Étiquette : Lecture
Chronique : Escape from Furnace T4 Fugitives
Chronique : Martyrs T1
Fantasy
Déjà, il faut préciser que l’auteur est un vrai conteur. Ce n’est pas pour rien qu’il œuvre aussi bien dans les romans, les BD, les jeux vidéos et autres. Sa plume est fluide, belle et envoûtante. Ses descriptions sont précises sans être lourdes et son univers, bien que très riche, a été un régal à découvrir. Le roman était passionnant et il m’a tout de suite transportée dans ses contrées.
La véritable force de ce roman réside dans ses personnages. Nous suivons plusieurs points de vue, principalement ceux d’Irmine et Helbrand les tueurs Arserkers, celui de Kassis, jeune héritière prisonnière de sa cage dorée, celui de Cavall, l‘homme de l’Ouest qui veut renverser la royauté et enfin celui du roi. Dans quelques chapitres nous sommes envoyés dans les pensées de personnages secondaires pour appronfondir certains passages.
J’ai adoré les deux frères. Si différents l’un de l’autre que mon cœur ne cessait de balancer entre les deux ! Quel duo charismatique ! A l’image de tous les personnages du roman, leur psychologie, leur passé et leurs desseins sont très soignés. Si Helbrand reste égal à lui-même, Irmine, lui, va se découvrir et évoluer au fil de l’histoire.On se prend d’affection pour eux et on prie pour que leur destin soit clément. Bon, vu le titre du livre, on se doute que malheureusement, cet espoir est vain…
J’ai aussi beaucoup aimé Kassis, que l’on imagine stéréotypée dès sa première apparition mais qui se révèle bien plus complexe, intelligente subtile et humaine que prévu. C’est un beau personnage féminin, qui commet une ou deux grosses erreurs de jeunesse mais qui se remet en question puis évolue et, elle aussi, se découvre tout au long de l’histoire. Son personnage est vraiment bien mené, j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle.
La vraie surprise venait du roi. Un roi obèse, un roi lâche, un roi fourbe qui va lui aussi évoluer contre toute attente. Également intelligent, il nous montre sur la fin un autre visage et on viendrait presque à lui pardonner sa cruauté. Olivier Peru nous brosse là le portrait d’un roi qui ne désirait pas être couronné et qui va s’enfoncer dans la boulimie et régner avec une seule crainte : celle de la guerre. Pourtant, il montre son humanité et ses faiblesses, en particulier en compagnie de sa soeur.
D’autres personnages gravitent autour des héros et sont tout autant travaillés, à l’exemple d‘Opimer le guerrier du roi, ou l’intendant qui a élevé Kassis comme sa fille. Cavall le révolutionnaire est intéressant et original de par sa maladie qui peut prendre sa vie du jour au lendemain. Et que dire des hommes de l’ouest qui le suivent, surtout les adolescents qui ont déjà un capital charisme impressionnant ?
Quant à l’histoire, le résumé est un peu trompeur et je ne m’attendais pas forcément à cela. Elle met un certain temps à s’installer, d’aucuns pourraient trouver ça long, mais le tout est si bien raconté que personnellement je n’ai pas vu le temps passer ^^ Nous avons droit à de beaux rebondissements, surtout à la fin. Quelques indices étaient glissés, j’ai émis des hypothèses sans être certaine de la fin. J’ai donc été très surprise et j’ai vraiment hâte de lire la suite. La réédition poche était censée sortir en mars ou ce mois-ci mais je ne le trouve pas…
En tout cas j’ai passé un excellent moment avec ce roman et je vais pouvoir m’atteler aux autres ouvrages de l’auteur sans aucune crainte.
Chronique : Une braise sous la cendre
Fantasy, jeunesse
Chronique : La passe-miroir T1 Les fiancés de l’hiver
Auteure francophone (voir le site)
Fantasy, jeunesse
C’est un roman absolument immersif et passionnant dès les premiers chapitres. Il est très original et la plume est d’une fluidité rare. Je n’ai eu ni longueur, ni zone trouble ni maladresse. Un régal, je vous dis, un régal.
L’histoire est riche, l’univers est époustouflant et les deux héros sont géniaux. Oui, ça fait beaucoup de compliments tout ça. Ophélie est une héroïne rare. Elle sonne si juste à mes yeux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle, moi qui suis plus observatrice qu’actrice, plutôt taiseuse, discrète et ermite. Contrairement à beaucoup d’héroïnes du moment, elle n’est ni neuneu, ni badass, elle n’a pas à cumuler des erreurs plus grosses qu’elle pour grandir. Elle est déjà intéressante et forte avant d’entrée dans le vif du sujet. Son évolution est donc subtile.
Sa famille n’est pas un cadeau mais, à l’image d’Ophélie, j’ai appris à apprécier Tante Roseline, que j’imaginais en espèce de Professeur McGonagall XD C’est un sacré personnage qui a aussi une grande force et un sens de la famille très honorable. A l’inverse, je n’ai pas eu du tout de sympathie pour Berenilde. On en apprend davantage sur elle vers la fin du roman et, si je peux la comprendre, elle m’a plus fait pitié qu’autre chose.
Quant à Thorn… quel sacré phénomène celui-là ! J’en ai connu des héros sombres, taiseux, rustres mais qui deviennent de vrais guimauves ou bien des protecteurs horripilants au bout de 10 pages. Lui, reste très fidèle à lui-même, tout en évoluant de manière subtile là aussi. Je n’ai jamais autant voulu qu’un couple se forme qu’entre ces deux-là mais le chemin est semé d’embuches… à commencer par nos héros eux-mêmes. Thorn est vraiment un personnage exceptionnel, plus complexe qu’il n’en a l’air. Tous les deux sont très bien assortis même s’ils ne le savent pas encore 😉 J’ai aimé que l’auteur nous montre que les sentiments ne se commandent pas et qu’il faut du temps, beaucoup de temps, pour les développer contrairement à ce qui est à la mode dans les romances actuelles.
Leur relation est donc faite de hauts et de bas, de petites confessions et de désillusions. Il y a des rebondissements, des trahisons, des manipulations. La Citacielle (non je n’ai pas fait une faute de frappe ^^) est un nid de vipères, c’est dingue. A croire que c’est Cersei de Game of Throne qui en est la créatrice.
A la fin de ma lecture, j’ai été étonné de découvrir qu’en fait l’ambiance générale était très morose. Je me suis rendue compte que la pauvre Ophélie n’avait probablement pas souri ni ri de presque tout le roman. C’était assez déprimant en fin de compte. Heureusement il y a des touches de positif et d’espoir, avec notamment les autres personnages qui croisent la route d’Ophélie. Il fallait quelques alliés pour équilibrer la balance ! Mention spéciale pour l’écharpe qui était si mignonne et qui ajoutait une touche humoristique.
Dans ce premier tome, je me suis rebellée, je me suis sentie trahie, j’ai souffert, j’ai eu de l’empathie, des espérances, des déconvenues. Bref, j’ai ressenti, j’ai vécu ce roman. C’était une lecture profonde, intelligente, servie par une plume superbe.
Bon, en gros j’ai eu un méga coup de cœur ^^ Mais ça, je pense que vous l’avez compris, non ?
Chronique : Le camp
Thriller
Bon, arrêtons l’introduction et parlons de ce roman. Il s’agit d‘un thriller haletant, prenant et très ancré localement, ce qui est la marque de fabrique de l’auteur. Nous sommes donc dans le Sud-Est (à prononcer avec l’accent c’est mieux ^^) avec de bons franchouillards : Titi le perturbé mental, du Pascal, du Doume et le patois. Niveau ambiance, c’est bien posé !
J’ai d’abord été surtout intéressée par l’histoire centrée autour de Cyril, qui disparaît une nuit avec l’ensemble du village de La Draille pour se retrouver enfermé dans un caisson étrange. Tout au long du roman, j’ai échafaudé pleins d’hypothèses, qui se vérifiaient parfois ou à l’inverse m’avaient mené loin de la vérité. L’auteur nous donne des indices mais toute ma lecture je me suis posée la question : extraterrestre ou pas extraterrestre ? Car il nous donne des pistes, oui, mais il les brouille, il nous met le doute. Nous sommes perdus, à l’instar les personnages, mais ce n’est pas flou pour autant.
Nous suivons en parallèle Marie, la compagne de Cyril, qui vit les événements qui ont suivi la disparition du héros. Et si je n’ai pas vraiment fait attention à elle, à la fin d’un chapitre tout a basculé. Je m’étais bien fourvoyée sur le sens du titre. L’auteur a été très habile, et j’ai rarement autant aimé être menée en bateau !
Comme tout bon thriller, l‘explication n’est donnée qu’à la toute fin, et elle est cohérente. Certaines de mes hypothèses étaient justes mais incomplètes. Grâce aux différents personnages que Cyril rencontre, nous avons le fin mot de l’histoire. Je me demandais comment l’auteur allait conclure et je suis satisfaite, ça se tient, c’est porteur d’espoir et tout est bien ficelé même si on a quelques zones obscures où le lecteur doit faire travailler son imagination.
Globalement, nous sommes dans un roman qui se concentre sur la psychologie et les personnages. Je ne pouvais pas m’empêcher de comparer ce roman avec les films d’auteurs, en me disant qu’un américain aurait tout fait exploser. Ici, l’enjeu est dans les réactions des personnages. Des gens comme vous et moi qui vont se retrouver dans des situations bouleversantes. Aucun n’est épargné. Ils font des erreurs, ils doutent, ils sont égoïstes, ils se remettent en question. Ce ne sont pas des Badass, mais ils sont bien plus forts dans leur tête. C‘était d’autant plus crédible que leurs questionnements étaient légitimes et faisaient écho aux miens : et moi, qu’aurais-je fais dans cette situation ? L’identification est aisée dans ces conditions.
Certaines scènes et idées sont dures, mais je n’ai pas trouvé l’ambiance déprimante pour autant. L’ensemble est très crédible, notamment en ce qui concerne les réactions de l’armée ou des gens. Le traitement est intelligent, les descriptions suffisaient à rendre compte de l’atmosphère oppressante et stressante.
En conclusion, une belle réussite que ce roman ! J’ai passé un très bon moment et je n’ai pas vu passer les pages ! Je vous recommande les thrillers 100% français de notre ami Christophe ^^ Son dernier roman, Chute, vient de paraître, cette fois, promis je n’attendrai pas aussi longtemps pour me le procurer !
Chronique : Je suis ton ombre
Nous nous retrouvons cette fois en compagnie de Poil de Carotte, un enfant de 12 ans paumé dans nos Landes profondes. Encore une fois, l’auteure nous plonge dans un univers de violence, parfois exceptionnelle (avec des meurtres) parfois courante (malheureusement) : verbale, harcèlement scolaire, pauvreté, cruauté envers les animaux. Je suis passée par des phases où j‘ai détesté Poil de Carotte pour ce qu’il faisait subir aux autres (la Baudruche ;___;), et par des phases où je l’ai pris en pitié, où j’ai compati pour lui. Car ce pauvre gosse n’a pas du tout une vie facile, pourtant, il est comme vous et moi au départ. J’ai quand même eu du mal à me dire qu’il n’avait que 12 ans et que dire de Melie, 10 ans ? Oo Ça fait flipper !
Clairement, il se passe des choses dérangeantes dans ce roman qui n’est pas à mettre entre toutes les mains. Pourtant, rien n’est banalisé et chaque acte cruel est soit justifié, soit accompagné de remords ou de doutes. Rien n’est réellement gratuit. Et c’est habile car on est quasiment obligé de prendre le parti de Poil de Carotte : ce n’est qu’un enfant à l’enfance brisée, délaissé par son père, qui a dû grandir trop vite et qui doit porter de lourdes responsabilités. Ses erreurs, qui peut garantir que nous ne les aurions pas faites également ? Qu’avons–nous fait dans notre enfance pour gagner l’intérêt des caïds de la cour de récré ? Bon, Poil de Carotte va tout de même loin, je ne peux cautionner certains de ses actes mais impossible de le condamner pour autant.
La plume de Morgane est moderne, crue, violente, vulgaire et pourtant c’est un régal à lire. Cela colle à merveille au thème, aux personnages et au lieu. Il y a toute une partie qui se déroule dans le passé au niveau de la Nouvelle Orléans et des Bayous si chers au cœur de l’auteure. Dans cette partie, la plume change pour s’adapter aux personnages et à l’époque.
L’ensemble sonne très juste. Je n’ai pas grandi dans les Landes, mais je les connais un peu, une de mes meilleures amies (qui était au lycée avec l’auteure d’ailleurs) est une pure Landaise donc je sais comment c’est, je sais que l’auteure y dépeint une vérité crue. Cela se ressent et donne une grande authenticité aux descriptions et à l’ambiance. De la même manière, l’immersion dans le Bayou était très travaillée.
Ici, nous en apprenons davantage sur Gabriel, l’enfant vampire découvert dans le précédent roman. Son enfance est atypique, à la hauteur du personnage. J‘ai été contente de suivre son histoire et de connaître le contexte de sa transformation en vampire. D’ailleurs, la vision de l’origine vampirique de l’auteure est originale, ça change ! Quant au titre, je m’interroge encore : s’agit-il du verbe « être » ou bien du verbe « suivre » ? Les deux collent, je me demande si c’est voulu !
Bref, ce n’est pas un coup de cœur mais c’est uniquement parce que Dans les veines avait placé la barre très haut ! Ce roman est dur, glauque, réaliste, intelligent. C‘est assez intimiste et j’ai eu plusieurs fois l’impression d’être un voyeur, d’assister à des scènes auxquelles je n’aurais pas dû avoir accès.
En conclusion, j’ai adoré ma lecture et j’ai vraiment hâte de lire son prochain roman. Toutefois, ce roman ne conviendra pas à tout le monde. Vous voilà prévenus !
Chronique : le jardin des silences
Ainsi, j’ai été émue par des textes comme Le pollen de minuit, Un bal d’hiver et Trois renards. J’ai été prise aux tripes par Le Jardin des silences qui est ma nouvelle coup de cœur du recueil. C’est un texte fort, puissant, qui met en scène des personnes qui pourraient être vous ou moi. Cela sonne juste, c’est réaliste et c’est d’autant plus prenant. De la même manière, L’autre route m’a beaucoup plu. J‘ai eu peur que l’auteure tombe dans la facilité mais non, elle s’en sort très bien avec ce texte où l’on suit un père divorcé et sa fille qui se retrouve bloquée dans la relation brisée de ses parents. Encore une fois c’est juste, réaliste et ça touche là où ça fait mal.
Certains nouvelles ont suscité des émotions plus violentes chez moi, à l’instar de Swan le bien nommé et Miroir de porcelaine.
Malgré des thématiques sombres et difficiles comme le deuil, le meurtre, le sacrifice, les relations familiales brisées, l’atmosphère générale n’est pas déprimante car pour chaque texte, il y a une lueur d’espoir. Du coup, pour certains textes, j’attendais plus de noirceur, je n’y aurais pas toujours mis de l’espoir.
J’ai donc passé un très bon moment en compagnie de ce recueil de nouvelles. La plume de Mélanie Fazi est précieuse, rare et terriblement efficace, je vais donc me pencher davantage sur ses travaux.










