Chronique : Les Dieux sauvages T3 la fureur de la Terre

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site 
Critic
Fantasy
25 €
789 pages

Après avoir lu presque en suivant les deux premiers tomes (voir mon coup de cœur pour le tome 1 et mon avis très enthousiaste sur le tome 2) j’ai dû faire comme tout le monde et prendre mon mal en patience pour mériter la lecture de ce pavé de tome 3. 

 J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver l’univers et les personnages des Dieux Sauvages. Le roman est long, copieux et dense. Pourtant, je ne me suis nullement ennuyée, ni n’ai jamais décroché. 

Le cœur du roman est un siège. De nombreuses scènes d’assaut se succèdent et si ça pourrait paraître répétitif, au contraire j’ai trouvé ces scènes passionnantes car elles nous permettent de nous plonger dans cette guerre qui nous semble perdue d’avance. C’est une guerre d’usure, les combattants sont las, désespérés et pourtant, grâce à Mériane, ils gardent une lueur d’espoir. C’est exactement ce que j’ai ressenti. L’auteur arrive à nous transporter dans cette guerre plus vraie que nature. Nous sommes loin des batailles épiques et des héros flamboyants. Ici, il n’y a que des humains (enfin du moins d’un côté de la barrière) avec leurs forces et leurs faiblesses. Mériane est au bout du rouleau et sa fatigue contamine le lecteur… de même que sa détermination lorsque tout semble perdu.

Du point de vue de l’histoire globale, nous en apprenons davantage sur Wer, les Dieux et Nehyr. Peu à peu le voile se lève sur toute cette histoire et ça en devient encore plus intriguant. 

Niveau personnage, on suit beaucoup plus Chunsène qui évolue aussi peu à peu et devient de plus en plus intéressante à mes yeux. Elle grandit et c’est agréable de suivre son évolution. Mon cher Léopol est un peu plus en retrait dans ce tome et à mon grand désespoir tous les efforts déployés au cours des précédents tomes pour le faire changer sont brutalement réduits à néant. 

En fond, d’autres intrigues politiques continuent de se développer pour notre plus grand malheur puisque cela n’augure rien de bon pour Mériane. Cette religion weriste est une plaie et fait douloureusement écho à plusieurs de nos propres religions passées et présentes dans lesquelles la femme, la science et la connaissance sont des ennemies et conduisent aux pires dérives. C’est d’autant plus difficile en tant que lectrice d’être simple spectatrice de tout ce qui se trame et qui risque de se passer dans les prochains tomes. 

En résumé, ce fut une excellente lecture où j’ai ressenti le désespoir et la peur de nos combattants. Encore une fois la rigueur de l’auteur, sa plume, la quantité de ses recherche et la maîtrise de son univers font que cette série des Dieux Sauvages est de grande qualité et est passionnante à suivre.  

Encore une fois je ne peux que vous recommander cette série à tous les amateurs de fantasy !



 Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Le Trône de Fer Intégrale 3

G.R.R. Martin
Traduction : Jean Sola
 Ma version : France Loisir
Fantasy
18,50 € (version J’ai Lu)
1150 pages

Ma lecture de l’intégrale 2 remonte à 2015… j’ai bien pris mon temps pour poursuivre. La faute à l’appréhension devant le nombre de pages et du temps que j’allais donc y consacrer. Mais d’avoir vu la dernière saison de la série et les déceptions qui s’en sont suivies m’ont motivé à me remettre à la lecture de cette saga. 

L’intégrale 3 correspond à la saison 3 de la série qui a suivi assez fidèlement le livre. Le point positif d’avoir vu la série plusieurs fois avant c’est que j’avais bien tous les personnages en tête. Le point négatif c’est tous les rebondissements et les morts principales qui ne sont pas une surprise (plus les spoilers de mes parents qui ont plusieurs tomes d’avance sur moi…) 

Malgré cela et le nombre de pages (écrites en toute petite police rapprochée) j’ai été passionnée et happée par ce tome. Il se passe énormément de choses, tout comme dans la série : les noces pourpres, le mariage de Joffrey, la Vipère rouge, les Marcheurs Blancs, l’attaque des Sauvageons etc. On ne s’ennuie pas une seconde et même si j’ai mis presque 2 mois à le lire je n’ai ressenti aucune longueur. 

J’ai entendu beaucoup de plaintes sur la traduction en français de ces premiers tomes et si cela ne m’avait pas marqué dans les tomes précédents (enfin je crois, ça remonte à présent) j’avoue que là certains passages étaient répétitifs et peu travaillés. Par exemple on arrête pas de parler de « tourne-casaque » pour Jon. Alors peut-être que  l’auteur G.R.R. Martin n’utilisait en VO qu’un seul terme à chaque fois, mais nous avons suffisamment de synonymes en français pour éviter de répéter ce terme déjà assez peu usité à tout bout de champ. 

Cela ne m’a pas empêché de passer un excellent moment de lecture, à la hauteur des précédents tomes. Cette fois je n’attendrais pas autant d’année entre mes lectures d’autant que je suis très curieuse de voir les différences entre la série et les romans maintenant !


 Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Les Seigneurs de Bohen

Estelle Faye 
Autrice francophone (voir le site)
 Critic
Fantasy
25 €
593 pages

J’avais acheté ce tome aux Imaginales de 2018 et je l’ai lu avant l’édition de cette année pour savoir si je prenais la suite ou non (vu le prix ça se réfléchit). J’ai été plutôt bien inspirée car, une fois n’est pas coutume, j’ai été très déçue de cette lecture et donc, non, je n’ai pas poursuivi l’aventure avec cette histoire. 

Autant le dire tout de suite : je  n’ai pas eu le moindre intérêt pour tous les personnages présentés et il y en a un paquet il faut le dire. Les rares fois où je commençais à trouver un personnage prometteur, mon enthousiasme retombait comme un soufflé par la suite. Je suis restée très extérieure au récit pour deux raisons principales. La première est que les motivations des personnages n’ont pas été assez fortes pour me convaincre du bien-fondé de leurs entreprises. On nous parle d’un Empire qui va mal, d’une révolte, d’une guerre sous-jacente mais à aucun moment je n’ai perçu de malaise, de peuple mal-traité, d’injustice, de cruauté, d’oppression réelle d’une partie de la population ou autre de la part des dirigeants. Du coup, je n’ai pas trouvé de raison valable à cette révolte. 

Ensuite, je n’ai pas non plus été convaincue par les sentiments de nos divers personnages. L’autrice nous décrit des sentiments forts, des personnages qui tombent amoureux d’un claquement de doigts ou qui s’attirent… sauf qu’il ne suffit pas de l’écrire, il faut le ressentir et pour le coup je suis restée de marbre. Pour tous les couples. L’autrice a misé sur la diversité des genres mais clairement à mes yeux cela ne suffit pas. Pour tous les couples, amoureux ou non, il manque toujours quelque chose pour qu’ils soient crédibles à mes yeux. Cela faisait trop superficiel pour moi, presque forcé. Certaines relations sont exagérées et sonnent faux, surtout celle de Sainte-Étoile, le fameux bretteur  expérimenté dont on nous promet les exploits et qui en fait se comporte en midinette. Je ne sais pas si cela sera mieux exploité dans la suite mais j’attends toujours l’utilité du démon qui vit en lui à part pour glisser une ou deux séquences humoristiques. 

Bref, il y avait un beau potentiel, notamment avec la magie des Essène et celle des sorcières morguennes et l’histoire de base de l’Empire qui elle semble très intéressante mais malheureusement pour moi les personnages ont complètement desservi l’histoire. De plus, le roman a, à mes yeux, souffert de la comparaison avec les autres romans de fantasy que j’ai lus des Editions Critic et qui sont d’une telle qualité ! Ma déception n’en a été que plus grande. 

Ce roman a quand même su trouver son public, ce traitement de la fantasy et des personnages n’est tout simplement pas le mien. Je vous encourage quand même à vous faire votre propre avis sur la question.
 Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique La main de l’Empereur T1

Olivier Gay

Auteur français (voir la page facebook)
Bragelonne
Fantasy
20 €
375 pages
Après avoir eu un immense coup de cœur pour Les Epées de Glace (voir ma chronique ici) et adoré le personnage charismatique et néanmoins pas très éthique de Rekk alias le boucher, j’étais obligée de me plonger dans la préquelle qui s’intéresse de très près au passé de notre anti-héros qu’on aime en dépit de ses actes impossibles à cautionner ou pardonner. Certes, j’aurais mis le temps puisque cette duologie est à présent complète depuis 2017. J’en profite aussi pour dire que la couverture superbe est signée Magali Villeneuve !

J’ai replongé avec régal dans l’univers fantasy de l’auteur, servi par la plume fluide, agréable, maîtrisée et efficace d’Olivier Gay. Tous les personnages sont marquants et c’est avec plaisir qu’on retrouve Rekk et d’autres personnes de son passé comme Dareen et les origines du prénom de Deria.

Nous avons donc un aperçu de l’enfance de Rekk puis de son adolescence mais les choses sérieuses commencent à son entrée dans l’âge adulte et donc à la guerre. Cette dernière se déroule dans une contrée reculée, dans la jungle et face à un peuple tribal qui connaît parfaitement son terrain et qui sait comment malmener les hommes de l’Empire. L’ambiance est stressante et étouffante à souhait, on est très loin de la guerre glamour et propre.

Notre cher Rekk est très naïf mais il n’en demeure pas moins redoutable dès le début. Il reste équilibré, ce n’est ni un benêt ni un monstre au départ, il est seulement façonné par les événements et des personnes qui vont vouloir se servir de lui. Ses vrais amis se comptent donc sur les doigts d’une main. Je l’ai trouvé très crédible mais je ne suis peut-être pas à 100% impartiale dans l’histoire ! Ce que j’apprécie avec Olivier Gay c’est qu’il maîtrise aussi très bien les personnages féminins et que les femmes ont toujours la part belle dans ses romans. Nous sommes servis ici entre Dareen et Bishia, même s’il y a d’autres femmes de caractère et d’envergure dans l’histoire. Bishia n’avait pas vraiment le profil de femme que j’apprécie d’ordinaire mais elle a su tirer son épingle du jeu et se révéler bien plus intéressante que de prime abord.

Le récit est ponctué de touches d’humour qui allègent l’ambiance lourde de la guerre et des massacres et qui permettent au lecteur de souffler entre tous les morts car personne n’est épargné. J’ai vu venir de loin certaines grosses ficelles tandis que d’autres sont restées suffisamment subtiles pour que je me fasse prendre.

La fin est terriblement frustrante et je pense que j’aurais pu m’en douter si je n’avais pas, moi aussi comme Rekk, une part de naïveté en moi. J’étais également tellement plongée dans le récit que j’avais oublié les indices donnés dans Les Epées de Glace qui m’ont sauté aux yeux une fois le dernier paragraphe lu. Cela m’a brisé le cœur.

En toute honnêteté, est-ce que ce roman sur le passé de Rekk est essentiel à la compréhension du personnage et de l’univers ? Non, car Les Epées de Glace se suffisaient à elles-mêmes, le récit et les personnages étaient suffisamment fouillés et travaillés pour qu’on s’imagine très bien le passé chaotique et sanglant de Rekk. En revanche je suis ravie que l’auteur ait eu l’opportunité d’écrire sur le passé de Rekk car c’est un régal de le lire et peu importe ce qu’il a à dire sur ce héros, moi j’achète. D’ailleurs je vais prendre la suite au plus vite. Je me dis même qu’Olivier Gay aurait pu écrire 6 tomes que je les aurais aussi tous lus tant son univers et ses héros sont addictifs.

 Ma note :  :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Le Dieu-Oiseau

Aurélie Wellenstein

Autrice française
Scrinéo
Fantasy
16,90 €
333 pages

J’avais lu et globalement apprécié les précédents romans de l’autrice, Le Roi des Fauves et Les Loups Chantants, même s’il y avait toujours un petit manque d’approfondissement à mes yeux, notamment sur la fin des Loups Chantants. Il n’en demeurait pas moins que les intrigues étaient intéressantes et surtout très prenantes. L’ambiance, la violence, les profonds sentiments d’injustice sont les points forts de l’autrice dans tous ses récits et le Dieu-Oiseau n’y échappe pas. 

L’ambiance générale du roman est sombre et glauque. Le postulat du pays où vit Faolan est que tous les dix ans a lieu une épreuve terrible, sorte de Battle Royal. A l’issue de la quête de l’œuf d’or sur l’île des dieux, le vainqueur règnera sur les autres clans et réduira tous les autres en esclavages, et s’il peut bouffer les vaincus, tout n’est que mieux. J’ai déjà eu du mal avec ce concept ultra violent (cela ne me dérange pas en soi) mais que je trouve bancal. Dévorer le cœur de l’ennemi est une coutume qui a été découverte chez certains peuples et la croyance qui fait qu’on s’approprie les pouvoirs ou l’âme de la personne peut se comprendre. Mais le reste, la mise en esclavage des anciens vainqueurs et l’oppression générale de tout le monde sur une terre qui m’a donné une impression de désolée, je trouve ça contreproductif et je vois mal comment ils ont pu survivre aussi longtemps. Et surtout, devoir remettre le titre en jeu avec un mélange d’anciens esclaves et de maîtres, je ne vois pas du tout ce principe durer. Les forts auraient dû vouloir garder leur titre depuis un bail. Tout ceci me paraissait donc « trop », il n’y avait pas forcément besoin d’autant pour justifier tout ce qui a été mis en branle ni la quête de Faolan, car au final je n’ai pas réussi à m’identifier à ces peuples.

Notre héros, Faolan, est réduit en esclavage, et a vu sa famille être massacrée et dévorée par ceux qui le briment actuellement, dont son maître Torok. Et donc Faolan va vouloir participer à cette course (tout le monde peut y prétendre). On nous dit que la vengeance pousse Faolan à participer mais des fois je me demandais si Faolan lui-même savait ce qu’il voulait vraiment. Ses convictions ne m’ont pas forcément convaincue du coup je le voyais mal tenir ces épreuves, déjà qu’on nous dit bien qu’il n’a aucune condition physique, rien que la première épreuve, il aurait dû mourir noyé. Il y a un décalage entre ce que l’on nous dit, l’épreuve décrite, l’état physique (car après il se blesse) et ce qu’il parvient à accomplir. Ce n’est pas très crédible à mes yeux. Je suis restée assez extérieure à notre héros, ayant plus d’empathie pour certains de ses concurrents.

Les points positifs sont quand même une excellente immersion dans l’ambiance sombre, dans les épreuves, dans cette lutte incessante et tous les pièges que recèle l’île où Faolan et ses concurrents vont se retrouver. La psychologie de Faolan et sa relation avec Torok aussi est très intéressante, même si elle vient trop tard à mon goût, sur la fin c’est beaucoup mieux traité et ça monte en puissance mais j’aurais aimé avoir ces cartes-là en main bien avant histoire de rendre Faolan plus crédible dès le départ. Cela aurait permis davantage d’empathie face à la crédulité du personnage. J’ai vraiment tourné les pages avec intérêt pour savoir justement ce qui se cachait derrière cette quête, derrière ces anciens champions, derrière les visions de Faolan et quel serait son choix final. Malheureusement,  la fin m’a déçu. Il y avait encore une fois un tel potentiel d’idées à explorer sur le psychisme, les cercles vicieux, l’espoir… or, encore une fois pour moi ce n’est pas assez approfondi. Il y avait plusieurs fins possibles et l’autrice aurait pu sans aucun problème en choisir une autre sans pour autant perdre son public à mon humble avis.

Du coup je ressors encore une fois mitigée car la lecture est très prenante, l’ambiance est très travaillée et sombre, violente et malgré les défauts que j’ai pu trouvé j’ai plutôt apprécié ma lecture, mais la fin encore une fois n’est pas assez aboutie pour moi. Après tout ce qui est déployé, je trouve que ça retombe comme un soufflé. On vend ce livre comme le plus gore et violent de l’autrice mais j’ai envie de dire « et pour quoi faire ? » Je recherche encore le but, le message, au-delà de Faolan qui cherche à s’émanciper.


Pour autant le prochain roman de l’autrice sera dans ma PAL, ça traite d’élévation du niveau de la mer et d’impact écologique donc en gros c’est mon métier donc je serai au rendez-vous en espérant qu’il n’y aura pas ces mêmes défauts.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : les aventuriers de la mer T8 & T9

 
Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
377-378 pages
J’ai cette fois-ci enchaîné les deux derniers tomes, car il m’a été impossible de ne pas vouloir connaître le fin mot de l’histoire sur-le-champ. Tout ce qui a été mis en place dans les tomes précédents voit enfin son aboutissement. La tension est palpable pour Althea et sa quête pour récupérer la Vivacia, sauf que nous savons, nous, que son navire n’est plus le même, on se doute que les retrouvailles seront donc tendues. La pauvre Althea va vivre de durs moments particulièrement injustes mais j’ai aimé la fin que Robin Hobb lui a réservé. Elle aura été mon personnage préféré du début à la fin ! Je mets aussi Brashen dans le même panier, lui aussi a été un de mes chouchous et j’ai apprécié son évolution ainsi que son caractère. La fin qui lui est réservée m’a également comblée et je trouve qu’on peut tous être fiers de lui ainsi que de Parangon qui lui aussi a fait beaucoup de travail sur lui-même dans ces derniers tomes.

Selden a endossé un rôle assez particulier qui lui a permis de sortir du lot, de ne pas juste incarner le petit dernier trimballé d’un point A à un point B. J’imagine qu’il aura de l’importance dans le futur. Rheyn prend aussi du grade et une importance capitale pour la suite. C’est un personnage qui est sympathique à suivre et sa relation avec Tintaglia le dragon est plaisante à lire, néanmoins face aux autres personnages charismatiques, il fait plus effacé. Tintaglia est vraiment impressionnante, on perçoit bien sa grandeur, sa force et on se sent ridiculement petit à côté d’elle. Un Dragon dans toute sa splendeur !

Malta quant à elle s’est entièrement révélée. Tous ses caprices et son caractère de fille pourrie-gâtée a enfin trouvé une utilité et elle s’en sort comme une reine. Je crois que c’est le personnage dont l’évolution a été la plus spectaculaire, mais aussi la plus longue. Elle a incroyablement muri et c’était très plaisant à suivre. Ronica s’est peu à peu effacée pour permettre à Keffria de prendre enfin ses responsabilités.  Je n’ai jamais trop adhéré à Keffria mais au moins, elle n’a pas baissé les bras et va pouvoir s’épanouir dans ces nouvelles conditions (du moins on le lui souhaite). La situation globale à Terrilville a également été chamboulée, plus rien ne sera jamais comme avant maintenant que les Dragons sont là. On sent que tout ceci ne sont que des prémices qui s’inscrivent dans un plus grand cycle (l’assassin royal, la cité des anciens…) mais c’était très intéressant  à suivre.

Pour terminer le tour des évolutions, Hiémain est le seul qui m’a déçue. Lui qui était si prometteur, je trouve qu’il a perdu ses capacités de réflexion, de remise en question et d’humilité, aveuglé par son admiration pour Kennit. Je serai curieuse de savoir s’il a sa place dans le reste de l’univers de Robin Hobb, mais sa fin est la seule qui ne plaît pas. Etta a aussi une sacré évolution depuis le premier tome, son amour pour Kennit est là aussi trop aveugle même si elle a davantage de jugeote que Hiémain. C’est encore un sacré personnage féminin, fort et indépendant qui s’est battu pour évoluer.

Quant à Kennit, j’ai rarement suivi un personnage qui m’a à la fois fascinée et révoltée de cette manière. Il est très impressionnant et voir tout le monde tomber dans le panneau de sa toute puissance est aussi frustrant qu’amusant. Nous avons beaucoup de révélations inattendues (en tout cas pour moi) sur son passé, son identité et ses failles émotionnelles. C’est un personnage très complexe et vraiment intéressant à suivre, malgré ses fautes (même s’il ne faut pas pousser, il est allé trop loin pour être pardonné).

Ainsi, à part Hiémain, toutes les fins pour l’ensemble des personnages (humains, dragons, vivenef) m’ont satisfait. La fin est belle, encourageante et bien pensée. L’autrice prend bien le temps de boucler toutes ses intrigues et de soigner sa transition vers la suite du récit. On comprend que d’autres aventures les attendent et on a envie d’embarquer à nouveau avec eux. J’ai été très contente de découvrir cette histoire si connue, elle a été très inspirante, dépaysante et instructive. Impossible donc de ne pas vous conseiller cette saga entière.

Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Récits du Demi-Loup T2 Terres de l’Est

Chloé Chevalier

Autrice française, voir la page facebook
Les moutons électriques
Fantasy
19,90 €
327 pages

Le premier tome, Véridienne, avait été une excellente découverte grâce au blog Book en stock en septembre 2017. Il était donc grand temps que je me plonge dans la suite surtout que j’ai eu les tomes 2 et 3 à noël dernier et que l’autrice est en train de boucler le 4ème et dernier tome !

J’avais prêté mon premier tome à Elyra, du coup je ne sais plus s’il y avait une carte du monde, ce qui m’aurait bien aidée à me repérer car tous nos personnages sont éparpillés dans le monde créé par l’autrice. Malgré mon délai de lecture entre les deux tomes, je me souvenais des grandes lignes et on est remis progressivement dans le bain par chacun des narrateurs, à savoir les 3 suivantes Luthfilde, Nersès et Cathelle, plus le prince Aldelmor. Comme pour le premier tome, l’histoire est construite à partir des témoignages de chacun ainsi que des lettres, des messages, des extraits de journaux. Cette construction est particulière mais efficace et passionnante, bien que parfois frustrante car du coup certains événements nous sont transmis de manière indirecte. 

Niveau histoire, les suivantes grandissent chacune à leur manière, Luthfilde et Nersès sont restées auprès de leur princesse respective, Calvina et Malvanne, qui sont à présent reine de leur propre territoire. Nous n’avons toujours pas la vision directe de ces reines qui ne semblent décidément pas s’améliorer. C’est là encore assez frustrant et désolant de constater que nos héroïnes sont plus à-même de régner que les dirigeantes de sang. Dans ce tome j’ai senti que le lecteur était tenu encore plus éloigné de ces reines, rien n’est fait pour nous les rendre attachantes. Encore dans le premier tome on pouvait se dire qu’elles étaient jeunes et insouciantes. Je n’ai plus aucune excuse pour elles. Ni même pour le roi Aldemar complètement démissionnaire. Heureusement qu’il reste donc nos héroïnes et quelques personnes fiables qui ont encore la tête sur leurs épaules, comme Edelin, chef des Chats. 

Les sujets deviennent plus adultes maintenant que nos Suivantes sont plus âgées. Certaines connaissent des événements très difficiles qui vont profondément les changer. Ce tome est surtout consacré à Cathelle et Aldemor. Ce dernier va marcher sur les pas de son passé vers l’Est, chez leurs ennemis, et nous allons, grâce à son journal intime, retracer la fin de son histoire dans l’Est car, pour rappel, il y avait été capturé dans sa jeunesse et tenu prisonnier des années durant. Heureusement que la plume de l’autrice est belle car j’avoue que certains passage de son passé très détaillés étaient assez longs. Et du coup on passe beaucoup de temps sur Aldemor et moins sur les autres personnages. Certes, cela nous permet de mieux comprendre Aldemor ainsi que ses motivations mais j’avoue qu’à l’instant présent, je m’intéressais plus à ce qui allait arriver et non à ce qui était arrivé. 

En tout cas, cela reste un tome passionnant, avec des révélations et des rebondissements inattendus. Je me suis sentie un peu plus extérieure aux Suivantes dans ce tome mais c’est parce qu’on était surtout en compagnie d’Aldemor et de ses souvenirs. Dans le premier tome  les Suivantes étaient toujours ensemble et il était difficile de s’approprier leur personnalité propre tant l’effet groupe était fort et prenait de la place. Là, justement elles s’épanouissent chacune de leur côté et on peut mieux les caractériser. J’ai eu plus d’intérêt à suivre Luthfilde et Cathelle et je pense qu’elles sont destinées à de grandes choses. 

Le tome se termine sur de beaux rebondissements et des tensions grandissantes. On se demande comment ce petit bout de royaume peut faire pour se relever face aux Terres de l’Est et à l’incompétence de ses dirigeantes. J’ai donc hâte de me plonger dans le troisième tome.


 

Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : La tapisserie de Fionavar T3 la voie obscure

Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
  445pages


J’avais envie de clôturer des séries et je me suis donc lancée dans le troisième et dernier tome de la Tapisserie de Fionavar, offerte par ma chère Elyra. J’avais vraiment bien apprécié le premier tome, puis j’avais été un peu déçue du second, mais le troisième m’a réconciliée avec la saga.

J’ai eu plaisir à retrouver nos héros ainsi que l’univers. Même si les tomes précédents n’étaient pas roses, celui-ci reste globalement bien sombre, voire même déprimant. Plus le temps passe et plus j’ai senti nos héros s’éloigner, se détacher de leur nature humaine de base. D’un autre côté, l’un des thèmes est de lutter contre la roue maudite du destin, ce qui est un comportement typiquement humain. J’ai commencé le tome en me demandant comment nos héros allaient s’en sortir face au pouvoir montant de Rakoth Maugrim.

J’ai eu globalement l’impression de ressentir davantage d’émotions dans ce tome. Tristesse, espoir et mélancolie m’ont accompagné tout au long de ma lecture.  Certains personnages sont touchants même si beaucoup de leurs décisions m’ont échappées, souvent à cause de la narration qui reste obscure (ce que je reprochais au précédent tome). 

Je suis un peu revenue sur mes réserves concernant la présence du mythe arthurien. En effet, l’existence de cette légende avait un objectif même si au final ça a surtout permis à l’auteur de ne pas avoir à développer 3 nouveaux personnages puisque tout le monde connait l’histoire de Guenièvre, Arthur et Lancelot (au moins par Kaamelott !). En revanche, il y a un personnage qui m’est totalement inconnue, celle qui aide Lancelot dans la forêt. La fin les concernant m’a laissée perplexe et je suis très déçue que Jennifer ait disparu au profit de Guenièvre. Donc oui, leur présence apporte une ambiance résolument dramatique mais ce n’était pas nécessaire au récit, et surtout cela aurait été plus original de développer des personnages inédits, car entre ça et les énormes ressemblances avec l’univers de Tolkien, je trouve ça dommage. 

J’ai été en revanche satisfaite du traitement pour les autres personnages, notamment Paul qui est depuis le départ celui avec l’histoire la plus aboutie et intéressante. L’évolution de Kim m’a aussi plu et les nombreux autres personnages ou éléments mythiques ont démontré leur utilité. Alors bien sûr avec autant de personnages il est difficile de tout bien traiter et certains passent donc à la trappe. La chute de Rakim et de son destructeur est trop rapide à mon goût (et bon encore une fois… ce qui suit est tellement ressemblant à la chute de Sauron…). 

Je suis très critique mais en dehors de ces éléments, il s’agit d’une trilogie intéressante, et j’ai été très contente de la découvrir. Le dépaysement est garanti, l’aventure et les héros courageux sont au rendez-vous. La vie y est cruelle, les dieux aussi mais le pardon est omniprésent, les messages sont donc positifs et encourageants.

Bref, Guy Gavriel Kay est quand même un auteur renommé donc je suis contente d’avoir pu le découvrir et d’avoir voyagé en Fionavar (merci Elyra !)

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : la voie des oracles T3 : Aylus

Estelle Faye
Autrice francophone (voir le site)
Scrinéo
Fantasy, young adult
16,90€
316 pages

Après avoir bien apprécié le tome 1 Thya et le tome 2 Enoch, il ne me restait plus qu’à clôturer la trilogie avec ce troisième tome. La fin du tome précédent nous laissait sur un retournement de situation incroyable qui allait tout bouleverser. Encore une fois la couverture est superbe et l’autrice m’a confié que celle-ci lui avait d’ailleurs inspiré quelques changements dans l’histoire 😉

Thya a changé le passé, du coup le destin de tous les personnages est modifié, à commencer par Aylus et son elle du passé. Dans cet univers alternatif, les devins ont gagné le pouvoir face aux militaires. Pour autant le monde ne s’en trouve pas meilleur. 

J’avais adoré l’ambiance nostalgique et triste des précédents tomes avec la lente agonie des Dieux romains et leur chute. Ici, les Dieux sont plus puissants mais pour autant je n’ai pas trop adhéré à l’ambiance. L’idée de changer le passé et de tout modifier est osée, nous découvrons une autre facette de Thya la jeune, d’Enoch, d’Aedon, de notre Thya, d’Aylus… sauf que je n’ai pas été autant emballée que dans les autres tomes. Ce n’était pas nos héros et cela m’a manqué, même si Aedon et Enoch ont droit à un traitement plus intéressant pour eux. 

L’idée est bien traitée et cela illustre les conséquences inattendues, parfois positives et malheureusement souvent négatives de modifier le cours du temps. J’ai aimé qu’on nous montre que ce ne sont pas les Dieux ou la providence qui sont responsables de notre destin mais bien les humains eux-mêmes. 

La fin nous laisse une lueur d’espoir mais j’avoue être passée à côté de ce tome. J’attendais autre chose de ce retour dans le passé. Les idées ne sont pas mauvaises mais je n’ai pas été autant transportée tant au niveau de l’ambiance que des personnages. Même si l’émotion est au rendez-vous à la fin. C’est donc dommage car je conclus la trilogie sur une lecture en demi-teinte mais cela ne m’empêchera pas de me pencher sur les autres romans de l’autrice, j’ai d’ailleurs Les seigneurs de Bohen dans ma PAL.  Je vous encourage tout de même à lire cette trilogie ^^


 
Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Olangar T2

Clément Bouhélier
Auteur francophone, voir la page facebook
Critic
Fantasy
22 €
489 pages

Après avoir dévoré et adoré la première partie d’Olangar (voir mon avis ici), je me suis replongée avec régal dans la deuxième et dernière partie.Tout ceci toujours en partenariat avec Book En stock dans le cadre du « mois de Clément Bouhélier » qui vient de commencer, et avec les éditions Critic.

Je vous conseille de les lire à la suite sans trop tarder car c’est une seule et même histoire découpée en deux parties, on reprend avec une grande fluidité là où on avait laissé nos personnages à la fin de l’autre tome. D’ailleurs, l’éditeur a sorti les 2 livres de manière très rapprochée ce qui vous laisse (presque) aucune excuse pour ne pas les enchaîner ^^

À l’image du T1, l’auteur nous ramène en arrière pour en dévoiler davantage sur le passé de l’ami Torgend et en particulier savoir comment et pourquoi il avait été déchu. Donc nous apprenons enfin ce qui s’est réellement passé à Ke-Enor. Encore une fois, nous avons nos réponses au travers d’un flash back maîtrisé du bout des doigts.

Nos héros sont séparés car Baldek est resté à Olangar pour préparer le futur tandis que Torgend, Evyna et Silja sont sur la route de l’Ouest pour découvrir la vérité sur la mort d’Andréan, le frère d’Evyna. Sur leur route, ils vont rencontrer de nouveaux compagnons de voyage éphémères et Eran, un orc qui nous permet d’en apprendre plus sur ce peuple craint qui a ravagé le pays. On découvre en détail la ville de Frontenac dans cette partie. Autant vous dire qu’entre cette cité de fer et Olangar, personnellement moi j’irai vivre dans le sud d’où est originaire Evyna. 

Curieusement, alors que j’adore les récits d’aventure, j’ai préféré l’ambiance du premier tome avec ses complots, les syndicats des nains et toutes les magouilles mises à nu. J’ai quand même beaucoup aimé ce deuxième tome mais je me suis sentie plus distante des personnages. Baldek est en retrait et très affecté par les morts qui sont survenus durant la révolte. Torgend aussi est lointain, plongé dans ses souvenirs. Evyna, c’est un peu normal car c’est le chemin nocif de la vengeance qui la guide. Elle apprend à ses dépens ce que « se venger à tout prix » veut dire. Au fil de son voyage le « prix » se révèle et la question « est-ce que cela en valait la peine ? » commence à la hanter sur la fin. La jeune femme est encore touchée par la bataille de train et on la sent dépérir au fil du trajet. En fait, globalement, ce tome est bien plus morose si l’on se base sur le moral de nos héros. Heureusement qu’ils rencontrent d’autres personnages pour les pousser et que Silja est là pour soutenir Evyna et Torgend. Elle se révèle bien plus importante que prévue au final.

La vérité éclate au grand jour et est tout à fait cohérente et réaliste avec l’époque dépeinte ici. Tous les rouages politiques sont bien huilés et tout coule de source une fois qu’on remonte la piste. C’est un jeu très bien mené par l’auteur. 

La tension est aussi vive que dans le premier tome, j’ai frémi pour l’avenir de nos héros plusieurs fois et on ne peut pas dire qu’ils s’en sortent indemne. Loin de là. Ils découvrent tous la vérité mais… pour quoi ? Ont-ils vraiment œuvré pour le bien d’Olangar ? Je dois avouer que je suis sortie de cette lecture un peu déprimée. Justice est rendue mais tous doivent se reconstruire, la seul lueur d’espoir nous provient de Torgend qui enfin parvient à trouver la paix de l’esprit. La fin reste largement ouverte, avec une énorme invitation à écrire un autre roman dans cet univers du côté des Orcs ! Je suis juste un peu déçue de ce qui attend Silja après tout ce qu’elle a fait, j’ai trouvé que sa fin manquait un poil d’empathie. Elle ne méritait pas cela à mes yeux. Cela a rajouté une couche à l’ambiance plus triste de cette partie.

En tout cas j’ai passé d’excellentes heures de lecture à Olangar. L’histoire est passionnante, les héros sont attachants et originaux, l’ambiance est très différente entre les deux parties mais est très bien retranscrite. Bref, c’est un très bon roman de fantasy qui change assez dans le paysage éditorial, engagé avec des échos identifiables à notre société. 

C’est encore une fois une belle découverte ! 


Ma note : :star::star::star::star::star-half: