Chronique : Neverwhere


Neil Gaiman
Traduction : Patrick Marcel
J’ai Lu
Fantastique
7,60 €
380 pages


Voilà un roman qui traîne dans ma PAL depuis 2014 ou 2015 ! Il était temps de le lire. Je ne sais pas pourquoi j’ai mis autant de temps car ce fut une très bonne lecture. Il était temps (bis) pour moi de découvrir cet auteur culte. 

Nous suivons les aventure de Richard qui, en venant en aide à une jeune femme nommée Porte, met les pieds dans un monde fantastique : le Londres d’en-dessous. L’imagination de l’auteur est fabuleuse et sa manière de décrire Londres est si fluide et naturelle que nous avons l’impression de s’y promener tout naturellement.  

Tous les personnages m’ont été d’emblée sympathiques, en particulier Richard le héros. C’est très facile de s’identifier à lui et de compatir à ses malheurs… surtout quand Jessica entre en jeu. C’est le seul personnage qui m’a horripilée mais elle était là pour ça 😉

Porte est agréable aussi, c’est une jeune femme forte et j’ai aimé suivre sa quête au travers des yeux de Richard. Le Marquis est très charismatique, le genre de personnage dont on a envie de connaître le passé. Monsieur Croup et Monsieur Vandemar, les méchants, sont géniaux ! Ils sont affreux et pourtant leur duo à la fois sophistiqué et barbare marche d’enfer. 

L’histoire est passionnante, l’univers est riche et très imaginatif. L’ambiance est dépaysante même si au final on est dans un Londres alternatif relativement proche du vrai. L’humour est présent et apporte un côté d’autant plus décalé à l’histoire.  

En bref j’ai passé un très bon moment. L’évolution des personnages est soignée et intéressante. J’ai eu peur pour la fin mais l’auteur a répondu à toutes mes attentes. Je vais pouvoir à présent me pencher sur d’autres œuvres de cet auteur. Je sais que cette histoire a d’abord été développée pour une série TV avant d’être adapté par l’auteur lui-même en roman. Je serais curieuse de la voir !

 
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique Elvira Time T3 : Back in time


Mathieu Guibé
Auteur francophone, (voir la page facebook)
Editions du Chat Noir
Fantastique
14,90 €
183 pages


Avec la série Elvira Time, le lecteur est assuré de passer un moment ponctué d’action, de gerbes de sang et d’humour tantôt décapant, tantôt mordant. Le premier tome avait écopé d’un coup de cœur, tandis que le deuxième le talonnait avec un 5/5. Ce dernier s’était d’ailleurs terminé sur un cliffhanger de fou. Au lieu de continuer le récit, ce 3ème tome va s’attarder sur le passé. 

Pour poursuivre, je suis obligée de parler d’un SPOIL qui est révélé dans le premier tome, à savoir la mort de Jericho dont les circonstances ont été un peu éclaircies dans le deuxième tome. 

Je ne sais pas ce qui est le pire : lire en premier ce tome en fondant des espoirs sur la relation Jericho/Elvira avant de voir ses espoirs réduits à néant, ou lire ce tome en sachant ce qui va arriver et en sentant la pression monter peu à peu. En fait, si, je sais. Le pire c’est de savoir. C’est encore plus déchirant, surtout quand des détails commencent à arriver, comme le fameux pull citrouille de notre Jericho.

Nous retrouvons néanmoins au départ une Elvira plutôt insouciante et pleine de vie… en couple avec la star du lycée, ce qui est assez perturbant quand on connaît l’Elvira punk asociale. Perturbant mais pas désagréable car la jeune femme possède déjà son mordant. Nous faisons aussi la connaissance de son père, qui est un personnage à la hauteur de la série, à savoir complètement barré et charismatique en même temps. Il était génial, surtout avec tous ses jeux de mots avec « time » qui m’ont tous fait rire, à commencer par son nom complet : Justin Time. 

Jericho est mon chouchou mais j’ai été surprise de me rendre compte que les acolytes d’Elvira des deux autres tomes m’ont manquée (Belinda et Ludwig). Ils ont dû aussi manquer à l’auteur puisqu’il a réussi à nous les glisser tout en restant cohérent avec le futur. Shinta est aussi de la partie, lui, son sabre et sa conversation… succincte.

Néanmoins, et pour notre plus grand bonheur, la part belle est pour la relation Elvira/Jericho. Une relation qui va évoluer peu à peu au fil de la vie quotidienne et des épreuves qui attendent Elvira. Celle-ci va devoir grandir en très peu de temps. J’ai aimé la voir se surestimer, échouer puis se relever. De la même manière, j’ai aimé voir Jericho d’abord en retrait puis prendre les choses en main et se révéler à la hauteur de son rôle. Mon seul regret est que j’aurais aimé m’attarder davantage sur les deux scènes finales, en particulier sur le « retour » de Jericho. 


Le tout a donc donné un roman drôle, bourré d’action, déchirant, où les personnages évoluent, grandissent. Il nous donne l’occasion de connaître Elvira plus intimement et d’avoir la chance de partager un moment privilégié avec Jericho. Si leur relation était tout à fait compréhensible en l’état, ce retour dans le passé nous permet d’en mesurer la puissance…ce qui est d’autant plus triste !

Maintenant j’ai hâte de reprendre le fil de l’histoire 🙂 

J’allais vous quitter sans parler des illustrations ! Monumentale erreur car elles sont superbes. Je suis l’illustratrice, Diane Özdamar, depuis des années et je suis donc ravie de voir ses magnifiques œuvres donner vie au récit. Les scènes choisies sont très bonnes et chacune vient renforcer l’émotion du moment, dont une en particulier où Elvira et Jericho partagent un instant très fort en sentiments. J’ai été un peu intriguée de voir parfois une silhouette en arrière plan, j’hésitais entre Shinta qui surveillait et Jericho en mode fantôme qui se souvient de son passé. Ou alors c’était juste pour ajouter une perspective au dessin. Si quelqu’un a une explication, je suis toute ouïe ! Enfin, la couverture sublime résume à elle seule le roman et vient rajouter une touche de tragique.

 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : La tapisserie de Fionavar T1 L’arbre de l’été



Guy Gavriel Kay
Traduction : Elisabeth Vonarburg
Pygmalion
Fantasy
21,50 €
361 pages


Ma co-rêveuse Elyra m’a offert la trilogie de la Tapisserie de Fionavar pour mon anniversaire de 2016. Il était donc grand temps que je me plonge dans cette œuvre, d’autant que j’ai appris entre temps que Guy Gavriel Kay était juste un auteur culte de Fantasy !

Nous suivons les péripéties de Paul, Dave, Jennifer, Kim et Kevin, cinq étudiants de Toronto qui se retrouvent dans le monde de Fionavar, amenés là par le mage Mantel d’Argent accompagné de son nain Matt. Les cinq jeunes sont ensuite plus ou moins séparés et chacun va endosser un rôle prépondérant dans les événements qui surviennent à Fionavar. Seul Kevin a pour l’instant un rôle indéterminé, ainsi que Jennifer dont la fin du roman s’arrête sur ses mésaventures que j’ai eu du mal à comprendre. A voir par la suite pour quelle raison la pauvre fille a dû vivre tout cela. 

J’ai trouvé ce roman très chouette. Les cinq jeunes gens ont des personnalités très différentes et partagent des liens variés. Bon, ils ont acceptés très vite l’incroyable nouvelle de l’existence d’un autre monde dans lequel ils se retrouvent propulsés. Cela fait néanmoins partie de ce que j’appelle les codes de la vieille Fantasy (comme il y a la vielle SF). On ne s’appesantissait pas sur ces détails à l’époque, ni même sur le développement des sentiments. À l’inverse, les personnalités étaient très complexes, il y avait beaucoup de non-dits et de maturité chez les personnages. 

Je n’ai pas de personnage préféré pour l’instant, ce qui est assez curieux, bien que Kim et Dave m’aient un peu plus touché dans leurs personnalités. En fait, ils sont tous sympathiques, et les personnages qui vivent à Fionavar le sont tout également. Ils sont intéressants à suivre et à connaître. Seul Paul nous est assez antipathique dès le départ avant que nous comprenions la tragédie de sa vie (et là encore, c’est décrit d’une manière digne de ces années-là). Alors qu’on ne cesse de mettre en avant des héroïnes fortes, badass en SFFF ces dernières années pour contrebalancer le héros mâle dominant accompagné d’une greluche (alors que bon, quand on regarde certaines romances et quasiment tous les érotiques et dark, excusez-moi mais la femme me paraît tout sauf forte et mise en valeur) j’ai trouvé ici dans cette vieille fantasy que l’on classe souvent de misogyne, des femmes fortes, indépendantes et matures. 

Le monde regorge de magie, d’une histoire ancienne et de Dieux qui interviennent allègrement dans ce que les habitants nomment la tapisserie. On sent que l’univers est encore vaste et qu’on a énormément de choses à découvrir. Les explications ne nous tombent pas toutes cuites dans le bec mais au travers de l’intervention de différents personnages. De fait, le lecteur a le temps d’échafauder ses théories et de mieux s’approprier l’histoire riche mais dense de Fionavar.

Bien sûr, l’influence du Seigneur des Anneaux est palpable avec des magiciens, des nains, des elfes (nommés Lios alfar) et leurs pendants obscurs les orcs (nommés Svart alfar) ainsi qu’un grand méchant Sauron-bis obscur et des pierres en guise d’anneaux. Néanmoins, je n’ai pas été  autant gêné qu’à ma lecture de Shannara et je suis curieuse de voir la suite.

En conclusion je me suis régalée. Tous les personnages sont intéressants et travaillés et tous ont une utilité dans le récit, même ceux qu’on pense éphémères. Le bestiaire et la panoplie de Dieux sont impressionnants et intrigants. J’ai été totalement dépaysée et conquise par ces cinq héros que j’ai hâte de retrouver.
 
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique les soeurs Carmines T1 : le complot des corbeaux

Ariel Holzl
Auteur francophone, voir le site internet
Mnémos
Urban fantasy
17 €
270 pages
J’ai reçu ce roman pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en décembre à Ariel Holzl, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur leur blog 🙂 Ce roman a donc été envoyé par les éditions Mnémos, que je remercie chaleureusement, dans leur collection Naos.

Encore un nouvel auteur francophone découvert dans le cadre de ce rendez-vous mensuel. Encore une excellente lecture 😉 Non, non, je ne suis pas soudoyée pour apprécier les livres reçus dans le cadre de ce partenariat ! 

Nous découvrons dans ce court roman, trois sœurs : Merryvère, Tristabelle et Dolorine. Celles-ci vivent dans la ville de Grisaille, une ville 100% de fantasy urbaine. Je ne lis pas beaucoup de romans de ce genre mais c’était pile poil l’ambiance à laquelle je m’attendais. L’univers est suffisamment riche pour nous donner envie de mieux le connaitre et suffisamment détaillé sans entrer dans moult détails. Le roman est court et l’auteur va à l’essentiel sans pour autant oublier de mettre le lecteur dans l’ambiance. J’en ai donc su bien assez pour évoluer dans la ville et cerner très rapidement son fonctionnement. J’ai trouvé appréciable de ne pas avoir un pavé à lire ni un roman trop avare en descriptions axé sur l’action comme dans un certain nombre de young adult (pour rappel la collection Naos est destinée au jeune public).

Les trois sœurs sont très différentes les unes des autres et une fois n’est pas coutume, ce n’est pas l’héroïne principale de ce tome que j’ai préféré ici, qui est pourtant une jeune femme équilibrée, intelligente, douée et indépendante, mais bien sa grande sœur Tristabelle. Pourtant sur le papier, Tristabelle n’est pas le genre de personnages auxquels je m’attache car elle est très différente de moi : toujours sur son 31, snob, très attachée aux apparences, superficielle au premier regard, égocentrique, mondaine… bref, vous voyez le genre. Pourtant elle m’a fait rire durant ce roman ! Je ne sais pas si en vrai j’aurai aimé avoir une sœur pareille mais en tout cas ici je l’ai adoré. Elle est toujours à côté de la plaque, à se soucier de ses escarpins plutôt que du malfrat qui la menace avec son arme. Et c’est sans doute ce qui fait sa force car, j’en suis certaine, elle cache très bien son jeu. 

En deuxième position vient Dolorine, la petite sœur capable de voir les fantômes, toujours dans son petit monde et que personne n’écoute. Elle m’a d’emblée parut attachante et attendrissante. C’est un personnage clé dans l’histoire même si elle n’en a pas l’air au départ. Elle s’adresse au lecteur au travers de son journal intime, illustré par ses gribouillis d’enfant et sa naïveté rafraîchissante. Elle m’a beaucoup touchée car elle est à la fois innocente et mature. Mention spéciale pour monsieur Nyx, sa peluche qui m’a l’air d’être possédé par un drôle d’esprit…je brûle de curiosité à son égard.

N’allez pas croire que je n’ai pas aimé l’héroïne, Merry, qui se retrouve bien malgré elle embarquée dans un complot politique. J’ai été totalement transportée dans son aventure et j’ai beaucoup aimé la suivre. Elle est un peu le pilier de sa famille, la plus terre-à-terre et la plus courageuse aussi. Une belle alchimie règne entre ces sœurs, en dépit de petits conflits surtout entre Trista et Merry. 

L’histoire est intéressante et racontée essentiellement du point de vue de Merry avec des passages du journal intime de Dolorine qui permettent aussi de faire avancer l’intrigue. C’était d’ailleurs assez drôle de voir que Dolorine avait toutes les réponses pendant que Merry galérait à comprendre pourquoi l’univers entier lui tombait dessus.

L’écriture est fluide, agréable et avec cette qualité de langage propre à la maison d’édition. Le ton général est décalé, frais et contribue grandement à la réussite du roman. Nous avons de bons rebondissements tout du long du récit qui est bien rythmé et équilibré. Les révélations finales bouclent bien l’intrigue et se terminent sur un dernier revirement inattendu… en fait deux ! Le suspense était soutenable… sauf que l’auteur a ajouté un extrait du tome deux où Tristabelle est la narratrice (youhou !) et nous révèle un événement crucial sur l’avenir de Merry et là c’est une sacré bombe. Maintenant je suis frustrée de ne pas connaître la suite. La question est : est-ce que je demande le tome 2 pour Noël ou bien vais-je attendre les prochaines Imaginales pour essayer de voir l’auteur en même temps ? Le choix est cornélien. 

En conclusion c’est une excellente découverte autant pour la plume que pour l’histoire. Je ressors de ma lecture dépaysée, agréablement surprise et avec l’impression que je fais moi aussi partie de la famille Carmines. Je ne peux que vous conseiller ce roman vous ne serez pas déçu !Je ne suis pas passée loin du coup de cœur et à mon avis, ce sera pour le prochain tome

PS : Monsieur Nyx rules 😉

 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Nosfera2

Joe Hill
Traduction : Antoine Chainas
France Loisir 
Fantastique, horreur
18,50€
870 pages
Après mon excellente découverte de Cornes (lire mon avis ici) puis Le costume du mort (lire mon avis ici) je me suis en toute logique attaquée à l’autre roman du fils King. J’avais lu les premières pages en extrait qui promettait du lourd. J’ai bien aimé le début puis ensuite ce fut la grosse déception. Ces 870 pages furent longues et laborieuses à lire malheureusement…

Le début était donc attractif. On suit Vic, une gamine attachante qui avait le don de pouvoir faire apparaître un pont pour se déplacer où elle le souhaite. Manx, le méchant de l’histoire qui enlève des enfants pour les emmener à Christmasland, nous apparait énigmatique et on se demande ce qu’il se passe dans cet étrange pays. On rencontre quelques rares autres personnes, dont Maggie, une bibliothécaire un peu loufoque qui ressemblerait à une Luna Lovegood punk. Tout comme son père, Joe Hill parvient à nous rendre nostalgique d’une enfance qui n’est pas la nôtre.

Vic et Manx ont une première confrontation et alors que je pensais que l’histoire allait s’attarder… nous avons un revirement et un saut dans le temps. Vic devient adolescente puis adulte très vite. Elle devient aussi timbrée et inintéressante au possible. Elle enchaîne les mauvais choix et semble mener une vie creuse. Je n’ai plus eu la moindre empathie ni la moindre envie de la suivre une fois devenue adulte. Je comprends la stratégie de l’auteur qui a ici voulu que Vic mène son combat en tant que mère et non en tant qu’enfant. Or, ce fut à mon sens une erreur car nous avons perdu toute l’intensité et la peur enfantine de la période où Vic était une gamine. En plus, elle refuse pendant longtemps la vérité et s’entête dans son apitoiement. Bref, elle m’a saoulée. Pour ne rien arranger, le combat final a pris énormément de temps à arriver (800 pages) pour terminer sur une scène assez brouillonne qui manquait d’impact.

Les personnages sont sous-exploités et tout tourne autour de l’autodestruction inutile et peu intéressante de Vic. J’aurais trouvé bien plus percutant que Vic ait au contraire une vie parfaite à sauvegarder alors que Manx revient la hanter. Au lieu de ça, elle ne fait que de la merde et on a presque aucune envie de la voir évoluer. Le meilleur personnage c’est son fils et encore lui aussi est sous-exploité. Le méchant, Manx est plutôt pas mal même si ses motivations et sa personnalité sont noyées dans les 800 pages. J’ai eu l’impression que l’auteur ne nous livrait pas les passages intéressants. Je me suis ennuyée et j’ai vu passer d’excellentes idées mal gérées. J’ai vraiment hésité à stopper ma lecture mais comme je n’aime pas abandonner et que bon, c’est le fils du maître King j’ai persévéré mais je ne lisais pas avec une grande attention tant ça me gonflait.

Je voulais savoir comment cela allait se terminer. Que dire de la fin ? Ultra décevante. Un personnage important meurt et c’est à peine évoqué ! Ça me sidère. Je n’ai vraiment pas compris où l’auteur voulait en venir au final. C’était très long à lire et si le maître King peut me passionner sur des détails de la vie quotidienne, ici c’était un gros flop. C’était d’autant plus décevant que les deux autres romans de l’auteur m’avaient passionnée. Je ne comprends vraiment pas ce qui s’est passé avec celui-ci. J’étais très frustrée de voir le potentiel de l’histoire de base étirée et malmenée. Tout est gâché par Vic et sa propension à faire de la merde. Je lirai quand même les prochains livres de Joe Hill même si je risque d’être plus prudente.



Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Bilan du mois d’octobre

3615 ma vie & écriture
Ce mois d’octobre est passé à toute vitesse. Entre les vacances de mon compagnon, les travaux dans la maison, les futurs achats et réflexions qui nous prennent tout notre temps et une vie sociale chargée, je ne pensais pas parvenir à lire autant. 

J’ai terminé les corrections de mon manuscrit de post-apo/survival que j’ai ensuite envoyé à plusieurs éditeurs. Réponses attendues dans de longs mois ! J’ai enchaîné avec la préparation du NaNoWriMo. Je vous ai d’ailleurs déjà présenté mon projet ici.


Bilan lecture d’octobre 2017

Young Adult

Ma note : :star::star::star::star::star-half:
Ma chronique

Résumé : Laia et Elias se frayent un chemin vers le nord afin de libérer le frère de Laia des horreurs de la prison de Kauf. Pourchassés par les soldats de l’Empire, manipulés par la Commandante et hantés par leurs passés, Laia et Elias doivent duper leurs ennemis et confronter la perfidie de leurs propres coeurs.Dans la ville de Serra, Helene Aquilla se retrouve attachée à la volonté du nouveau leader à l’esprit tordu de l’Empire, Marcus. Quand sa loyauté est mise en doute, Helene accepte une mission pour montrer ce dont elle est capable, une mission qui pourrait bien la détruire.

Ma note : :star::star::star::star::star:

Résumé : Sora vient d’apprendre qu’elle doit passer le reste de sa vie à béquilles. Son quotidien se résumera désormais aux cours au lycée et aux séances de kiné. Elle pourrait s’y faire si Kay, la grande soeur qui l’a quasiment élevée, tenait le coup ; mais cette dernière, qui a toujours été la plus forte des deux, est en pleine descente aux enfers. Alors Sora décide de prendre les choses en main et d’enfiler la cape de ces superhéros qu’elle aime tant. Objectif : changer sa vie. Son meilleur atout : l’héritage navajo laissé par sa mère. Un ancien pouvoir de guérison qui pourrait les sauver, elle et sa sœur. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas les seules à le chercher… et que leur rival est prêt à les suivre au bout du monde pour parvenir à ses fins.


Ma note : :star::star::star::star::star:
Ma chronique

Résumé : Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux avec l’amour de sa vie. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir. 
Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature. Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé

 
Policier/Thriller

Ma note :
Ma chronique

Résumé : Adolescente, Toni Murphy a une vie compliquée entre un petit ami, Ryan, qu’elle adore, des parents avec qui la relation est conflictuelle et des camarades de classe qui lui mènent une vie d’enfer. Sa vie tourne au cauchemar quand sa sœur cadette est assassinée une nuit d’été. Toni et Ryan sont reconnus coupables de meurtre et envoyés en prison. Aujourd’hui âgée de 34 ans, Toni se retrouve en liberté conditionnelle. De retour dans sa ville natale, elle essaie de reprendre une vie normale. Mais rien n’est facile. Elle a interdiction de revoir Ryan, sa mère doute de son innocence et le groupe de filles qui lui a mené la vie dure au lycée la harcèle de nouveau. Surtout, Toni prend conscience qu’elle ne pourra tourner la page tant qu’elle n’aura pas découvert la vérité. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? Mais la vérité a un prix…

Mes achats ou réceptions du mois


Chronique : Red Rising

Pierce Brown
Traduction : H. Lenoir
Hachette (mon édition : France Loisir)
Science-Fiction, Young Adult
15,50€
477 pages
J’ai pris ce livre lors d’un achat trimestriel chez France Loisir car j’avais vu passer de bonnes critiques. Le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai été totalement bluffée. Le roman est prenant dès les premiers pages et jusqu’au bout. Les rebondissements s’enchaînent et si certains sont assez prévisibles, d’autres le sont beaucoup moins. 

La base est assez classique : un adolescent qui perd tout et se révolte contre l’autorité en place. Pourtant, tout est mené d’une main de maître et l’auteur y apporte une belle originalité grâce à son monde. Là aussi, le système de caste est classique mais efficace et surtout on commence à se rendre compte que tout n’est pas aussi simple, stéréotypé et manichéen qu’on ne le croit au départ. Le regard du lecteur devient critique au fil des pages, à l’image de celui du héros.

Je ne m’attendais pas à ce qu’une bonne partie du roman se passe à l’institut des Ors et surtout qu’il se déroule de la sorte. On a un roman hybride où science-fiction, médiéval et mythologie romaine cohabitent avec brio. Passée la comparaison avec Harry Potter pour les questions de maisons au sein de l’école, j’ai apprécié cette partie, ce jeu grandeur nature particulièrement cruel. Je regrette quelques incohérences entre ce qui nous est décrit des Ors et ce qui se déroule réellement dans le jeu. Le héros, comme le lecteur (et peut-être même l’auteur) se perdent dans le jeu au point d’oublier ce qui se passe dehors ainsi que les enjeux à long-terme.

La véritable force de ce roman, c’est son héros Darrow. Sur le papier, c’est un héros classique mais dans les actes, il est absolument génial. Il commet des erreurs, est impulsif, colérique, souvent naïf mais il se relève, il apprend, assume et s’élève tout en conservant son humanité avec ses doutes, ses regrets et sa culpabilité. Il m’a fait pensé à Alex de la série La Fournaise. Il est entouré d’amis ou d’ennemis qui font également sa force. Parmi eux j’ai beaucoup apprécié Sevro et j’attends de voir ce que donnera Mustang dans les tomes suivants. 

Le roman a frôlé le coup de cœur tant il m’a passionnée et surprise. J’ai passé un excellent moment au point que j’ai déjà acheté le tome 2 ! J’ai hâte de connaître la suite des aventures de Darrow et de savoir si oui ou non il parviendra au bout de son rêve imposé.


Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Après la nuit

Chevy Stevens
Traduction : Sebastian Danchin
France Loisir 
Thriller
492 pages
J’avais bien aimé le premier roman de cette auteure, Séquestrée, que j’ai lu avant de tenir ce blog. J’ai donc profité de mon achat trimestriel chez France Loisir pour me procurer son dernier en date. Je trouve que les thrillers et le fantastique s’accordent parfaitement à l’automne !
J’ai davantage l’habitude des thrillers policiers de Jussi Adler Olsen et Camilla Läckberg ces dernières années, donc je m’étais habituée à une plume un peu plus élaborée que celle-ci. Nous suivons Tonie qui a été accusée à tort du meurtre de sa petite sœur Nicole, avec son copain Ryan. Incarcérée pendant des années, elle est enfin libérée et va plus ou moins chercher à découvrir la vérité.
Le récit oscille entre la période avant le meurtre de Nicole, la prison et le présent. Ainsi, l’auteure nous brosse le tableau complet en ménageant le suspense car il faudra attendre les trois quarts du roman pour savoir comment Nicole est morte et comment Tonie en est arrivée à porter le chapeau. Je comprends la technique de l’auteure, d’autant que c’est une bonne façon de créer de l’empathie avec l’héroïne et de comprendre ses actes. Sauf que de l’empathie, je n’en ai pas ressentie. Je ne me suis pas attachée à Tonie, je suis presque restée extérieure au récit. C’est une adolescente de 18 ans au moment du drame, mais elle est très irresponsable, elle cumule les erreurs sans jamais se remettre en question et est très entêtée. D’un côté on nous la présente comme une dure à cuire et, de l’autre, elle se laisse intimider par des greluches. Ce n’est pas toujours très logique, e seul objectif de Tonie est de passer du temps avec Ryan. Ce n’est guère palpitant. En plus, j’ai senti un forçage de la part de l’auteure pour que vraiment Tonie n’est aucune chance de paraître innocente.

Je comprends bien la stratégie de l’auteure seulement à force de nous montrer une succession de passages où Tonie accumule les erreurs et les injustices afin de nous montrer pourquoi les flics et le public n’a pas voulu chercher un autre coupable potentiel, on en vient à survoler des passages qui auraient mérité davantage de profondeur. A commencer par la nuit du meurtre de Nicole. Il y a des passages aussi très faciles. Tonie ne s’intéresse pas du tout à sa sœur et est aveugle à ses problèmes. Si au moins j’avais senti une évolution dans le personnage, mais même pas. Son passage en prison est assez abstrait, comme si au final ce n’était pas si terrible.
Le dénouement et les explications sont balayés. Même si on se doutait de l’identité du coupable (l’auteure n’a pas vraiment creusé pour nous mettre sur de fausses pistes), les motivations arrivent comme un cheveu sur la soupe. Les indices distillés au fil du roman ont été inutiles puisque Tonie n’en avait rien à carrer de sa sœur. Le lecteur n’avait que des suppositions très floues.
Pour autant, j’ai été tendue tout au long de ma lecture. Il y a tant d’injustice et de colère dans ce roman, que ça m’a mise sur les nerfs : l’acharnement de Shauna la peste, l’aveuglement de la mère de Tonie, la police incompétente, l’entêtement de Tonie, le regard de la société sur des libérés de prison, les délations, la guerre entre détenus etc. Le seul aspect vraiment traité avec justesse concerne la liberté conditionnelle, une période que je n’imaginais pas si stricte. En effet, même si Tonie n’y est pour rien et possède un alibi pour un délit quelconque, le simple fait d’être interrogée au commissariat fait sauter sa conditionnelle. C’est hyper rude, d’autant qu’évidemment au moindre pépin (un vol en l’occurrence) on se tourne direct vers la meurtrière.
En conclusion, je suis mitigée. Le roman est original, puisqu’une héroïne qui se tape plus de 10 ans de prison ce n’est pas courant. Néanmoins il possède des faiblesses et des facilités qui m’ont donné un goût d’inachevé. J’attendais plus mais j’ai été captivée par l’histoire et je voulais absolument connaître le fin mot de l’histoire. Si je n’ai pas ressentie d’empathie pour l’héroïne, j’ai vécu son injustice.
Ma note:star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Quelques pas de plus

Agnès Marot
Auteure francophone, voir le site
Scrinéo
Fantastique, young adult
16,90 €
343 pages
Agnès Marot fait partie de ces auteures francophones que j’aime rencontrer dans les (trop rares) salons littéraires auxquels je me rends. Elle est adorable, toujours très enjouée et j’apprécie ses romans du cycle Au-delà du mur (voir ma chronique du préquel ici) résolument optimistes, empreints de grâce et de justesse. 

J’ai acheté Quelques pas de plus  aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une jolie et gentille dédicace. J’aime beaucoup la couverture d’ailleurs ! Je connaissais la thématique du roman, un road trip aux USA durant lequel Sora essaye de sauver sa sœur en puisant dans leurs origines amérindiennes. Je savais également que Sora était atteinte d’une blessure à la cheville qui l’oblige à se déplacer en béquille, ce qui était réellement arrivé à l’auteure. Je m’attendais donc à ressentir une touche d’authenticité dans les descriptions de la douleur, du handicap et même des paysages américains où l’auteure s’était rendue. 

Je n’ai pas du tout été déçue sur cet aspect authenticité. Dès les premières pages, le récit est poignant, touchant et criant de vérité, que ce soit pour cette douleur, insidieuse et continue, que dans les réactions des gens face à une personne handicapée. Des réactions, positives sous forme d’entraide, comme négatives car Sora n’est pas à 100% handicapée et dans l’esprit étroit et cloisonné des gens, elle « triche ». Manquerait plus qu’elle ait un macaron pour se garer sur les places handicapés alors qu’elle n’a que des béquilles, dites donc !

Bref, du point de vue de l’émotion, j’ai été servie. Je ne me suis jamais apitoyée sur Sora, qui est un personnage très courageux même si elle ne s’en rend pas forcément compte. Je n’ai pas adhéré à toutes ses actions néanmoins, car elle commet des erreurs, elle ment et vole, quand bien même ses motivations à la base sont louables. Kay, sa grande sœur, force également le respect. Les deux sœurs sont unies par un amour inconditionnel et un passé auquel je ne m’attendais pas et qui vient renforcer l’émotion autour de cette histoire. 

L’intrigue était plus intense et immersive que je ne l’imaginais. J’ai partagé beaucoup de choses avec Kay et Sora, j’ai eu énormément d’empathie pour toutes les deux. Cela me rendait presque jalouse de voir un tel lien fusionnel, un tel sens du sacrifice pour un membre de sa famille. Enfin, l’ensemble de ces sentiments est livré avec une incroyable justesse, comme l’auteure a l’habitude de le faire.

En ce qui concerne le récit en lui-même, le rythme est très bien géré car nous avons à la fois le road trip aux USA mais aussi des flash back pour nous expliquer pourquoi et comment Kay et Sora se sont retrouvés ici. J’ai trouvé que cela rendait le récit en entier plus palpitant, plus entraînant et cela oblige aussi le lecteur à mieux comprendre les décisions de Kay et Sora et, d’en quelque sorte, cautionner la démarche des deux sœurs. 

Quelques personnages gravitent autour d’elles, dont Marc qui, à mon sens, aurait mérité un chouia plus d’approfondissement et un chouia moins de haine, malgré son état. En revanche j’ai adoré Ahiga, c’est un personnage droit et intéressant que l’on a envie de mieux connaître. 

Il reste une question en suspens sur les origines amérindiennes de Kay et Sora car nous n’en savons pas plus sur leur mère alors que c’était l’un des buts du voyage, du moins pour Sora. Il y a aussi une touche de fantastique au travers de la culture amérindienne qui était très intéressante à suivre.

Au final, c’est un roman intense, plus adulte que je ne l’imaginais à cause des thèmes graves qui sont traités et de la douleur omniprésente. C’est une belle leçon de vie, de courage, d’acceptation et d’amour sororal. Cela fait partie des romans qui, au-delà de l’aspect dépaysant et divertissant, apportent une vraie réflexion sur soi. La preuve, je me suis moi-même demandée quelle était mon attitude, mon regard envers les handicapés (complets ou non). 

Cette histoire est un témoignage, une ode à l’espoir et au courage qui force l’admiration et qui apporte une grande richesse émotionnelle.

Le petit bonus : les références de l’auteure, dont Supernatural 😉 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Une flamme dans la nuit

Sabaa Tahir
Traduction :Hélène Zylbrait
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
541 pages
Après avoir eu un coup de cœur pour le premier tome lu en avril, j’avais hâte de me plonger dans la suite. Nous retrouvons Elias et Laia là où nous les avions laissés, c’est-à-dire dans le pétrin ! À l’image du premier tome, l’action s’enchaîne et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. La voix d’Hélène, meilleure amie d’Elias, est désormais incluse dans la narration, ce qui nous donne un point de vue de l’Empire. Le personnage d’Hélène est à l’image de tout le roman : loin des clichés. Car si au départ je pensais que cette jeune femme n’était là que pour l’éternel triangle amoureux, j’ai dû revoir mon jugement. L’auteure nous livre ici une histoire bien plus complexe et intéressante que prévu. Elle ne cesse de me surprendre de manière positive. 

J’ai légèrement moins aimé ce tome. Il faut dire que le premier avait frappé fort, la surprise est passée malgré les nombreux rebondissements. Même si ce tome nous offre son lot de souffrance, de morts et de sang, j’ai moins ressentie l’ambiance tendue et glauque du premier livre. Des choix irrémédiables sont faits, la loyauté des héros est mise à rude épreuve face aux trahisons. Amour, amitié et courage sont au rendez-vous… et toujours avec une originalité étonnante et un univers riche. 

De nouveaux personnages se greffent aux héros, d’origine ou de nature inattendue. J’ai été bluffée par certaines révélations ! Parmi les nouveaux, justement, j’ai énormément aimé Harper. Chez nos héros, Hélène prend de l’ampleur et je l’ai beaucoup apprécié ici. Son cœur balance entre Elias, désormais un traître aux yeux des Martiaux, et l’Empire. Son dilemme est bien traité, le lecteur partage ses doutes. 

Laia s’améliore mais à mes yeux elle n’arrive pas à la cheville d’Elias qui est un héros absolument génial. Il est courageux, loyal, intelligent, très juste et attachant. Il n’est pas exempt de défauts comme tout un chacun mais ça ne le rend que plus humain. 

En bref, c’est une suite attrayante, ponctuée de révélations surprenantes. Il s’agit plus d’une course contre la montre là où le premier tome se déroulait davantage en huit clos. Les personnages se développent, l’histoire avance, les rebondissements cassent les ficelles habituelles du genre et je meurs d’envie de connaître le fin mot de l’intrigue.

 

Ma note : :star::star::star::star::star-half: