Chronique : Le Jarwal


Patricia Le Sausse
Auteure francophone
Éditions du Riez
Fantasy
19,90€
367 pages
Le 4ème de couverture m’avait fortement intriguée et j’étais curieuse de suivre les aventures de Basile, apprenti bourreau qui possède la capacité de ressentir les émotions des autres et de s’en servir.
L’idée de base est originale et pleine de promesse, l’écriture fluide, agréable, les émotions sont bien retranscrites et le lecteur est plongé dedans. Je suis partie avec la conviction que nous aurions un bon dans le temps mais en fait non, tout se déroule très vite et nous suivons Basile à l’âge de 17 ans tout du long. D’ailleurs, j’ai eu du mal à me dire qu’il était aussi âgé, en fin de compte il paraissait plus jeune.
L’histoire au départ est intéressante, puis quand s’éternise le voyage de Basile, je me suis essoufflée, je me suis demandée où l’auteure voulait en venir et au final, cette double idée de base fils de bourreau + ressentir les émotions n’est pas utilisée de la manière dont je l’imaginais. En réalité, le fait d’être fils de bourreau ne sert qu’à illustrer l’isolement de Basile.
Pour moi, l’auteure a voulu développer plusieurs pistes à la fois et du coup je ressens un goût d’inexploité. On sort des révélations du chapeau mais sans avoir l’impression que c’était prévu dès le départ. Basile est sympathique et pour une fois ce n’est pas le héros habituel. Son double émotionnel est une bonne idée, Amauri est insupportable mais on n’arrive pas à lui en vouloir. Les idées pour les « méchants » sont intéressantes mais ça arrivait à la fin et manquait un peu d’envergure.
Je suis donc mitigée car ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais. Ce n’était pas inintéressant mais pas transcendant non plus. En outre, l’auteure use des notes de bas de page, or dans un roman c’est, à mes yeux, à utiliser avec parcimonie. Ici, l’auteure a voulu utiliser un phrasé médiéval, sauf que nous rappeler à chaque fois que X toises fait X mètres n’est pas utile. Soit tu assumes le langage médiéval et tu laisses le lecteur chercher combien ça fait (ou alors pourquoi pas un glossaire pour les rappeler à la fin), soit tu utilises d’emblée le système métrique actuel. Les notes coupent la lecture et devoir m’arrêter pour lire qu’une roselière est une zone où poussent les roseaux est inutile.
Ma note:star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Deathworld


 
Harry Harrison
Bragelonne
Science-Fiction
10€
494 pages 
Enfin un peu de science-fiction ! Il était temps que je m’y replonge. Ce roman s’est étalé sur décembre et janvier car au final il était assez conséquent et que je n’ai pas trop pu lire pendant la période de fêtes de fin d’année. Cette intégrale regroupe 3 romans et une nouvelle. Au final, le premier roman se suffisait à lui-même.
Nous suivons Jason qui possède un pouvoir psy dont il se sert pour tricher aux cartes. Il va se faire embaucher et va suivre son employeur, malgré les avertissements, sur sa planète Pyrrus où les habitants livrent une guerre féroce contre la faune et la flore.
J’ai bien aimé Jason, qui est un personnage sympathique, attachant et pas pas prise de tête. Le début commence très fort et on a pas de temps morts ou de longueurs.
Ce que j’ai aimé dans ce premier tome, c’est l’originalité du monde, l’aspect aventure mais aussi les idées philosophiques qui y sont développées. Le fond est intéressant et la forme passionnante. Le rapport de force est un peu caricatural en revanche car Jason apparaît comme le héros cultivé qui sait se remettre en question et va aider les habitants à comprendre car ces derniers sont trop bornés pour le faire. Encore, dans ce premier livre ça passait car l’obstination des pyrrusiens est assez drôle et bien menée. Ils ne vont pas changer d’un claquement de doigts et même Jason commet des erreurs.
Non vraiment ce premier livre était presque un sans faute, j’y ai pris beaucoup de plaisir. Par contre, les deux suivants n’ont servi à rien du tout. Dans le second livre, Jason est enlevé par un fanatique complètement obtus et il se retrouve sur une planète à la Mad Max. Dans le troisième, Jason veut aller convertir une population de guerriers à la civilisation histoire de pouvoir exploiter leurs terres. Dans ces deux cas, le schéma est répétitif et Jason, qui était si sympathique, est certes toujours courageux mais devient une espèce de colon qui veut à tout prix transformer des populations qui ont un niveau de développement inférieur et les mener à la Civilisation avec un grand C.
Du coup, c’était globalement la même chose et je n’ai pas trouvé grand intérêt à ma lecture. Certes Jason est malin et on se demande toujours comment il va se tirer de ses mauvais pas, mais je n’ai pas apprécié sa mentalité de vouloir absolument changer les locaux. Il me faisait trop penser aux missionnaires européens envoyés dans le tiers-monde pour que les populations locales adhèrent à ces croyances que eux pensaient être les bonnes ou les meilleures. Encore, l’auteur s’était engagé sur une pente intéressante dans le troisième roman puisqu’on voyait clairement que Jason voulait faire évoluer les guerriers pour exploiter leurs terres pour ses profits, seulement ce n’était pas fait de manière franche. Au final, on a tellement de sympathie pour Jason qui en bave qu’on oublie ses motivations premières.
Bref, j’ai passé un super moment avec le premier livre mais les suivants m’ont dérangée même s’ils étaient très captivants dans la forme et que le héros a su porter l’intrigue jusqu’au bout avec brio. Je suis donc partagée.
Ma note : :star::star::star-half::star-empty::star-empty:

Chronique : Blizzard T1 Le secret des esthètes


J’ai changé mon mini-challenge du mois de décembre qui sera donc : lire les 2 livres obligatoires du challenge cold winter ^^
Pierre Gaulon
Auteur francophone (voir la page facebook)
Mnémos
Fantasy
19€
284 pages
J’avais acheté ce livre, attirée par la couverture, le résumé intriguant et les éloges… sauf que ça a été une vraie déception. J’ai commencé sans a priori et j’ai lu jusqu’à la moitié avant d’abandonner. J’arrive très rarement au point de survoler un roman et l’abandonner.
Malheureusement j’ai trouvé que l’histoire allait beaucoup trop vite, des passages étaient flous et les personnages étaient trop classiques, manichéens et dotés de motivations peu travaillées. Evanen est le méchant et c’est tout, il n’est pas plus développé, Chasseur manque d’intérêt, Juliette est le stéréotype de la fille qui n’est là que pour être mignonne et rire aux éclats pour rien afin d’apparaître « pure et rayonnante », le pire étant Dorio qui brûle de haine envers Chasseur car celui-ci l’a épargné et c’est tout. J’ai eu l’impression que tout était fait de manière exagérée. Les ficelles étaient bien trop grosses et visibles, cela n’était pas crédible. Même le style faisait forcé avec trop de comparaisons et de « punchlines ».
Dommage… j’ai gagné le T2 mais je ne le lirai pas.  Après, j’ai lu de très bonnes critiques sur le net mais en termes de fantasy, pour moi ce n’était clairement pas suffisant, surtout après avoir lu d’excellents romans très complets dans ce genre peu de temps avant.
 Ma note :star::star-empty::star-empty::star-empty::star-empty:

Chronique : Le Livre des mots T1 L’enfant de la prophétie

J’ai changé mon mini-challenge du mois de décembre qui sera donc : lire les 2 livres obligatoires du challenge cold winter ^^
J.V. Jones
Le Livre de Poche
Fantasy
8€
763 pages
La série de la Ronce d’Or que m’avait prêté Elyra a été un énorme coup de cœur ! Du coup j’ai sauté de joie quand elle m’a prêté cette série du Livre des Mots. Elle m’avait bien prévenu que c’était le premier livre de l’auteure et qu’il était moins bon à ses yeux.
Alors en effet, ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai tout de même passé un très bon moment. Le début est très sombre, je ne m’y attendais pas ! Je pensais que c’était un roman destiné aux adolescents vu l’âge des héros mais en fait pas du tout.
Les deux héros Jack et Melli sont attachants, même si Melli est un peu trop naïve et sans jugeote au début du roman. Elle prend de l’ampleur par la suite et je l’ai bien appréciée. Jack est sympathique aussi, on accroche tout de suite à sa destinée. Les adultes sont aussi bien intéressants, en particulier le « méchant » Baralis, qui est assez atypique, Taol le chevalier torturé est aussi bien travaillé. Maybor, le père de Melli casse les codes également, loin de l’image du père idéal puisqu’il ne pense qu’à sa richesse et s’envoyer en l’air avec toutes les servantes qui passent. Le reste est assez classique avec des personnages parfois caricaturaux. Je pense à l’autre « méchant » Tavalisc que l’on voit apparaître dans des scènes répétitives où il ne fait que manger, humilier son assistant et torturer sa nourriture. Les interventions des deux gardes La Bousille et Finaud sont aussi très lourdes, répétitives et inutiles. Globalement, le roman aurait pu être bien plus court.
Ces points négatifs ne m’ont cependant pas empêchée d’apprécier ma lecture et d’aller au bout de ce pavé. Les personnages principaux sont attachants et intéressants à suivre, la lutte dangereuse que se livrent Baralis et Maybor regorge de rebondissements et on se demande vraiment ce qu’ils vont inventer pour la suite. Quant à la prophétie, tout se met gentiment en place donc j’attends de voir ce que va donner la suite.
Bref, une lecture divertissante et intéressante.
Ma note:star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : Les loups chantants

Aurélie Wellenstein
Auteure francophone (voir le site)
Scrineo
Fantasy, jeunesse
16,90€
265 pages

J’avais bien aimé le premier roman d’Aurélie Wellenstein, Le Roi des Fauves et le résumé (plus la couverture) de celui-ci m’ont incité à prendre les Loups Chantants ^^
La plume est jolie et fluide. Le poétique côtoie le cruel et l’ambiance glacée est très bien retranscrite ! Les personnages sont peu nombreux mais attachants. On adhère facilement à leur point de vue et leur quête personnelle. Il y a un étrange décalage entre le camp où Yuri et Kira vivent en totale autarcie avec de la magie et le monde réel où Anastasia a fait ses études et qui est semble-t-il une ville normale.
L’histoire de base est très intéressante, les décors sont sublimes et l’idée des loups chantants est vraiment géniale. Je ressors néanmoins mitigée car je trouve que ça manque d’approfondissement dans le lien qui existe entre Yuri et les Loups chantants. On comprend qu’il sombre peu à peu dans la folie mais j’en attendais davantage. La fin en particulier m’a déçue.  Alors que l’auteure se dirigeait vers une voie sombre et audacieuse qui me plaisait beaucoup, il y a un revirement et au final tout est un peu laissé en plan, comme si l’auteure avait changé ses plans en se rappelant que cela devait bien se terminer. Le cas de Kira n’est pas assez traité à mon goût. On a passé tellement de temps dans le voyage pour la sauver et le final me laisse une impression d’inachevé. « Tout ça pour ça », j’ai envie de dire. C’est dommage car le livre avait un très bon potentiel.
Cela ne m’empêchera pas de suivre les prochaines publications de l’auteure dont j’apprécie le style et les idées.
Ma note :  :star::star::star::star-half::star-empty:

Chronique : les épées de glace

Le mini challenge du mois de novembre était : lire un livre de 500 pages minimum. 

Olivier Gay
Auteur francophone (voir la page facebook) 
Bragelonne 
Fantasy
25€ 
612 pages

 

Étrangement, j’ai connu Olivier Gay au travers de cet ouvrage quand il était publié en 2 tomes (le Boucher et la Servante) chez feu Asgard, sauf que je ne l’avais pas lu. Et c’est donc avec son autre série Le noir est ma couleur que j’ai pu me rendre compte de la plume géniale de cet auteur. 
Étant donné que j’ai eu l’intégrale des Épées de glace pour le Noël dernier et que j’ai son roman suivant sur la liste de Noël de cette année, il était grand temps que je m’attelle à ce pavé. Bon, j’ai raté le coche avec le Cold Winters mais promis l’an prochain je m’organiserai mieux. 
Bref, alors, qu’est-ce que j’en pense de ce roman ? C’est un vrai coup de cœur *_____*
Déjà, la plume d’Olivier est un régal. Même si c’est un peu plus subtil que dans sa série jeunesse contemporaine, on retrouve son style humoristique et ses phrases accrocheuses. Honnêtement, je n’ai vu aucune coupure entre les deux romans, ça se lit tout seul, c’est fluide et malgré le nombre astronomique de pages, je n’ai eu ni longueur ni overdose. 
Le gros point fort, ce sont les personnages. Déjà, nous savons très bien d’après le résumé que Deria va mourir, pourtant, en quelques pages, nous en sommes déjà sous le charme et on prie pour la suivre plus longtemps. Sa mort a été un crève cœur, nécessaire pour la suite de l’histoire. 
Nous suivons aussi Shani, sa servante que j’ai énormément appréciée. Son évolution est très intelligente, son personnage est bien construit, elle est attachante, humaine, avec ses défauts (de fille j’ai envie de dire XD) et ses qualités. Impossible de ne pas s’identifier à elle et d’espérer un destin identique.
J’ai moins accroché à Malhin, le garde. Son évolution aussi est intéressante et c’est un garçon touchant mais, j’avais le spectre d’Alexandre, le héros du Noir est ma couleur qui planait au-dessus de ma lecture, du coup je n’arrêtais pas de les comparer (et Alexandre gagne haut la main). Ensuite, ce pauvre Malhin est complètement écrasé par le charisme du vrai héros : Rekk le boucher. Dans de telles conditions, impossible pour lui de se démarquer ! Laath y est parvenu, je l’ai bien aimé, il cache très bien son jeu et j’ai pris plaisir à le suivre, d’autant qu’il casse les clichés.
Donc, le vrai coup de cœur va pour Rekk. Ça c’est un sacré personnage ! On en rencontre pas deux comme lui. L’auteur a réussi un vrai tour de force car, en fantasy, des héros guerriers bourrins soit disant sans faille et sans conscience, on en a vu sans pour autant relever le défi. Rekk, si. Croyez-moi, je l’ai adoré et je l’ai détesté en même temps. A aucun moment l’auteur ne banalise la violence et ça c’est un gros point positif à mes yeux. Que ce soit par la narration ou par l’intervention d’un personnage, chaque action brutale, sanglante et injuste est pointée du doigt. Rekk est charismatique, il est super fort, on le voudrait tous comme papa mais il reste un type violent, dangereux, qui peut tuer femme, enfant et ami sans sourciller. Mieux vaut l’avoir dans son camp.
J’ai donc adoré Rekk mais j’ai très peu cautionné ses actions. Ce n’est pas de la violence gratuite car le lecteur est obligé de ressentir la culpabilité, là où le héros n’en a aucune. Et ça c’est une vraie réussite pour l’auteur. 
Nous avons donc des personnages au top, avec une belle brochette, variée et bien traitée. L’intrigue est très bien, avec de nombreux rebondissements et révélations qui m’ont bien pris par surprise. En particulier la révélation finale. La fin se termine en apothéose et on tremble pour tout notre petit groupe. 
En résumé c’est une excellente lecture. Une fantasy intelligente, humaine avec des personnages attachants et un héro hors normes.  Je suis d’autant plus ravie de savoir que La main de l’Empereur récemment sorti nous raconte la jeunesse de Rekk.
Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : le Puits des mémoires T2 Le fils de la Lune

J’ai la version poche, mais je n’ai pas trouvé d’image. Ceci dit j’aurais pu prendre une photo !


Gabriel Katz
Auteur francophone (voir la page facebook)
Pocket
Fantasy
7,80€
441 pages
Le 1er tome avait déjà été un coup de coeur, donc j’avais hâte de replonger dans cet univers et de retrouver les 3 héros pour découvrir la suite de leurs aventures. Ce deuxième tome ne m’a pas déçue *_______*
On démarre sur les chapeaux de roues tandis que Nils, Karib et Olen sont toujours fugitifs et montent dans le Nord jusqu’à leur patrie. Très vite, on retrouve l’ambiance accueillante du roman et le lien spécial qui unit ces trois hommes. C’est un régal d’être témoin de leur amitié.
Ce tome regorge de rebondissements et révélations en tout genre ! J’ai été très surprise, surtout par la fin qui m’a laissé bouche-bée ! Et là, j’enrage car je n’ai pas acheté le dernier tome XD Cruelle erreur !
Nous avons donc des révélations sur l’identité de nos trois héros bien sûr puisque c’est l’intrigue principale. Et là, l’auteur a été très habile ! J’ai vraiment aimé ses choix et j’aime aussi le paradoxe qui existe entre les personnalités actuelles des trois héros et ce qu’ils apprennent sur leur identité réelle. Ils empruntent chacun un chemin différent, tout en restant en contact. Karib s’épanouit tandis qu’Olen dépérit dans une identité qui ne lui convient pas. Lui que je trouvais frivole et trop désinvolte dans le précédent tome a su me toucher ici.
Quant à Nils… aaaah, mon chouchou. Je garde le secret 😉 Tout ce que je peux vous dire c’est que je l’aime encore plus et que j’ai hâte de le voir endosser sa véritable identité dans le prochain tome.
Mon seul regret concerne les personnages féminins car, à part Oranie, aucune n’a su attirer mon attention. Mais cela n’entache pas mon coup de cœur car j’aime vraiment beaucoup ce trio de personnages. On a tellement envie qu’ils s’en sortent et qu’ils restent soudés de la sorte. Honnêtement, j’étais même envieuse de leur complicité.

L’auteur nous ménage des moments de détente et de rigolade entre des scènes plus sombres et dures, car le monde dans lequel évoluent nos héros n’est pas de tout repos. De braves innocents vont encore mourir au fil des pages. En parallèle, au fur et à mesure que nous obtenons des informations sur nos héros et leurs poursuivants, les méninges s’agitent pour devenir les machinations qui se cachent derrière. J’attends avec impatience les révélations finales !

Gabriel Katz a su créer un univers très attractif, que l’on retrouve dans ses autres romans (Aeternia, La part des Ombres) et surtout tout un panel de personnages attachants, vivants, humains que j’ai adoré suivre. Je veux ce troisième tome *____*
 Ma note:star::star::star::star::star:💕

Chronique : Elvira Time T2 Jail Time


Mathieu Guibé
Auteur francophone (voir la page facebook)
Éditions du Chat Noir
Fantastique
14,90€
Mais quel plaisir de retrouver cette chère Elvira ! Quel personnage haut en couleur ! Rien que la scène d’ouverture est un régal pur et dur. Elle a le sens du spectacle et du timing !
Bref, Elvira est de retour dans ce second tome et elle fait face à un problème : des vampires tolérés sont autorisés à venir enseigner dans son lycée, et dire qu’elle n’est pas contente est un bel euphémisme ! Dans ce tome, nous retrouvons ses amis, Bellinda et Ludwig. Nous en apprenons un peu plus sur Bellinda puisque nous entrerons dans sa tête (elle est la narratrice de plusieurs chapitres). Et autant dire que je ne la voyais pas dérangée à ce point ! Elle est vraiment super bizarre… Ça ajoute un sacré contraste avec Elvira sans pour autant tomber dans le cliché de la méchante fille vs la gentille fille.
Dans ce tome, nous découvrons aussi une Elvira plus humaine car elle va se retrouver dans une fâcheuse posture où ses poings seront malheureusement impuissants. Victime d’un coup monté, nous partageons sa frustration et sommes démunis face à son avenir plus qu’incertain ! Son humour noir et ses répliques acides dont je suis si friande se sont ici retournés contre elle.
Le gros point positif, outre le ton humoristique et les références de l’auteur qui me parlent toujours autant,  c’est la relation entre Elvira et Jericho. C’est tellement triste et touchant à la fois, c’est un crève cœur de les voir ensemble. Ralala comme quoi on peut avoir une histoire violente, drôle et poignante en même temps 😉 Et donc nous avons droit à une révélation du feu de dieu à la fin ! Un WTF complet qui va devoir attendre la sortie du tome 3 pour être apaisé. Je ne m’y attendais absolument pas, chapeau à l’auteur pour cette révélation.
Sérieux, à quand la suite ?  Cette série est une claque !
(Livre lu dans le cadre du Week-end à 1000 ^^)
Ma note:star::star::star::star::star:

Chronique : La voie des oracles T1 Thya


  

Estelle Faye
Auteure francophone (voir le site)
Scrineo
Fantasy, jeunesse
16,90€
337 pages
Je n’avais encore jamais lu de roman d’Estelle Faye, mais les couvertures de cette trilogie et les beaux échos que j’ai pu entendre m’ont convaincu de me laisser tenter. En plus, le résumé parle de dryades et de faunes, ce qui a achevé de me décider. J’ai eu l’occasion de rencontrer l’auteure au Salon Fantastique de 2016 et donc d’avoir une jolie dédicace.
L’écriture est fluide, agréable à lire. J’ai eu une très bonne immersion, immédiate, mais un petit lexique avec les significations de certains mots romains aurait été bénéfique à la lecture. Le récit est haletant, les descriptions sont bien faites et les personnages sont attachants. Thya l’était au départ mais au fur et à mesure qu’elle prend la pleine mesure de son don d’Oracle, elle devient distante, irresponsable, limite égoïste. Et même si elle force le respect de par son courage et sa persévérance, cette personnalité est un peu trop commune dans mes lectures en ce moment. Je pense qu’elle n’a pas fini d’évoluer avec ce qui l’attend dans les deux prochains tomes donc je reste attentive à son futur.

C’est Enoch qui m’a le plus intéressée, lui a une histoire plus fouillée et atypique, rien que son métier de maquilleur est très original pour un héros de la Rome antique ! On est loin du cliché du combattant et j’ai aimé ça car on apprend d’autres choses sur lui qui sont très intéressantes et le rendent d’autant plus passionnant à suivre.

A part quelques révélations, l’intrigue est globalement prévisible (oui bon c’est sûr on parle d’oracles XD), mais ce qui constitue la force de ce roman, c’est son ambiance. Car nous sommes très loin du brillant éclat de l’empire romain de César. Nous sommes au Vème siècle, les dieux sont oubliés au profit du christianisme grandissant. Les oracles sont persécutés, les créatures mythologiques disparaissent. Cette ambiance triste et sombre m’a beaucoup plu. C’est vraiment le gros point positif du roman. On sort des sentiers battus et on est immergé dans ce monde où magie et civilisation chrétienne se chevauchent. Même si l’on connaît l’issue, on a réellement envie que la magie gagne le combat et que les faunes, dryades et autres créatures retrouvent leur splendeur et leur place dans ce monde.
Ce fut donc une lecture très agréable, réalisée dans le cadre du Week-end à 1000 ^^ Je prendrai la suite sans aucune hésitation et je vous conseille cette lecture qui sort des sentiers battus en termes d’époque.
Ma note:star::star::star::star::star-empty:

Chronique : Néachronical T3 Manus Dei


Jean Vigne
Auteur francophone (voir le site)
Redditions du Chat Noir
Fantastique
19,90€370 pages
Troisième tome, troisième ambiance. Nous retrouvons Néa, emprisonnée dans son tombeau  et tout démarre très vite. Ce tome est particulier car il est découpé en trois axes temporels. Nous suivons Néa, son tigre et Juliette, puis Merlin, Viviane et Morgane à l’époque arthurienne et enfin Merlin, Morgane et le capitaine Alonzo dans le présent. 
La saga est très riche et intéressante, seulement ce découpage a, pour moi, desservi le roman car certains passages du passé et du présent étaient trop longs et détaillés à mon goût et surtout répétitifs, en particulier en ce qui concerne les sentiments de Merlin et Morgane. Le roman aurait gagné en punch en étant raccourci. Du coup, on perd un peu Néa de vue, elle  est presque devenue un personnage secondaire, c’est dommage. J’ai eu l’impression que c’était davantage le roman de Merlin&Morgane sans qu’ils soient pour autant suffisamment consistants pour être les héros.
Malgré tout, je n’ai pas zappé ces passages et je les trouvais même intéressants, je ne me suis pas ennuyée une seconde, donc l’auteur a bien su me captiver. J’ai été déçue du manque de place pour Juliette mais à l’inverse j’ai été agréablement surprise de la présence d’Hesat. 
La fin… je la voyais beaucoup plus noire vu le ton général du roman et les horreurs qui s’y passent. Je ne vois pas vraiment comment tout ça peut s’articuler, on a un problème de concordance temporelle. Il y aurait dû y avoir bien plus de répercussions du coup je trouve ça dommage, cela fait un peu solution de facilité. De plus, vu qu’il y a eu de multiples points de vue, on a un peu perdu notre empathie pour Néa et l’intérêt pour son avenir. 
Je ne dirais pas que c’est une déception car j’ai passé un agréable moment, la plume de l’auteur est très bien, ses idées aussi et ses personnages sont hauts en couleur. Néanmoins, je ne m’attendais pas à cela, et si j’ai eu d’agréables surprises, la fin ne me paraît pas à la hauteur de la trilogie en général. 
Je recommande quand même cette trilogie forte et captivante, servie par des couvertures sublimes et une héroïne attachante. 
Ma note ::star::star::star::star-empty::star-empty: