Chronique : Une braise sous la cendre

Sabaa Tahir
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
523 pages
J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman mais j’avais loupé le coche à la sortie du premier tome et pour être honnête j’avais un peu peur que ce soit une histoire un peu trop stéréotypée. Par chance, j’ai gagné les 2 tomes lors d’un concours et du coup je me suis attaquée à ce premier tome en m’imaginant déjà certaines choses.

J’avais tort. Et j’aime avoir tort quand le résultat est aussi bon. Car c’est un vrai coup de coeur mes amis ! Et oui, j’ai enchaîné ! Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu de mal au départ car je quittais tout juste la plume magique de Christelle Dabos mais heureusement, le style très haché du début du roman s’améliore très vite.

Donc au niveau de l’histoire c’est tellement plus original, réfléchi, développé, tortueux parfois, que ce que le 4ème de couverture nous laisse entendre. Pour une fois, ce résumé desservait le roman, de même que l’accroche car cela ne rendait pas honneur à la complexité du livre.

L’ambiance est étonnamment stressante. J’étais très tendue tout du long, d’autant que nos héros et leurs proches ne sont au final pas du tout à l’abri. Du sang est versé, des larmes aussi et au final le roman est bien plus sombre et violent que prévu.  Il est très dur et nos héros Elias et Laia ne sont pas épargnés, autant physiquement que psychologiquement.

Malgré tout, ils arrivent à voler des instants de petits bonheur et d’insouciance grâce aux autres personnages, notamment Hélène et Keenan. Mais parlons d’abord de nos héros. J’ai à la fois aimé et été agacée par la faiblesse de Laia. Je m’explique : la jeune fille est consciente de sa lâcheté (qui est plutôt compréhensible, j’aimerai bien savoir qui parmi nous serait capable de vraiment se sacrifier pour un proche, surtout à 16 ans hein), elle la regrette et ne cesse de se sous-estimer. Ce qui est appréciable car cela la rend plus humaine, plus proche de nous, sauf qu’en même temps, on a envie de la secouer car si elle peut se remettre en question, pourquoi ne fait-elle rien ? C’est une réaction trompeuse que j’ai eu car en fin de compte, Laia agit à sa manière et elle a un mental à toute épreuve. Du coup je suis sévère envers Laia mais on est souvent plus exigeant envers les personnes dont on sait qu’ils ont les capacités nécessaires pour aller plus loin.

Elias quant à lui est un vrai coup de cœur. Il est juste génial.  J’ai aimé qu’il soit déjà un personnage intelligent et réfléchi avant même que débute l’intrigue, car l’auteure aurait pu tomber dans le cliché du soldat conditionné qui va se remettre difficilement en question après avoir rencontré l’héroïne. Honnêtement, c’est ce que j’attendais vu le résumé. La réalité est tout autre et franchement meilleure car Elias se questionne sur son futur et son académie militaire depuis bien longtemps. Mieux, on fait sa rencontre alors qu’il prépare sa désertion. Si c’est pas original ça ! C’est un jeune homme drôle, sensé, courageux, honnête et intelligent. Ses doutes et ses choix difficiles m’ont beaucoup touchée, surtout durant l’une des épreuves. C’est un personnage rare.

A coté de nos héros nous avons donc des personnages secondaires très intéressants. J’ai bien aimé Keenan même s’il est plus classique, Hélène est très importante et on est obligé de l’apprécier malgré son rôle dans le cercle amoureux. Quant à la Commandante, j’ai au départ été refroidie, je me disais « mais pourquoi tant de haine ? » car franchement, elle était extrême et je ne voyais pas d’intérêt à une telle violence. Heureusement, l’auteure ne s’attarde pas trop sur cet aspect de sa personnalité, elle préfère nous montrer à quel point cette femme exécrable veut tuer son fils XD La belle-même idéale ! Son caractère est d’ailleurs plus poussé que juste « la méchante », on l’apprend et on le devine au fil du roman.

 Au-delà d’une intrigue étonnante, bien plus fouillée qu’il n’y paraît de prime abord, le monde est très inspirant. On découvre une touche de fantastique avec des créatures qui ont de la gueule, comme les Djinn,  ainsi qu’une Histoire qui explique beaucoup de choses sur le contexte actuel du roman.

En conclusion, c’est un roman dense, prenant, bien plus complexe et intelligent que prévu, qui m’a fait ressentir beaucoup d’émotions et de stress. Je suis bluffée par la puissance du récit à laquelle je ne m’attendais pas, c’est un très bon roman.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : La passe-miroir T1 Les fiancés de l’hiver

Christelle Dabos
Auteure francophone (voir le site)
Gallimard jeunesse
Fantasy, jeunesse
18 €
521 pages
J’arrive après la bataille pour ce roman qui a déjà conquis la blogosphère ! Je viens ajouter mon coup de coeur à la très nombreuse liste car ce roman est juste génial *____* Je l’ai dévoré en moins de 3 jours top chrono.

C’est un roman absolument immersif et passionnant dès les premiers chapitres. Il est très original et la plume est d’une fluidité rare. Je n’ai eu ni longueur,  ni zone trouble ni maladresse. Un régal, je vous dis, un régal.

L’histoire est riche, l’univers est époustouflant et les deux héros sont géniaux. Oui, ça fait beaucoup de compliments tout ça. Ophélie est une héroïne rare. Elle sonne si juste à mes yeux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle, moi qui suis plus observatrice qu’actrice, plutôt taiseuse, discrète et ermite. Contrairement à beaucoup d’héroïnes du moment, elle n’est ni neuneu, ni badass, elle n’a pas à cumuler des erreurs plus grosses qu’elle pour grandir. Elle est déjà intéressante et forte avant d’entrée dans le vif du sujet. Son évolution est donc subtile.

Sa famille n’est pas un cadeau mais, à l’image d’Ophélie, j’ai appris à apprécier Tante Roseline, que j’imaginais en espèce de Professeur McGonagall XD C’est un sacré personnage qui a aussi une grande force et un sens de la famille très honorable. A l’inverse, je n’ai pas eu du tout de sympathie pour Berenilde. On en apprend davantage sur elle vers la fin du roman et, si je peux la comprendre, elle m’a plus fait pitié qu’autre chose.

Quant à Thorn… quel sacré phénomène celui-là ! J’en ai connu des héros sombres, taiseux, rustres mais qui deviennent de vrais guimauves ou bien des protecteurs horripilants au bout de 10 pages. Lui, reste très fidèle à lui-même, tout en évoluant de manière subtile là aussi. Je n’ai jamais autant voulu qu’un couple se forme qu’entre ces deux-là mais le chemin est semé d’embuches… à commencer par nos héros eux-mêmes.  Thorn est vraiment un personnage exceptionnel, plus complexe qu’il n’en a l’air. Tous les deux sont très bien assortis même s’ils ne le savent pas encore 😉 J’ai aimé que l’auteur nous montre que les sentiments ne se commandent pas et qu’il faut du temps, beaucoup de temps, pour les développer contrairement à ce qui est à la mode dans les romances actuelles.

Leur relation est donc faite de hauts et de bas, de petites confessions et de désillusions. Il y a des rebondissements, des trahisons, des manipulations. La Citacielle (non je n’ai pas fait une faute de frappe ^^) est un nid de vipères, c’est dingue. A croire que c’est Cersei de Game of Throne  qui en est la créatrice.

A la fin de ma lecture, j’ai été étonné de découvrir qu’en fait l’ambiance générale était très morose. Je me suis rendue compte que la pauvre Ophélie n’avait probablement pas souri ni ri de presque tout le roman. C’était assez déprimant en fin de compte. Heureusement il y a des touches de positif et d’espoir, avec notamment les autres personnages qui croisent la route d’Ophélie. Il fallait quelques alliés pour équilibrer la balance ! Mention spéciale pour l’écharpe qui était si mignonne et qui ajoutait une touche humoristique.

Dans ce premier tome, je me suis rebellée, je me suis sentie trahie, j’ai souffert, j’ai eu de l’empathie, des espérances, des déconvenues. Bref, j’ai ressenti, j’ai vécu ce roman. C’était une lecture profonde, intelligente, servie par une plume superbe.

Bon, en gros j’ai eu un méga coup de cœur ^^  Mais ça, je pense que vous l’avez compris, non ?

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Les outrepasseurs T1 Les Héritiers


Cindy Van Wilder
Auteure francophone (voir le site)
Gulf Stream
Fantastique, Young Adult
Ebook : 11,99€
 
Alors,  j’ai lu ce roman dans le cadre des lectures communes organisées par le Club des Hiboux du blog des Petits Mots de Saefiel. J’avais gagné cet ebook l’an dernier je crois lors d’un concours organisé par l’éditeur et je n’avais pas encore eu l’occasion de m’y plonger.
Et croyez-moi je suis bien embêtée car en dépit des bonnes chroniques et du capital sympathie de l’auteure je n’ai pas du tout accroché ^^ » Pourtant l’écriture est fluide, avec du vocabulaire adapté aux époques, c’est travaillé, les idées de base pour les Fés sont vraiment très intéressantes, l’ambiance frôle parfois le glauque et le malsain comme je les affectionne… malheureusement la mayonnaise n’a pas pris pour moi. Je n’ai juste pas été happée par l’univers ni les personnages.
Ça commençait bien, mais on passe d’un rythme très rapide où le héros est mis devant le fait accompli sans pouvoir trop s’y opposer à de longs flash-back au rythme plus lent et où l’histoire de la malédiction aurait pu être à mon avis très largement raccourcie. Bien que les idées soient très bonnes à la base, la partie médiévale ne m’a malheureusement pas intéressée.
Du coup j’abrège mon retour car je n’ai pas vraiment de critiques constructives à faire en plus. Ça n’a pas marché, c’est tout. Donc que cela ne vous empêche pas de vous faire votre propre avis car beaucoup de gens ont adoré ce roman !
Ma note :  :star::star-half::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : La Tour


Cécile Duquenne
Auteure francophone (voir le site)
Voy'[el]
Fantastique, Young Adult
12€
157 pages
Cécile fait toujours des trucs de dingue. Et quand ce n’est pas dans ses histoires, c’est dans la création de ses histoires. Si La Tour n’est pas aussi déjantée que ses autres œuvres, Cécile l’a pondu en 3 jours top chrono lors d’un challenge. Je lui tire mon chapeau ! Mon moteur diesel et moi-même en serions incapables. Ce petit roman a donc été écrit dans un très court laps de temps et cela se ressent sur le rythme qui est rapide (mais pas bâclé, entendons-nous bien.)
J’ai été agréablement surprise car certains ficelles étaient suffisamment grosses pour tomber dans du déjà-vu. Sauf que Cécile a su s’en tirer avec originalité et brio. Son héroïne, qui part de rien depuis le sous-sol marécageux (peuplé de crocodiles, sympa ! Le syndrome du Gator ?), sans même son prénom dans les premiers instants, se dévoile par la suite et a été très fouillée. J’ai vraiment adoré découvrir ces vérités sur Jessica, c’est fort, touchant et flippant à la fois. Flippant car tellement réaliste… je veux pas vous spoiler mais cela reflète tant l’injustice de notre société. Les criminels sont mieux traités que les victimes, et ça, ça me dégoute profondément. Bref, le passé et le combat de l’héroïne dans la Tour étaient vraiment super prenants. Les émotions étaient là, ça m’a prise aux tripes. L’évolution, le cheminement mental et physique de Jessica m’ont beaucoup plu.
Malgré tout, c’était un poil trop rapide pour moi, même si le rythme, le format et le challenge l’imposaient. Et ça manquait parfois de subtilité, en particulier sur les phrases chocs. J’en suis très friande mais là, certaines insistaient trop, elles ressortaient d’autant plus qu’on est dans un format court et surtout qu’elles soulevaient des évidences (monter, survivre etc.). Je reste indécise sur le pari de James, dont on ne sait strictement rien. D’un côté c’est atypique et sympa car on a pas de préjugés mais c’est quand même un poil frustrant et ça limite l’empathie, surtout pour la fin. 
Au final j’ai passé un super moment ! Pour sa première incursion en Young Adult, Cécile frappe fort ^^ (et puis quelle couverture !!). 
Ma note :star::star::star::star::star-half: