Chronique : Une flamme dans la nuit

Sabaa Tahir
Traduction :Hélène Zylbrait
Pocket Jeunesse
Fantasy, jeunesse
18,90 €
541 pages
Après avoir eu un coup de cœur pour le premier tome lu en avril, j’avais hâte de me plonger dans la suite. Nous retrouvons Elias et Laia là où nous les avions laissés, c’est-à-dire dans le pétrin ! À l’image du premier tome, l’action s’enchaîne et le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. La voix d’Hélène, meilleure amie d’Elias, est désormais incluse dans la narration, ce qui nous donne un point de vue de l’Empire. Le personnage d’Hélène est à l’image de tout le roman : loin des clichés. Car si au départ je pensais que cette jeune femme n’était là que pour l’éternel triangle amoureux, j’ai dû revoir mon jugement. L’auteure nous livre ici une histoire bien plus complexe et intéressante que prévu. Elle ne cesse de me surprendre de manière positive. 

J’ai légèrement moins aimé ce tome. Il faut dire que le premier avait frappé fort, la surprise est passée malgré les nombreux rebondissements. Même si ce tome nous offre son lot de souffrance, de morts et de sang, j’ai moins ressentie l’ambiance tendue et glauque du premier livre. Des choix irrémédiables sont faits, la loyauté des héros est mise à rude épreuve face aux trahisons. Amour, amitié et courage sont au rendez-vous… et toujours avec une originalité étonnante et un univers riche. 

De nouveaux personnages se greffent aux héros, d’origine ou de nature inattendue. J’ai été bluffée par certaines révélations ! Parmi les nouveaux, justement, j’ai énormément aimé Harper. Chez nos héros, Hélène prend de l’ampleur et je l’ai beaucoup apprécié ici. Son cœur balance entre Elias, désormais un traître aux yeux des Martiaux, et l’Empire. Son dilemme est bien traité, le lecteur partage ses doutes. 

Laia s’améliore mais à mes yeux elle n’arrive pas à la cheville d’Elias qui est un héros absolument génial. Il est courageux, loyal, intelligent, très juste et attachant. Il n’est pas exempt de défauts comme tout un chacun mais ça ne le rend que plus humain. 

En bref, c’est une suite attrayante, ponctuée de révélations surprenantes. Il s’agit plus d’une course contre la montre là où le premier tome se déroulait davantage en huit clos. Les personnages se développent, l’histoire avance, les rebondissements cassent les ficelles habituelles du genre et je meurs d’envie de connaître le fin mot de l’intrigue.

 

Ma note : :star::star::star::star::star-half:

Chronique Aeternia 2 : L’envers du monde

Gabriel Katz
Auteur français, voir la page Facebook
Scrinéo
Fantasy
20 €
390 pages
Ma première constatation lorsque j’ai ouvert ce second tome d’Aeternia a été que j’ai commis une grave erreur en laissant passer autant de temps entre ma lecture des deux tomes. En effet, j’ai lu le premier tome en juin 2016 et comme je l’avais prêté, je n’ai pas pu relire les dernières pages. L’Envers du Monde n’offre pas de résumé du premier tome et sa 4ème de couverture est très floue. Du coup, j’ai mis du temps avant de me replonger dans l’histoire et je ne savais plus qui était le ou les traîtres.

Alors oui, c’est un Page turner comme on dit. C’est haletant, c’est bourré de bonnes idées, le héros de ce tome-ci, Desmeon est attachant, l’univers est vraiment intéressant et encore une fois l’auteur aime nous surprendre et mettre à mal les codes du genre. On enchaîne l’action, les trahisons, les injustices, des scènes difficiles à supporter, quelques accalmies, des manipulations etc. Malheureusement, je n’ai pas été conquise contrairement au premier tome.

La faute a un rythme qui ne m’a pas convaincu, où des scènes importantes concernant la psychologie des personnages et les liens qui se créent ou se dissolvent sont traitées trop rapidement alors que des scènes de bataille dans la ville se multiplient par exemple. L’aspect temporel était aussi bizarrement abordé puisque nous avons de l’action à foison en quelques heures puis de gros creux de plusieurs semaines pendant lesquelles l’histoire n’avance pas alors qu’une révolte ravage la ville. On a des révélations tout au long du récit, comme par exemple la nature du prophète… mais cette information n’est pas exploitée.

J’ai donc retrouvé ici les défauts que j’avais soulignés dans le dernier tome du Puits des Mémoires. L’auteur nous fait des révélations fracassantes puis hop elles sont balayées. Un personnage important meurt en fin du premier tome, c’est un tsunami… et c’est à peine évoqué dans le début du second qui prend pourtant place tout de suite après. On préfère s’attarder sur les frasques d’un autre personnage plutôt que sur les émotions. Cela m’a déçue, tout le monde s’en contrefiche.

Les personnages sont intéressants et ont du potentiel, même si Desmeon ressemble un peu trop à Olen du Puits des Mémoires, Synden est très prometteuse, Ismaen le grand prêtre aussi, ainsi que Varian, le chroniqueur. Le bât blesse au niveau des relations où tout est trop rapide, trop superficiel pour que l’on puisse réellement y croire. La révélation finale sur Desmeon manque de base tout au long du récit, ça arrive comme un cheveu sur la soupe, cela aurait mérité davantage de préparation.

En bref, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé mais encore une fois l’auteur place la barre très haut dans le premier tome et ne nous offre pas de suite à la hauteur malheureusement. C’est donc une déception car je m’attendais à mieux avec de telles idées ! C’est d’autant plus frustrant que l’auteur est très sympathique et que son univers me plaît !

Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Récits du Demi-Loup T1 Véridienne

Chloé Chevalier
Auteure française, voir la page facebook
Les moutons électriques
Fantasy
19,90 €
376 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en septembre à Chloé Chevalier, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur leur blog 🙂 

J’ai vu passer de nombreuses critiques élogieuses sur les trois tomes déjà publiés de cette série de fantasy j’étais donc ravie de pouvoir participer à ce « mois de » afin de découvrir à mon tour cette auteure. 

Que vous dire si ce n’est que j’ai dévoré ce livre (bon je suis en arrêt de travail, ça aide !). J’ai été littéralement happée et passionnée par ce premier tome. Pourtant, il n’y a guère d’action, il s’agit, comme son nom l’indique, de récits sur le royaume du Demi-Loup. La plume extraordinaire de l’auteure et son don pour conter les différentes histoires a rendu ma lecture immersive et très intéressante.  

Nous suivons ainsi l’adolescence de 2 princesses, Malvane et Calvina, leurs Suivantes, Cathelle, Nersès et Lufthilde, ainsi que le point de vue du prince héritier Aldemor. Nous les accompagnons sur plusieurs années avec en parallèle les déboires politiques du royaume. Chose surprenante : aucun de ces six personnages ne sort du lot. Je veux dire qu’ils sont tous traités sur un plan d’égalité dans le récit. Ils ont tous des qualités et des défauts et ils commettent bien des erreurs. Du coup, dès que l’un ou l’autre des personnages m’apparaissait comme celui ou celle avec qui je pourrais le mieux m’identifier, paf il/elle faisait une bourde ou révélait son égoïsme, son côté le plus puéril, etc. Au final, je me suis attachée à tous sous forme d’un groupe. Peut-être ce point de vue changera-t-il puisque le groupe finit par se dissoudre, ainsi va la vie. Je dirais que le fait de ne pouvoir s’identifier à un seul personnage est original (peut-être fait exprès de la part de l’auteure) mais cela m’a aussi un peu manqué.

Le récit est très original et très subtil. Nous avons des périodes d’insouciances et de potins ou mesquineries purement féminines et d’autres où le lecteur est plongé dans une affreuse guerre. Encore une fois, on est loin de la fantasy guerrière ou bourré d’action néanmoins cela reste fascinant. On ne s’ennuie pas une seconde, les descriptions ne sont pas trop lourdes, le phrasé n’est pas ni trop moderne ni exagérément médiéval. Tout sonne extrêmement juste.

De manière très curieuse, je me suis rendue compte à la fin de ma lecture que ce roman avait une atmosphère plutôt démoralisante au final. Les six jeunes gens cumulent les erreurs, mettent du temps à grandir et à vouloir prendre leurs resposanbilités, le roi Aldemar est passif, sa femme, agonisante, le royaume se meurt. Bref, c’était assez morose et je me demande où est passé le bonheur ? J’espère qu’il sera au bout de la série (ou même avant, dès le tome 2 ça ferait pas de mal aux persos d’être heureux !). 

En tout cas je vais me procurer la suite, soyez-en certains ! C’est une magnifique découverte, le récit est très riche, il est prenant, passionnant et d’une rare originalité. Je rejoins donc mes consœurs blogueuses : c’est une vraie réussite. Je remercie Dup, Phooka et les éditions des Moutons électriques pour m’avoir permis de découvrir cette pépite.
 
Ma note : :star::star::star::star::star:

Le Mois de Chloé Chevalier sur Book en Stock

Bonjour à tous,

C’est la rentrée et d’ici la fin de semaine je reprendrai une activité plus régulière sur le blog. En tout cas, j’ai la chance de faire une nouvelle fois partie du « Mois de » organisé par les blogueuses Dup et Phooka de Book en Stock. Pour ce mois de Septembre, nous accueillons Chloé Chevalier ^^

Pour l’occasion, j’ai reçu en partenariat avec les Editions des Moutons Electriques Véridienne, le premier tome de sa série Récits du Demi-Loup. Je n’ai encore jamais lu les livres de cette auteure mais toutes les critiques que j’ai vues passer sur sa série sont dithyrambiques ! J’ai donc hâte de m’y plonger. 

Voici le résumé de ce premier tome :
Au bord de l’implosion, le royaume du Demi-Loup oscille dangereusement entre l’épidémie foudroyante qui le ravage, la Preste Mort, les prémisses d’une guerre civile, et l’apparente indifférence de son roi.
Les princesses Malvane et Calvina, insouciantes des menaces qui pèsent sur le monde qui les entoure, grandissent dans la plus complète indolence auprès de leurs Suivantes. Nées un jour plus tard que les futures souveraines auxquelles une règle stricte les attache pour leur existence entière, les Suivantes auraient dû être deux. Elles sont trois. Et que songer de la réapparition inopinée du prince héritier, Aldemor, qu’une guerre lointaine avait emporté bien des années auparavant ? Avec lui, une effroyable réalité rattrape le château de Véridienne, et le temps arrive, pour les Suivantes et leurs princesses, d’apprendre quels devoirs sont les leurs.
N’hésitez pas à venir poser vos questions à l’auteure ^^ 

Pour suivre cet événement voici quelques liens :

La page facebook du blog Book En stock


Chronique : Les Aventuriers de la Mer T6

Robin HOBB
Traduction : Véronique David-Marescot
J’ai Lu
Fantasy
7,70€
413 pages
J’avance peu à peu dans cette saga, je me retiens vraiment de ne pas tout lire d’un coup ^^ Peu importe le temps écoulé entre chaque lecture, l’immersion est toujours immédiate et je me souviens exactement de où en sont les personnages.
Dans ce tome, tout le monde avance, même mes personnages fétiches, Althéa et Brashen que j’aurais aimé voir un peu plus. Néanmoins les quelques chapitres où ils apparaissent étaient forts en émotion, j’ai eu quelques frissons à leurs côtés.
Malta a grandi, enfin ! Même si elle continue à n’en faire qu’à sa tête… Grâce à elle, nous découvrons davantage la Cité des Anciens ainsi que le peuple du Désert des Pluies. Nous avons surtout enfin nos révélations sur l’origine des Vivenefs, des Dragons et des Serpents de mer. J’avais beau m’en douter, connaître tous les détails est quand même surprenant et révèle un univers d’une grande richesse.
Ces révélations nous font faire un bond dans l’histoire et mettent également en place des prémisses de l’autre saga de l’auteure La Cité des Anciens. J’ai donc hâte de voir comment tout va se goupiller par la suite à ce niveau.
En parallèle, Kennit, Hiémain et Etta continuent leur bout de chemin ensemble. Kennit se surpasse encore de manipulation dans ce tome. C’est vraiment un personnage à part. J’ai rarement autant supporté un personnage aussi fourbe et égocentrique. Il est juste génial *___* Hiémain quant à lui évolue d’une certaine manière, je suis un peu déçue qu’il soit si aveuglé par Kennit… d’un autre côté, comment lui en vouloir ? Quant à Etta, je ne suis toujours pas fixée, j’admire sa force tout comme je n’aime pas sa dévotion aveugle envers Kennit. Quoi qu’il en soit, ces personnages et leur lien avec Vivacia sont complexes mais passionnants à suivre.
Au final, il reste encore trois tomes pour conclure l’histoire, je sens qu’ils vont être denses et remplis de rebondissements. Avec ce tome, la saga continue de surfer sur le coup de coeur ^^
*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *
Ma note : :star::star::star::star::star:💕

Chronique : Eternité T3 Des dunes sous le vent

Magalie Ségura
Auteure francophone, voir le site
Version France Loisir
Fantasy
9,99€
432 pages
Enfin, voici la conclusion de cette trilogie exceptionnelle. Nous enchaînons directement après la fin haletante du tome 2. L’histoire était encore fraîche, bien que j’ai lu le tome précédent en septembre 2016. Quelques rappels sont tout de même bien placés afin de ne pas se perdre. 

Encore une fois, tout se déroule sur les chapeaux de roue ! Toutefois, l’histoire reste réaliste car nos héros, Naslie et Yshem sont au bout du rouleau après cet enchaînement de rebondissements interminables. Ils sont humains et comme tous les humains, Naslie est épuisée physiquement et mentalement, cela se ressent dans ce troisième tome, même si elle a toujours sa volonté intacte de se battre. 

Ce tome est encore marqué par des moments injustes, tristes et douloureux. La justice triomphe tout de même mais pas sans sacrifices. C’est assez à la mode de « faire souffrir » ses persos mais dans cette trilogie, tout est fait avec justesse, réalisme et beaucoup d’empathie. 

Je ne peux pas trop vous en dire sur l’intrigue, c’est à vous de la découvrir. Je peux juste vous faire un retour global sur cette magnifique trilogie. C’est une très belle histoire, fouillée, passionnante, riche, intelligente, servie par des personnages humains, réalistes et terriblement attachants. Ils sont empreints de défauts mais ils portent aussi un courage incroyable. On lutte à leurs côtés, on espère pour eux, on désespère avec eux et on subit cette morsure du désert impitoyable. Ce désert, ce monde, est d’une originalité rare. 

J’ai aimé les trois personnages principaux, Naslie, Yshem et Jelis, avec une mention spéciale pour les Luminis, ces boules de poils que j’imaginais en espèce de critters sympathiques XD L’intrigue est travaillée, les villes et descriptions aussi, le monde est riche. C’est une belle épopée, j’ai été transportée, dépaysée, bluffée et assoiffée par ce monde désertique. 

Je ne sais comment vous dire que cette trilogie est une merveille de fantasy francophone. Je suis très triste de quitter cet univers et ces personnages et je pense ne pas me tromper en vous affirmant que cette histoire va me hanter encore un moment. 

*Cette lecture fait partie du Challenge de l’été et de mon mini-challenge du mois de juillet *

Ma note : :star::star::star::star::star:

Chronique : la volonté du Dragon

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
13€
165 pages
Bon  au final, le mois de juin est devenu un mois consacré à Lionel Davoust ! Après avoir lu Port d’Âmes et La Route de la Conquête, je me suis plongée dans La Volonté du Dragon. Oui, j’ai tous ses livres dans ma bibliothèque, prêts à être lus. On est fan, ou on ne l’est pas 😉

La Volonté du Dragon se situe lors de l’apogée de l’Empire d’Asrethia et se déroule quelques décennies avant la novella de La Route de la Conquête. Nous retrouvons donc Stannir Korsova alors qu’elle secondait le Généralissime de l’époque. Elle est plus jeune, moins réfléchie, plus formatée par l’armée… tout comme l’est sa propre aide de camp dans La Route de la Conquête. On ne la voit finalement que très peu, c’est un personnage secondaire.

Dans ce court récit, nous suivons le Généralissime qui débarque avec toute sa force et son sentiment du supériorité. Pour connaître mon ressenti sur cet Empire et ses méthodes, je vous invite à lire mon avis sur La Route de la Conquête. L’homme se confronte donc à un dirigeant étrange, un enfant qui semble perdu dans son monde, épaulé par un gouverneur. L’invasion va se jouer autour d’une table, un peu à l’image d’un jeu d’échec. Une façon bien cruelle d’envisager les choses puisque sur le terrain, la bataille navale implique de véritables êtres humains qui meurent.

Justement, sur les bateaux, nous découvrons un aspirant artech attendrissant, dont on partage aisément la peur de se retrouver au combat et de devoir être responsable de tant de vie. Nous faisons connaissance avec l’amiral, un personnage qui inspire peu de sympathie, à l’inverse du capitaine, mais dont il faut reconnaître les compétences de stratège.

On pourrait croire qu’il ne se passe pas grand-chose et que l’histoire va être vite réglée, mais des rebondissements et les différents points de vue nous maintiennent en alerte. Le vent tourne vite et il s’avère très difficile de deviner qui des asriens (envahisseurs) ou des Qhmarri vont l’emporter. Certaines scènes sont difficiles à supporter, c’est la guerre et c’est bien moche.

Grâce à ce petit roman, j’ai eu des réponses à certaines interrogations soulevées pendant ma lecture de La Route de la Conquête, en particulier sur l’état d’esprit des peuples confrontés à l’Empire. Les Qhmarri posent les mêmes questions que moi au sujet de la démarche abusive et violente de l’Empire sous couvert de pacifisme.

La fin est amère à bien des égards. Définitivement, je n’aime pas du tout cet Empire, même si je dois bien avouer qu’il est redoutable. Par contre, ne vous méprenez pas, j’ai aimé ma lecture !

Ma note:star::star::star::star::star-empty:

Chronique : La Route de la Conquête

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
19€
347 pages
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’un service presse pour « Le mois de », rendez-vous organisé par le blog Book en Stock tenu par Dup et Phooka. Pour en savoir plus sur « le mois de » dédié en juin à Lionel Davoust, je vous invite à lire mon article de présentation ou bien à vous rendre directement sur le blog 🙂

La Route de La Conquête se déroule avant les événements de Port d’Âmes. Néanmoins, je trouve que l’avoir lu après m’a permis une meilleure immersion et compréhension dans le monde d’Evanégyre. En outre, d’avoir assisté à la conférence autour de cet univers aux Imaginales m’a également bien servi pour saisir les subtilités développées ici. Car comme tous les livres de Lionel, la Route de la Conquête est exigeant et demandera toute votre attention. Les liens avec Port d’âmes, la Volonté du Dragon (en cours de lecture) et potentiellement La messagère du Ciel (son dernier roman, dans ma PAL) sont vraiment intéressants.

En quelques mots, le livre est constitué d’un court roman, La Route de la Conquête et de 5 nouvelles qui se déroulent à des époques différentes. Toutes ont un rapport avec la guerre et en particulier la conquête de l’Empire d’Asrethia. Deux émotions m’ont accompagnée durant toute ma lecture : de la tristesse et de la colère. J’ai été très en colère contre cet Empire, un reflet de ce que notre propre monde a fait et fait encore d’ailleurs. Sous prétexte de détenir les clés de la technologie et du progrès, de savoir combattre la maladie et de vouloir unifier les peuples, l’Empire conquiert et soumet, par la force si les peuples ne voient pas à quel point ils ont besoin de l’Empire. Attention, l’Empire est magnanime car il met en place un système de Conservation des terres et des traditions, les peuples sont soumis mais conservent leur identité. La question qui se pose est : jusqu’à quand ? Car une fois la technologie installée, comment conserver ses traditions ancestrales ?

Nous suivons donc plusieurs missions de « soumission » où les différents guerriers de l’Empire se heurtent à des peuples qui posent problème : le premier n’a aucune hiérarchie et vit en harmonie avec sa terre sans notion de propriété. L’empire peut faire ce qu’il veut, personne ne l’arrêtera. Sauf que l’Empire a quand même besoin d’un ambassadeur et de créer des villes pour se justifier. La situation tourne à l’absurde : les guerriers sont prêts à massacrer tout le monde alors qu’en face le peuple leur dit « allez-y prenez les ressources que vous voulez, on s’en fiche ». Le problème n’est donc pas qu’une question de ressource mais bien de conquête, d’assimilation et de soumission.

Nous avons aussi des nouvelles qui se font écho ce qui les rend d’autant plus puissantes, en particulier Au-delà des murs (qui m’a fait penser à Shutter island… où est la vérité, où est l’illusion, la question reste entière jusqu’à la fin) et Bataille pour un Souvenir. Il y a de nombreux liens avec Port d’Âmes dont les prémisses du transfert qui est ici exploité d’une autre manière.

Il y a aussi un paradoxe entre la mission de Conservation des traditions des peuples soumis et l’étrange utilisation de la mémoire qui est faite par le peuple du Hiéral avec ses Guerriers-mémoires qui utilisent les souvenirs pour se battre. Cela a rendu la nouvelle Bataille pour un Souvenir extrêmement poignante à mes yeux.

Globalement, le lecteur n’est pas épargné par les horreurs de la guerre. On y rencontre des soldats aveuglés par les ordres et leur foi envers leur Empire  et sa toute puissance (coucou Méléanth Vascay !) mais heureusement aussi des dirigeants intelligents, réfléchis et expérimentés, à l’image de Stannir Korsova, héroïne de la Route de la Conquête. J’ai aimé suivre tous ces personnages différents qui connaissent des destins parfois tragiques. D’où mon ressenti de tristesse à cette lecture. On ne sait souvent pas grand-chose d’eux, on les croise pour quelques pages et pourtant ils vous marquent et vous vous y attachez.

Au travers de ses livres, Lionel Davoust nous dépeint plusieurs époques d’un même monde. Ici nous sommes à l’âge d’or de l’Empire, mais la dernière nouvelle du roman, Quelques grammes d’oubli sur la neige, nous prépare déjà au prochain âge, développé dans la nouvelle trilogie Les Dieux Sauvages. Port d’Âmes, lui, se situe bien plus tard. L’auteur tisse avec brio une toile entre ces époques radicalement différentes grâce à des liens qui vous donnent envie de savoir comment les choses ont pu se dérouler dans le passé ou alors comment justement elles vont évoluer dans le futur.

Encore une fois, je ne sais pas si ma chronique peut retranscrire la complexité et la richesse de l’univers développé par Lionel. N’ayez crainte, car cette complexité ne rime pas avec lourdeur et incompréhension. La plume est fluide, poétique et les pages défilent. Ces romans demandent juste une attention plus accrue et une volonté de s’ouvrir à la réflexion et la remise en question. Car la grande question qui ressort de ce roman, à mes yeux, est la suivante : l’Empire a-t-il raison ou tort de vouloir propager le progrès au monde entier pour le sauver, le protéger et l’aider à s’élever ?

Ma note:star::star::star::star::star:

Bilan du mois de Mai

3615 ma vie

Une fois n’est pas coutume, je prends le temps d’étaler un peu ma vie ici pour ce mois de mai 2017 riche en émotions et événements puisque l’Homme et moi avons enfin acheté notre première maison ^^ Nous avons dû nous éloigner de la côte (comment ça on avait pas 500 000€ de dispo ?) mais nous restons dans notre cher Pays Basque, à une trentaine de kilomètres dans les terres 🙂 Campagne, verdure, cigognes et barthes ponctuent désormais mon quotidien et je peux vous dire que c’est une belle bouffée d’oxygène. Je suis plus détendue quand je rentre chez moi et prête pour attaquer ma deuxième journée, à savoir celle d’auteure et de blogueuse (et de gameuse et de serivore… oups ça fait beaucoup). 

Bref, ce fut un début d’année trèèèès intense car acheter une maison avec un prêt c’est hyper stressant, surtout quand Monsieur est en déplacement professionnel et que la paperasse prend un mois de retard. Mais tout est bon et même si nous avons beaucoup de travail pour améliorer cette maison, c’est la nôtre, enfin *____*
Et sinon, cette année j’ai enfin pu me rendre aux Imaginales… oui oui deux semaines après avoir emménagé… le timing de merde. Mon organisme étant au bout du rouleau, je n’ai pas pu profiter autant que je l’aurais voulu. Accompagnée de ma co-rêveuse Elyra, j’ai pu revoir des auteurs que j’affectionne tout particulièrement, comme Cécile Duquenne, Lionel Davoust, Lise Syven, Agnès Marot, Vanessa du Frat et Christophe Nicolas. J’ai pu aussi prendre les suites de Gabriel Katz et Estelle Faye, ainsi que rencontrer Olivier Gay, Anthelme Hauchecorne et Vincent Tassy, tous adorables ! Les femmes ne sont pas en reste avec Bettina Nordet et Estelle Vagner, ainsi que le reste de l’équipe des Editions du Chat Noir
Au détour des allées j’ai aussi pu harponner les blogueuses Maureen, du Bazar de la Littérature, et Emmanuelle du blog les Lectures Enchantées d’Elyza
Bref, j’espère rempiler pour l’année prochaine en étant en meilleure condition physique !

Les Foulards Rouges en force avec Cécile Duquenne

Avec ma Co-rêveuse Elyra ^^

 

La vue depuis mon jardin… voilà voilà vous savez pourquoi j’ai choisi cette maison ^^

Bilan lecture de Mai 2017



Fantasy


Ma note : :star::star::star::star::star: 
Ma chronique
Résumé : 
Rhuys ap Kaledán est un héritier déchu.Tout juste libéré de la servitude et des galères, il rejoint la cité franche d’Aniagrad, où tout se vend et tout s’achète, pour reconquérir l’honneur de sa famille. L’occasion lui en est rapidement donnée : Edelcar Menziel, un ancien ami de son père, lui propose de travailler sur la conversion dranique, un procédé perdu depuis des siècles qui permettrait de réaliser des machines magiques. Résolu à tracer son chemin dans la haute société de la ville, le jeune homme s’investit de tout son cœur dans le projet. Mais bientôt, coincé entre des intrigues politiques et son amour pour une mystérieuse jeune femme qui vend des fragments de son âme pour survivre, Rhuys découvre que le passé recèle des secrets bien sombres et tortueux. Aux prises avec l’ambition, la duplicité et le mensonge, il devra se montrer plus rusé que ses ennemis s’il veut atteindre son but sans perdre son âme.



Fantastique



Ma note : :star::star::star::star::star-half:


Résumé 
Anthelme croit en la magie des livres qu’il dévore. Étudiant désabusé et sans attaches, il décide de vivre en ermite et de s’offrir un destin à la mesure de ses rêves. Sur son chemin, il découvre une étrange forêt d’arbres écarlates, qu’il ne quitte plus que pour se ravitailler en romans dans la bibliothèque la plus proche.
Un jour, au hasard des étagères, il tombe sur un ouvrage qui semble décrire les particularités du lieu où il s’est installé. Il comprend alors que le moment est venu pour lui de percer les secrets de son refuge.
Mais lorsque le maître de la Sylve Rouge, beau comme la mort et avide de sang, l’invite dans son donjon pour lui conter l’ensorcelante légende de la princesse Apostasie, comment différencier le rêve du cauchemar ?





Ma note : :star::star::star-empty::star-empty::star-empty:


Résumé 
John Gregory l’épouvanteur se sent vieillissant. Alors qu’il prépare son testament pour léguer à Thomas Ward ses deux principales maisons, une pensée l’obsède encore : détruire à tout jamais le Malin. Il découvre que, pour cela, son apprenti doit accomplir un rituel barbare lors de la prochaine fête d’Halloween. Ce dernier doit y sacrifier celle qu’il aime le plus, la jeune sorcière Alice… mais en est-il capable ? L’Épouvanteur et son apprenti décident de chercher une autre solution pour empêcher le Mal de triompher. Bientôt Alice disparaît, et de bien sombres évènements ne cessent de tourmenter Thomas Ward…



Autre



Ma note : :star::star::star::star-half::star-empty:


Résumé 
Une catastrophe peut en cacher une autre. Léa menait une vie normale entre les cours, les livres et ses amis, jusqu’au jour où des proches de son père meurent dans un accident de voiture. Leur fils de seize ans, Mike, devenu orphelin, emménage sous le même toit qu’elle. Difficile de devoir partager l’appartement familial (et sa salle de bains) avec un parfait inconnu. Si seulement c’était tout ! Mais Mike ne connaît pas les codes du lycée, se montre trop parfait pour être honnête et n’a pas peur des brutes que tout le monde fuit. Léa est bien décidée à découvrir quel secret cache son nouveau frère sous ses airs de superhéros.

Mes achats ou réceptions du mois



 

Chronique : Port d’Âmes

Lionel Davoust
Auteur francophone, voir le site
Editions Critic
Fantasy
23€
531 pages
Je retrouve enfin la plume de Lionel Davoust, cette fois dans son univers Evanégyre qui est de la fantasy pure et dure, à l’inverse de sa trilogie Leviathan que j’avais tant aimée. 

Port d’Âmes est un roman riche, avec une histoire et une mythologie propre que l’on ne fait qu’effleurer car l’univers d’Evanégyre est extrêmement vaste et j’ai hâte de me plonger sur les autres romans qui s’y déroulent à différentes époques afin de mieux le cerner. 

Dans ce roman, nous suivons Rhuys, qui a été obligé de servir en mer pendant 8 ans pour payer les dettes de son père, un homme droit et honnête. Il termine ses années de servitude à Aniagrad, cité portuaire, indépendante où tout se monnaye. Et là, notre pauvre Rhuys va cumuler les désillusions. C’est un personnage bien équilibré, plutôt naïf mais avec du plomb dans la tête quand il faut. Il apprend vite, défend des valeurs nobles et assume ses erreurs. Tout comme lui, j’ai voulu croire à ses beaux principes, j’ai voulu espérer que tout irait pour le mieux et que non, tout le monde n’est pas pourri jusqu’à la moelle. Oui, moi aussi je suis un peu naïve ^^ » 

L’autre personnage important du roman, c’est la Vendeuse. Je vous mentirais si je vous disais que j’ai pu m’identifier à elle ou même la comprendre car elle est très spéciale. On la rencontre alors qu’elle vend des bouts de son âme sur le marché. Il s’agit d’émotions brutes liées à des souvenirs de sa vie. J’ai beaucoup aimé cette idée et surtout le fait que l’acheteur peut faire perdurer ces morceaux d’âmes en lui. Ce n’est pas uniquement une question de prostitution de l’âme. La Vendeuse, donc, est un personnage à part, que j’ai beaucoup aimé malgré son étrangeté et son côté intouchable. Elle était d’une telle tristesse et pourtant d’une si grande noblesse et fierté. C’est un personnage inoubliable, d’une grande force qui m’a touchée. 

L’histoire m’a passionnée ! J’ai voulu savoir comment Rhuys allait faire pour se sortir de tous les pièges qui lui ont été tendus. Ses réactions ont toujours été surprenantes. Il est parfois impulsif mais conserve une grande intelligence et une bonne remise en question. À travers lui, l’auteur questionne ses lecteurs sur eux-mêmes, sur leurs principes et ce qui est réellement important. 

L’univers est donc vaste, riche, il attise notre curiosité. J’ai adoré certaines idées comme l’Administration (mais suivre un vieux perfide appelé Cassian après avoir vu Rogue One et être tombée amoureuse du héros, c’était rude XD), la dranaclase, la cité même d’Aniagrad qui se développe en écrasant tout ce qui se trouve dessous, ce qui me fait penser à des couches géologiques…

L’impression générale du roman est assez poétique, contemplative disait l’auteur. J’ai aussi trouvé cela mélancolique et triste. L’objet livre en lui-même est très beau et je n’ai pas vu passer les 500 pages ! Il s’agit, tout comme les autres romans de Lionel Davoust, d’un roman exigeant, qui demandera toute votre attention. Il se savoure, il faut qu’on s’en imprègne, à l’image des transferts d’âme de la Vendeuse. 

Pour conclure, ce fut une belle lecture, certes triste, mais immersive et introspective. 

 

*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mai : Lectures en préparation des Imaginales

Ma note : :star::star::star::star::star:

*Cette lecture participe au challenge PIF avec l’option des petites maisons d’édition