Chronique : Tragic Circus


Cécile Guillot et Mathieu Guibé
Auteurs français, voir le site de Cécile et Mathieu
Editions du Chat Noir
Fantastique
14,90€
213 pages
J’ai précommandé ce roman sans l’ombre d’un doute. Déjà, la couverture par Mina M. est sublime, ensuite le thème des cirques est si propice au fantastique et au glauque et, enfin, je connais les plumes des deux auteurs et je sais qu’ensemble ils font des merveilles.
Le livre est sorti en avril et je l’ai lu donc très rapidement. En moins d’une journée pour être exacte XD Cela fait parfois du bien de pouvoir dévorer un livre en quelques heures, même si c’est terriblement frustrant pour les auteurs qui ont passé des mois à travailler dessus.
Tout d’abord, l’objet livre est très beau, accompagné d’une magnifique couverture et d’un revêtement agréable au touché. Chaque chapitre a un en-tête illustré et les bas de pages sont parsemés d’étoiles. Le tout fait donc très soigné ^^
Nous suivons les aventures de Cătălina, diseuse de bonne aventure, qui se retrouve seule à la mort de sa grand-mère et va vouloir travailler dans le cirque Andréani afin de gagner un peu sa pitance en compagnie d’autres personnes. La surprise c’est que nous suivons aussi Pierre et Hortense, un couple d’artistes sans un sou qui ont tout quitté pour vivre de leur passion.
Alors que Cătălina souhaite trouver sa place et aider son prochain sans trop savoir dans quoi elle met les pieds, Pierre et Hortense ne rêvent que de vivre de leur art. Dans une grosse première moitié, nous apprenons à connaitre ces personnages. Nous découvrons comment Pierre et Hortense se sont connus et ont, enfin, atteint leurs objectifs. De l’autre côté, nous faisons la connaissance du cirque et de ses occupants qui sont plus complexes qu’il n’y paraît. Tous ont un don dont ils souffrent. Le cirque, vendu comme une grande famille, fourmille de non-dits, de secrets tragiques et de destins brisés. Le tout chapeauté par Andréani, un directeur sordide, pervers et malveillant. Honnêtement, en tant que femme, j’ai été très gênée à chacun de ses petits gestes déplacés, ce qui prouve à quel point je m’étais bien identifiée à Cătălina.
Pendant donc toute une partie du récit, nous restons dans l’étrange mais sans vraiment de surnaturel et nous survolons l’horreur. Petit à petit, les choses se dégradent du côté de Pierre et Hortense et cette partie a été très subtile et terriblement humaine. Tous les sentiments de Pierre, je les ai ressentis. Impossible de ne pas le comprendre, impossible de ne pas jalouser Hortense alors qu’elle est pourtant l’incarnation de la gentillesse. Le lecteur tombe dans la même spirale que Pierre.
Je vais m’arrêter là car après je vais trop spoiler. En tout cas, si une bonne partie du roman est parsemée de touches malsaines, glauques et dérangeantes, la fin est bien plus sanglante. Le tragique prend alors toute sa signification. L’horreur ne provient pas seulement des monstres de foire mais bel et bien de l’esprit humain. Personne n’est épargné et le tableau d’ensemble dépeint toute une palette de défauts Toutefois, il reste une touche d’espoir, représentée par Cătălina.En dépit des thèmes traités, ce n’est pas une lecture plombante ou déprimante.
En conclusion, c’est un roman qui, malgré son format court, arrive à traiter de beaucoup de thèmes. Le lecteur ne ressort pas indifférent face à la détresse des personnages ainsi qu’aux horreurs qui sont décrites, aussi bien physiques que psychologiques. Les plumes et univers combinés des auteurs nous offrent un récit où la beauté côtoie l’innommable, où l’espoir est mis à rude épreuve par la jalousie, l’ambition et les regrets. Le lecteur s’interroge aussi sur ses propres motivations, ses propres rêves et le prix à payer pour parfois y parvenir.
Ma note : :star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Martyrs T1

Olivier Peru
Auteur francophone, voir le site
J’ai Lu
Fantasy
9,90
766 pages

Olivier Peru est un auteur dont j’entends beaucoup parler mais que je n’avais pas encore eu l’occasion de lire. C’est donc avec ce premier tome de Martyrs que je le découvre et, ma foi, je suis très contente de cette rencontre 🙂 Le roman avait beau être une belle brique de plus de 700 pages, je l’ai lu rapidement (14 jours). 

Déjà, il faut préciser que l’auteur est un vrai conteur. Ce n’est pas pour rien qu’il œuvre aussi bien dans les romans, les BD, les jeux vidéos et autres. Sa plume est fluide, belle et envoûtante. Ses descriptions sont précises sans être lourdes et son univers, bien que très riche, a été un régal à découvrir. Le roman était passionnant et il m’a tout de suite transportée dans ses contrées.

La véritable force de ce roman réside dans ses personnages. Nous suivons plusieurs points de vue, principalement ceux d’Irmine et Helbrand les tueurs Arserkers, celui de Kassis, jeune héritière prisonnière de sa cage dorée, celui de Cavall, l‘homme de l’Ouest qui veut renverser la royauté et enfin celui du roi. Dans quelques chapitres nous sommes envoyés dans les pensées de personnages secondaires pour appronfondir certains passages. 

J’ai adoré les deux frères. Si différents l’un de l’autre que mon cœur ne cessait de balancer entre les deux ! Quel duo charismatique ! A l’image de tous les personnages du roman, leur psychologie, leur passé et leurs desseins sont très soignés. Si Helbrand reste égal à lui-même, Irmine, lui, va se découvrir et évoluer au fil de l’histoire.On se prend d’affection pour eux et on prie pour que leur destin soit clément. Bon, vu le titre du livre, on se doute que malheureusement, cet espoir est vain…

J’ai aussi beaucoup aimé Kassis, que l’on imagine stéréotypée dès sa première apparition mais qui se révèle bien plus complexe, intelligente subtile et humaine que prévu. C’est un beau personnage minin, qui commet une ou deux grosses erreurs de jeunesse mais qui se remet en question puis évolue et, elle aussi, se découvre tout au long de l’histoire. Son personnage est vraiment bien mené, j’ai eu beaucoup d’empathie pour elle. 

La vraie surprise venait du roi. Un roi obèse, un roi lâche, un roi fourbe qui va lui aussi évoluer contre toute attente. Également intelligent, il nous montre sur la fin un autre visage et on viendrait presque à lui pardonner sa cruauté. Olivier Peru nous brosse là le portrait d’un roi qui ne désirait pas être couronné et qui va s’enfoncer dans la boulimie et régner avec une seule crainte : celle de la guerre. Pourtant, il montre son humanité et ses faiblesses, en particulier en compagnie de sa soeur. 

D’autres personnages gravitent autour des héros et sont tout autant travaillés, à l’exemple d‘Opimer le guerrier du roi, ou l’intendant qui a élevé Kassis comme sa fille. Cavall le révolutionnaire est intéressant et original de par sa maladie qui peut prendre sa vie du jour au lendemain. Et que dire des hommes de l’ouest qui le suivent, surtout les adolescents qui ont déjà un capital charisme impressionnant ?

Quant à l’histoire, le résumé est un peu trompeur et je ne m’attendais pas forcément à cela. Elle met un certain temps à s’installer, d’aucuns pourraient trouver ça long, mais le tout est si bien raconté que personnellement je n’ai pas vu le temps passer ^^ Nous avons droit à de beaux rebondissements, surtout à la fin. Quelques indices étaient glissés, j’ai émis des hypothèses sans être certaine de la fin. J’ai donc été très surprise et j’ai vraiment hâte de lire la suite. La réédition poche était censée sortir en mars ou ce mois-ci mais je ne le trouve pas…

En tout cas j’ai passé un excellent moment avec ce roman et je vais pouvoir m’atteler aux autres ouvrages de l’auteur sans aucune crainte.   

 
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star-half:

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Une braise sous la cendre

Sabaa Tahir
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
523 pages
J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman mais j’avais loupé le coche à la sortie du premier tome et pour être honnête j’avais un peu peur que ce soit une histoire un peu trop stéréotypée. Par chance, j’ai gagné les 2 tomes lors d’un concours et du coup je me suis attaquée à ce premier tome en m’imaginant déjà certaines choses.

J’avais tort. Et j’aime avoir tort quand le résultat est aussi bon. Car c’est un vrai coup de coeur mes amis ! Et oui, j’ai enchaîné ! Je ne vous cache pas que j’ai eu un peu de mal au départ car je quittais tout juste la plume magique de Christelle Dabos mais heureusement, le style très haché du début du roman s’améliore très vite.

Donc au niveau de l’histoire c’est tellement plus original, réfléchi, développé, tortueux parfois, que ce que le 4ème de couverture nous laisse entendre. Pour une fois, ce résumé desservait le roman, de même que l’accroche car cela ne rendait pas honneur à la complexité du livre.

L’ambiance est étonnamment stressante. J’étais très tendue tout du long, d’autant que nos héros et leurs proches ne sont au final pas du tout à l’abri. Du sang est versé, des larmes aussi et au final le roman est bien plus sombre et violent que prévu.  Il est très dur et nos héros Elias et Laia ne sont pas épargnés, autant physiquement que psychologiquement.

Malgré tout, ils arrivent à voler des instants de petits bonheur et d’insouciance grâce aux autres personnages, notamment Hélène et Keenan. Mais parlons d’abord de nos héros. J’ai à la fois aimé et été agacée par la faiblesse de Laia. Je m’explique : la jeune fille est consciente de sa lâcheté (qui est plutôt compréhensible, j’aimerai bien savoir qui parmi nous serait capable de vraiment se sacrifier pour un proche, surtout à 16 ans hein), elle la regrette et ne cesse de se sous-estimer. Ce qui est appréciable car cela la rend plus humaine, plus proche de nous, sauf qu’en même temps, on a envie de la secouer car si elle peut se remettre en question, pourquoi ne fait-elle rien ? C’est une réaction trompeuse que j’ai eu car en fin de compte, Laia agit à sa manière et elle a un mental à toute épreuve. Du coup je suis sévère envers Laia mais on est souvent plus exigeant envers les personnes dont on sait qu’ils ont les capacités nécessaires pour aller plus loin.

Elias quant à lui est un vrai coup de cœur. Il est juste génial.  J’ai aimé qu’il soit déjà un personnage intelligent et réfléchi avant même que débute l’intrigue, car l’auteure aurait pu tomber dans le cliché du soldat conditionné qui va se remettre difficilement en question après avoir rencontré l’héroïne. Honnêtement, c’est ce que j’attendais vu le résumé. La réalité est tout autre et franchement meilleure car Elias se questionne sur son futur et son académie militaire depuis bien longtemps. Mieux, on fait sa rencontre alors qu’il prépare sa désertion. Si c’est pas original ça ! C’est un jeune homme drôle, sensé, courageux, honnête et intelligent. Ses doutes et ses choix difficiles m’ont beaucoup touchée, surtout durant l’une des épreuves. C’est un personnage rare.

A coté de nos héros nous avons donc des personnages secondaires très intéressants. J’ai bien aimé Keenan même s’il est plus classique, Hélène est très importante et on est obligé de l’apprécier malgré son rôle dans le cercle amoureux. Quant à la Commandante, j’ai au départ été refroidie, je me disais « mais pourquoi tant de haine ? » car franchement, elle était extrême et je ne voyais pas d’intérêt à une telle violence. Heureusement, l’auteure ne s’attarde pas trop sur cet aspect de sa personnalité, elle préfère nous montrer à quel point cette femme exécrable veut tuer son fils XD La belle-même idéale ! Son caractère est d’ailleurs plus poussé que juste « la méchante », on l’apprend et on le devine au fil du roman.

 Au-delà d’une intrigue étonnante, bien plus fouillée qu’il n’y paraît de prime abord, le monde est très inspirant. On découvre une touche de fantastique avec des créatures qui ont de la gueule, comme les Djinn,  ainsi qu’une Histoire qui explique beaucoup de choses sur le contexte actuel du roman.

En conclusion, c’est un roman dense, prenant, bien plus complexe et intelligent que prévu, qui m’a fait ressentir beaucoup d’émotions et de stress. Je suis bluffée par la puissance du récit à laquelle je ne m’attendais pas, c’est un très bon roman.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : La passe-miroir T1 Les fiancés de l’hiver

Christelle Dabos
Auteure francophone (voir le site)
Gallimard jeunesse
Fantasy, jeunesse
18 €
521 pages
J’arrive après la bataille pour ce roman qui a déjà conquis la blogosphère ! Je viens ajouter mon coup de coeur à la très nombreuse liste car ce roman est juste génial *____* Je l’ai dévoré en moins de 3 jours top chrono.

C’est un roman absolument immersif et passionnant dès les premiers chapitres. Il est très original et la plume est d’une fluidité rare. Je n’ai eu ni longueur,  ni zone trouble ni maladresse. Un régal, je vous dis, un régal.

L’histoire est riche, l’univers est époustouflant et les deux héros sont géniaux. Oui, ça fait beaucoup de compliments tout ça. Ophélie est une héroïne rare. Elle sonne si juste à mes yeux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle, moi qui suis plus observatrice qu’actrice, plutôt taiseuse, discrète et ermite. Contrairement à beaucoup d’héroïnes du moment, elle n’est ni neuneu, ni badass, elle n’a pas à cumuler des erreurs plus grosses qu’elle pour grandir. Elle est déjà intéressante et forte avant d’entrée dans le vif du sujet. Son évolution est donc subtile.

Sa famille n’est pas un cadeau mais, à l’image d’Ophélie, j’ai appris à apprécier Tante Roseline, que j’imaginais en espèce de Professeur McGonagall XD C’est un sacré personnage qui a aussi une grande force et un sens de la famille très honorable. A l’inverse, je n’ai pas eu du tout de sympathie pour Berenilde. On en apprend davantage sur elle vers la fin du roman et, si je peux la comprendre, elle m’a plus fait pitié qu’autre chose.

Quant à Thorn… quel sacré phénomène celui-là ! J’en ai connu des héros sombres, taiseux, rustres mais qui deviennent de vrais guimauves ou bien des protecteurs horripilants au bout de 10 pages. Lui, reste très fidèle à lui-même, tout en évoluant de manière subtile là aussi. Je n’ai jamais autant voulu qu’un couple se forme qu’entre ces deux-là mais le chemin est semé d’embuches… à commencer par nos héros eux-mêmes.  Thorn est vraiment un personnage exceptionnel, plus complexe qu’il n’en a l’air. Tous les deux sont très bien assortis même s’ils ne le savent pas encore 😉 J’ai aimé que l’auteur nous montre que les sentiments ne se commandent pas et qu’il faut du temps, beaucoup de temps, pour les développer contrairement à ce qui est à la mode dans les romances actuelles.

Leur relation est donc faite de hauts et de bas, de petites confessions et de désillusions. Il y a des rebondissements, des trahisons, des manipulations. La Citacielle (non je n’ai pas fait une faute de frappe ^^) est un nid de vipères, c’est dingue. A croire que c’est Cersei de Game of Throne  qui en est la créatrice.

A la fin de ma lecture, j’ai été étonné de découvrir qu’en fait l’ambiance générale était très morose. Je me suis rendue compte que la pauvre Ophélie n’avait probablement pas souri ni ri de presque tout le roman. C’était assez déprimant en fin de compte. Heureusement il y a des touches de positif et d’espoir, avec notamment les autres personnages qui croisent la route d’Ophélie. Il fallait quelques alliés pour équilibrer la balance ! Mention spéciale pour l’écharpe qui était si mignonne et qui ajoutait une touche humoristique.

Dans ce premier tome, je me suis rebellée, je me suis sentie trahie, j’ai souffert, j’ai eu de l’empathie, des espérances, des déconvenues. Bref, j’ai ressenti, j’ai vécu ce roman. C’était une lecture profonde, intelligente, servie par une plume superbe.

Bon, en gros j’ai eu un méga coup de cœur ^^  Mais ça, je pense que vous l’avez compris, non ?

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois d’avril : Lire uniquement des premiers tomes de série
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

Chronique : Le camp

Christophe Nicolas
Auteur francophone (voir la page Facebook)
Pocket 
Thriller
8,50
415 pages

J’ai découvert Christophe Nicolas au salon Eternelle Fantasy en 2013 où je tenais un stand. Je le connaissais de nom, édité aux Editions du Riez, mais je n’avais pas lu ses livres. Et comme je suis une timide doublée d’une ermite je n’étais pas allée le voir XD Mais j’ai lu son Projet Harmonie (je n’ai pas la chronique sur le blog) et j’avais vraiment bien aimé. Du coup, je suis ses projets avec attention et j’avais repéré Le camp depuis sa sortie chez Outre Fleuve. Mais comme je privilégie les achats en librairie ou salon et que ma librairie biarrote n’est pas toujours très calée en SFFF et encore moins francophone, j’ai tardé à l’acquérir. D’ailleurs, je l’ai acheté en gare Montparnasse alors que j’étais en pénurie de lecture !

Bon, arrêtons l’introduction et parlons de ce roman. Il s’agit d‘un thriller haletant, prenant et très ancré localement, ce qui est la marque de fabrique de l’auteur. Nous sommes donc dans le Sud-Est (à prononcer avec l’accent c’est mieux ^^) avec de bons franchouillards : Titi le perturbé mental, du Pascal, du Doume et le patois. Niveau ambiance, c’est bien posé ! 

J’ai d’abord été surtout intéressée par l’histoire centrée autour de Cyril, qui disparaît une nuit avec l’ensemble du village de La Draille pour se retrouver enfermé dans un caisson étrange.  Tout au long du roman, j’ai échafaudé pleins d’hypothèses, qui se vérifiaient parfois ou à l’inverse m’avaient mené loin de la vérité. L’auteur nous donne des indices mais toute ma lecture je me suis posée la question : extraterrestre ou pas extraterrestre ? Car il nous donne des pistes, oui, mais il les brouille, il nous met le doute. Nous sommes perdus, à l’instar les personnages, mais ce n’est pas flou pour autant. 

Nous suivons en parallèle Marie, la compagne de Cyril, qui vit les événements qui ont suivi la disparition du héros. Et si je n’ai pas vraiment fait attention à elle, à la fin d’un chapitre tout a basculé. Je m’étais bien fourvoyée sur le sens du titre. L’auteur a été très habile, et j’ai rarement autant aimé être menée en bateau

Comme tout bon thriller, l‘explication n’est donnée qu’à la toute fin, et elle est cohérente. Certaines de mes hypothèses étaient justes mais incomplètes. Grâce aux différents personnages que Cyril rencontre, nous avons le fin mot de l’histoire. Je me demandais comment l’auteur allait conclure et je suis satisfaite, ça se tient, c’est porteur d’espoir et tout est bien ficelé même si on a quelques zones obscures le lecteur doit faire travailler son imagination.

Globalement, nous sommes dans un roman qui se concentre sur la psychologie et les personnages. Je ne pouvais pas m’empêcher de comparer ce roman avec les films d’auteurs, en me disant qu’un américain aurait tout fait exploser. Ici, l’enjeu est dans les réactions des personnages. Des gens comme vous et moi qui vont se retrouver dans des situations bouleversantes. Aucun n’est épargné. Ils font des erreurs, ils doutent, ils sont égoïstes, ils se remettent en question. Ce ne sont pas des Badass, mais ils sont bien plus forts dans leur tête. C‘était d’autant plus crédible que leurs questionnements étaient légitimes et faisaient écho aux miens : et moi, qu’aurais-je fais dans cette situation ? L’identification est aisée dans ces conditions.

Certaines scènes et idées sont dures, mais je n’ai pas trouvé l’ambiance déprimante pour autant.  L’ensemble est très crédible, notamment en ce qui concerne les réactions de l’armée ou des gens. Le traitement est intelligent, les descriptions suffisaient à rendre compte de l’atmosphère oppressante et stressante. 

En conclusion, une belle réussite que ce roman ! J’ai passé un très bon moment et je n’ai pas vu passer les pages ! Je vous recommande les thrillers 100% français de notre ami Christophe ^^ Son dernier roman, Chute, vient de paraître, cette fois, promis je n’attendrai pas aussi longtemps pour me le procurer !

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

 



Chronique : Je suis ton ombre

Morgane Caussarieu
Auteure francophone (voir le site)
Mnemos (collection poche Hélios)
Fantastique
10,90
331 pages

J’avais eu un véritable coup de cœur l’an dernier pour Dans les Veines, c’est donc avec un grand plaisir que je me suis lancée dans cette suite qui peut se lire indépendamment (même si la lecture a davantage de puissance quand on connaît l’histoire précédente). 

Nous nous retrouvons cette fois en compagnie de Poil de Carotte, un enfant de 12 ans paumé dans nos Landes profondes. Encore une fois, l’auteure nous plonge dans un univers de violence, parfois exceptionnelle (avec des meurtres) parfois courante (malheureusement) : verbale, harcèlement scolaire, pauvreté, cruauté envers les animaux. Je suis passée par des phases j‘ai détesté Poil de Carotte pour ce qu’il faisait subir aux autres (la Baudruche ;___;), et par des phases où je l’ai pris en pitié, où j’ai compati pour lui. Car ce pauvre gosse n’a pas du tout une vie facile, pourtant, il est comme vous et moi au départ. J’ai quand même eu du mal à me dire qu’il n’avait que 12 ans et que dire de Melie, 10 ans ? Oo Ça fait flipper !

Clairement, il se passe des choses dérangeantes dans ce roman qui n’est pas à mettre entre toutes les mains. Pourtant, rien n’est banalisé et chaque acte cruel est soit justifié, soit accompagné de remords ou de doutes. Rien n’est réellement gratuit. Et c’est habile car on est quasiment obligé de prendre le parti de Poil de Carotte : ce n’est qu’un enfant à l’enfance brisée, délaissé par son père, qui a dû grandir trop vite et qui doit porter de lourdes responsabilités. Ses erreurs, qui peut garantir que nous ne les aurions pas faites également ? Qu’avonsnous fait dans notre enfance pour gagner l’intérêt des caïds de la cour de récré ? Bon, Poil de Carotte va tout de même loin, je ne peux cautionner certains de ses actes mais impossible de le condamner pour autant.

La plume de Morgane est moderne, crue, violente, vulgaire et pourtant c’est un régal à lire. Cela colle à merveille au thème, aux personnages et au lieu. Il y a toute une partie qui se déroule dans le passé au niveau de la Nouvelle Orléans et des Bayous si chers au cœur de l’auteure. Dans cette partie, la plume change pour s’adapter aux personnages et à l’époque. 

L’ensemble sonne très juste. Je n’ai pas grandi dans les Landes, mais je les connais un peu, une de mes meilleures amies (qui était au lycée avec l’auteure d’ailleurs) est une pure Landaise donc je sais comment c’est, je sais que l’auteure y dépeint une vérité crue. Cela se ressent et donne une grande authenticité aux descriptions et à l’ambiance. De la même manière, l’immersion dans le Bayou était très travaillée

Ici, nous en apprenons davantage sur Gabriel, l’enfant vampire découvert dans le précédent roman. Son enfance est atypique, à la hauteur du personnage. J‘ai été contente de suivre son histoire et de connaître le contexte de sa transformation en vampire. D’ailleurs, la vision de l’origine vampirique de l’auteure est originale, ça change ! Quant au titre, je m’interroge encore : s’agit-il du verbe « être » ou bien du verbe « suivre » ? Les deux collent, je me demande si c’est voulu !

Bref, ce n’est pas un coup de cœur mais c’est uniquement parce que Dans les veines avait placé la barre très haut ! Ce roman est dur, glauque, réaliste, intelligent. C‘est assez intimiste et j’ai eu plusieurs fois l’impression d’être un voyeur, d’assister à des scènes auxquelles je n’aurais pas dû avoir accès. 

En conclusion, j’ai adoré ma lecture et j’ai vraiment hâte de lire son prochain roman. Toutefois, ce roman ne conviendra pas à tout le monde. Vous voilà prévenus !  

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le rouge)
Ma note : :star::star::star::star::star:

 



Chronique : le jardin des silences

Mélanie Fazi
Auteure francophone (voir le site)
Bragelonne
Fantastique
15
250 pages

Je ne connaissais Mélanie Fazi que de nom et je dois avouer que sa renommée est amplement méritée car sa plume est vraiment superbe. Ce recueil de nouvelles est une preuve flagrante de son talent. Au fil des histoires, on rencontre des personnages lambda qui portent des destins brisés, ces hommes et ces femmes sont perdus, meurtris, pleins de ressentiment. 

Ainsi, j’ai été émue par des textes comme Le pollen de minuit, Un bal d’hiver et Trois renards. J’ai été prise aux tripes par Le Jardin des silences qui est ma nouvelle coup de cœur du recueil. C’est un texte fort, puissant, qui met en scène des personnes qui pourraient être vous ou moi. Cela sonne juste, c’est réaliste et c’est d’autant plus prenant. De la même manière, L’autre route m’a beaucoup plu. J‘ai eu peur que l’auteure tombe dans la facilité mais non, elle s’en sort très bien avec ce texte où l’on suit un père divorcé et sa fille qui se retrouve bloquée dans la relation brisée de ses parents. Encore une fois c’est juste, réaliste et ça touche là où ça fait mal.

Certains nouvelles ont suscité des émotions plus violentes chez moi, à l’instar de Swan le bien nommé et Miroir de porcelaine

Malgré des thématiques sombres et difficiles comme le deuil, le meurtre, le sacrifice, les relations familiales brisées, l’atmosphère générale n’est pas déprimante car pour chaque texte, il y a une lueur d’espoir. Du coup, pour certains textes, j’attendais plus de noirceur, je n’y aurais pas toujours mis de l’espoir

J’ai donc passé un très bon moment en compagnie de ce recueil de nouvelles. La plume de Mélanie Fazi est précieuse, rare et terriblement efficace, je vais donc me pencher davantage sur ses travaux.

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le vert)
Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:
 

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition

 



Chronique : La nuit des coeurs froids



Esther Brassac
Auteur francophone
Le Chat Noir
19,90€
428 pages



Si je ne me trompe pas, j’ai acheté ce roman l’an dernier avec les box proposées par l’éditeur, d’ailleurs j’avais adoré le principe, j’espère que l’opération sera renouvelée… bon d’un autre côté j’ai déjà quasiment tous les bouquins qui m’intéressent chez cette maison d’édition XD

Bref, je ne connaissais pas du dout l’auteure, Esther Brassac, et je n’avais pas vu passer beaucoup d’avis sur ce roman. J’y suis donc allée au feeling,  ce qui peut parfois s’avérer à double tranchant. Cette fois, heureusement, pas de mauvaise pioche 🙂

Le roman est très surprenant au premier abord. La narration est à la fois soutenue et décalée. On se situe dans un monde alternatif, c’est du moins comme ça que je l’ai compris. L’auteure modifie certains mots ou noms propres comme Brom Stalker ou octumbéöl pour le mois d’octobre. J’ai trouvé ça déroutant au départ et ensuite je me suis dit que cela faisait partie du jeu pour montrer que nous nous trouvions dans un univers alternatif justement. 
J’ai été intriguée et séduite dès les premières pages. J’ai tout de suite adoré Harald le vampire psychique. Quel sacré personnage ! Il est tout simplement génial ! Il est très original, complètement décalé et comme moi il parle aux objets et aux plantes XD Il m’a fait beaucoup rire et j’ai eu d’emblée beaucoup d’affection pour lui. Il est drôle et frais, très loin de l’image habituelle du vampire. Je me suis régalée à suivre ses aventures. Coup de coeur pour Mouscarpion, mais quel adorable familier *___* Il est super chou et j’entendais presque sa petite voix télépathique qui répétait chaque dernier mot. Ils forment un duo adorable. 
Pétunia m’a énormément plu. Imaginez, une goule journaliste qui a un phrasé complètement chamboulé. Avec Harald (et Mouscarpion) c’était mon personnage préféré. Que d’originalité ! Antoine était touchant, humain qui débarque à Glasgow, inconscient des événements à venir. Je l’ai davantage vu comme un personnage liant que comme un héros, à l’image d’Harald. Je parle aussi des policiers avec Petrovitch, qui présente le profil type de l’inspecteur en littérature, à savoir bougon XD Même s’il est peu intervenu, Embert était assez drôle. Je ne sais pas pourquoi, avec son accent et son côté déphasé, il me faisait penser à un mix entre Abe et l’allemand à tête de scaphandre dans Hellboy.Pour terminer sur les personnages, je n’ai par contre pas trop adhéré au groupe d’immortels dont Nicolas Flamel qui m’a laissé de marbre. D’un autre côté, avec tous les autres personnages haut en couleur à côté, la comparaison était dure.

Le livre est gros et si la fin était un peu longuette (mais j’étais très fatiguée ces derniers jours, ça a pu jouer sur mes impressions), j’ai été passionnée pendant la majeure partie de l’histoire. Les enquêtes sont bien menées, il y a des rebondissements et on se demande vraiment comment les héros vont s’en sortir. A mes yeux, ce n’est pas vraiment l’histoire qui importe ici mais bel et bien la brochette de personnages uniques, attachants et bourrés d’humour (volontaire ou non). On a envie de les accompagner et de les rencontrer en vrai.

En conclusion, c’est un roman steampunk atypique, à l’écriture parfaitement maîtrisée, mené par des personnages géniaux. C’est donc une très bonne découverte pour moi et je pense qu’à l’occasion je me laisserai tenter par le dernier né de l’auteure (toujours aux Editions du Chat Noir). La fin est ouverte pour certains personnages, peut-être les reverrons-nous dans ce nouveau roman justement ?

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le violet)

Ma note : :star::star::star::star::star-empty:


*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition


Chronique : Promesse

Jussi Adler Olsen
Albin Michel
Thriller/policier
22,90€
649 pages
Cela faisait un moment que je n’avais pas lu cette série mais j’ai replongé avec un grand plaisir dans les aventures de notre trio préféré : Carl, Assad et Rose. Nous les retrouvons quelques années plus tard mais rien n’a vraiment changé entre eux. Leur alchimie est parfaite, ils sont très différents et pourtant attachants chacun à leur manière. Dans ce roman nous en apprenons davantage sur le passé de Rose, ce qui la rend touchante.
Le roman démarre fort, c’est prenant et on est tout de suite aux côtés des inspecteurs dans leur enquête. Avec les flash back et les points de vue d’autres personnages, on a très vite des suspects et on devine ce qui s’est passé pour la pauvre Alberte… tout du moins, le croyais-je ! Pendant tout le récit je me suis dit « c’est X le coupable, il suffit juste que les enquêteurs arrivent à remonter jusqu’à ce personnage ». J’étais donc très curieuse sur la manière dont cela allait se passer et entrer dans l’esprit de criminel est toujours très surprenant.
L’auteur réussit la pirouette de nous réserver des surprises alors que je pensais connaître tous les fils de l’intrigue. Il est très fort ! Tout se tient et pourtant il m’a mené en bateau tout au long de ma lecture. J’ai eu aussi de l’empathie pour Alberte, bien qu’elle soit morte et que personne ne l’ait connue dans l’équipe.
Il y avait beaucoup de haine et de ressentiment dans ce roman, ce qui est paradoxal puisque nous nous confrontons à une secte dont l’objectif est au contraire d’apporter la paix et la sérénité. L’auteur a fait d’énormes recherches sur l’ésotérisme et les sectes qu’il nous livre sans nous assommer pour autant.
Bref, un roman prenant, qui nous offre encore une fois une intrigue indépendante mais avec en toile de fond les relations des trois personnages et de nouvelles perspectives sur leur passé.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le vert)
Ma note:star::star::star::star::star-half: