, on exagère ses capacités et au final je me suis dit « tout ça pour ça ». Pour avoir côtoyé des héros de SF, en livre comme en série ou film, je peux vous dire qu’il est très loin de leur arriver à la cheville et pourtant tous les autres protagonistes le portent en haute estime. Sauf que pour moi, lectrice, qui ne connaît pas ses faits d’armes, j’ai été déçue.

Enfin, l’auteur nous la joue à la Agatha Christie. Alors, je conviens que tous les rebondissements ont été de vrais surprises. Mais n’est pas Hercule Poirot qui veut et Jacob n’est pas du tout à la hauteur comme pseudo-enquêteur. Certaines explications sont tirées par les cheveux, arrivent brutalement sans aucun moyen de spéculer. J’ai été perdue sur des faits exagérés sur le moment qui au final ne servent à rien. C’était maladroit à mon sens. 

A mes yeux, l’auteur a voulu trop en faire question intrigue au détriment des véritables questions soulevées par leur voyage. Je suis à l’heure actuelle incapable de vous dire si oui ou non les solaires ont élevé l’humanité. Soit je n’ai pas retenu tant la réponse était noyée dans les intrigues annexes, soit je n’ai pas eu la réponse du tout. Avouez que c’est dommage, non ? 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé le voyage spatial, le contexte très travaillé, les idées globales de l’auteur. J’y étais au cœur de son soleil ! Malheureusement l’exploitation du héros est pour moi maladroite, pas toujours crédible non plus. L’auteur en a trop fait du côté des intrigues et d’un aspect policier qui a gâché les raisons premières de ce voyage. 

Ceci dit, je suis obligée de lire au moins le tome suivant qui parle d’envoyer des dauphins dans l’espace. On va voir si ce deuxième tome me plaît davantage.



Ma note ::star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : La Faucheuse

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Robbert Laffont collection R
Young Adult, Science Fiction
18,90€
495 pages
Séduite par les nombreux coups de cœur et encouragée par la lecture commune organisée par le club de lecture des Hiboux, je me suis procurée puis ai dévoré ce roman. Depuis un an, je me mets un peu plus au Young Adult et je dois dire que je tombe sur des pépites. Ce roman est génial. Il se démarque clairement des autres grâce aux nombreuses questions sur l’homme et la société future qu’il pose.

En effet, dans ce roman, nous sommes dans le futur et l’homme est immortel. Vous tombez d’un immeuble de 10 étages ? Pas de soucis, on vous ressuscite. Vous trouvez que votre corps de 70 ans ne vous plaît plus ? Hop, on vous régénère à vos 20 ans. Ainsi, on se retrouve avec des personnes, mariées plusieurs fois avec de multiples enfants… qui ont parfois un physique plus jeune que leurs propres enfants.

Afin de lutter quand même contre la surpopulation, il existe des Faucheurs qui vont « glaner » des personnes. Comprendre, les tuer définitivement. Certains choisissent de manière aléatoire, au gré de leurs envies ou, comme Faraday, le maître de nos deux héros, en fonction des anciennes statistiques de mort. Sa manière de faire semble originale à première vue. Puis, je l’ai trouvé glaçante. Je trouverais ça moins cruel d’avoir un âge limite plutôt que leur manière de faire où la mort peut frapper n’importe où, n’importe quand. On pourrait dire qu’il en est de même à notre époque, mais ce n’est pas vrai. En plus, je me dis qu’on aurait une chance de s’en sortir en cas d’accident de voiture, alors qu’un Faucheur ne vous laisse pas de chance. Il vous tue, point barre. C’est un assassinat où la victime n’a pas le droit de se défendre, sous peine de voir toute sa famille se faire « glaner ». Un assassinat légal en somme.

Ce monde est en outre aseptisé : les émotions sont bridées, contrôlées par des récepteurs. Plus de douleur, plus de peur, plus d’instincts violents. Les seuls tueurs sont les Faucheurs. Cela rend cette humanité morne, lisse, sans but ni passion. Pourtant, tout le monde s’accroche à sa vie et redoute la venue du Faucheur. D’un autre côté, certains Faucheurs cherchent la gloire et profitent de leur statut, ils usent et abusent de leur puissance et de leurs privilèges.

Bref, ce monde est déjà incroyablement atypique, riche et intéressant, même si je ne voudrais pas du tout y vivre. La vie éternelle décrite ici ne me vend absolument pas du rêve. Je me suis d’ailleurs demandée pourquoi ils ne contrôlaient pas les naissances afin de limiter cette surpopulation au lieu de glaner autant de gens. En tout cas, le roman soulève beaucoup de questions qui vont faire réfléchir le lecteur.

Nous suivons Rowan et Citra, deux adolescents très différents qui ont comme point commun d’être plutôt réfléchis, même s’ils commettent des erreurs propre à leur âge. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer. Leur avenir n’était pas du tout certain car le roman enchaîne les rebondissements. Je suis allée de bonnes surprises en bonnes surprises et l’évolution des ados, en particulier Rowan, est excellente.

Ce roman frôle le coup de cœur. Il est intelligent, atypique, prenant, très bien pensé, mené par des héros attachants et bourré de rebondissements. J’ai passé un excellent moment et j’espère que l’adaptation cinématographique ne va pas gâcher toute la réflexion qui se cache derrière les lignes du roman.

Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : la volonté du Dragon

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
13€
165 pages
Bon  au final, le mois de juin est devenu un mois consacré à Lionel Davoust ! Après avoir lu Port d’Âmes et La Route de la Conquête, je me suis plongée dans La Volonté du Dragon. Oui, j’ai tous ses livres dans ma bibliothèque, prêts à être lus. On est fan, ou on ne l’est pas 😉

La Volonté du Dragon se situe lors de l’apogée de l’Empire d’Asrethia et se déroule quelques décennies avant la novella de La Route de la Conquête. Nous retrouvons donc Stannir Korsova alors qu’elle secondait le Généralissime de l’époque. Elle est plus jeune, moins réfléchie, plus formatée par l’armée… tout comme l’est sa propre aide de camp dans La Route de la Conquête. On ne la voit finalement que très peu, c’est un personnage secondaire.

Dans ce court récit, nous suivons le Généralissime qui débarque avec toute sa force et son sentiment du supériorité. Pour connaître mon ressenti sur cet Empire et ses méthodes, je vous invite à lire mon avis sur La Route de la Conquête. L’homme se confronte donc à un dirigeant étrange, un enfant qui semble perdu dans son monde, épaulé par un gouverneur. L’invasion va se jouer autour d’une table, un peu à l’image d’un jeu d’échec. Une façon bien cruelle d’envisager les choses puisque sur le terrain, la bataille navale implique de véritables êtres humains qui meurent.

Justement, sur les bateaux, nous découvrons un aspirant artech attendrissant, dont on partage aisément la peur de se retrouver au combat et de devoir être responsable de tant de vie. Nous faisons connaissance avec l’amiral, un personnage qui inspire peu de sympathie, à l’inverse du capitaine, mais dont il faut reconnaître les compétences de stratège.

On pourrait croire qu’il ne se passe pas grand-chose et que l’histoire va être vite réglée, mais des rebondissements et les différents points de vue nous maintiennent en alerte. Le vent tourne vite et il s’avère très difficile de deviner qui des asriens (envahisseurs) ou des Qhmarri vont l’emporter. Certaines scènes sont difficiles à supporter, c’est la guerre et c’est bien moche.

Grâce à ce petit roman, j’ai eu des réponses à certaines interrogations soulevées pendant ma lecture de La Route de la Conquête, en particulier sur l’état d’esprit des peuples confrontés à l’Empire. Les Qhmarri posent les mêmes questions que moi au sujet de la démarche abusive et violente de l’Empire sous couvert de pacifisme.

La fin est amère à bien des égards. Définitivement, je n’aime pas du tout cet Empire, même si je dois bien avouer qu’il est redoutable. Par contre, ne vous méprenez pas, j’ai aimé ma lecture !

Ma note:star::star::star::star::star-empty:

Chronique : La Route de la Conquête

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
19€
347 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en juin à Lionel Davoust, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur le blog 🙂

La Route de La Conquête se déroule avant les événements de Port d’Âmes. Néanmoins, je trouve que l’avoir lu après m’a permis une meilleure immersion et compréhension dans le monde d’Evanégyre. En outre, d’avoir assisté à la conférence autour de cet univers aux Imaginales m’a également bien servi pour saisir les subtilités développées ici. Car comme tous les livres de Lionel, la Route de la Conquête est exigeant et demandera toute votre attention. Les liens avec Port d’âmes, la Volonté du Dragon (en cours de lecture) et potentiellement La messagère du Ciel (son dernier roman, dans ma PAL) sont vraiment intéressants.

En quelques mots, le livre est constitué d’un court roman, La Route de la Conquête et de 5 nouvelles qui se déroulent à des époques différentes. Toutes ont un rapport avec la guerre et en particulier la conquête de l’Empire d’Asrethia. Deux émotions m’ont accompagnée durant toute ma lecture : de la tristesse et de la colère. J’ai été très en colère contre cet Empire, un reflet de ce que notre propre monde a fait et fait encore d’ailleurs. Sous prétexte de détenir les clés de la technologie et du progrès, de savoir combattre la maladie et de vouloir unifier les peuples, l’Empire conquiert et soumet, par la force si les peuples ne voient pas à quel point ils ont besoin de l’Empire. Attention, l’Empire est magnanime car il met en place un système de Conservation des terres et des traditions, les peuples sont soumis mais conservent leur identité. La question qui se pose est : jusqu’à quand ? Car une fois la technologie installée, comment conserver ses traditions ancestrales ?

Nous suivons donc plusieurs missions de « soumission » où les différents guerriers de l’Empire se heurtent à des peuples qui posent problème : le premier n’a aucune hiérarchie et vit en harmonie avec sa terre sans notion de propriété. L’empire peut faire ce qu’il veut, personne ne l’arrêtera. Sauf que l’Empire a quand même besoin d’un ambassadeur et de créer des villes pour se justifier. La situation tourne à l’absurde : les guerriers sont prêts à massacrer tout le monde alors qu’en face le peuple leur dit « allez-y prenez les ressources que vous voulez, on s’en fiche ». Le problème n’est donc pas qu’une question de ressource mais bien de conquête, d’assimilation et de soumission.

Nous avons aussi des nouvelles qui se font écho ce qui les rend d’autant plus puissantes, en particulier Au-delà des murs (qui m’a fait penser à Shutter island… où est la vérité, où est l’illusion, la question reste entière jusqu’à la fin) et Bataille pour un Souvenir. Il y a de nombreux liens avec Port d’Âmes dont les prémisses du transfert qui est ici exploité d’une autre manière.

Il y a aussi un paradoxe entre la mission de Conservation des traditions des peuples soumis et l’étrange utilisation de la mémoire qui est faite par le peuple du Hiéral avec ses Guerriers-mémoires qui utilisent les souvenirs pour se battre. Cela a rendu la nouvelle Bataille pour un Souvenir extrêmement poignante à mes yeux.

Globalement, le lecteur n’est pas épargné par les horreurs de la guerre. On y rencontre des soldats aveuglés par les ordres et leur foi envers leur Empire  et sa toute puissance (coucou Méléanth Vascay !) mais heureusement aussi des dirigeants intelligents, réfléchis et expérimentés, à l’image de Stannir Korsova, héroïne de la Route de la Conquête. J’ai aimé suivre tous ces personnages différents qui connaissent des destins parfois tragiques. D’où mon ressenti de tristesse à cette lecture. On ne sait souvent pas grand-chose d’eux, on les croise pour quelques pages et pourtant ils vous marquent et vous vous y attachez.

Au travers de ses livres, Lionel Davoust nous dépeint plusieurs époques d’un même monde. Ici nous sommes à l’âge d’or de l’Empire, mais la dernière nouvelle du roman, Quelques grammes d’oubli sur la neige, nous prépare déjà au prochain âge, développé dans la nouvelle trilogie Les Dieux Sauvages. Port d’Âmes, lui, se situe bien plus tard. L’auteur tisse avec brio une toile entre ces époques radicalement différentes grâce à des liens qui vous donnent envie de savoir comment les choses ont pu se dérouler dans le passé ou alors comment justement elles vont évoluer dans le futur.

Encore une fois, je ne sais pas si ma chronique peut retranscrire la complexité et la richesse de l’univers développé par Lionel. N’ayez crainte, car cette complexité ne rime pas avec lourdeur et incompréhension. La plume est fluide, poétique et les pages défilent. Ces romans demandent juste une attention plus accrue et une volonté de s’ouvrir à la réflexion et la remise en question. Car la grande question qui ressort de ce roman, à mes yeux, est la suivante : l’Empire a-t-il raison ou tort de vouloir propager le progrès au monde entier pour le sauver, le protéger et l’aider à s’élever ?

Ma note:star::star::star::star::star:

Chronique : La revanche de l’Epouvanteur

Joseph Delaney
Bayard
Jeunesse
14,90 €
349 pages
Voilà enfin la conclusion de cette saga coup de cœur que j’ai découverte en 2014. L’Homme et moi sommes tout de suite tombés sous son charme. Malheureusement pour moi, ce tome est une déception. Suis-je allée trop vite dans ma lecture ? Cette saga souffre-t-elle des magnifiques coups de cœur jeunesse que j’ai eus récemment ? Après comparaison avec l’avis de mon compagnon lui aussi trouve que la fin est bâclée (même s’il est moins sévère que moi). 

Ce treizième tome est un peu une redite. Tom, l’Epouvanteur, Grimalkin et Alice doivent garder la tête du Malin et empêcher que les forces du mal ne réveillent leur Maître. Ce schéma est déjà exploité depuis le Tome 8. En gros, dans les 2/3 du livre il ne se passe pas grand-chose, c’est un peu un résumé des tomes précédents et on prépare la grande bataille. Il y a par contre un lien intéressant avec le Tome 11, le Pacte de Sliter et la race des Kobalos. 

La bataille finale est trop rapide, c’est bâclé, la disparition d’un personnage important est traitée de manière trop rapide et superflue. De plus, il y a beaucoup trop de mystères autour d’une décision d’Alice. Je pressens ce que l’auteur veut faire mais c’est trop flou, en tant que lectrice je me suis sentie prise pour une idiote. On nous laisse avec Tom complètement dans l’ombre. On voit parfaitement les énormes ficelles de l’auteur qui se laisse une grosse porte de sortie pour embrayer sur une autre saga ou bien exploiter au max avec d’autres tomes annexes. Sauf que non, l’Epouvanteur c’est 13 tomes, le lecteur mérite une fin travaillée, à la hauteur de la saga. Là j’ai juste eu l’impression qu’on allait avoir un quatorzième après. Et en effet, l’auteur a une autre saga qui poursuit le combat de Tom contre l’Obscur mais franchement il aurait pu terminer mieux que ça. Je suis très déçue. Même la fameuse Pierre des Ward, dont on nous rabâche l’importance depuis le premier tome est sous-exploitée.

Il y a quand même du positif, avec notamment une ambiance très nostalgique car Tom arrive à la fin de son apprentissage et on constate que l’Epouvanteur est vieillissant. On aimerait nous aussi revenir en arrière et regoûter aux plaisirs simples des premiers mois d’apprentissage de Tom. 

Malgré tout, c’est une saga que je conseille à tous, c’est de la littérature jeunesse mais avec une ambiance sombre que j’affectionne tout particulièrement et des personnages attachants, charismatiques avec qui on plonge sans hésiter dans l’action.  
 

Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Le mois de Lionel Davoust sur Book en Stock

Bonjour à tous,

Je viens vous parler aujourd’hui du « mois de » spécial Lionel Davoust auquel j’ai le privilège de participer. Le « mois de », c’est un rendez-vous mensuel organisé par les blogueuses Dup et Phooka sur leur blog Book en Stock. Elles vous expliquent tout ici mais pour vous résumer, chaque mois un auteur est invité pour présenter ses romans et répondre aux questions de ses lecteurs. À cet effet, chaque mois, plusieurs livres sont proposés à des blogueurs en partenariat avec les maisons d’éditions. En grande fan de Lionel j’ai bien sûr postuler pour son roman La route de la conquête aux éditions Critic. Je dois donc le lire et le chroniquer courant du mois et poser mes questions à l’auteur. 
Je connais Lionel depuis quelques années, quand un ami m’a offert le premier tome de la trilogie Leviathan en me disant « tiens, l’auteur est biologiste marin comme toi et ce thriller est génial, ça parle aussi d’océan et d’orques ». Et ouais, mes amis me connaissent bien 😉 J’ai A-D-O-R-E la trilogie Leviathan. Je ne tenais pas de blog à l’époque donc mes avis sur les deux premiers tomes se sont évaporés dans la nature. Mais je vous mets ci-dessous mes avis sur les autres ouvrages lus de l’auteur ^^ J’ai pu revoir avec plaisir Lionel lors des dernières Imaginales et comme vous pourrez le voir sur la photo, la science et l’écriture font bon ménage ^^ J’ai aussi assisté à sa conférence sur son monde Evanégyre et c’était très instructif, j’ai pu avoir des réponses à mes questions mais il m’en reste quelques unes pour l’interview de ce mois !


Ça rigole bien chez les amis des dauphins ^^ Photo par mon Elyra
En ce qui concerne La Route de la Conquête, voici le résumé :
On la surnomme la Faucheuse. Débarquée trente ans plus tôt dans le sud, la généralissime Stannir Korvosa assimile méthodiquement nations et tribus au sein de l Empire d Asreth, par la force si nécessaire. Rien ne semble pouvoir résister à l avancée de cette stratège froide et détachée, épaulée par des machines de guerre magiques.

Parvenue à l ultime étape de sa route, elle est confrontée à un nouveau continent un océan de verdure où vivent des nomades qui ne comprennent pas les notions de frontières ou de souveraineté. Elle doit pourtant affirmer l autorité impériale car, dans le sous-sol de la steppe, se trouvent des ressources dont Asreth a terriblement besoin. Mais après une vie de conquête, Korvosa pourrait bien rencontrer la plus grande magie qui soit… et se débattre avec une situation inédite : le pacifisme.

N’hésitez pas à venir poser vos questions à l’auteur ^^ Pour suivre cet événement voici quelques liens :
La page facebook du blog Book En stock
Mes autres lectures de Lionel Davoust :

Ma note :
Ma chronique du tome 3




















Ma note :




















Ma note :

Chronique : Faux frère, vrai secret

Olivier Gay
Auteur francophone, voir la page facebook
Castelmore
Jeunesse
14,90 €
283 pages
Encore un roman jeunesse d’Olivier Gay dévoré en quelques heures. Ici, nous quittons le fantastique du Noir est ma Couleur pour un autre genre… que je garderai secret pour conserver la surprise. Nous suivons donc Léa qui se retrouve du jour au lendemain avec un « frère » sur les bras puisque Mike a perdu ses parents dans un accident et est recueilli par la famille de Léa. Sauf que Mike est étrange…

J’ai tout de suite deviné le secret qui entoure Mike mais cela ne m’a pas gêné, au contraire j’étais curieuse de savoir comment Léa allait découvrir le fin mot de l’histoire. On va suivre l’intégration de Mike au lycée… ou plutôt sa non-intégration justement. L’auteur y aborde la thématique du harcèlement, l’absence parentale et du fait que, oui, le lycée c’est la guerre et la jungle sociale ! 

J’ai bien accroché à Léa, qui est différente de Manon du Noir est ma Couleur, je me suis même plus identifiée à elle. L’aisance d’Olivier Gay pour entrer dans la tête de jeune fille de 16 ans est fabuleuse… ou douteuse 😉 (je plaisante bien sûr). Mike m’a fait rire et sourire de par son comportement complètement décalé et atypique. On s’attache à lui à cause ou grâce à ses bizarreries. Mais la vraie révélation de ce roman c’est Maxime car bon, il faut le dire, Olivier Gay est surtout un grand maître du Bad Boy dont on tombe amoureuse. 

L’humour est bien sûr omniprésent, globalement c’est plus léger que ses autres romans, même si on a de la bagarre et des coups de feu. L’action va crescendo et j’ai apprécié ça, car ça aurait été trop gros que Léa soit de suite confrontée à un type armé.  La fin est encore une fois explosive… dans les deux sens du terme. J’ai failli laisser couler la larmichette, car oui c’est triste quand même. La fin mériterait un dernier passage au lycée car j’aurai bien voulu savoir comment la vie normale pouvait reprendre après ça et surtout comment 2 personnages allaient réagir en se revoyant. Je fais du mystère pour ne pas vous spoiler.

En conclusion, un petit one shot qui se lit très bien, d’une traite, rafraîchissant, drôle, qui prend une direction plutôt inattendue dans le paysage de la littérature jeunesse du moment. Une lecture un peu plus en profondeur nous fait nous interroger sur ce qui se passe au lycée, l’équilibre entre vie de famille et carrière professionnelle et d’autres sujets trop spoilants pour vous. 


  
 

Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Apostasie

Vincent Tassy
Auteur francophone, voir la page facebook
Editions du Chat Noir
Fantastique
19,90€
333 pages
J’ai découvert la plume de Vincent Tassy dans l’anthologie du Chat Noir de l’an dernier, Âme ténébreuse, cœur lumineux et j’avais beaucoup aimé sa nouvelle. J’avais déjà acheté son roman, Apostasie car… hé bien regardez la couverture, s’il vous faut une autre raison, moi non 😉 J’ai donc embarqué ce livre pour mon voyage aux Imaginales. J’avais en tout 16h de train, j’allais bien trouver le temps de le lire. C’était sans compter mon corps, ce traître, qui a décidé que trop c’est trop. Je n’étais donc pas dans les meilleures dispositions pour le début du roman, qui en plus est assez nébuleux, mais j’y suis revenue à la fin de ma lecture et tout est devenu limpide. 

Nous découvrons donc Anthelme, un jeune homme qui décide de tout quitter et se retrouve en ermite dans une étrange forêt mystique. Le roman est découpé en plusieurs parties, cette première où Anthelme est dans sa forêt et va faire la rencontre d’Alvaron puis d’Aphelion, j’y suis restée un peu extérieure. En revanche, l’histoire d’Apostasie que nous raconte Aphelion, je l’ai adorée. Pour tout vous dire, Anthelme nous raconte son histoire, dans laquelle Aphelion lui raconte l’histoire d’Apostasie où des personnages, dont l’étrange Ambrosius, nous content leurs histoires. Il y a donc une succession de récits enchâssés que j’ai trouvée très intéressante et je n’ai été perdue à aucun moment. 

J’ai donc beaucoup aimé la partie sur Apostasie et sa mère, Lavinia. C’était une histoire profondément triste. Lavinia est en réalité un personnage fouillé, plus complexe qu’il n’y paraît et pour qui j’ai développé une grande empathie et sympathie. Elle ne voulait qu’aimer son roi et son histoire se révèle tragique. Grâce à elle, nous rencontrons Ambrosius et ses « vermines », qui vont nous plonger dans le mythe vampirique. L’auteur a une approche d’abord magique, mystique, puis au fil des siècles, la mélancolie prend place. J’ai beaucoup aimé cette vision du vampire. L’histoire de ces vampires est envoûtante et nostalgique. J’ai partagé la tristesse qui enveloppe ce groupe de personnalités étranges, décalées et solitaires.

Après le récit d’Apostasie, un bouleversement vient tout chambouler. J’ai été autant choquée que notre héros, attristée aussi. Tout s’effondre et Aphelion nous révèle son véritable visage. J’ai beaucoup aimé ce revirement et tout ce qui suit. Certains passages obscurs du début du roman prennent alors tout leur sens. La fin est aussi belle que triste et m’a tout à fait convenue. 

Globalement, la plume est poétique, mélancolique, d’une beauté morbide, envoûtante aussi. Mon immersion dans l’histoire d’Apostasie était totale et j’en ressors avec une étrange impression de tristesse mêlée de rêve et de beauté. En tout cas j’ai passé un très bon moment et je vais guetter les prochaines sorties de l’auteur ^^


  

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mai : Lectures en préparation des Imaginales
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Port d’Âmes

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
23€
531 pages
Je retrouve enfin la plume de Lionel Davoust, cette fois dans son univers Evanégyre qui est de la fantasy pure et dure, à l’inverse de sa trilogie Leviathan que j’avais tant aimée. 

Port d’Âmes est un roman riche, avec une histoire et une mythologie propre que l’on ne fait qu’effleurer car l’univers d’Evanégyre est extrêmement vaste et j’ai hâte de me plonger sur les autres romans qui s’y déroulent à différentes époques afin de mieux le cerner. 

Dans ce roman, nous suivons Rhuys, qui a été obligé de servir en mer pendant 8 ans pour payer les dettes de son père, un homme droit et honnête. Il termine ses années de servitude à Aniagrad, cité portuaire, indépendante où tout se monnaye. Et là, notre pauvre Rhuys va cumuler les désillusions. C’est un personnage bien équilibré, plutôt naïf mais avec du plomb dans la tête quand il faut. Il apprend vite, défend des valeurs nobles et assume ses erreurs. Tout comme lui, j’ai voulu croire à ses beaux principes, j’ai voulu espérer que tout irait pour le mieux et que non, tout le monde n’est pas pourri jusqu’à la moelle. Oui, moi aussi je suis un peu naïve ^^ » 

L’autre personnage important du roman, c’est la Vendeuse. Je vous mentirais si je vous disais que j’ai pu m’identifier à elle ou même la comprendre car elle est très spéciale. On la rencontre alors qu’elle vend des bouts de son âme sur le marché. Il s’agit d’émotions brutes liées à des souvenirs de sa vie. J’ai beaucoup aimé cette idée et surtout le fait que l’acheteur peut faire perdurer ces morceaux d’âmes en lui. Ce n’est pas uniquement une question de prostitution de l’âme. La Vendeuse, donc, est un personnage à part, que j’ai beaucoup aimé malgré son étrangeté et son côté intouchable. Elle était d’une telle tristesse et pourtant d’une si grande noblesse et fierté. C’est un personnage inoubliable, d’une grande force qui m’a touchée. 

L’histoire m’a passionnée ! J’ai voulu savoir comment Rhuys allait faire pour se sortir de tous les pièges qui lui ont été tendus. Ses réactions ont toujours été surprenantes. Il est parfois impulsif mais conserve une grande intelligence et une bonne remise en question. À travers lui, l’auteur questionne ses lecteurs sur eux-mêmes, sur leurs principes et ce qui est réellement important. 

L’univers est donc vaste, riche, il attise notre curiosité. J’ai adoré certaines idées comme l’Administration (mais suivre un vieux perfide appelé Cassian après avoir vu Rogue One et être tombée amoureuse du héros, c’était rude XD), la dranaclase, la cité même d’Aniagrad qui se développe en écrasant tout ce qui se trouve dessous, ce qui me fait penser à des couches géologiques…

L’impression générale du roman est assez poétique, contemplative disait l’auteur. J’ai aussi trouvé cela mélancolique et triste. L’objet livre en lui-même est très beau et je n’ai pas vu passer les 500 pages ! Il s’agit, tout comme les autres romans de Lionel Davoust, d’un roman exigeant, qui demandera toute votre attention. Il se savoure, il faut qu’on s’en imprègne, à l’image des transferts d’âme de la Vendeuse. 

Pour conclure, ce fut une belle lecture, certes triste, mais immersive et introspective. 

 

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mai : Lectures en préparation des Imaginales

Ma note : :star::star::star::star::star:

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition