Chronique : Martyrs T1

Olivier Peru
Auteur francophone, voir le site
J’ai Lu
Fantasy
9,90
766 pages

Olivier Peru est un auteur dont j’entends beaucoup parler mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. C’est donc avec ce premier tome de Martyrs que je le découvre et, ma foi, je suis très contente de cette rencontre 🙂 Le roman avait beau être une belle brique de plus de 700 pages, je l’ai lu rapidement (14 jours). 

Déjà, il faut préciser que l’auteur est un vrai conteur. Ce n’est pas pour rien qu’il œuvre aussi bien dans les romans, les BD, les jeux vidéos et autres. Sa plume est fluide, belle et envoûtante. Ses descriptions sont précises sans être lourdes et son univers, bien que très riche, a été un régal à découvrir. Le roman était passionnant et il m’a tout de suite transportée dans ses contrées.

La véritable force de ce roman réside dans ses personnages. Nous suivons plusieurs points de vue, principalement ceux d’Irmine et Helbrand les tueurs Arserkers, celui de Kassis, jeune héritière prisonnière de sa cage dorée, celui de Cavall, l‘homme de l’Ouest qui veut renverser la royauté et enfin celui du roi. Dans quelques chapitres nous sommes envoyés dans les pensées de personnages secondaires pour appronfondir certains passages. 

J’ai adoré les deux frères. Si différents l’un de l’autre que mon cœur ne cessait de balancer entre les deux ! Quel duo charismatique ! A l’image de tous les personnages du roman, leur psychologie, leur passé et leurs desseins sont très soignés. Si Helbrand reste égal à lui-même, Irmine, lui, va se découvrir et évoluer au fil de l’histoire.On se prend d’affection pour eux et on prie pour que leur destin soit clément. Bon, vu le titre du livre, on se doute que malheureusement, cet espoir est vain…

J’ai aussi beaucoup aimé Kassis, que l’on imagine stéréotypée dès sa première apparition mais qui se révèle bien plus complexe, intelligente subtile et humaine que prévu. C’est un beau personnage minin, qui commet une ou deux grosses erreurs de jeunesse mais qui se remet en question puis évolue et, elle aussi, se découvre tout au long de l’histoire. Son personnage est vraiment bien mené, j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle. 

La vraie surprise venait du roi. Un roi obèse, un roi lâche, un roi fourbe qui va lui aussi évoluer contre toute attente. Également intelligent, il nous montre sur la fin un autre visage et on viendrait presque à lui pardonner sa cruauté. Olivier Peru nous brosse là le portrait d’un roi qui ne désirait pas être couronné et qui va s’enfoncer dans la boulimie et régner avec une seule crainte : celle de la guerre. Pourtant, il montre son humanité et ses faiblesses, en particulier en compagnie de sa soeur. 

D’autres personnages gravitent autour des héros et sont tout autant travaillés, à l’exemple d‘Opimer le guerrier du roi, ou l’intendant qui a élevé Kassis comme sa fille. Cavall le révolutionnaire est intéressant et original de par sa maladie qui peut prendre sa vie du jour au lendemain. Et que dire des hommes de l’ouest qui le suivent, surtout les adolescents qui ont déjà un capital charisme impressionnant ?

Quant à l’histoire, le résumé est un peu trompeur et je ne m’attendais pas forcément à cela. Elle met un certain temps à s’installer, d’aucuns pourraient trouver ça long, mais le tout est si bien raconté que personnellement je n’ai pas vu le temps passer ^^ Nous avons droit à de beaux rebondissements, surtout à la fin. Quelques indices étaient glissés, j’ai émis des hypothèses sans être certaine de la fin. J’ai donc été très surprise et j’ai vraiment hâte de lire la suite. La réédition poche était censée sortir en mars ou ce mois-ci mais je ne le trouve pas…

En tout cas j’ai passé un excellent moment avec ce roman et je vais pouvoir m’atteler aux autres ouvrages de l’auteur sans aucune crainte.   

 
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Une braise sous la cendre

Sabaa Tahir
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
523 pages
J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman mais j’avais loupé le coche à la sortie du premier tome et pour être honnête j’avais un peu peur que ce soit une histoire un peu trop stéréotypée. Par chance, j’ai gagné les 2 tomes lors d’un concours et du coup je me suis attaquée à ce premier tome en m’imaginant déjà certaines choses.

J’avais tort. Et j’aime avoir tort quand le résultat est aussi bon. Car c’est un vrai coup de coeur mes amis ! Et oui, j’ai enchaîné ! Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu de mal au départ car je quittais tout juste la plume magique de Christelle Dabos mais heureusement, le style très haché du début du roman s’améliore très vite.

Donc au niveau de l’histoire c’est tellement plus original, réfléchi, développé, tortueux parfois, que ce que le 4ème de couverture nous laisse entendre. Pour une fois, ce résumé desservait le roman, de même que l’accroche car cela ne rendait pas honneur à la complexité du livre.

L’ambiance est étonnamment stressante. J’étais très tendue tout du long, d’autant que nos héros et leurs proches ne sont au final pas du tout à l’abri. Du sang est versé, des larmes aussi et au final le roman est bien plus sombre et violent que prévu.  Il est très dur et nos héros Elias et Laia ne sont pas épargnés, autant physiquement que psychologiquement.

Malgré tout, ils arrivent à voler des instants de petits bonheur et d’insouciance grâce aux autres personnages, notamment Hélène et Keenan. Mais parlons d’abord de nos héros. J’ai à la fois aimé et été agacée par la faiblesse de Laia. Je m’explique : la jeune fille est consciente de sa lâcheté (qui est plutôt compréhensible, j’aimerai bien savoir qui parmi nous serait capable de vraiment se sacrifier pour un proche, surtout à 16 ans hein), elle la regrette et ne cesse de se sous-estimer. Ce qui est appréciable car cela la rend plus humaine, plus proche de nous, sauf qu’en même temps, on a envie de la secouer car si elle peut se remettre en question, pourquoi ne fait-elle rien ? C’est une réaction trompeuse que j’ai eu car en fin de compte, Laia agit à sa manière et elle a un mental à toute épreuve. Du coup je suis sévère envers Laia mais on est souvent plus exigeant envers les personnes dont on sait qu’ils ont les capacités nécessaires pour aller plus loin.

Elias quant à lui est un vrai coup de cœur. Il est juste génial.  J’ai aimé qu’il soit déjà un personnage intelligent et réfléchi avant même que débute l’intrigue, car l’auteure aurait pu tomber dans le cliché du soldat conditionné qui va se remettre difficilement en question après avoir rencontré l’héroïne. Honnêtement, c’est ce que j’attendais vu le résumé. La réalité est tout autre et franchement meilleure car Elias se questionne sur son futur et son académie militaire depuis bien longtemps. Mieux, on fait sa rencontre alors qu’il prépare sa désertion. Si c’est pas original ça ! C’est un jeune homme drôle, sensé, courageux, honnête et intelligent. Ses doutes et ses choix difficiles m’ont beaucoup touchée, surtout durant l’une des épreuves. C’est un personnage rare.

A coté de nos héros nous avons donc des personnages secondaires très intéressants. J’ai bien aimé Keenan même s’il est plus classique, Hélène est très importante et on est obligé de l’apprécier malgré son rôle dans le cercle amoureux. Quant à la Commandante, j’ai au départ été refroidie, je me disais « mais pourquoi tant de haine ? » car franchement, elle était extrême et je ne voyais pas d’intérêt à une telle violence. Heureusement, l’auteure ne s’attarde pas trop sur cet aspect de sa personnalité, elle préfère nous montrer à quel point cette femme exécrable veut tuer son fils XD La belle-même idéale ! Son caractère est d’ailleurs plus poussé que juste « la méchante », on l’apprend et on le devine au fil du roman.

 Au-delà d’une intrigue étonnante, bien plus fouillée qu’il n’y paraît de prime abord, le monde est très inspirant. On découvre une touche de fantastique avec des créatures qui ont de la gueule, comme les Djinn,  ainsi qu’une Histoire qui explique beaucoup de choses sur le contexte actuel du roman.

En conclusion, c’est un roman dense, prenant, bien plus complexe et intelligent que prévu, qui m’a fait ressentir beaucoup d’émotions et de stress. Je suis bluffée par la puissance du récit à laquelle je ne m’attendais pas, c’est un très bon roman.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : La passe-miroir T1 Les fiancés de l’hiver

Christelle Dabos
Auteure francophone (voir le site)
Gallimard jeunesse
Fantasy, jeunesse
18 €
521 pages
J’arrive après la bataille pour ce roman qui a déjà conquis la blogosphère ! Je viens ajouter mon coup de coeur à la très nombreuse liste car ce roman est juste génial *____* Je l’ai dévoré en moins de 3 jours top chrono.

C’est un roman absolument immersif et passionnant dès les premiers chapitres. Il est très original et la plume est d’une fluidité rare. Je n’ai eu ni longueur,  ni zone trouble ni maladresse. Un régal, je vous dis, un régal.

L’histoire est riche, l’univers est époustouflant et les deux héros sont géniaux. Oui, ça fait beaucoup de compliments tout ça. Ophélie est une héroïne rare. Elle sonne si juste à mes yeux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle, moi qui suis plus observatrice qu’actrice, plutôt taiseuse, discrète et ermite. Contrairement à beaucoup d’héroïnes du moment, elle n’est ni neuneu, ni badass, elle n’a pas à cumuler des erreurs plus grosses qu’elle pour grandir. Elle est déjà intéressante et forte avant d’entrée dans le vif du sujet. Son évolution est donc subtile.

Sa famille n’est pas un cadeau mais, à l’image d’Ophélie, j’ai appris à apprécier Tante Roseline, que j’imaginais en espèce de Professeur McGonagall XD C’est un sacré personnage qui a aussi une grande force et un sens de la famille très honorable. A l’inverse, je n’ai pas eu du tout de sympathie pour Berenilde. On en apprend davantage sur elle vers la fin du roman et, si je peux la comprendre, elle m’a plus fait pitié qu’autre chose.

Quant à Thorn… quel sacré phénomène celui-là ! J’en ai connu des héros sombres, taiseux, rustres mais qui deviennent de vrais guimauves ou bien des protecteurs horripilants au bout de 10 pages. Lui, reste très fidèle à lui-même, tout en évoluant de manière subtile là aussi. Je n’ai jamais autant voulu qu’un couple se forme qu’entre ces deux-là mais le chemin est semé d’embuches… à commencer par nos héros eux-mêmes.  Thorn est vraiment un personnage exceptionnel, plus complexe qu’il n’en a l’air. Tous les deux sont très bien assortis même s’ils ne le savent pas encore 😉 J’ai aimé que l’auteur nous montre que les sentiments ne se commandent pas et qu’il faut du temps, beaucoup de temps, pour les développer contrairement à ce qui est à la mode dans les romances actuelles.

Leur relation est donc faite de hauts et de bas, de petites confessions et de désillusions. Il y a des rebondissements, des trahisons, des manipulations. La Citacielle (non je n’ai pas fait une faute de frappe ^^) est un nid de vipères, c’est dingue. A croire que c’est Cersei de Game of Throne  qui en est la créatrice.

A la fin de ma lecture, j’ai été étonné de découvrir qu’en fait l’ambiance générale était très morose. Je me suis rendue compte que la pauvre Ophélie n’avait probablement pas souri ni ri de presque tout le roman. C’était assez déprimant en fin de compte. Heureusement il y a des touches de positif et d’espoir, avec notamment les autres personnages qui croisent la route d’Ophélie. Il fallait quelques alliés pour équilibrer la balance ! Mention spéciale pour l’écharpe qui était si mignonne et qui ajoutait une touche humoristique.

Dans ce premier tome, je me suis rebellée, je me suis sentie trahie, j’ai souffert, j’ai eu de l’empathie, des espérances, des déconvenues. Bref, j’ai ressenti, j’ai vécu ce roman. C’était une lecture profonde, intelligente, servie par une plume superbe.

Bon, en gros j’ai eu un méga coup de cœur ^^  Mais ça, je pense que vous l’avez compris, non ?

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Âme ténébreuse, coeur lumineux

Anthologie d’auteurs francophones
Éditions du Chat Noir
Fantastique, Fantasy et Science-fiction
19,90€
297 pages
Sommaire :
Valérie Simon (voir le site)
Hilda Alonso (voir le site)
Anne Laure
Cécile Guillot (voir le site)
Lydie Blaizo
Denis Labbé
Lucie Chenu
Vincent Tassy(voir la page facebook)
Sophie Dabat (voir le site)
Sara Doke
 
J’ai acheté cette anthologie au dernier salon fantastique car résister aux achats en salon, c’est dur ! Je n’ai, à ma grande honte, pas lu de romans de ces Grandes Dames auxquelles ce recueil fait référence (Anne McCaffrey, Mercedes Lackey…) bien que j’en ai très largement entendu parler. Ceci dit, cela ne m’a pas empêché d’aimer cette anthologie. Je connaissais déjà la plume de certains auteurs de la liste mais j’ai pu en découvrir de nouvelles.
Je ne vais pas pas faire une chronique pour chaque nouvelle même si j’ai pris des notes pour chacune d’elles. Globalement la qualité est au rendez-vous et plusieurs thèmes sont abordés. J’ai détecté un certain classement par thématique justement : Mythe d’Arthur, sorcières, amants maudits…
 Du coup, les deux premières nouvelles traitent des légendes arthuriennes…. lesquelles ne me passionnent pas du tout. Je ne vais donc pas m’éterniser dessus d’autant que je n’y ai pas trouvé un grand intérêt.
Parmi mes nouvelles préférées figure celle d’Anne Laure Les Cartes de Lily. C’est un texte tout simple mais d’une grande puissance empathique. Il y avait beaucoup d’émotion et j’ai eu beaucoup de plaisir à suivre l’héroïne. Je n’ai pas lu la série de cette auteure aux Éditions du Chat Noir mais après avoir lu ce texte, je me dis que je devrais m’y mettre !
Les valeurs sûres de ce recueil sont pour moi Cécile Guillot avec sa très poétique, douce et très bien menée nouvelle Les sœurs de la Lune Noire où l’on découvre des sorcières très proches de la nature et Sophie Dabat avec Les dames de Sirhaven qui nous entraîne une nouvelle fois dans un texte fort, dur sur un thème difficile qu’elle sait si bien aborder.
J’ai bien aimé Du sang pour l’Adagio  de Lydie Blaizot (oui bon, c’est sanglant et en ce moment je monte beaucoup un cheval qui s’appelle Adagio : les ingrédients étaient réunis). Pareil, je ne connaissais pas cette auteure (seulement de nom) et j’ai passé un très bon moment même si la fin n’était pas ce que j’imaginais.
Enfin, dernier texte que j’ai beaucoup apprécié, celui de Vincent Tassy : Regarde ce qu’il y a dans sa tombe. Bon, déjà rien que le titre me plaisait. Je n’ai pas encore lu Apostasie de ce même auteur, ce qui ne saurait tarder car cette nouvelle m’a donné un excellent avant-goût de son talent. C’était un texte très bien mené, maîtrisé, intéressant, original avec des personnages attachants et bien développés. Bref, un équilibre parfait et si difficile à obtenir en nouvelle.
En conclusion, c’est un bon recueil, bien équilibré qui a surtout eu le mérite de confirmer le talent des auteurs que j’appréciais déjà mais surtout de m’en faire découvrir de nouveaux.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de février : Lire une anthologie
Ma note ::star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Le puits des mémoires T3 Les terres de cristal


 
Gabriel Katz
Auteur francophone (voir la page facebook)
Pocket
Fantasy
8,20€
478 pages

 

Nous retrouvons nos trois héros pour cette conclusion de leurs aventures. Gabriel nous avait laissé sur une révélation de grande ampleur sur Nils mais également sur l’avenir incertain de notre ami Olen. Bizarrement, la révélation sur l’identité de Nils n’a pas fait de vague alors que moi j’étais scotchée. Donc en gros ce n’était pas si important que ça. Il faut attendre la fin pour en savoir davantage.
Je ne vais pas vous mentir, autant les Tomes 1 et 2 ont été un coup de cœur, autant je termine cette trilogie en étant très mitigée. Ça m’embête car j’ai passé d’excellents moments et l’auteur est très sympa mais voilà je trouve que ce tome n’est pas à la hauteur. Alors oui, l’auteur prend des clichés à contre-courant mais globalement ça manquait de fond. On passe beaucoup de temps sur une guerre qui n’a pas vraiment lieu, de nombreuses portes restent ouvertes, il y a des facilités et puis surtout un immense complot est monté pour pas grand-chose au final. Tout se termine en eau de boudin et ça m’a embêtée. Il y avait le potentiel pour en faire bien plus car faire tout ce foin juste pour que nos héros changent de vie, c’est un peu tiré par les cheveux.
Néanmoins j’ai passé un très bon moment sur la trilogie, j’ai ri, voyagé, eu peur pour les personnages, ressenti beaucoup d’affection pour eux. Sachant que tous les romans fantasy de l’auteur se déroulent dans le même univers et qu’on en retrouve certains dans son dernier roman, j’ai hâte de me mettre à jour pour savoir qui nous allons retrouver.
*Cette lecture s’inscrit dans le mini-challenge du mois : terminer 2 séries*
Ma note :  :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : Le Jarwal


Patricia Le Sausse
Auteure francophone
Éditions du Riez
Fantasy
19,90€
367 pages
Le 4ème de couverture m’avait fortement intriguée et j’étais curieuse de suivre les aventures de Basile, apprenti bourreau qui possède la capacité de ressentir les émotions des autres et de s’en servir.
L’idée de base est originale et pleine de promesse, l’écriture fluide, agréable, les émotions sont bien retranscrites et le lecteur est plongé dedans. Je suis partie avec la conviction que nous aurions un bon dans le temps mais en fait non, tout se déroule très vite et nous suivons Basile à l’âge de 17 ans tout du long. D’ailleurs, j’ai eu du mal à me dire qu’il était aussi âgé, en fin de compte il paraissait plus jeune.
L’histoire au départ est intéressante, puis quand s’éternise le voyage de Basile, je me suis essoufflée, je me suis demandée où l’auteure voulait en venir et au final, cette double idée de base fils de bourreau + ressentir les émotions n’est pas utilisée de la manière dont je l’imaginais. En réalité, le fait d’être fils de bourreau ne sert qu’à illustrer l’isolement de Basile.
Pour moi, l’auteure a voulu développer plusieurs pistes à la fois et du coup je ressens un goût d’inexploité. On sort des révélations du chapeau mais sans avoir l’impression que c’était prévu dès le départ. Basile est sympathique et pour une fois ce n’est pas le héros habituel. Son double émotionnel est une bonne idée, Amauri est insupportable mais on n’arrive pas à lui en vouloir. Les idées pour les « méchants » sont intéressantes mais ça arrivait à la fin et manquait un peu d’envergure.
Je suis donc mitigée car ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Ce n’était pas inintéressant mais pas transcendant non plus. En outre, l’auteure use des notes de bas de page, or dans un roman c’est, à mes yeux, à utiliser avec parcimonie. Ici, l’auteure a voulu utiliser un phrasé médiéval, sauf que nous rappeler à chaque fois que X toises fait X mètres n’est pas utile. Soit tu assumes le langage médiéval et tu laisses le lecteur chercher combien ça fait (ou alors pourquoi pas un glossaire pour les rappeler à la fin), soit tu utilises d’emblée le système métrique actuel. Les notes coupent la lecture et devoir m’arrêter pour lire qu’une roselière est une zone où poussent les roseaux est inutile.
Ma note:star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Blizzard T1 Le secret des esthètes


J’ai changé mon mini-challenge du mois de décembre qui sera donc : lire les 2 livres obligatoires du challenge cold winter ^^
Pierre Gaulon
Auteur francophone (voir la page facebook)
Mnémos
Fantasy
19€
284 pages
J’avais acheté ce livre, attirée par la couverture, le résumé intriguant et les éloges… sauf que ça a été une vraie déception. J’ai commencé sans a priori et j’ai lu jusqu’à la moitié avant d’abandonner. J’arrive très rarement au point de survoler un roman et l’abandonner.
Malheureusement j’ai trouvé que l’histoire allait beaucoup trop vite, des passages étaient flous et les personnages étaient trop classiques, manichéens et dotés de motivations peu travaillées. Evanen est le méchant et c’est tout, il n’est pas plus développé, Chasseur manque d’intérêt, Juliette est le stéréotype de la fille qui n’est là que pour être mignonne et rire aux éclats pour rien afin d’apparaître « pure et rayonnante », le pire étant Dorio qui brûle de haine envers Chasseur car celui-ci l’a épargné et c’est tout. J’ai eu l’impression que tout était fait de manière exagérée. Les ficelles étaient bien trop grosses et visibles, cela n’était pas crédible. Même le style faisait forcé avec trop de comparaisons et de « punchlines ».
Dommage… j’ai gagné le T2 mais je ne le lirai pas.  Après, j’ai lu de très bonnes critiques sur le net mais en termes de fantasy, pour moi ce n’était clairement pas suffisant, surtout après avoir lu d’excellents romans très complets dans ce genre peu de temps avant.
 Ma note :star::star-empty::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : Le Livre des mots T1 L’enfant de la prophétie

J’ai changé mon mini-challenge du mois de décembre qui sera donc : lire les 2 livres obligatoires du challenge cold winter ^^
J.V. Jones
Le Livre de Poche
Fantasy
8€
763 pages
La série de la Ronce d’Or que m’avait prêté Elyra a été un énorme coup de cœur ! Du coup j’ai sauté de joie quand elle m’a prêté cette série du Livre des Mots. Elle m’avait bien prévenu que c’était le premier livre de l’auteure et qu’il était moins bon à ses yeux.
Alors en effet, ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai tout de même passé un très bon moment. Le début est très sombre, je ne m’y attendais pas ! Je pensais que c’était un roman destiné aux adolescents vu l’âge des héros mais en fait pas du tout.
Les deux héros Jack et Melli sont attachants, même si Melli est un peu trop naïve et sans jugeote au début du roman. Elle prend de l’ampleur par la suite et je l’ai bien appréciée. Jack est sympathique aussi, on accroche tout de suite à sa destinée. Les adultes sont aussi bien intéressants, en particulier le « méchant » Baralis, qui est assez atypique, Taol le chevalier torturé est aussi bien travaillé. Maybor, le père de Melli casse les codes également, loin de l’image du père idéal puisqu’il ne pense qu’à sa richesse et s’envoyer en l’air avec toutes les servantes qui passent. Le reste est assez classique avec des personnages parfois caricaturaux. Je pense à l’autre « méchant » Tavalisc que l’on voit apparaître dans des scènes répétitives où il ne fait que manger, humilier son assistant et torturer sa nourriture. Les interventions des deux gardes La Bousille et Finaud sont aussi très lourdes, répétitives et inutiles. Globalement, le roman aurait pu être bien plus court.
Ces points négatifs ne m’ont cependant pas empêchée d’apprécier ma lecture et d’aller au bout de ce pavé. Les personnages principaux sont attachants et intéressants à suivre, la lutte dangereuse que se livrent Baralis et Maybor regorge de rebondissements et on se demande vraiment ce qu’ils vont inventer pour la suite. Quant à la prophétie, tout se met gentiment en place donc j’attends de voir ce que va donner la suite.
Bref, une lecture divertissante et intéressante.
Ma note:star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Les loups chantants

Aurélie Wellenstein
Auteure francophone (voir le site)
Scrineo
Fantasy, jeunesse
16,90€
265 pages

J’avais bien aimé le premier roman d’Aurélie Wellenstein, Le Roi des Fauves et le résumé (plus la couverture) de celui-ci m’ont incité à prendre les Loups Chantants ^^
La plume est jolie et fluide. Le poétique côtoie le cruel et l’ambiance glacée est très bien retranscrite ! Les personnages sont peu nombreux mais attachants. On adhère facilement à leur point de vue et leur quête personnelle. Il y a un étrange décalage entre le camp où Yuri et Kira vivent en totale autarcie avec de la magie et le monde réel où Anastasia a fait ses études et qui est semble-t-il une ville normale.
L’histoire de base est très intéressante, les décors sont sublimes et l’idée des loups chantants est vraiment géniale. Je ressors néanmoins mitigée car je trouve que ça manque d’approfondissement dans le lien qui existe entre Yuri et les Loups chantants. On comprend qu’il sombre peu à peu dans la folie mais j’en attendais davantage. La fin en particulier m’a déçue.  Alors que l’auteure se dirigeait vers une voie sombre et audacieuse qui me plaisait beaucoup, il y a un revirement et au final tout est un peu laissé en plan, comme si l’auteure avait changé ses plans en se rappelant que cela devait bien se terminer. Le cas de Kira n’est pas assez traité à mon goût. On a passé tellement de temps dans le voyage pour la sauver et le final me laisse une impression d’inachevé. « Tout ça pour ça », j’ai envie de dire. C’est dommage car le livre avait un très bon potentiel.
Cela ne m’empêchera pas de suivre les prochaines publications de l’auteure dont j’apprécie le style et les idées.
Ma note :  :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : les épées de glace

Le mini challenge du mois de novembre était : lire un livre de 500 pages minimum. 

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Bragelonne 
Fantasy
25€ 
612 pages

 

Étrangement, j’ai connu Olivier Gay au travers de cet ouvrage quand il était publié en 2 tomes (le Boucher et la Servante) chez feu Asgard, sauf que je ne l’avais pas lu. Et c’est donc avec son autre série Le noir est ma couleur que j’ai pu me rendre compte de la plume géniale de cet auteur. 
Étant donné que j’ai eu l’intégrale des Épées de glace pour le Noël dernier et que j’ai son roman suivant sur la liste de Noël de cette année, il était grand temps que je m’attelle à ce pavé. Bon, j’ai raté le coche avec le Cold Winters mais promis l’an prochain je m’organiserai mieux. 
Bref, alors, qu’est-ce que j’en pense de ce roman ? C’est un vrai coup de cœur *_____*
Déjà, la plume d’Olivier est un régal. Même si c’est un peu plus subtil que dans sa série jeunesse contemporaine, on retrouve son style humoristique et ses phrases accrocheuses. Honnêtement, je n’ai vu aucune coupure entre les deux romans, ça se lit tout seul, c’est fluide et malgré le nombre astronomique de pages, je n’ai eu ni longueur ni overdose. 
Le gros point fort, ce sont les personnages. Déjà, nous savons très bien d’après le résumé que Deria va mourir, pourtant, en quelques pages, nous en sommes déjà sous le charme et on prie pour la suivre plus longtemps. Sa mort a été un crève cœur, nécessaire pour la suite de l’histoire. 
Nous suivons aussi Shani, sa servante que j’ai énormément appréciée. Son évolution est très intelligente, son personnage est bien construit, elle est attachante, humaine, avec ses défauts (de fille j’ai envie de dire XD) et ses qualités. Impossible de ne pas s’identifier à elle et d’espérer un destin identique.
J’ai moins accroché à Malhin, le garde. Son évolution aussi est intéressante et c’est un garçon touchant mais, j’avais le spectre d’Alexandre, le héros du Noir est ma couleur qui planait au-dessus de ma lecture, du coup je n’arrêtais pas de les comparer (et Alexandre gagne haut la main). Ensuite, ce pauvre Malhin est complètement écrasé par le charisme du vrai héros : Rekk le boucher. Dans de telles conditions, impossible pour lui de se démarquer ! Laath y est parvenu, je l’ai bien aimé, il cache très bien son jeu et j’ai pris plaisir à le suivre, d’autant qu’il casse les clichés.
Donc, le vrai coup de cœur va pour Rekk. Ça c’est un sacré personnage ! On en rencontre pas deux comme lui. L’auteur a réussi un vrai tour de force car, en fantasy, des héros guerriers bourrins soit disant sans faille et sans conscience, on en a vu sans pour autant relever le défi. Rekk, si. Croyez-moi, je l’ai adoré et je l’ai détesté en même temps. A aucun moment l’auteur ne banalise la violence et ça c’est un gros point positif à mes yeux. Que ce soit par la narration ou par l’intervention d’un personnage, chaque action brutale, sanglante et injuste est pointée du doigt. Rekk est charismatique, il est super fort, on le voudrait tous comme papa mais il reste un type violent, dangereux, qui peut tuer femme, enfant et ami sans sourciller. Mieux vaut l’avoir dans son camp.
J’ai donc adoré Rekk mais j’ai très peu cautionné ses actions. Ce n’est pas de la violence gratuite car le lecteur est obligé de ressentir la culpabilité, là où le héros n’en a aucune. Et ça c’est une vraie réussite pour l’auteur. 
Nous avons donc des personnages au top, avec une belle brochette, variée et bien traitée. L’intrigue est très bien, avec de nombreux rebondissements et révélations qui m’ont bien pris par surprise. En particulier la révélation finale. La fin se termine en apothéose et on tremble pour tout notre petit groupe. 
En résumé c’est une excellente lecture. Une fantasy intelligente, humaine avec des personnages attachants et un héro hors normes.  Je suis d’autant plus ravie de savoir que La main de l’Empereur récemment sorti nous raconte la jeunesse de Rekk.
Ma note:star::star::star::star::star:💕