Chronique : Olangar T1

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Fantasy
22 €
446 pages

J’ai eu la chance d’être sélectionnée par les Vénérables de Book en Stock en partenariat avec les éditions Critic afin de recevoir non pas un, mais deux livres pour Le mois de Clément Bouhélier (à venir en octobre). J’ai donc reçu au cours de l’été les deux parties de son dernier né : Olangar. Histoire de faire durer le suspens, je vais les poster avec un peu d’intervalle. J’ai moi-même laissé quelques livres entre mes deux lectures comme je fais souvent, surtout avec des univers aussi denses (pour éviter l’overdose et une baisse d’attention).

Si vous avez bien suivi, je me suis familiarisée avec l’auteur au travers de son thriller fantastique Passé Déterré. Nous avons ici une toute autre ambiance puisque nous sommes dans la fantasy. Mais de la fantasy assez originale si je puis dire car elle se place à une époque semblable à notre révolution industrielle.

Bon autant avouer tout de suite : je n’ai pas le moindre défaut à relever dans ce roman. Voilà, c’est dit. J’ai adoré du début à la fin. Ce roman est très immersif. Dès les premières pages, l’auteur réussit la très casse-gueule technique du flash back pour raconter l’histoire de son personnage principal… mais intégrée à une baston bien ancrée dans le présent, cela rend le tout très dynamique et plutôt marrant à suivre. Chapeau. 

L’ambiance fantasy qui se déroule à une ère industrielle se compose d’orcs, elfes, nains, d’attaques de train façon western, de guerres sanglantes et de luttes syndicales face à des complots politiques qui forment un cocktail détonnant qui fonctionne du tonnerre. Imaginez un mélange de Wolrd of Warcraft, Gangs of New-York et de Wild Wild West et vous aurez une petite idée de l’ambiance d’une grande richesse créée par l’auteur. Moi, j’y étais à 200%. 

Nous avons donc un récit immersif et passionnant, porté par des personnages très intéressants et loin des clichés. Nous avons un trio principal composé de Torgend, un Elfe combattant déchu qui aime bien se défouler sur des gens ; Evyna, une humaine du sud venue faire la lumière sur la mort de son frère, à la fois intelligente, douée au combat mais pas pour autant une badass qui sait tout de la vie ; Baldek, un nain syndicaliste, charismatique, franc dans ses bottes et avec un certain talent pour les assassinats et la politique. Ces trois héros sont foncièrement bons mais ne rechignent pas à devoir se salir les mains et se les couvrir de sang. La vie à Olangar est dure et violente, cela se ressent à chaque instant.

Ces personnages riches, au background fouillé, attachants, terriblement « humains » dans leurs démarches, viennent renforcer une intrigue et un univers solides. L’intrigue justement se dévoile peu à peu dans le roman et la quête d’Evyna, aidée par Torgend, semble cacher un complot ou une affaire de grande envergure qui pourrait même recouper l’enquête de Baldek aussi. Comme dans Passé Déterré, l’auteur prend bien le temps de poser son contexte, ses personnages et son ambiance avant de monter petit à petit dans le suspens. Et là encore, servie par une plume très agréable et maîtrisée, cette narration se fait sans longueur. Mieux, j’ai été tellement embarquée et passionnée que je tournais les pages sans m’en apercevoir et ce petit pavé a été dévoré en moins d’une semaine.

Ce premier tome très marquant fait aussi écho avec l’actualité et notre sentiment d’impuissance face aux politiques et l’argent qui gouvernent ce monde. Que vous soyez ou non amateur de fantasy, je vous conseille très vivement ce roman. Pour ma part, j’ai grand hâte de me plonger dans la deuxième partie. Foncez, chers amis, foncez !


Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : La Tapisserie de Fionavar T2 le Feu Vagabond


Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
319 pages

Le résumé détaillé du premier tome a été fort apprécié avant d’entamer la lecture de ce deuxième tome, même si le résumé en lui-même est assez indigeste tant il y a de noms à se remémorer (prénoms, villes, pays, deuxième nom des héros, titre, artéfacts etc.) Heureusement il y a toujours un index des noms des principaux personnages qui facilite ensuite la lecture. 

J’ai retrouvé avec plaisir nos 5 jeunes canadiens. Alors que le premier tome avait mis en place doucement les différentes pièces de l’intrigue, tout s’accélère ici et on voit que tout est cohérent et s’imbrique parfaitement dans la trame conçue par l’auteur.
J’ai eu une lecture en demi-teinte. J’ai été agréablement surprise par certains événements et de voir que justement des choses obscures du premiers tomes trouvaient leur place désormais. Néanmoins, l’auteur choisit d’introduire des éléments de la légende arthurienne. J’y vois deux problèmes. Premièrement je n’aime pas cette légende. Bon ceci est purement personnel mais Arthur, Morgane, Guenièvre, Merlin & co c’est vu, revu et re-revu. Ce roman date et remonte à l’époque où justement on en soupait partout du Arthur donc ce n’est pas trop étonnant. Le deuxième point c’est surtout que ce roman n’en avait pas besoin ! La mythologie du monde de Fionavar est déjà si riche (un peu copiée sur Tolkien parfois), pourquoi s’embêter à tout compliquer avec cette légende ? Elle n’a rien à faire là à mes yeux. Autant, Arthur seul aurait pu passer car il a un rôle précis, très intéressant pour le coup et charismatique, mais nous rajouter une Guenièvre cachée derrière une des filles qui se rappelle pif paf pouf comme ça de son passé ça ne m’a pas du tout plu. D’autant que cette personne à part entière était suffisamment intéressante et fouillée en soi. Cela n’apporte rien, sauf une tragédie de plus à venir car comme ils nous l’ont assez bien répété, qui dit Arthur et Guenièvre, dit Lancelot et trahison. Bref, cela m’a bien ennuyé.

Mon deuxième reproche concerne la manière de l’auteur de nous révéler des éléments de l’intrigue. Nos 5 jeunes  sont dans le flou, puis d’un seul coup ils ont la révélation, ils savent tout sur tout et comprennent ce qui va se jouer… sauf qu’ils ne le partagent pas avec le lecteur qui doit attendre que l’auteur dévoile enfin ses intentions. Une fois ça passe, mais dans ce tome cela arrive trop souvent et c’est un peu lassant à force. Cela donne aussi une impression de bâclé parfois car si les personnages savent depuis longtemps qu’ils vont faire telle action, le lecteur lui ne le sait pas et la découverte tombe comme un cheveu sur la soupe. L’exemple le plus flagrant étant Kim et l’amant qu’elle se choisit. Pourquoi ? Il n’y avait aucun indice, aucune alchimie, rien qui laisse paraître que ce choix est cohérent. 

Finalement dans ce tome j’ai donc préféré les personnages issus de Fionavar plutôt que nos canadiens. Les deux frères Ailéron et Diarmuid sont d’excellents personnages, les Dalreï sont intéressants à suivre, les rivalités entre rois aussi et même la prêtresse Jaelle devient moins agaçante au fur et à mesure qu’elle se dévoile. Les dieux interviennent aussi de plus en plus et la mythologie (hormis l’incartade arthurienne qui, je l’avoue, permet quand même de relier Fionavar au reste des univers) se développe aussi. Globalement j’ai aimé suivre tous ces personnages et j’ai été triste quand l’un d’entre eux est mort (bon là aussi, lui a tout compris juste le pourquoi il devait mourir comme ça, 5 minutes avant). La maîtrise de l’auteur sur son univers et son intrigue est remarquable et donne envie de lire ses autres romans.

Malgré tout cette lecture a été agréable et je suis curieuse de savoir comment cette trilogie va se conclure !





Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Les aventuriers de la mer T7

Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
377 pages
On continue d’avancer petit à petit et notamment de suivre Althéa et Brashen à la recherche de Vivacia. Ils sont partis à bord de Parangon et doivent faire face à une situation de plus en plus tendue. Déjà, ils doivent réprimer leurs sentiments l’un envers l’autre puisque Brashen est le Capitaine et Althéa un Lieutenant et ensuite on sent que le Second commence à monter une partie de l’équipage contre Brashen… ça sent malheureusement la mutinerie bientôt. D’autant que ce traître encourage Parangon le navire fou à la violence. Néanmoins l’étau se resserre et on se rapproche de Vivacia et de Kennit.

Justement sur la Vivacia, le pauvre Hiémain agonisant doit digérer la vérité sur la nature des vivenefs et les choses se compliquent dès lors que Vivacia l’apprend à son tour. L’aventure prend alors un tout nouveau tournant et je suis très curieuse de voir comment tout cela va s’agencer. Les forces en présence sont chamboulées.

Concernant Malta, elle continue de grandir et je sens que ça risque de devenir tendu pour elle aussi dans le prochain tome. En tout cas, elle trouve davantage grâce à mes yeux d’un livre à l’autre. Le caractère de la famille Vestrit et notamment le courage et la persévérance commence à se révéler chez elle et c’est tant mieux. La petite peste adolescente immature me courait sur le système.

Enfin, la situation à Terrilville est plus critique que jamais. On y retrouve Ronica Vestrit, très vulnérable puisque sa famille est accusée de trahison mais on peut toujours compter sur elle pour supporter n’importe quelle situation avec bravoure et dignité. Sérille, la Compagne du Gouverneur qui a orchestré l’enlèvement de ce dernier afin soi disant de le protéger et que j’appréciais au départ de par ses envies d’indépendance, m’agace profondément. Le fait qu’elle veuille éclipser les Vestrit y est pour beaucoup. A cause de sa soif de pouvoir, elle ne voit pas qu’elle est en train de détruire toute une ville. C’est très frustrant et j’ai jubilé chaque fois que Ronica la remettait à sa place. Même si ce qu’elle a vécu est injuste, cela ne lui donne pas le droit de saper l’autorité des Marchands de Terrilville et de se croire supérieure à eux. Heureusement, les Marchands lui prouvent à plusieurs reprises à quel point elle se méprend sur eux et qu’ils n’ont pas besoin d’elle. Bim, dans les dents !

Encore une fois j’ai passé un excellent moment de lecture. J’arrive bientôt à la fin de cette aventure que j’aurais laissé délibérément traîner pendant des années. Ce monde est tellement passionnant et immersif que je ne veux pas le quitter trop vite !

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Les Dieux sauvages T2 Le verrou du fleuve

Lionel Davoust
Auteur francophone (voir le site)
Critic
 Fantasy
23€
503 pages
Après mon coup de cœur intersidéral pour le premier tome (voir ma chronique), j’étais sûre et certaine de prendre le 2ème tome aux prochaines Imaginales. Le sort en a voulu autrement car j’ai eu la chance de recevoir ce tome lors de la dernière Masse Critique de Babelio ! Je les remercie donc eux ainsi que les Editions Critic pour l’envoi de ce livre. Comme ça je vais pouvoir utiliser le budget qui lui était réservé pour acheter un autre roman sur le salon 😉

Ce fut un véritable plaisir que de retrouver l’univers d’Evanégyre et tous ses personnages (et bien sûr Léopol, vous vous en doutez 😉 ). Après un premier tome qui a placé tous les personnages principaux ainsi que les enjeux, nous retrouvons Mériane accompagnée de Léopol et Darén qui part prêter main forte à la ville de Loered avec le jeune souverain Erwel et l’armée de Belnacie. En parallèle, Ganner poursuit son siège de la ville de Loered dans laquelle nous retrouvons le duc Thormig et son chronète Maragal. Ne vous en faites pas, au fil de votre lecture, vous ne serez jamais embrouillé pour savoir qui est qui, d’autant que nous avons un rappel à la fin du livre de l’identité de toutes ces personnes.

J’ai globalement trouvé ce tome plus sombre. Pourtant il y a eu des moments sanglants dans le premier tome mais ici, la guerre a bel et bien étendu son ombre – sous le signe de l’Eternel Crépuscule. On ressent l’impuissance de Mériane, son découragement face à son rôle qui dépasse sa propre personne mais aussi à l’aveuglement et la bêtise des hommes qui refusent de l’écouter et courent à leur perte pour certains. J’avais tellement envie parfois d’aller les secouer et de leur hurler d’aller crever à tous ces misogynes. Mais heureusement, Mériane était plus magnanime que moi !  Mériane est devenue plus posée, plus stratège grâce à Wer qui parle dans sa tête. Elle teste les limites de son rôle de Héraut/Messagère, car non ce n’est pas aussi simple qu’elle (et le lecteur) ne l’imaginait. Elle développe aussi sa compassion et est totalement dévouée à sa cause… sans pour autant épouser totalement celle de Wer. Elle défend ses propres valeurs au risque de s’attirer les foudres de la pourtant toute puissante Eglise. En conclusion, elle reste l’excellente héroïne découverte dans le premier tome et qui est toujours aussi bien croquée dans la couverture.

Mon cher Léopol était plus en retrait dans ce tome, il était plus grognon aussi. Une telle haine couve en lui que ça en est parfois effrayant. Je ne m’en rendais pas forcément compte dans le 1er tome. On découvre ici des weristes à la ferveur extrême, qui vont trouver davantage de raisons de mourir que de vivre ce qui est extrêmement déroutant et à l’exact opposé de ma propre pensée. J’ai peur que les émotions contradictoires qui se heurtent en Léopol ne le poussent à faire des choses regrettables (déjà qu’on a frôlé le sacrifice stupide ici !). Et la mission qui l’attend dans le troisième tome n’est pas pour arranger les choses. Sa dévotion envers Mériane est parfois étouffante comme elle-même le fait remarquer mais j’ai confiance, il a encore 2 tomes pour évoluer mon petit Léopol.

J’ai bien aimé les nouveaux personnages mis en valeur dans ce tome, notamment Thormig le duc de Loered, son chronète Maragal qui est tellement différent des autres weristes (pour ne pas dire Léopol) ou même Kerruÿs. Erwel, comme prévu, prend peu à peu confiance ainsi que la place de meneur qui lui incombe (et qui lui décombe !). Il commet des erreurs mais a l’intelligence et le recul nécessaire pour ne pas les reproduire. Par contre, Izara, l’ancienne reine m’inquiète. Ses décisions risquent de coûter cher dans le futur… c’était très frustrant de la voir ainsi foncer dans le mur. La partie politique est moins développée dans ce tome et c’est pas plus mal car cela nous plonge davantage dans l’action de la guerre.

Curieusement, Juhel m’a manqué ! J’avais apprécié son charisme et son caractère si particulier qui vous donne l’impression que ses actions mauvaises sont tout ce qu’il y a de plus normal et de bienfondé. C’est vraiment un personnage fort et marquant alors j’espère le revoir dans le prochain tome. Nous revoyons par contre Chunsène et Nehyr, pour laquelle j’ai une ou deux hypothèses concernant l’identité. A voir avec la suite !

Donc ce tome était plus sombre, plus pesant, les combats sont désespérés presque sans issue. La foi que réclame Wer se transmet peu à peu au lecteur car face aux monstruosités engrangées par Aska, les chances de survie sont presque inexistantes. Et tout ça pour le caprice de deux dieux. C’est aussi fou que cruel. A la base, les Dieux Sauvages devait être une trilogie mais au final un tome a dû être rajouté pour que l’auteur puisse raconter son histoire telle que prévue. De ce fait, ce deuxième tome aurait dû être plus conséquent et même s’il se passe pas mal d’événements, j’avoue avoir refermé le livre en me disant que la guerre n’avait pas autant progressé que ce à quoi je m’attendais. Cela n’enlève rien à l’intérêt du livre qui reste passionnant du début à la fin. Lionel a ce talent-là.

Au final je me suis régalée, on est pas passé loin du coup de cœur, peut-être est-ce parce que je l’ai lu trop tôt après le premier tome, lequel m’avait emporté dans un tourbillon d’émotions. Peut-être est-ce dû à l’ambiance plus sombre et clairement plus déprimante et angoissante ou au fait que j’imaginais avancer davantage dans l’histoire. Quelques soucis de mise en page (il manque des espaces entre des mots) étaient suffisamment répétés pour m’embêter dans ma lecture.

En tout cas cela a été une excellente lecture, maîtrisée du début à la fin, où encore une fois j’ai vécu et non lu le récit. Le plus dur va être d’attendre vraiment un an avant de lire le troisième tome !! C’est presque une punition XD Fan de Fantasy, ne passez pas à côté de ce bijou !

Ma note ::star::star::star::star::star:

Chronique : Les Dieux Sauvages T1 la Messagère du Ciel

Lionel Davoust
Auteur francophone (voir le site)
Critic
 Fantasy
25€
649 pages
Si vous me suivez par ici, vous savez déjà que j’apprécie beaucoup Lionel et que j’ai lu quasiment tous ses romans (voir mes avis sur la fin de Leviathan, la Route de la Conquête ou encore Port d’Âmes). C’est donc les yeux fermés que j’ai acheté ce nouveau roman lors des Imaginales de 2017. Bon il m’aura fallu tout ce temps pour m’y mettre, la faute aux 649 pages impressionnantes… que j’ai avalées sans les voir au final.

Je vais mettre les choses au clair dès maintenant : ce livre a été un coup de coeur intersidéral. Donc attendez-vous à des commentaires dithyrambiques (non sponsorisés !).

Un mot sur l’objet livre qui est très beau et soigné (bon, ça ne m’étonne plus, je commence à avoir quelques livres des Editions Critic dans ma bibliothèque) avec une très belle couverture qui rend un bel hommage à notre héroïne, Mériane. Cela lui correspond en tout point alors chapeau à l’illustrateur.

Ce qui m’a plu, sans surprise, fut la plume de Lionel qui est fluide, travaillée et qui me donne toujours l’impression que chaque mot a été pesé. Je suis toujours admirative. Il n’y a rien en trop et il ne manque rien.  La lecture est donc très agréable.

Le monde est extrêmement riche. Port d’Âmes, la Volonté du Dragon, La Route de la Conquête et les Dieux Sauvages se déroulent dans le même univers mais à des époques si différentes que vous n’êtes pas obligés d’avoir lu les autres romans qui restent parfaitement indépendants. Bien sûr, je vous encourage à le faire car, d’une part ils sont géniaux et, d’autre part, cela vous donnera une autre vision de cet univers. Car la Volonté du Dragon et la Route de la Conquête se déroulent aux âges d’Or de ce monde dont il nous reste des traces dans Les Dieux Sauvages. Tandis que Port d’Âmes se passe bien plus tard… d’ailleurs on y faisait mention de Mériane (détail que j’avais oublié… tant mieux comme ça je ne me rappelle plus de ce qu’il lui arrive). Bref, pour mieux vous rendre compte de l’envergure de l’univers créé par Lionel, je vous conseille de lire ses autres romans de fantasy.

De ce fait, je n’étais pas totalement dans l’inconnu, j’avais des détails « rassurants » sur l’univers, déjà sur son futur mais aussi sur des notions que je connaissais déjà comme l’influence de l’artech et les armures. Malgré tout j’ai bien été dépaysée et j’ai plongé sans hésitation dans cette nouvelle aventure. Encore une fois le travail de fond est admirable, tant pour le contexte que pour les descriptions des différents lieux.

Le monde décrit ici est terriblement injuste et rétrograde. On est retourné au Moyen-Âge pas si lointain où les femmes sont des pécheresses et l’Eglise toute puissante. Ce contexte a suscité en moi autant de colère que de peur.

Mais ce qui a fait la force de ce roman à mes yeux et qui vaut mon coup de coeur, ce sont les personnages qui sont tous dotés d’un charisme, d’une personnalité et de desseins propres qui les rendent tous géniaux. Nous suivons environ 8 points de vue très différents mais qui tous sont très travaillés. Grâce à eux j’ai ressenti de l’admiration, de la colère, de l’injustice, de l’espoir, du désespoir, de la peur aussi mais surtout une grande combattivité. Si on pressent que certains vont prendre de l’ampleur dans la suite (Erwell), d’autres comme Juhel m’ont autant impressionnés qu’effrayés. Ce personnage est criant de réalisme et à l’image du bouquin : travaillé au millimètre. Je l’ai aimé autant que détesté. Je ne peux pas revenir sur tous les personnages mais sachez qu’ils sont tous intrigants et qu’on veut tous les suivre.

Le pilier du roman, à savoir Mériane est telle que je l’imaginais, avec plus de verve ce qui est d’autant mieux. Cela a été très facile pour moi de m’identifier à elle. Sa force de caractère et sa détermination sont admirables et encourageantes. Elle est exactement telle que je la voulais, avec ses forces, ses faiblesses et surtout humaine. Elle est forte, courageuse, avec du caractère et surtout des convictions qui lui permettent de survivre à cette période injuste. Même avant d’être la porte-parole de l’un des Dieux, elle était très charismatique. Je n’ai absolument rien à lui reprocher (comme l’ensemble du roman) et je suis même impressionnée.

Mais la personne qui a déclenché dès le départ mon coup de cœur pour ce roman n’est pas l’héroïne. Non, c’est Léopol. Alalala, Léopol ! Cela faisait si longtemps qu’un personnage ne m’avait pas autant inspirée. Pourtant sur le papier, ce pauvre Léopol n’avait rien pour me plaire : un religieux aveugle, propre sur lui, qui suit les ordres sans réfléchir, hautain et agaçant. Mais que voulez-vous, un coup de foudre ne se contrôle pas ! Son duo explosif avec Mériane fonctionne du tonnerre et je trépignais de le voir évoluer, de le voir peu à peu laisser parler son humanité au lieu de ses dictats religieux. Je n’ai pas été déçue et j’ai tellement hâte de le retrouver dans le prochain tome. Il est juste G-E-N-I-A-L. Oui, cela s’appelle du fangirling, j’assume XD

En conclusion, ce roman est à la hauteur de ce que j’espérais. Il est passionnant, riche, haletant, terriblement injuste, cruellement réaliste et porteur d’un espoir que l’on ne peut qu’embrasser. Certaines scènes de guerre sont si bien décrites qu’elles étaient à la limite du soutenable (et pourtant l’horreur ça me connaît). Bref, vous ne lirez pas ce premier tome : vous le vivrez.

Et vive Léopol !!!!

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique La voie des oracles T2 Enoch

Estelle Faye
Auteure francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy historique, young adult
16,90€
333 pages

J’ai lu le premier tome, intitulé Thya, en novembre 2016 (ma chronique est ici) qui avait constitué une belle découverte. Je me suis procurée le deuxième tome aux Imaginales 2017 auprès de l’auteure (en même temps que la brique de fantasy Les Seigneurs de Bohen.)

Bon, mon problème étant que je laisse passer du temps entre chaque tome j’avais complètement oublié le contexte dans lequel nous avions laissé nos héros, Thya l’Oracle, Enoch le maquilleur aux pouvoirs magiques et Aylus l’ancien oracle. Même sans résumé je me suis quand même vite replongée dedans. Je ne suis pas restée perdue très longtemps. Nous retrouvons aussi en parallèle, Aedon, le frère de Thya qui cherche à la tuer et qui va tomber entre les griffes manipulatrices d’Hécate.

Point ultra positif : cette fois nous avons eu droit à une carte qui m’avait manquée lors du premier livre. J’ai donc eu tout le loisir de pouvoir visualiser les différents lieux cités, d’autant qu’ils vont tous beaucoup voyager compte tenu qu’ils partent de Gaule pour se retrouver au-delà de Constantinople. Bref, cette carte m’a autant aidée, qu’instruite car cette époque m’est totalement étrangère. 

Dans ce volume, Thya nous apparaît moins assurée, moins prompte à utiliser ses dons d’oracles. Elle doute davantage et va se reposer sur ses compagnons, du moins durant une partie de l’histoire. Cela permet à Enoch de s’imposer un peu plus même s’il est à mon avis encore loin de son véritable potentiel. On en apprend plus sur Aedon et sur les desseins d’Hécate. La petite touche amusante est générée grâce au Sylvain qui accompagne Enoch, un minuscule être que j’ai aussitôt associé dans mon esprit à Bébé Groot des Gardiens de la Galaxie puisque j’ai vu le deuxième film le mois dernier (mais je ne dis pas que le sylvain s’en inspire, c’est juste moi qui l’ait imaginé ainsi dans mon esprit.)

Le blason des dieux est un peu plus redoré, enfin, disons qu’ils sont plus présents et avec une plus forte implication car, malheureusement, leur puissance se fane et ils ne sont plus qu’une pâle image de leur splendeur passée. J’ai adoré le passage avec Dyonisos qui était à la fois beau, cruel et d’une grande tristesse. Encore une fois, je me suis sentie impuissante face à la disparition des dieux. La nostalgie persiste tandis que la magie est plus exploitée ici.

La fin est surprenante, je ne m’y attendais pas. Plusieurs rebondissements ponctuent le récit qui est moins prévisible que le premier (je rappelle que nous avons les visions d’avenir de Thya, donc on sait à peu près à quoi s’attendre dans le premier tome). Les personnages chutent, se relèvent et rechutent encore, c’est assez surprenant et frustrant à la fois. Certains aspects, dont la disparition de personnages, sont traités un peu vite à mon goût. Ce sera mon seul bémol, ça et les « ma belle » d’Enoch qui me hérissent le poil.

Je suis très curieuse de lire le dernier tome car la fin de ce volume nous promet une toute autre vision de l’histoire.  C’est vraiment une série atypique avec une ambiance très particulière. L’univers est riche et la plume est fluide, agréable et enrichissante également. Estelle Faye n’invente rien, ses recherches ont dû être conséquentes pour nous décrire les lieux, les coutumes, les habits, etc. Cette époque (Vème siècle après JC) à cheval entre la Rome antique et le christianisme est assez méconnue, du moins en ce qui me concerne, donc je suis heureuse d’apprendre beaucoup de choses à son sujet, et notamment tous ces anciens peuples étrusques et sassanides.

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Forest of a thousand lanterns

Julie C. Dao
Lecture en V.O.
Penguin Random House
Fantasy, young adult
11,42$
363 pages

En 2017 je me suis laissée tenter par la box littéraire anglaise de young adult Fairy Loot. J’en ai reçu 4 dont les thèmes m’avaient intéressé. Cette box me plait beaucoup car les goodies sont de qualité, les fandoms me plaisent et les gérants sont très sympa. Le prix reste un peu élevé car avec les frais de ports je m’en tire à presque 50€. Autant dire que c’est devenu un luxe ces derniers mois. Heureusement les derniers thèmes ne me tentaient pas trop ! 

Mais c’est bien beau d’acheter des livres anglais, il faut les lire ensuite ! Parmi les livres reçus j’ai jeté mon dévolu sur celui-ci, qui m’intriguait beaucoup de par le lieu (Chine, réelle ou imaginaire, je me le demande) et le mélange de magie et de créatures mythologiques chinoises. 

J’ai beaucoup aimé ce premier tome. La plume reste très accessible malgré des passages assez denses avec du vocabulaire inconnu pour décrire des vêtements ou des aliments asiatiques. Le reste est venu assez naturellement. 

Outre l’atmosphère à la fois magique et dépaysante, c’est l’héroïne Xifeng qui a contribué à mon excellente lecture. On s’identifie très vite à elle, on admire son courage et sa détermination, on compatit à la dureté de son éducation par Guma, sa tante. On s’inquiète de ce monstre qui vit en elle et on rêve de ce destin fabuleux prédit par les cartes, à savoir devenir l’impératrice du Feng Lu.  On pourrait croire que cette fille du peuple est arrogante, ambitieuse et arriviste à vouloir se rendre à la cour de l’Empereur et à aspirer à un rang plus élevé. Pourtant, elle n’est rien de tout cela. Ambitieuse, peut-être, mais pas dans l’aspect négatif. A la base, elle n’est pas prête à écraser tout le monde pour y parvenir. C’est son destin et elle s’évertue à le suivre, ce qui lui donne une confiance en elle communicative et qui m’a rendue aussi admirative. 

Néanmoins, Xifeng n’est pas toute blanche. Elle est consciente de ses défauts et du fait que parfois elle utilise les gens, dont Wei, son amoureux depuis qu’ils sont enfants. Le pauvre garçon rêve d’une vie simple et heureuse avec elle, lui transit d’amour. Pour autant, je n’ai jamais vraiment perçu Xifeng comme une égoïste car elle aime Wei à sa manière et n’abuse pas non plus de lui. Elle l’aide même si au final cela sert ses intérêts. C’est assez paradoxal mais c’est ce qui m’a plu. Xifeng est sans conteste un personnage complexe et très intéressant à suivre.  Elle a une part d’ombre assez poussée que j’ai aimé découvrir.

Les histoires de la cour de l’Empereur étaient sympathiques à suivre et j’ai trouvé qu’elles étaient racontées avec justesse. De manière générale les psychologies étaient bien trouvées et les relations, qu’elles soient amoureuses, amicales ou hostiles étaient bien traitées, elles étaient humaines et donc crédibles. Il y a du bon et du mauvais dans chacun d’entre eux. J’ai bien accroché à l’Empereur Jun, j’ai hâte d’en savoir davantage sur lui dans le prochain tome.

La fin est douce amère. Je ne veux pas vous spoiler donc je n’en dirais pas plus mais je suis curieuse de voir où l’auteure a décidé de nous emmener car Xifeng a fait des choix irréversibles lors de ce premier livre. 

En conclusion j’ai vraiment beaucoup aimé ma lecture, c’était dépaysant, atypique, passionnant et ponctué de personnages crédibles et attachants. J’espère qu’il sortira en français car je trouve qu’il change vraiment du paysage éditorial de young adult actuel.

 
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique la Passe-Miroir T2 : les Disparus du Clairdelune

Christelle Dabos
Auteure francophone, voir le site
Gallimard jeunesse
Fantasy
19 €
551 pages

Comme me l’a fait remarquer ma co-rêveuse Elyra, je n’ai pas laissé beaucoup de temps entre mes lectures du T1 (en mars, voir ma chronique) et du T2. J’avais envie de replonger dans cet univers, surtout qu’on m’a offert le T3 pour Noël. 

Le premier tome avait été un coup de cœur, j’avais donc beaucoup d’attentes pour cette suite. Trop sans doute, d’autant que les deuxièmes tomes s’essoufflent souvent et font officie de transition. J’ai replongé avec plaisir dans cette lecture sauf que je l’ai trouvé moins prenante au démarrage. Il m’a fallu attendre presque la moitié du roman pour être totalement intéressée. Je comprends le rythme de l’auteure car ses personnages ont des caractères très marqués, ils ne peuvent pas changer du jour au lendemain. Le début se concentre sur la cour et les déboires d’Ophélie qui y fait ses premiers pas. Cette partie ne m’a donc pas passionnée mais une fois que l’intrigue des disparus s’amorce avec en parallèle cette fameuse lecture du Livre de Farouk l’esprit de Famille, j’ai été embarquée. 

Autant dans le premier tome je me suis sentie très proche de l’héroïne, Ophélie, autant j’ai été hermétique à son esprit et ses décisions dans ce tome-ci. Peu à peu elle s’affirme et ça prend du temps, certes, mais cela m’a beaucoup moins touché que l’évolution de Thorn. C’est lui le vrai gagnant de ce tome, je l’ai adoré ! Et pour revenir à Ophélie, j’ai trouvé sa maladresse de trop ici, comme si l’auteure se sentait presque obligée de nous rappeler ce défaut pour rester cohérente avec son premier tome, sauf que ça ne m’a pas paru naturel (surtout quand l’héroïne voyage pieds nus dans la neige par grand froid…) ni toujours nécessaire.

Bref, Ophélie et moi n’étions pas sur la même longueur d’onde. Ce fut d’autant plus marqué quand sa famille a débarqué. J’ai horreur, mais horreur des gens qui imposent les choses aux autres. Or, l’emprise de la mère d’Ophélie sur sa fille est affreuse. Ophélie va évoluer sur la fin mais que ce fut laborieux ! Je comprends mal comment on peut avoir son caractère affirmé et décidé et en même temps se laisser autant marcher dessus. J’espère très fortement que cela va changer définitivement dans la suite car j’ai lu que ça se déroulait 2 ans plus tard. 

Malgré toutes ces réserves sur le personnage d’Ophélie (on est toujours plus exigeant avec des livres de qualité), j’ai passé un bon moment. J’ai été happée par l’intrigue autour des Esprits de Famille et j’ai fait des suppositions sur les fameux disparus. J’ai aimé la fin et la manière dont les choses évoluent entre Ophélie et Thorn, tout comme j’ai aimé les interventions de Farouk. La révélation de ce tome (outre Thorn, bien sûr), c’est Archibald, qui se révèle bien plus intéressant et complexe que prévu. Bon, il a malheureusement le syndrome de tout-le-mode-tombe-amoureux-de-l’héroïne mais j’ose espérer que là aussi l’auteure me surprendra.

L’univers est donc toujours aussi riche, dépaysant et l’on veut tout savoir de ce monde et de ce Dieu dont il est question. Nous apprenons beaucoup de choses sur les Esprits de Famille et je suis très curieuse de connaître la suite et voir la direction que prend l’auteure. Cette partie est réellement passionnante.

En conclusion, j’ai été légèrement déçue car le premier tome avait été un gros coup de cœur, néanmoins ce fut une belle lecture et j’ai de grands espoirs sur l’évolution d’Ophélie. L’histoire générale reste passionnante, le monde donne envie de le parcourir et d’en connaître les moindres détails. Mention spéciale à Thorn, qui lui a été un vrai coup de cœur en revanche ^^

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Bilan lecture 2017


 Livres lus en 2017


J’ai encore diminué mon nombre de livres lus cette année avec un total de 45 livres. Pourtant, je n’ai jamais eu l’impression de lire autant. Allez donc savoir ! L’année aura été assez inégale niveau rythme (à découvrir dans mon bilan écriture) et pauvres en réels coups de cœur. Néanmoins, j’ai eu de très bonnes lectures (seuls 3 romans m’ont déçue complètement), j’ai découvert de magnifiques plumes francophones (Ariel Holzl, Chloé Chevalier, Christelle Dabos) et j’ai mis à jour mes connaissances d’auteurs cultes (Neil Gaiman, David Brin, Barjavel, Guy Gavriel Kay). 

Cette année, la part belle revient à la Fantasy mais j’ai augmenté mon quota de livres SF et aussi de young adult/jeunesse, un genre qui me plaît assez même si je choisis mes livres avec parcimonie


Mes coups de cœurs 2017

Objectifs 2018 :

Mes petits bilans mensuels ont été un échec cette année. J’ai décidé, hors participation au « mois de » du blog Book en stock, de ne plus m’imposer de challenge. Je vais essayer d’alterner une lecture étrangère à une lecture francophone et aussi de me mettre davantage aux lectures en VO (car c’est bien beau de commander des Fairy Loot, il faut les lire ensuite !!)



Et sinon vous avez le détail genre par genre ci-dessous. Cliquez sur les photos pour avoir l’image en plus grand 🙂 Chacun de ces livres a été chroniqué au fil de l’année, vous pouvez retrouver la liste entière des livres lus ici.

Cliquez sur les images pour voir les couvertures en plus grand ^^


Science-Fiction/anticipation/dystopie


Je suis contente de mon bilan de cette année en SF car c’était presque toujours de gros pavés !




 Fantasy
Une braise sous la cendre a été l’une de mes révélations de l’année !


J’ai enfin terminé Eternité et j’ai fait une cure de Lionel Davoust ^^


 Fantastique/urban fantasy
Grosse déception pour Nosfera2, le reste a été un régal !



Young adult / jeunesse
Je me plais bien plus que je ne le pensais dans le young adult !


Thriller et anthologies

Un peu de diversité de temps à autres 😉

Chronique : La tapisserie de Fionavar T1 L’arbre de l’été



Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
361 pages


Ma co-rêveuse Elyra m’a offert la trilogie de la Tapisserie de Fionavar pour mon anniversaire de 2016. Il était donc grand temps que je me plonge dans cette œuvre, d’autant que j’ai appris entre temps que Guy Gavriel Kay était juste un auteur culte de Fantasy !

Nous suivons les péripéties de Paul, Dave, Jennifer, Kim et Kevin, cinq étudiants de Toronto qui se retrouvent dans le monde de Fionavar, amenés là par le mage Mantel d’Argent accompagné de son nain Matt. Les cinq jeunes sont ensuite plus ou moins séparés et chacun va endosser un rôle prépondérant dans les événements qui surviennent à Fionavar. Seul Kevin a pour l’instant un rôle indéterminé, ainsi que Jennifer dont la fin du roman s’arrête sur ses mésaventures que j’ai eu du mal à comprendre. A voir par la suite pour quelle raison la pauvre fille a dû vivre tout cela. 

J’ai trouvé ce roman très chouette. Les cinq jeunes gens ont des personnalités très différentes et partagent des liens variés. Bon, ils ont acceptés très vite l’incroyable nouvelle de l’existence d’un autre monde dans lequel ils se retrouvent propulsés. Cela fait néanmoins partie de ce que j’appelle les codes de la vieille Fantasy (comme il y a la vielle SF). On ne s’appesantissait pas sur ces détails à l’époque, ni même sur le développement des sentiments. À l’inverse, les personnalités étaient très complexes, il y avait beaucoup de non-dits et de maturité chez les personnages. 

Je n’ai pas de personnage préféré pour l’instant, ce qui est assez curieux, bien que Kim et Dave m’aient un peu plus touché dans leurs personnalités. En fait, ils sont tous sympathiques, et les personnages qui vivent à Fionavar le sont tout également. Ils sont intéressants à suivre et à connaître. Seul Paul nous est assez antipathique dès le départ avant que nous comprenions la tragédie de sa vie (et là encore, c’est décrit d’une manière digne de ces années-là). Alors qu’on ne cesse de mettre en avant des héroïnes fortes, badass en SFFF ces dernières années pour contrebalancer le héros mâle dominant accompagné d’une greluche (alors que bon, quand on regarde certaines romances et quasiment tous les érotiques et dark, excusez-moi mais la femme me paraît tout sauf forte et mise en valeur) j’ai trouvé ici dans cette vieille fantasy que l’on classe souvent de misogyne, des femmes fortes, indépendantes et matures. 

Le monde regorge de magie, d’une histoire ancienne et de Dieux qui interviennent allègrement dans ce que les habitants nomment la tapisserie. On sent que l’univers est encore vaste et qu’on a énormément de choses à découvrir. Les explications ne nous tombent pas toutes cuites dans le bec mais au travers de l’intervention de différents personnages. De fait, le lecteur a le temps d’échafauder ses théories et de mieux s’approprier l’histoire riche mais dense de Fionavar.

Bien sûr, l’influence du Seigneur des Anneaux est palpable avec des magiciens, des nains, des elfes (nommés Lios alfar) et leurs pendants obscurs les orcs (nommés Svart alfar) ainsi qu’un grand méchant Sauron-bis obscur et des pierres en guise d’anneaux. Néanmoins, je n’ai pas été  autant gêné qu’à ma lecture de Shannara et je suis curieuse de voir la suite.

En conclusion je me suis régalée. Tous les personnages sont intéressants et travaillés et tous ont une utilité dans le récit, même ceux qu’on pense éphémères. Le bestiaire et la panoplie de Dieux sont impressionnants et intrigants. J’ai été totalement dépaysée et conquise par ces cinq héros que j’ai hâte de retrouver.
 
Ma note : :star::star::star::star::star-half: