NaNoWriMo 2017 : présentation du projet

Bonjour à tous,

J’écris cet article in extremis avant le début du NaNoWriMo afin de vous présenter mon projet. Pour ceux qui ne connaissement pas, le National NovelWriting Month est un défi fou qui consiste à écrire un roman (ou autre, genre votre thèse) de 50 000 mots durant le mois de novembre. L’idéal étant de se tenir au planning journalier de 1 667 mots. C’est un challenge que je relève depuis 6 ans et que j’ai gagné en gros une année sur deux. L’an dernier je n’ai pas participé car l’urgence était de corriger un roman mais cette année je suis prête à rempiler.

Je compte faire des bilans hebdomadaires ici mais pour suivre mon évolution quotidienne ce sera sur mon profil ici



Et sinon, sur quel projet je me lance cette année ? Je reviens à la science-fiction avec un projet de space-opera qui mêle voyages galactiques, robots, combats, asservissement, exploration et espionnage. Nom de code : Résilience. 
Au niveau de mon inspiration, je puise chez le maître Asimov, la Cité des Robots (mon premier amour en SF), I Robot, Blade Runner (le roman et le 1er film), Dune, Rogue One, Farscape, Stargate, Oblivion, Deus Ex… mes sources sont multiples !
Pour en savoir davantage je vous livre le synopsis provisoire :
Deux mille ans après l’expansion galactique, les êtres humains ont colonisé un nouveau système dans la galaxie d’Andromède. Ils s’y terrent, humiliés et dépossédés de leurs racines terriennes après avoir perdu face aux machines. La Voie Lactée est aux mains des Sapien-S, des robots androïdes intelligents et autonomes quasiment indissociables des êtres humains qui se sont affranchis voilà des siècles. Une terrible guerre déchire les deux clans depuis près de mille ans. La co-existence n’est plus une option.
Animés par un but commun, Derek un soldat des forces spéciales de l’armée de l’Union Galactique, Sienna, une criminelle condamnée à servir d’espionne et I.A.N. un chercheur Sapien-S, fasciné par les mystères de la création vont devoir collaborer et s’affranchir de leurs différends.
Quelques illustrations pour vous donner une idée :

Screenshot du film Les Gardiens de la Galaxie

Illustration de Justin Coro Kaufman

Illustration de Josef Bartoň

Chronique : Après la nuit

Chevy Stevens
Traduction : Sebastian Danchin
France Loisir 
Thriller
492 pages
J’avais bien aimé le premier roman de cette auteure, Séquestrée, que j’ai lu avant de tenir ce blog. J’ai donc profité de mon achat trimestriel chez France Loisir pour me procurer son dernier en date. Je trouve que les thrillers et le fantastique s’accordent parfaitement à l’automne !
J’ai davantage l’habitude des thrillers policiers de Jussi Adler Olsen et Camilla Läckberg ces dernières années, donc je m’étais habituée à une plume un peu plus élaborée que celle-ci. Nous suivons Tonie qui a été accusée à tort du meurtre de sa petite sœur Nicole, avec son copain Ryan. Incarcérée pendant des années, elle est enfin libérée et va plus ou moins chercher à découvrir la vérité.
Le récit oscille entre la période avant le meurtre de Nicole, la prison et le présent. Ainsi, l’auteure nous brosse le tableau complet en ménageant le suspense car il faudra attendre les trois quarts du roman pour savoir comment Nicole est morte et comment Tonie en est arrivée à porter le chapeau. Je comprends la technique de l’auteure, d’autant que c’est une bonne façon de créer de l’empathie avec l’héroïne et de comprendre ses actes. Sauf que de l’empathie, je n’en ai pas ressentie. Je ne me suis pas attachée à Tonie, je suis presque restée extérieure au récit. C’est une adolescente de 18 ans au moment du drame, mais elle est très irresponsable, elle cumule les erreurs sans jamais se remettre en question et est très entêtée. D’un côté on nous la présente comme une dure à cuire et, de l’autre, elle se laisse intimider par des greluches. Ce n’est pas toujours très logique, e seul objectif de Tonie est de passer du temps avec Ryan. Ce n’est guère palpitant. En plus, j’ai senti un forçage de la part de l’auteure pour que vraiment Tonie n’est aucune chance de paraître innocente.

Je comprends bien la stratégie de l’auteure seulement à force de nous montrer une succession de passages où Tonie accumule les erreurs et les injustices afin de nous montrer pourquoi les flics et le public n’a pas voulu chercher un autre coupable potentiel, on en vient à survoler des passages qui auraient mérité davantage de profondeur. A commencer par la nuit du meurtre de Nicole. Il y a des passages aussi très faciles. Tonie ne s’intéresse pas du tout à sa sœur et est aveugle à ses problèmes. Si au moins j’avais senti une évolution dans le personnage, mais même pas. Son passage en prison est assez abstrait, comme si au final ce n’était pas si terrible.
Le dénouement et les explications sont balayés. Même si on se doutait de l’identité du coupable (l’auteure n’a pas vraiment creusé pour nous mettre sur de fausses pistes), les motivations arrivent comme un cheveu sur la soupe. Les indices distillés au fil du roman ont été inutiles puisque Tonie n’en avait rien à carrer de sa sœur. Le lecteur n’avait que des suppositions très floues.
Pour autant, j’ai été tendue tout au long de ma lecture. Il y a tant d’injustice et de colère dans ce roman, que ça m’a mise sur les nerfs : l’acharnement de Shauna la peste, l’aveuglement de la mère de Tonie, la police incompétente, l’entêtement de Tonie, le regard de la société sur des libérés de prison, les délations, la guerre entre détenus etc. Le seul aspect vraiment traité avec justesse concerne la liberté conditionnelle, une période que je n’imaginais pas si stricte. En effet, même si Tonie n’y est pour rien et possède un alibi pour un délit quelconque, le simple fait d’être interrogée au commissariat fait sauter sa conditionnelle. C’est hyper rude, d’autant qu’évidemment au moindre pépin (un vol en l’occurrence) on se tourne direct vers la meurtrière.
En conclusion, je suis mitigée. Le roman est original, puisqu’une héroïne qui se tape plus de 10 ans de prison ce n’est pas courant. Néanmoins il possède des faiblesses et des facilités qui m’ont donné un goût d’inachevé. J’attendais plus mais j’ai été captivée par l’histoire et je voulais absolument connaître le fin mot de l’histoire. Si je n’ai pas ressentie d’empathie pour l’héroïne, j’ai vécu son injustice.
Ma note:star::star::star::star-empty::star-empty:

Chronique : Quelques pas de plus

Agnès Marot
Auteure francophone, voir le site
Scrinéo
Fantastique, young adult
16,90 €
343 pages
Agnès Marot fait partie de ces auteures francophones que j’aime rencontrer dans les (trop rares) salons littéraires auxquels je me rends. Elle est adorable, toujours très enjouée et j’apprécie ses romans du cycle Au-delà du mur (voir ma chronique du préquel ici) résolument optimistes, empreints de grâce et de justesse. 

J’ai acheté Quelques pas de plus  aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une jolie et gentille dédicace. J’aime beaucoup la couverture d’ailleurs ! Je connaissais la thématique du roman, un road trip aux USA durant lequel Sora essaye de sauver sa sœur en puisant dans leurs origines amérindiennes. Je savais également que Sora était atteinte d’une blessure à la cheville qui l’oblige à se déplacer en béquille, ce qui était réellement arrivé à l’auteure. Je m’attendais donc à ressentir une touche d’authenticité dans les descriptions de la douleur, du handicap et même des paysages américains où l’auteure s’était rendue. 

Je n’ai pas du tout été déçue sur cet aspect authenticité. Dès les premières pages, le récit est poignant, touchant et criant de vérité, que ce soit pour cette douleur, insidieuse et continue, que dans les réactions des gens face à une personne handicapée. Des réactions, positives sous forme d’entraide, comme négatives car Sora n’est pas à 100% handicapée et dans l’esprit étroit et cloisonné des gens, elle « triche ». Manquerait plus qu’elle ait un macaron pour se garer sur les places handicapés alors qu’elle n’a que des béquilles, dites donc !

Bref, du point de vue de l’émotion, j’ai été servie. Je ne me suis jamais apitoyée sur Sora, qui est un personnage très courageux même si elle ne s’en rend pas forcément compte. Je n’ai pas adhéré à toutes ses actions néanmoins, car elle commet des erreurs, elle ment et vole, quand bien même ses motivations à la base sont louables. Kay, sa grande sœur, force également le respect. Les deux sœurs sont unies par un amour inconditionnel et un passé auquel je ne m’attendais pas et qui vient renforcer l’émotion autour de cette histoire. 

L’intrigue était plus intense et immersive que je ne l’imaginais. J’ai partagé beaucoup de choses avec Kay et Sora, j’ai eu énormément d’empathie pour toutes les deux. Cela me rendait presque jalouse de voir un tel lien fusionnel, un tel sens du sacrifice pour un membre de sa famille. Enfin, l’ensemble de ces sentiments est livré avec une incroyable justesse, comme l’auteure a l’habitude de le faire.

En ce qui concerne le récit en lui-même, le rythme est très bien géré car nous avons à la fois le road trip aux USA mais aussi des flash back pour nous expliquer pourquoi et comment Kay et Sora se sont retrouvés ici. J’ai trouvé que cela rendait le récit en entier plus palpitant, plus entraînant et cela oblige aussi le lecteur à mieux comprendre les décisions de Kay et Sora et, d’en quelque sorte, cautionner la démarche des deux sœurs. 

Quelques personnages gravitent autour d’elles, dont Marc qui, à mon sens, aurait mérité un chouia plus d’approfondissement et un chouia moins de haine, malgré son état. En revanche j’ai adoré Ahiga, c’est un personnage droit et intéressant que l’on a envie de mieux connaître. 

Il reste une question en suspens sur les origines amérindiennes de Kay et Sora car nous n’en savons pas plus sur leur mère alors que c’était l’un des buts du voyage, du moins pour Sora. Il y a aussi une touche de fantastique au travers de la culture amérindienne qui était très intéressante à suivre.

Au final, c’est un roman intense, plus adulte que je ne l’imaginais à cause des thèmes graves qui sont traités et de la douleur omniprésente. C’est une belle leçon de vie, de courage, d’acceptation et d’amour sororal. Cela fait partie des romans qui, au-delà de l’aspect dépaysant et divertissant, apportent une vraie réflexion sur soi. La preuve, je me suis moi-même demandée quelle était mon attitude, mon regard envers les handicapés (complets ou non). 

Cette histoire est un témoignage, une ode à l’espoir et au courage qui force l’admiration et qui apporte une grande richesse émotionnelle.

Le petit bonus : les références de l’auteure, dont Supernatural 😉 

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Une flamme dans la nuit

Sabaa Tahir
Traduction :Hélène Zylbrait
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
541 pages
Après avoir eu un coup de cœur pour le premier tome lu en avril, j’avais hâte de me plonger dans la suite. Nous retrouvons Elias et Laia là où nous les avions laissés, c’est-à-dire dans le pétrin ! À l’image du premier tome, l’action s’enchaîne et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. La voix d’Hélène, meilleure amie d’Elias, est désormais incluse dans la narration, ce qui nous donne un point de vue de l’Empire. Le personnage d’Hélène est à l’image de tout le roman : loin des clichés. Car si au départ je pensais que cette jeune femme n’était là que pour l’éternel triangle amoureux, j’ai dû revoir mon jugement. L’auteure nous livre ici une histoire bien plus complexe et intéressante que prévu. Elle ne cesse de me surprendre de manière positive. 

J’ai légèrement moins aimé ce tome. Il faut dire que le premier avait frappé fort, la surprise est passée malgré les nombreux rebondissements. Même si ce tome nous offre son lot de souffrance, de morts et de sang, j’ai moins ressentie l’ambiance tendue et glauque du premier livre. Des choix irrémédiables sont faits, la loyauté des héros est mise à rude épreuve face aux trahisons. Amour, amitié et courage sont au rendez-vous… et toujours avec une originalité étonnante et un univers riche. 

De nouveaux personnages se greffent aux héros, d’origine ou de nature inattendue. J’ai été bluffée par certaines révélations ! Parmi les nouveaux, justement, j’ai énormément aimé Harper. Chez nos héros, Hélène prend de l’ampleur et je l’ai beaucoup apprécié ici. Son cœur balance entre Elias, désormais un traître aux yeux des Martiaux, et l’Empire. Son dilemme est bien traité, le lecteur partage ses doutes. 

Laia s’améliore mais à mes yeux elle n’arrive pas à la cheville d’Elias qui est un héros absolument génial. Il est courageux, loyal, intelligent, très juste et attachant. Il n’est pas exempt de défauts comme tout un chacun mais ça ne le rend que plus humain. 

En bref, c’est une suite attrayante, ponctuée de révélations surprenantes. Il s’agit plus d’une course contre la montre là où le premier tome se déroulait davantage en huit clos. Les personnages se développent, l’histoire avance, les rebondissements cassent les ficelles habituelles du genre et je meurs d’envie de connaître le fin mot de l’intrigue.

 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Bilan du mois de Septembre

3615 ma vie & écriture
Après un mois d’août assez pauvre en lectures, j’ai eu tout le loisir de me rattraper en septembre. J’ai été arrêtée 3 semaines suite à une opération donc cela a été propice pour un rattrapage de lecture en bonne et due forme. 

Question écriture j’ai aussi pu terminer mon projet spécial. J’ai eu une nouvelle réponse négative pour mon roman de SF « Le Silence du Crépuscule » mais ce fut un retour long et détaillé qui va m’être très utile. Je vais mettre ce roman, qui aurait dû être publié à feu les Editions Asgard en 2014, en pause le temps de m’occuper des autres et je verrai plus tard si j’ai le temps et la motivation de le reprendre.

J’ai aussi continué les corrections de mon roman post-apo/survival « Les Charognards » grâce au retour de ma 2ème bêta-lectrice.


Bilan lecture de septembre 2017


Fantasy
Ma note : :star::star::star::star::star:
Résumé : Au bord de l’implosion, le royaume du Demi-Loup oscille dangereusement entre l’épidémie foudroyante qui le ravage, la Preste Mort, les prémisses d’une guerre civile, et l’apparente indifférence de son roi. Les princesses Malvane et Calvina, insouciantes des menaces qui pèsent sur le monde qui les entoure, grandissent dans la plus complète indolence auprès de leurs Suivantes. Nées un jour plus tard que les futures souveraines auxquelles une règle stricte les attache pour leur existence entière, les Suivantes auraient dû être deux. Elles sont trois. Et que songer de la réapparition inopinée du prince héritier, Aldemor, qu’une guerre lointaine avait emporté bien des années auparavant ? Avec lui, une effroyable réalité rattrape le château de Véridienne, et le temps arrive, pour les Suivantes et leurs princesses, d’apprendre quels devoirs sont les leurs.

 Ma note : :star::star::star-half:

Résumé : C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entredéchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. Mais quelques heures à peine avant le coup de gong, le culte du Prophète a perdu son champion. Qui affrontera le Corbeau, redoutable gladiateur du Temple ?
 

Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile. Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence. Entre complots, combats et trahisons, chacun lutte pour sauver sa place et parfois sa vie…


Young Adult

Ma note : :star::star::star::star::star-half:
Ma chronique

Résumé : Sera, onze ans, a vécu toute son enfance dans un orphelinat. Mais sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’elle découvre que sa mère biologique est bel et bien en vie et à sa recherche. Conduite à Lake Ephemeral, un domaine résidentiel isolé, pour l’y rencontrer, la jeune ado découvre une communauté en marge du monde. Là, les enfants sont libres de vivre pleinement jeux et aventures au quotidien dans ce paradis naturel.

Mais bien vite, d’étranges détails troublent Sera : on lui refuse toute entrevue avec sa mère malade, les cinq autres jeunes qui cohabitent avec elle ne connaissent rien du monde ni de leurs premières années. Et si l’imposante clôture électrique qui délimite le domaine est bien installée pour les protéger de l’extérieur, pourquoi le terrain est-il infesté de plantes carnivores mortelles ?


Dans les profondeurs du Lac Éphémère, Sera parviendra-t-elle à percer les secrets des sept manoirs ? Parviendra-t-elle à s’échapper ?

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty: 
Résumé : Je suis morte. Cela ne fait rien, j’y étais prête depuis longtemps. J’ignore ce qu’il s’est passé exactement. Sans doute mon coeur s’est-il arrêté. Je n’ai pas envie d’y réfléchir maintenant. Simplement, j’aimerais profiter de ce moment de quiétude. Après seize années passées dans l’attente, je peux enfin me détendre, me reposer. Mes sens sont éteints. Je n’entends plus rien, je ne vois plus rien, les parfums sont loin et mon corps a cessé d’exister. Je profite du silence. Suis-je triste ? Un peu tout de même. On a beau s’y préparer, la mort intervient toujours trop tôt. Il m’aurait fallu un moment de plus, un sursis, pour faire l’expérience de ce qui me manque encore.
J’avais toujours peur que mon cœur s’emballe et s’arrête définitivement. L’amour aurait pu me tuer…
Policier/Thriller
 Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:
Ma chronique

Résumé : Elles touchent les aides sociales et ne rêvent que d’une chose : devenir des stars de reality-show. Sans imaginer un instant qu’elles sont la cible d’une personne gravement déséquilibrée dont le but est de les éliminer une par une. L’inimitable trio formé par le cynique inspecteur Carl Mørck et ses fidèles assistants Assad et Rose doit réagir vite s’il ne veut pas voir le Département V, accusé de ne pas être assez rentable, mettre la clé sous la porte. Mais Rose, plus que jamais indispensable, sombre dans la folie, assaillie par les fantômes de son passé…

Mes achats ou réceptions du mois


Chronique : Selfies

Jussi Adler Olsen
Traduction : Caroline Berg
Albin Michel
Policier
22,90 €
619 pages
Comme d’habitude, j’ai emprunté ce roman à mes parents qui m’ont confirmé que c’était un bon opus. Je trouve, moi, que le précédent était bien meilleur. A force de devoir sortir un roman chaque année (car je ne doute pas de la pression que l’auteur subit à présent), des failles apparaissent dans le fond comme dans la forme (fautes, répétitions, erreur de date).

Cela m’a tout de même fait plaisir de retrouver Carl, Assad, Rose et Gordon. Ici, nous restons concentrés sur Rose et ses problèmes personnels. L’auteur n’y est pas allé de main morte et si nous avions déjà quelques doutes sur la santé mentale de Rose au fil des tomes précédent, je trouve que là l’auteur va très loin. Trop ? On le saura dans les prochains tomes. 

Je reste moyennent convaincue, tout d’abord du manque d’implication du reste de l’équipe dans la vie de chacun des coéquipiers. Certes, Carl n’est pas l’empathique de l’année mais il reste assez difficile à croire qu’ils ne tissent pas tous davantage de liens depuis toutes ces années à travailler sur des affaires aussi compliquées et chronophages. D’autant que leur équipe est très réduite. C’est valable aussi pour Assad dont on ne sait toujours rien alors que l’auteur ne cesse de nous faire miroiter avec un ou deux détails par tome. 

Ensuite, je trouve que l’auteur va très loin dans la descente aux Enfers de Rose et surtout que ça arrive comme un cheveu sur la soupe. C’était certes annoncé dans le tome précédent mais j’ai quand même trouvé cela un peu gros et exagéré. Personne dans l’équipe n’a rien vu venir, hormis les fois où Rose s’était déguisée en ses sœurs. Ce qui me ramène au point précédent sur le manque de liens entre les protagonistes.

Du coup, tant d’années plus tard, l’équipe se soude enfin autour d’une problématique commune qui les touche personnellement. Il leur en aura fallu du temps !

En ce qui concerne l’enquête policière. Elle est plutôt sympathique même si à la lecture du 4ème de couverture j’étais partie sur tout autre chose. J’ai néanmoins constaté qu’elle avait moins d’impact que d’autres histoires, sans doute à cause du trop grand nombre de personnage impliqués, auxquels il faut rajouter l’intrigue de Rose. Si l’idée de base était intéressante, et le portrait d’une certaine partie de la population qui bénéficie des aides sociales plutôt bien croqué, le tueur m’a laissé de marbre. Celui-ci est à l’image du roman entier : assez plat.

Je suis restée assez extérieure au récit, Jussi Adler Olsen nous a habitué à mieux, à des enquêtes plus intenses, des passés plus fouillés, du suspens haletant. Je n’ai rien retrouvé de tout cela ici malheureusement. La fin est à mon sens bâclée. Bref, ce roman est plutôt une déception compte tenu des excellents romans que l’auteur a déjà écrit.

*Cette lecture fait partie de mon mini-challenge du mois de septembre* 

 

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Lake Ephemeral

Anya Allyn
Traduction : Vincent Tassy
Editions du Chat Noir
Young adult
19,90 €
441 pages
Ce roman, je l’avais repéré à sa sublime couverture mais je n’avais pas craqué tout de suite, me demandant si c’était vraiment mon genre, me méfiant d’un aspect un peu trop jeunesse puisque l’héroïne a onze ans. Puis, j’ai fait confiance à la maison d’édition chez qui je n’ai jamais été déçue. Je me suis donc procurée l’ouvrage aux Imaginales 2017 et j’ai eu droit à une dédicace du traducteur, Vincent Tassy, qui est aussi auteur (je lisais justement au même moment son propre roman Apostasie qui fut une magnifique découverte !)

Alors, ai-je eu raison de leur faire confiance ? Oui, mille fois oui car ce livre n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Il est bien plus riche, fouillé et construit que prévu. J’ai été emportée à Ephemeral Lake et bluffée par les rebondissements ainsi que par les tenants et aboutissants de l’intrigue. 

La plume déjà est très jolie, l’alliance de l’auteure et du traducteur donne un texte très beau, riche en vocabulaire et très immersif. La mise en page est également très belle, ce qui donne à l’objet livre un cachet indéniable.

Nous suivons donc Sera, onze ans, qui se croyait orpheline et apprend qu’au final sa mère est en vie et veut qu’elle revienne vivre à Ephemeral Lake. J’ai échafaudé pas mal d’hypothèses au fil du récit mais aucune n’était la bonne. L’auteure a su me surprendre et a apporté toutes les explications à chaque interrogation. Le récit est vraiment mené de manière intelligente et construit parfaitement tout au long des sept parties qui découpent le roman. 

L’histoire est prenante, passionnante et hormis quelques passages un poil rapides et faciles dans la recherche de vérité de Sera, tout était bien dosé. L’héroïne est assez étrange mais elle reste attachante et déterminée. On partage ses émotions aisément et on veut connaître la vérité à tout prix. Elle n’est pas exempte de défaut, ni aucun des autres enfants. Ma seule déception concerne justement les autres enfants dont j’aurais aimé en apprendre davantage et les voir plus impliqués dans le récit. 

Il y a donc de nombreux rebondissements bien exploités et surtout totalement inattendus. L’auteure mélange les genres avec une grande facilité : young adult, un peu de romance, du fantastique, de la SF, des scènes d’horreur… Rien n’est déplacé ou mal exploité à mon sens, tout se tient et est encore une fois parfaitement maîtrisé. On sent bien que ce n’est pas des ajouts successifs mais bien une profonde réflexion en amont.

La fin est surprenante, elle repose sur un aspect de l’intrigue que j’avais totalement oublié. Je ne voyais vraiment pas comment nos héros allaient s’en sortir mais c’est une bonne fin, haletante et qui nous apporte à la fois espoir et crainte. 

Ce roman rassemble beaucoup de qualités. On y trouve du mystère, de l’action, une jeunesse insouciante, une héroïne qui gagne en maturité, des drames familiaux, des expériences interdites, des sentiments. J’ai également trouvé d’excellentes idées, comme cette exploitation des lacs éphémères, les fleurs-cercueils et toute la partie SF qui doit rester secrète pour ne pas vous spoiler…

Au milieu de toute l’horrible vérité qui se cache sous Ephemeral Lake, j’y ai tout de même ressenti une grande bienveillance, un amour inconditionnel mais maudit de parents envers leurs enfants. Ces sentiments apportent une grande force au récit.

En conclusion j’ai passé un excellent moment. J’ai précommandé le prochain roman de l’auteure et j’ai hâte de m’y plonger ^^ Je vous conseille vivement ce roman !
 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique Aeternia 2 : L’envers du monde

Gabriel Katz
Auteur français, voir la page Facebook
Scrinéo
Fantasy
20 €
390 pages
Ma première constatation lorsque j’ai ouvert ce second tome d’Aeternia a été que j’ai commis une grave erreur en laissant passer autant de temps entre ma lecture des deux tomes. En effet, j’ai lu le premier tome en juin 2016 et comme je l’avais prêté, je n’ai pas pu relire les dernières pages. L’Envers du Monde n’offre pas de résumé du premier tome et sa 4ème de couverture est très floue. Du coup, j’ai mis du temps avant de me replonger dans l’histoire et je ne savais plus qui était le ou les traîtres.

Alors oui, c’est un Page turner comme on dit. C’est haletant, c’est bourré de bonnes idées, le héros de ce tome-ci, Desmeon est attachant, l’univers est vraiment intéressant et encore une fois l’auteur aime nous surprendre et mettre à mal les codes du genre. On enchaîne l’action, les trahisons, les injustices, des scènes difficiles à supporter, quelques accalmies, des manipulations etc. Malheureusement, je n’ai pas été conquise contrairement au premier tome.

La faute a un rythme qui ne m’a pas convaincu, où des scènes importantes concernant la psychologie des personnages et les liens qui se créent ou se dissolvent sont traitées trop rapidement alors que des scènes de bataille dans la ville se multiplient par exemple. L’aspect temporel était aussi bizarrement abordé puisque nous avons de l’action à foison en quelques heures puis de gros creux de plusieurs semaines pendant lesquelles l’histoire n’avance pas alors qu’une révolte ravage la ville. On a des révélations tout au long du récit, comme par exemple la nature du prophète… mais cette information n’est pas exploitée.

J’ai donc retrouvé ici les défauts que j’avais soulignés dans le dernier tome du Puits des Mémoires. L’auteur nous fait des révélations fracassantes puis hop elles sont balayées. Un personnage important meurt en fin du premier tome, c’est un tsunami… et c’est à peine évoqué dans le début du second qui prend pourtant place tout de suite après. On préfère s’attarder sur les frasques d’un autre personnage plutôt que sur les émotions. Cela m’a déçue, tout le monde s’en contrefiche.

Les personnages sont intéressants et ont du potentiel, même si Desmeon ressemble un peu trop à Olen du Puits des Mémoires, Synden est très prometteuse, Ismaen le grand prêtre aussi, ainsi que Varian, le chroniqueur. Le bât blesse au niveau des relations où tout est trop rapide, trop superficiel pour que l’on puisse réellement y croire. La révélation finale sur Desmeon manque de base tout au long du récit, ça arrive comme un cheveu sur la soupe, cela aurait mérité davantage de préparation.

En bref, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais encore une fois l’auteur place la barre très haut dans le premier tome et ne nous offre pas de suite à la hauteur malheureusement. C’est donc une déception car je m’attendais à mieux avec de telles idées ! C’est d’autant plus frustrant que l’auteur est très sympathique et que son univers me plaît !

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Récits du Demi-Loup T1 Véridienne

Chloé Chevalier
Auteure française, voir la page facebook
Les moutons électriques
Fantasy
19,90 €
376 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en septembre à Chloé Chevalier, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur leur blog 🙂 

J’ai vu passer de nombreuses critiques élogieuses sur les trois tomes déjà publiés de cette série de fantasy j’étais donc ravie de pouvoir participer à ce « mois de » afin de découvrir à mon tour cette auteure. 

Que vous dire si ce n’est que j’ai dévoré ce livre (bon je suis en arrêt de travail, ça aide !). J’ai été littéralement happée et passionnée par ce premier tome. Pourtant, il n’y a guère d’action, il s’agit, comme son nom l’indique, de récits sur le royaume du Demi-Loup. La plume extraordinaire de l’auteure et son don pour conter les différentes histoires a rendu ma lecture immersive et très intéressante.  

Nous suivons ainsi l’adolescence de 2 princesses, Malvane et Calvina, leurs Suivantes, Cathelle, Nersès et Lufthilde, ainsi que le point de vue du prince héritier Aldemor. Nous les accompagnons sur plusieurs années avec en parallèle les déboires politiques du royaume. Chose surprenante : aucun de ces six personnages ne sort du lot. Je veux dire qu’ils sont tous traités sur un plan d’égalité dans le récit. Ils ont tous des qualités et des défauts et ils commettent bien des erreurs. Du coup, dès que l’un ou l’autre des personnages m’apparaissait comme celui ou celle avec qui je pourrais le mieux m’identifier, paf il/elle faisait une bourde ou révélait son égoïsme, son côté le plus puéril, etc. Au final, je me suis attachée à tous sous forme d’un groupe. Peut-être ce point de vue changera-t-il puisque le groupe finit par se dissoudre, ainsi va la vie. Je dirais que le fait de ne pouvoir s’identifier à un seul personnage est original (peut-être fait exprès de la part de l’auteure) mais cela m’a aussi un peu manqué.

Le récit est très original et très subtil. Nous avons des périodes d’insouciances et de potins ou mesquineries purement féminines et d’autres où le lecteur est plongé dans une affreuse guerre. Encore une fois, on est loin de la fantasy guerrière ou bourré d’action néanmoins cela reste fascinant. On ne s’ennuie pas une seconde, les descriptions ne sont pas trop lourdes, le phrasé n’est pas ni trop moderne ni exagérément médiéval. Tout sonne extrêmement juste.

De manière très curieuse, je me suis rendue compte à la fin de ma lecture que ce roman avait une atmosphère plutôt démoralisante au final. Les six jeunes gens cumulent les erreurs, mettent du temps à grandir et à vouloir prendre leurs resposanbilités, le roi Aldemar est passif, sa femme, agonisante, le royaume se meurt. Bref, c’était assez morose et je me demande où est passé le bonheur ? J’espère qu’il sera au bout de la série (ou même avant, dès le tome 2 ça ferait pas de mal aux persos d’être heureux !). 

En tout cas je vais me procurer la suite, soyez-en certains ! C’est une magnifique découverte, le récit est très riche, il est prenant, passionnant et d’une rare originalité. Je rejoins donc mes consœurs blogueuses : c’est une vraie réussite. Je remercie Dup, Phooka et les éditions des Moutons électriques pour m’avoir permis de découvrir cette pépite.
 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : Asynchrone

Fabien Clavel
Auteur français, voir le blog
Lynks
Science Fiction, jeunesse
14,90 €
239 pages
Après mon pavé de SF du mois d’août, j’ai voulu enchainer avec une lecture courte et rapide, d’où mon choix pour ce petit roman sorti récemment aux nouvelles éditions Lynks. L’auteur est une valeur sûre pour moi, de plus je suis le travail de l’artiste Mélanie Delon qui a réalisé la couverture depuis de nombreuses années et ses pièces sont toujours un régal pour les yeux.

Le rythme est très rapide, ce qui est courant en littérature jeunesse et est toujours un peu déroutant pour moi. Néanmoins l’auteur sait de quoi il parle et il n’abuse pas des phrases choc et courtes très à la mode en ce moment. Il y a suffisamment de descriptions et d’introspection dans ce roman qui amène le lecteur à une certaine réflexion, en particulier pour comprendre comment fonctionnent les sauts dans le temps et pouvoir ensuite emboîter les pièces du puzzle temporel.

Quelques points m’ont chiffonnée suffisamment pour que je vous en parle, donc je commence par eux pour terminer sur le positif. J’ai eu du mal avec Chora au départ. Notre héroïne vient de perdre ses parents dans une explosion assez étrange. Ses réactions au début m’ont dérangée, surtout vis-à-vis de Théo, le beau gendarme de 20 ans (elle en a 16), qu’elle tutoie très vite alors que c’est la première fois qu’elle le voit et qu’il est un représentant de l’ordre et non son petit voisin.  Elle est orpheline depuis un jour et songe déjà à flirter… Son comportement général est assez difficile à cerner. D’un autre côté, c’est une adolescente qui se sait en sursis : son cœur peut lâcher à tout moment. Cela fait relativiser, elle n’a pas de temps à perdre.

Théo est présenté de manière grossière. J’entends, qu’un panneau clignotant au-dessus de sa tête annonçant « je suis le flirt de l’héroïne dans cette histoire » aurait été tout aussi subtil. Les autres adultes sont un peu stéréotypés à mon sens : la cheffe de la sécurité « méchante » qui surgit toujours au bon moment juste pour mettre la pression et le savant fou physicien (qui veut envoyer des déchets radioactifs dans le passé pour réduire la pollution de la terre… il lui manque des notions d’écologie à ce brave monsieur). Bref, le départ aurait mérité qu’on s’y attarde un peu plus.

Heureusement, ces défauts sont ensuite gommés au fil de l’histoire. Le lien entre Théo et Chora se développe et trouve tout son sens avec les sauts dans le temps. Les deux jeunes gens sont très touchants et leur évolution respective est très appréciée. Ils murissent chacun au contact de l’autre et toutes les questions trouvent leur explication. Je les ai beaucoup aimés une fois les premières maladresses passées, surtout Théo qui s’avère bien plus profond que les premières pages ne le laissaient entendre.

La vision de l’auteur sur le voyage dans le temps est originale, attrayante et passionnante. C’était une très bonne surprise à ce niveau-là où j’ai pu donner libre cours à mon imagination pour essayer de deviner la solution. Tout du long du roman j’étais aux côtés de Chora pour essayer d’en apprendre davantage sur ce phénomène et si ça avait un lien avec sa pathologie cardiaque (ma seule déception, on ne s’en sert que pour accentuer l’urgence).

Le roman est prenant et rempli d’une émotion à laquelle je ne m’attendais pas. Le plus de cette histoire concernait tous les passages dans le passé où l’on découvre des éléments sur plusieurs des personnages. J’ai été touchée et le tout était très bien mené.

Donc au final, malgré un début un peu mitigé, la suite m’a bien plu et j’ai passé un agréable moment.

Ma note : :star::star::star::star-empty::star-empty: