Chronique : Elévation T2 marée stellaire

David Brin
Traduction :Gérard Lebec
Folio SF
Science Fiction
8 €
653 pages
Ma découverte de l’auteur avec le premier tome s’était révélée mitigée, en grande partie à cause du héros et d’une intrigue floue. Heureusement, c’est une toute nouvelle équipe que nous retrouvons dans ce deuxième tome intitulé Marée Stellaire et je vous l’annonce tout de suite : j’ai largement préféré cette histoire.

Nous faisons la connaissance d’un équipage principalement constitué de dauphins élevés à la sapience, appelés des fen (pour en savoir plus sur le principe de l’élévation, je vous invite à lire mon avis sur le tome précédent), d’un chimpanzé élevé aussi et d’une petite dizaine d’humains.  Tout ce beau monde se trouve dans un vaisseau spatial (en grande partie constitué de zones immergées pour les fen) et tombe sur un cimetière d’épaves extraterrestres. Pourchassé par des Galactiques mécontents, le vaisseau se cache sur une planète aquatique. L’objectif est donc de réparer le vaisseau et d’essayer de s’échapper alors que la planète est assiégée par les différentes races extraterrestres qui se font la guerre pour capturer notre équipage. 

Nous suivons une belle brochette de personnages, une dizaine sans compter les points de vue des différentes races galactiques.  Malgré tout, je n’ai jamais été perdue, ni ne me suis demandée qui est qui car les chapitres sont courts et l’intrigue ne cesse d’évoluer, c’est à dire qu’il y a des ellipses temporelles entre chaque point de vue : ce n’est ni répétitif ni pour autant trop obscur. La narration est donc ici bien mieux maîtrisée à mon sens que pour le premier tome.

Les personnages sont tous très intéressants, avec leurs qualités et leurs défauts. Ils sont tous riches en passé, motivation ou dans leur évolution. Les humains, les fen et le chimpanzé sont tous traités ici à égalité. Les humains sont les patrons des deux autres races (puisqu’ils les ont « élevés »), néanmoins on ressent beaucoup moins d’arrogance et de supériorité que dans le précédent tome. Les humains sont des patrons compatissants, ils n’ont pas liés leurs « clients » avec des contrats comme c’est la règle dans l’espace. Fen et chimpanzés sont libres, même s’ils conservent un certain respect hiérarchique envers les humains. Ces derniers sont toutefois relégués au second plan, le capitaine du vaisseau est un fin, son second aussi. Les humains restent des garants, vers qui ils vont encore se tourner pour demander un appui, mais les fen et les chimpanzés sont autonomes. Toshio, l’un des héros humains reçoit d’ailleurs ses ordres de la part des fen.

J’ai donc apprécié cette vision des choses, où l’homme n’est pas un géant supérieur. J’aime aussi la vision qu’ont les Galactiques de nous. Nous qui ne répondons pas à la norme, qui sommes des « jeunes loups » dont les réactions les étonnent toujours. Les humains donnent un grand coup de pied dans la fourmilière galactique et c’est assez jouissif.

J’ai beaucoup aimé les nombreux thèmes qui sont abordés dans ce gros pavé que j’ai lu avec une grande facilité. Les fen conservent leur identité de dauphins avec des traits propres à leur espèce (principalement du Grand dauphin, Flipper pour ceux qui connaissent) et pourtant on parle de harcèlement sexuel, de racisme, de mutinerie, de dieux, de philosophie etc. La frontière entre comportement delphinien et humain est parfois floue. Toutefois certains traits comme la fourberie sont typiquement humain et c’était donc étrange de les associer à des dauphins. Les fen s’expriment de plusieurs manières différentes, dont du ternaire à grand renfort de poèmes et haïkus. C’était un peu déstabilisant au début et puis ensuite c’est devenu très fluide et musical. 

Il y a de nombreux  rebondissements, l’intrigue est riche, l’univers dense, les personnalités variées, les interactions intéressantes. Bref, ce fut une lecture passionnante, enrichissante et très originale. Je suis ravie d’avoir pu me pencher sur ce roman, cela aurait une perte dans ma culture générale et scientifique.

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Le choix

Paul J. McAULEY
Traduction : Gilles Goullet
Le Bélial’
Science-Fiction
7,90€
83 pages
Je découvre cet auteur ainsi que cette très belle nouvelle collection Une Heure Lumière de chez Le Bélial’ grâce à cette nouvelle. Le résumé parlait d’élévation du niveau de la mer, d’écologie et d’extraterrestre, un cocktail tout à fait à mon goût. 

L’auteur réalise une prouesse pour nous camper en moins de 100 pages un univers riche, dense, extrêmement intéressant et varié. Le tout avec des descriptions fluides qui ne m’ont pas du tout embrouillée. L’ambiance était très particulière dans une région anglaise où l’avancée de la mer a bouleversé la vie des habitants. Accompagnée par la présence des extraterrestre j’ai trouvé que l’ambiance était assez mystique. 

On suit Lucas, un adolescent qui vit dans la précarité avec sa mère militante clouée au lit. Lorsqu’un « Dragon », un appareil E.T. s’écrase non loin, il va s’y rendre avec son meilleur ami Damian et c’est là que les problèmes commencent. 

Je me suis vite attachée à Lucas, un adolescent débrouillard et gentil qui ne mérite pas les problèmes qui lui tombent sur le nez. En revanche, je ne m’attendais pas à une telle tournure de l’histoire. On comprend peu à peu le titre mais la fin m’a laissé dubitative. Je m’attendais à autre chose, j’ai l’impression que le contexte n’est pas exploité à sa juste valeur. 

Sinon, le contrat est rempli, j’ai passé un bon moment. Je n’ai pas chronométré pour savoir si j’ai lu cette nouvelle en une heure mais j’aime beaucoup l’idée et le design de cette collection. Seul point noir : le prix est celui d’un poche de plusieurs centaines de pages, c’est donc un peu cher même si l’objet est beau.

 *Cette lecture fait partie du Challenge de l’été  *

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Les Aventuriers de la Mer T6

Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
413 pages
J’avance peu à peu dans cette saga, je me retiens vraiment de ne pas tout lire d’un coup ^^ Peu importe le temps écoulé entre chaque lecture, l’immersion est toujours immédiate et je me souviens exactement de où en sont les personnages.
Dans ce tome, tout le monde avance, même mes personnages fétiches, Althéa et Brashen que j’aurais aimé voir un peu plus. Néanmoins les quelques chapitres où ils apparaissent étaient forts en émotion, j’ai eu quelques frissons à leurs côtés.
Malta a grandi, enfin ! Même si elle continue à n’en faire qu’à sa tête… Grâce à elle, nous découvrons davantage la Cité des Anciens ainsi que le peuple du Désert des Pluies. Nous avons surtout enfin nos révélations sur l’origine des Vivenefs, des Dragons et des Serpents de mer. J’avais beau m’en douter, connaître tous les détails est quand même surprenant et révèle un univers d’une grande richesse.
Ces révélations nous font faire un bond dans l’histoire et mettent également en place des prémisses de l’autre saga de l’auteure La Cité des Anciens. J’ai donc hâte de voir comment tout va se goupiller par la suite à ce niveau.
En parallèle, Kennit, Hiémain et Etta continuent leur bout de chemin ensemble. Kennit se surpasse encore de manipulation dans ce tome. C’est vraiment un personnage à part. J’ai rarement autant supporté un personnage aussi fourbe et égocentrique. Il est juste génial *___* Hiémain quant à lui évolue d’une certaine manière, je suis un peu déçue qu’il soit si aveuglé par Kennit… d’un autre côté, comment lui en vouloir ? Quant à Etta, je ne suis toujours pas fixée, j’admire sa force tout comme je n’aime pas sa dévotion aveugle envers Kennit. Quoi qu’il en soit, ces personnages et leur lien avec Vivacia sont complexes mais passionnants à suivre.
Au final, il reste encore trois tomes pour conclure l’histoire, je sens qu’ils vont être denses et remplis de rebondissements. Avec ce tome, la saga continue de surfer sur le coup de coeur ^^
*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Eternité T3 Des dunes sous le vent

Magalie Ségura
Auteure francophone, voir le site
Version France Loisir
Fantasy
9,99€
432 pages
Enfin, voici la conclusion de cette trilogie exceptionnelle. Nous enchaînons directement après la fin haletante du tome 2. L’histoire était encore fraîche, bien que j’ai lu le tome précédent en septembre 2016. Quelques rappels sont tout de même bien placés afin de ne pas se perdre. 

Encore une fois, tout se déroule sur les chapeaux de roue ! Toutefois, l’histoire reste réaliste car nos héros, Naslie et Yshem sont au bout du rouleau après cet enchaînement de rebondissements interminables. Ils sont humains et comme tous les humains, Naslie est épuisée physiquement et mentalement, cela se ressent dans ce troisième tome, même si elle a toujours sa volonté intacte de se battre. 

Ce tome est encore marqué par des moments injustes, tristes et douloureux. La justice triomphe tout de même mais pas sans sacrifices. C’est assez à la mode de « faire souffrir » ses persos mais dans cette trilogie, tout est fait avec justesse, réalisme et beaucoup d’empathie. 

Je ne peux pas trop vous en dire sur l’intrigue, c’est à vous de la découvrir. Je peux juste vous faire un retour global sur cette magnifique trilogie. C’est une très belle histoire, fouillée, passionnante, riche, intelligente, servie par des personnages humains, réalistes et terriblement attachants. Ils sont empreints de défauts mais ils portent aussi un courage incroyable. On lutte à leurs côtés, on espère pour eux, on désespère avec eux et on subit cette morsure du désert impitoyable. Ce désert, ce monde, est d’une originalité rare. 

J’ai aimé les trois personnages principaux, Naslie, Yshem et Jelis, avec une mention spéciale pour les Luminis, ces boules de poils que j’imaginais en espèce de critters sympathiques XD L’intrigue est travaillée, les villes et descriptions aussi, le monde est riche. C’est une belle épopée, j’ai été transportée, dépaysée, bluffée et assoiffée par ce monde désertique. 

Je ne sais comment vous dire que cette trilogie est une merveille de fantasy francophone. Je suis très triste de quitter cet univers et ces personnages et je pense ne pas me tromper en vous affirmant que cette histoire va me hanter encore un moment. 

*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Elévation T1 Jusqu’au coeur du Soleil

 
 

 

David Brin
Traduction : Françoise Maillet
Folio SF
Science Fiction
7,50€
480 pages
 
 
Grâce à l’intervention de Lionel Davoust, on m’a proposé un projet très intéressant et pour lequel je me devais de combler mes lacunes au sujet des œuvres de David Brin. J’ai donc plongé dans ce premier tome et en suis ressortie mitigée. J’ai à la fois adoré mon voyage jusqu’au soleil et été déçue par certains aspects. 

 

Déjà, je dois reconnaître que les idées de l’auteur sont excellentes. Dans un futur lointain, l’homme a découvert comment élever à la conscience humaine les chimpanzés et les dauphins. On appelle cela l’élévation. L’humanité a aussi rencontré des races extraterrestres qui ont toutes été élevées à la conscience par une ancienne race aujourd’hui disparue. Chaque race peut ensuite en élever d’autres. S’établit alors un contrat entre un « patron » et un « client ». Le problème étant qu’il n’y aucune trace de « patron » pour les humains. Il semblerait que nous soyons devenus « intelligents » par nos propres moyens, ce qui n’est pas sans irriter certains E.T. à l’égo démesuré. 

J’ai trouvé ces idées très intéressantes, bien qu’un peu arrogantes. Le lien entre « patron » et « clients » est aussi bien trouvé et plutôt dérangeant. Nous découvrons dans ce roman Jacob, qui a justement participé à l’élévation des dauphins, qui est envoyé en mission pour rencontrer des Solaires que l’on soupçonne d’être, peut-être, les « patrons » de l’humanité. Autant dire que le voyage s’annonce autant scientifique que politique.

J’ai aimé ce roman pour le voyage, le dépaysement et les idées géniales qui sont développées. Les E.T. sont aussi variés qu’intéressants, mention spéciale pour Fagin la plante que j’imaginais comme Groot des Gardiens de la Galaxie (en plus causant). Les personnages secondaires sont bien travaillés dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé Hélène et j’ai aimé détester Larroque (un français en plus, merci…). Il y a de nombreuses réflexions et des parties plus complexes quand on aborde les descriptions techniques des lasers et autres systèmes de refroidissement du vaisseau. 

C’était donc un fabuleux voyage, toutefois le gros point négatif c’est Jacob, le héros. Alors il est somme toute sympathique, c’est un brave homme, intéressant, avec des qualités et des défauts mais l’auteur a voulu trop en faire à mon avis et paradoxalement il ne nous en dit pas assez sur lui. J’ai eu beaucoup de mal à m’imaginer Jacob et c’est sur la fin que j’ai compris qu’il était d’origine amérindienne. Le comprendre avant m’aurait aidé à le visualiser pendant tout le récit… d’autant que son âge reste obscur. Il y a tout un flou sur sa famille qui apparemment a une certaine influence, c’est très fouillis.

Il est affublé d’un Mr Hyde inutile, qui complique les choses. Il peut aussi entrer dans des transes. Plusieurs fois au cours du récit, Jacob craint d’utiliser sa force, on exagère ses capacités et au final je me suis dit « tout ça pour ça ». Pour avoir côtoyé des héros de SF, en livre comme en série ou film, je peux vous dire qu’il est très loin de leur arriver à la cheville et pourtant tous les autres protagonistes le portent en haute estime. Sauf que pour moi, lectrice, qui ne connaît pas ses faits d’armes, j’ai été déçue.

Enfin, l’auteur nous la joue à la Agatha Christie. Alors, je conviens que tous les rebondissements ont été de vrais surprises. Mais n’est pas Hercule Poirot qui veut et Jacob n’est pas du tout à la hauteur comme pseudo-enquêteur. Certaines explications sont tirées par les cheveux, arrivent brutalement sans aucun moyen de spéculer. J’ai été perdue sur des faits exagérés sur le moment qui au final ne servent à rien. C’était maladroit à mon sens. 

A mes yeux, l’auteur a voulu trop en faire question intrigue au détriment des véritables questions soulevées par leur voyage. Je suis à l’heure actuelle incapable de vous dire si oui ou non les solaires ont élevé l’humanité. Soit je n’ai pas retenu tant la réponse était noyée dans les intrigues annexes, soit je n’ai pas eu la réponse du tout. Avouez que c’est dommage, non ? 

En conclusion, j’ai beaucoup aimé le voyage spatial, le contexte très travaillé, les idées globales de l’auteur. J’y étais au cœur de son soleil ! Malheureusement l’exploitation du héros est pour moi maladroite, pas toujours crédible non plus. L’auteur en a trop fait du côté des intrigues et d’un aspect policier qui a gâché les raisons premières de ce voyage. 

Ceci dit, je suis obligée de lire au moins le tome suivant qui parle d’envoyer des dauphins dans l’espace. On va voir si ce deuxième tome me plaît davantage.



Ma note ::star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : La Faucheuse

Neal Shusterman
Traduction : Cécile Ardilly
Robbert Laffont collection R
Young Adult, Science Fiction
18,90€
495 pages
Séduite par les nombreux coups de cœur et encouragée par la lecture commune organisée par le club de lecture des Hiboux, je me suis procurée puis ai dévoré ce roman. Depuis un an, je me mets un peu plus au Young Adult et je dois dire que je tombe sur des pépites. Ce roman est génial. Il se démarque clairement des autres grâce aux nombreuses questions sur l’homme et la société future qu’il pose.

En effet, dans ce roman, nous sommes dans le futur et l’homme est immortel. Vous tombez d’un immeuble de 10 étages ? Pas de soucis, on vous ressuscite. Vous trouvez que votre corps de 70 ans ne vous plaît plus ? Hop, on vous régénère à vos 20 ans. Ainsi, on se retrouve avec des personnes, mariées plusieurs fois avec de multiples enfants… qui ont parfois un physique plus jeune que leurs propres enfants.

Afin de lutter quand même contre la surpopulation, il existe des Faucheurs qui vont « glaner » des personnes. Comprendre, les tuer définitivement. Certains choisissent de manière aléatoire, au gré de leurs envies ou, comme Faraday, le maître de nos deux héros, en fonction des anciennes statistiques de mort. Sa manière de faire semble originale à première vue. Puis, je l’ai trouvé glaçante. Je trouverais ça moins cruel d’avoir un âge limite plutôt que leur manière de faire où la mort peut frapper n’importe où, n’importe quand. On pourrait dire qu’il en est de même à notre époque, mais ce n’est pas vrai. En plus, je me dis qu’on aurait une chance de s’en sortir en cas d’accident de voiture, alors qu’un Faucheur ne vous laisse pas de chance. Il vous tue, point barre. C’est un assassinat où la victime n’a pas le droit de se défendre, sous peine de voir toute sa famille se faire « glaner ». Un assassinat légal en somme.

Ce monde est en outre aseptisé : les émotions sont bridées, contrôlées par des récepteurs. Plus de douleur, plus de peur, plus d’instincts violents. Les seuls tueurs sont les Faucheurs. Cela rend cette humanité morne, lisse, sans but ni passion. Pourtant, tout le monde s’accroche à sa vie et redoute la venue du Faucheur. D’un autre côté, certains Faucheurs cherchent la gloire et profitent de leur statut, ils usent et abusent de leur puissance et de leurs privilèges.

Bref, ce monde est déjà incroyablement atypique, riche et intéressant, même si je ne voudrais pas du tout y vivre. La vie éternelle décrite ici ne me vend absolument pas du rêve. Je me suis d’ailleurs demandée pourquoi ils ne contrôlaient pas les naissances afin de limiter cette surpopulation au lieu de glaner autant de gens. En tout cas, le roman soulève beaucoup de questions qui vont faire réfléchir le lecteur.

Nous suivons Rowan et Citra, deux adolescents très différents qui ont comme point commun d’être plutôt réfléchis, même s’ils commettent des erreurs propre à leur âge. J’ai beaucoup aimé les voir évoluer. Leur avenir n’était pas du tout certain car le roman enchaîne les rebondissements. Je suis allée de bonnes surprises en bonnes surprises et l’évolution des ados, en particulier Rowan, est excellente.

Ce roman frôle le coup de cœur. Il est intelligent, atypique, prenant, très bien pensé, mené par des héros attachants et bourré de rebondissements. J’ai passé un excellent moment et j’espère que l’adaptation cinématographique ne va pas gâcher toute la réflexion qui se cache derrière les lignes du roman.

Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : la volonté du Dragon

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
13€
165 pages
Bon  au final, le mois de juin est devenu un mois consacré à Lionel Davoust ! Après avoir lu Port d’Âmes et La Route de la Conquête, je me suis plongée dans La Volonté du Dragon. Oui, j’ai tous ses livres dans ma bibliothèque, prêts à être lus. On est fan, ou on ne l’est pas 😉

La Volonté du Dragon se situe lors de l’apogée de l’Empire d’Asrethia et se déroule quelques décennies avant la novella de La Route de la Conquête. Nous retrouvons donc Stannir Korsova alors qu’elle secondait le Généralissime de l’époque. Elle est plus jeune, moins réfléchie, plus formatée par l’armée… tout comme l’est sa propre aide de camp dans La Route de la Conquête. On ne la voit finalement que très peu, c’est un personnage secondaire.

Dans ce court récit, nous suivons le Généralissime qui débarque avec toute sa force et son sentiment du supériorité. Pour connaître mon ressenti sur cet Empire et ses méthodes, je vous invite à lire mon avis sur La Route de la Conquête. L’homme se confronte donc à un dirigeant étrange, un enfant qui semble perdu dans son monde, épaulé par un gouverneur. L’invasion va se jouer autour d’une table, un peu à l’image d’un jeu d’échec. Une façon bien cruelle d’envisager les choses puisque sur le terrain, la bataille navale implique de véritables êtres humains qui meurent.

Justement, sur les bateaux, nous découvrons un aspirant artech attendrissant, dont on partage aisément la peur de se retrouver au combat et de devoir être responsable de tant de vie. Nous faisons connaissance avec l’amiral, un personnage qui inspire peu de sympathie, à l’inverse du capitaine, mais dont il faut reconnaître les compétences de stratège.

On pourrait croire qu’il ne se passe pas grand-chose et que l’histoire va être vite réglée, mais des rebondissements et les différents points de vue nous maintiennent en alerte. Le vent tourne vite et il s’avère très difficile de deviner qui des asriens (envahisseurs) ou des Qhmarri vont l’emporter. Certaines scènes sont difficiles à supporter, c’est la guerre et c’est bien moche.

Grâce à ce petit roman, j’ai eu des réponses à certaines interrogations soulevées pendant ma lecture de La Route de la Conquête, en particulier sur l’état d’esprit des peuples confrontés à l’Empire. Les Qhmarri posent les mêmes questions que moi au sujet de la démarche abusive et violente de l’Empire sous couvert de pacifisme.

La fin est amère à bien des égards. Définitivement, je n’aime pas du tout cet Empire, même si je dois bien avouer qu’il est redoutable. Par contre, ne vous méprenez pas, j’ai aimé ma lecture !

Ma note:star::star::star::star::star-empty:

Chronique : La Route de la Conquête

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
19€
347 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en juin à Lionel Davoust, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur le blog 🙂

La Route de La Conquête se déroule avant les événements de Port d’Âmes. Néanmoins, je trouve que l’avoir lu après m’a permis une meilleure immersion et compréhension dans le monde d’Evanégyre. En outre, d’avoir assisté à la conférence autour de cet univers aux Imaginales m’a également bien servi pour saisir les subtilités développées ici. Car comme tous les livres de Lionel, la Route de la Conquête est exigeant et demandera toute votre attention. Les liens avec Port d’âmes, la Volonté du Dragon (en cours de lecture) et potentiellement La messagère du Ciel (son dernier roman, dans ma PAL) sont vraiment intéressants.

En quelques mots, le livre est constitué d’un court roman, La Route de la Conquête et de 5 nouvelles qui se déroulent à des époques différentes. Toutes ont un rapport avec la guerre et en particulier la conquête de l’Empire d’Asrethia. Deux émotions m’ont accompagnée durant toute ma lecture : de la tristesse et de la colère. J’ai été très en colère contre cet Empire, un reflet de ce que notre propre monde a fait et fait encore d’ailleurs. Sous prétexte de détenir les clés de la technologie et du progrès, de savoir combattre la maladie et de vouloir unifier les peuples, l’Empire conquiert et soumet, par la force si les peuples ne voient pas à quel point ils ont besoin de l’Empire. Attention, l’Empire est magnanime car il met en place un système de Conservation des terres et des traditions, les peuples sont soumis mais conservent leur identité. La question qui se pose est : jusqu’à quand ? Car une fois la technologie installée, comment conserver ses traditions ancestrales ?

Nous suivons donc plusieurs missions de « soumission » où les différents guerriers de l’Empire se heurtent à des peuples qui posent problème : le premier n’a aucune hiérarchie et vit en harmonie avec sa terre sans notion de propriété. L’empire peut faire ce qu’il veut, personne ne l’arrêtera. Sauf que l’Empire a quand même besoin d’un ambassadeur et de créer des villes pour se justifier. La situation tourne à l’absurde : les guerriers sont prêts à massacrer tout le monde alors qu’en face le peuple leur dit « allez-y prenez les ressources que vous voulez, on s’en fiche ». Le problème n’est donc pas qu’une question de ressource mais bien de conquête, d’assimilation et de soumission.

Nous avons aussi des nouvelles qui se font écho ce qui les rend d’autant plus puissantes, en particulier Au-delà des murs (qui m’a fait penser à Shutter island… où est la vérité, où est l’illusion, la question reste entière jusqu’à la fin) et Bataille pour un Souvenir. Il y a de nombreux liens avec Port d’Âmes dont les prémisses du transfert qui est ici exploité d’une autre manière.

Il y a aussi un paradoxe entre la mission de Conservation des traditions des peuples soumis et l’étrange utilisation de la mémoire qui est faite par le peuple du Hiéral avec ses Guerriers-mémoires qui utilisent les souvenirs pour se battre. Cela a rendu la nouvelle Bataille pour un Souvenir extrêmement poignante à mes yeux.

Globalement, le lecteur n’est pas épargné par les horreurs de la guerre. On y rencontre des soldats aveuglés par les ordres et leur foi envers leur Empire  et sa toute puissance (coucou Méléanth Vascay !) mais heureusement aussi des dirigeants intelligents, réfléchis et expérimentés, à l’image de Stannir Korsova, héroïne de la Route de la Conquête. J’ai aimé suivre tous ces personnages différents qui connaissent des destins parfois tragiques. D’où mon ressenti de tristesse à cette lecture. On ne sait souvent pas grand-chose d’eux, on les croise pour quelques pages et pourtant ils vous marquent et vous vous y attachez.

Au travers de ses livres, Lionel Davoust nous dépeint plusieurs époques d’un même monde. Ici nous sommes à l’âge d’or de l’Empire, mais la dernière nouvelle du roman, Quelques grammes d’oubli sur la neige, nous prépare déjà au prochain âge, développé dans la nouvelle trilogie Les Dieux Sauvages. Port d’Âmes, lui, se situe bien plus tard. L’auteur tisse avec brio une toile entre ces époques radicalement différentes grâce à des liens qui vous donnent envie de savoir comment les choses ont pu se dérouler dans le passé ou alors comment justement elles vont évoluer dans le futur.

Encore une fois, je ne sais pas si ma chronique peut retranscrire la complexité et la richesse de l’univers développé par Lionel. N’ayez crainte, car cette complexité ne rime pas avec lourdeur et incompréhension. La plume est fluide, poétique et les pages défilent. Ces romans demandent juste une attention plus accrue et une volonté de s’ouvrir à la réflexion et la remise en question. Car la grande question qui ressort de ce roman, à mes yeux, est la suivante : l’Empire a-t-il raison ou tort de vouloir propager le progrès au monde entier pour le sauver, le protéger et l’aider à s’élever ?

Ma note:star::star::star::star::star:

Bilan du mois de Mai

3615 ma vie

Une fois n’est pas coutume, je prends le temps d’étaler un peu ma vie ici pour ce mois de mai 2017 riche en émotions et événements puisque l’Homme et moi avons enfin acheté notre première maison ^^ Nous avons dû nous éloigner de la côte (comment ça on avait pas 500 000€ de dispo ?) mais nous restons dans notre cher Pays Basque, à une trentaine de kilomètres dans les terres 🙂 Campagne, verdure, cigognes et barthes ponctuent désormais mon quotidien et je peux vous dire que c’est une belle bouffée d’oxygène. Je suis plus détendue quand je rentre chez moi et prête pour attaquer ma deuxième journée, à savoir celle d’auteure et de blogueuse (et de gameuse et de serivore… oups ça fait beaucoup). 

Bref, ce fut un début d’année trèèèès intense car acheter une maison avec un prêt c’est hyper stressant, surtout quand Monsieur est en déplacement professionnel et que la paperasse prend un mois de retard. Mais tout est bon et même si nous avons beaucoup de travail pour améliorer cette maison, c’est la nôtre, enfin *____*
Et sinon, cette année j’ai enfin pu me rendre aux Imaginales… oui oui deux semaines après avoir emménagé… le timing de merde. Mon organisme étant au bout du rouleau, je n’ai pas pu profiter autant que je l’aurais voulu. Accompagnée de ma co-rêveuse Elyra, j’ai pu revoir des auteurs que j’affectionne tout particulièrement, comme Cécile Duquenne, Lionel Davoust, Lise Syven, Agnès Marot, Vanessa du Frat et Christophe Nicolas. J’ai pu aussi prendre les suites de Gabriel Katz et Estelle Faye, ainsi que rencontrer Olivier Gay, Anthelme Hauchecorne et Vincent Tassy, tous adorables ! Les femmes ne sont pas en reste avec Bettina Nordet et Estelle Vagner, ainsi que le reste de l’équipe des Editions du Chat Noir
Au détour des allées j’ai aussi pu harponner les blogueuses Maureen, du Bazar de la Littérature, et Emmanuelle du blog les Lectures Enchantées d’Elyza
Bref, j’espère rempiler pour l’année prochaine en étant en meilleure condition physique !

Les Foulards Rouges en force avec Cécile Duquenne

Avec ma Co-rêveuse Elyra ^^

 

La vue depuis mon jardin… voilà voilà vous savez pourquoi j’ai choisi cette maison ^^

Bilan lecture de Mai 2017



Fantasy


Ma note : :star::star::star::star::star: 
Ma chronique
Résumé : 
Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet. Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.



Fantastique



Ma note : :star::star::star::star::star-half:


Résumé 
Anthelme croit en la magie des livres qu’il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s’offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d’arbres écarlates, qu’il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s’est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge.
Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l’invite dans son donjon pour lui conter l’ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?





Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:


Résumé 
John Gregory l’épouvanteur se sent vieillissant. Alors qu’il prépare son testament pour léguer à Thomas Ward ses deux principales maisons, une pensée l’obsède encore : détruire à tout jamais le Malin. Il découvre que, pour cela, son apprenti doit accomplir un rituel barbare lors de la prochaine fête d’Halloween. Ce dernier doit y sacrifier celle qu’il aime le plus, la jeune sorcière Alice… mais en est-il capable ? L’Épouvanteur et son apprenti décident de chercher une autre solution pour empêcher le Mal de triompher. Bientôt Alice disparaît, et de bien sombres évènements ne cessent de tourmenter Thomas Ward…



Autre



Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:


Résumé 
Une catastrophe peut en cacher une autre. Léa menait une vie normale entre les cours, les livres et ses amis, jusqu’au jour où des proches de son père meurent dans un accident de voiture. Leur fils de seize ans, Mike, devenu orphelin, emménage sous le même toit qu’elle. Difficile de devoir partager l’appartement familial (et sa salle de bains) avec un parfait inconnu. Si seulement c’était tout ! Mais Mike ne connaît pas les codes du lycée, se montre trop parfait pour être honnête et n’a pas peur des brutes que tout le monde fuit. Léa est bien décidée à découvrir quel secret cache son nouveau frère sous ses airs de superhéros.

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Chronique : La revanche de l’Epouvanteur

Joseph Delaney
Bayard
Jeunesse
14,90 €
349 pages
Voilà enfin la conclusion de cette saga coup de cœur que j’ai découverte en 2014. L’Homme et moi sommes tout de suite tombés sous son charme. Malheureusement pour moi, ce tome est une déception. Suis-je allée trop vite dans ma lecture ? Cette saga souffre-t-elle des magnifiques coups de cœur jeunesse que j’ai eus récemment ? Après comparaison avec l’avis de mon compagnon lui aussi trouve que la fin est bâclée (même s’il est moins sévère que moi). 

Ce treizième tome est un peu une redite. Tom, l’Epouvanteur, Grimalkin et Alice doivent garder la tête du Malin et empêcher que les forces du mal ne réveillent leur Maître. Ce schéma est déjà exploité depuis le Tome 8. En gros, dans les 2/3 du livre il ne se passe pas grand-chose, c’est un peu un résumé des tomes précédents et on prépare la grande bataille. Il y a par contre un lien intéressant avec le Tome 11, le Pacte de Sliter et la race des Kobalos. 

La bataille finale est trop rapide, c’est bâclé, la disparition d’un personnage important est traitée de manière trop rapide et superflue. De plus, il y a beaucoup trop de mystères autour d’une décision d’Alice. Je pressens ce que l’auteur veut faire mais c’est trop flou, en tant que lectrice je me suis sentie prise pour une idiote. On nous laisse avec Tom complètement dans l’ombre. On voit parfaitement les énormes ficelles de l’auteur qui se laisse une grosse porte de sortie pour embrayer sur une autre saga ou bien exploiter au max avec d’autres tomes annexes. Sauf que non, l’Epouvanteur c’est 13 tomes, le lecteur mérite une fin travaillée, à la hauteur de la saga. Là j’ai juste eu l’impression qu’on allait avoir un quatorzième après. Et en effet, l’auteur a une autre saga qui poursuit le combat de Tom contre l’Obscur mais franchement il aurait pu terminer mieux que ça. Je suis très déçue. Même la fameuse Pierre des Ward, dont on nous rabâche l’importance depuis le premier tome est sous-exploitée.

Il y a quand même du positif, avec notamment une ambiance très nostalgique car Tom arrive à la fin de son apprentissage et on constate que l’Epouvanteur est vieillissant. On aimerait nous aussi revenir en arrière et regoûter aux plaisirs simples des premiers mois d’apprentissage de Tom. 

Malgré tout, c’est une saga que je conseille à tous, c’est de la littérature jeunesse mais avec une ambiance sombre que j’affectionne tout particulièrement et des personnages attachants, charismatiques avec qui on plonge sans hésiter dans l’action.  
 

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