Chronique : Promesse

Jussi Adler Olsen
Albin Michel
Thriller/policier
22,90€
649 pages
Cela faisait un moment que je n’avais pas lu cette série mais j’ai replongé avec un grand plaisir dans les aventures de notre trio préféré : Carl, Assad et Rose. Nous les retrouvons quelques années plus tard mais rien n’a vraiment changé entre eux. Leur alchimie est parfaite, ils sont très différents et pourtant attachants chacun à leur manière. Dans ce roman nous en apprenons davantage sur le passé de Rose, ce qui la rend touchante.
Le roman démarre fort, c’est prenant et on est tout de suite aux côtés des inspecteurs dans leur enquête. Avec les flash back et les points de vue d’autres personnages, on a très vite des suspects et on devine ce qui s’est passé pour la pauvre Alberte… tout du moins, le croyais-je ! Pendant tout le récit je me suis dit « c’est X le coupable, il suffit juste que les enquêteurs arrivent à remonter jusqu’à ce personnage ». J’étais donc très curieuse sur la manière dont cela allait se passer et entrer dans l’esprit de criminel est toujours très surprenant.
L’auteur réussit la pirouette de nous réserver des surprises alors que je pensais connaître tous les fils de l’intrigue. Il est très fort ! Tout se tient et pourtant il m’a mené en bateau tout au long de ma lecture. J’ai eu aussi de l’empathie pour Alberte, bien qu’elle soit morte et que personne ne l’ait connue dans l’équipe.
Il y avait beaucoup de haine et de ressentiment dans ce roman, ce qui est paradoxal puisque nous nous confrontons à une secte dont l’objectif est au contraire d’apporter la paix et la sérénité. L’auteur a fait d’énormes recherches sur l’ésotérisme et les sectes qu’il nous livre sans nous assommer pour autant.
Bref, un roman prenant, qui nous offre encore une fois une intrigue indépendante mais avec en toile de fond les relations des trois personnages et de nouvelles perspectives sur leur passé.
*Cette lecture entre dans le cadre de mon mini-challenge du mois de mars : Lire un livre dont vous avez choisi la couleur dominante (ici le vert)
Ma note:star::star::star::star::star-half:

Chronique : ChessTomb


John Ethan Py
L’Homme sans Nom
Thriller/Fantastique/Horreur
19,90 €
390 pages
 
Chesstomb est en fait un roman qui compile des témoignages, des articles de presses, des extraits de journaux et de lettres. A première vue on peut se dire que ça va être un joyeux bordel, d’autant qu’on suit plusieurs histoires. Mais pas du tout. Tout débute avec l’enquête de Shelby Williams sur le meurtre d’une famille à notre époque mais plus on avance, plus d’autres informations sont distillées. On a ainsi des passages historiques sur les fondations de Chesstomb, sur les docteurs du début des années 1900, sur Lovecraft, sur des événements qui ont juste précédés les meurtres de la famille et on remonte jusqu’à Descartes ! 
On peut parfois se demander où est-ce qu’on met les pieds mais une chose est sûre : chaque petite partie est totalement passionnante ! L’effort de l’auteur pour tout mettre en forme, harmoniser tout en donnant à chaque narrateur sa propre voix au travers de lettres, journaux, souvenirs. Franchement chapeau ! Il est allé loin, tellement loin que parfois je le suivais pas (notamment pour Descartes qui se posait beaucoup de questions).

Ce qui m’a beaucoup plu c’est que la frontière entre les faits historiques et le récit romanesque est souvent très très floue. On s’interroge beaucoup sur ces personnages qui ont vraiment existé (Lovecraft et sa fameuse nouvelle Herbert West, réanimateur dont il est mention ici), sur ce qui est vrai ou non. La fin, en particulier est perturbante, on s’interroge encore plus ! Les recherches de l’auteur sont là aussi à saluer !

Au-delà de cet aspect passionnant et trifouilleur de neurones, la plume est très bonne. Certains passages horrifiques sont plus vrais que nature ! Moi qui lis au petit-dej je peux vous dire que c’était pas toujours très ragoûtant ! 

Bref, une imagination détonante, un travail de recherche et de coordination épatant, une plume géniale, du morbide et des histoires avec de multiples personnages toutes plus passionnantes les unes que les autres ! Que demander de plus ? Un autre roman, bien sûr ! Apparemment en 2016 ! 
Ma note:star::star::star::star::star:

Chronique : La maison ogre


Arnaud Prieur
Auteur francophone (voir la page facebook)
Éditions du Riez
Thriller
19,90€
444 pages
J’avais longuement attendu de lire ce roman car dans le 4ème de couverture on mentionne un croquemitaine et que j’avais justement cette créature dans mon manuscrit Une Sérénade pour l’horreur. J’avais donc peur de me faire influencer, sauf qu’en fait pas du tout, ça n’a rien à voir, ouf !
Il s’agit d’un thriller fantastique vraiment très prenant et bourré de bonnes idées ! C’est haletant, avec de bons rebondissements. J’ai bien aimé le héros Eric qui se retrouve plongé dans cette sombre affaire à laquelle il ne comprend rien du tout. Il passe par différentes phases qui sont bien gérées (curiosité, paranoïa, peur, renoncement etc.) et le lecteur le suit dans toutes ces étapes. Il est entouré de personnages variés, j’ai bien aimé le journaliste (sa fin m’a surprise !) et Objov (sérieux c’est quoi ce type ? XD). Par contre, le principal personnage féminin a encore le mauvais rôle, l’ex qui tourne la page alors que le héros est encore amoureux d’elle, bon c’est assez courant.
J’ai adoré cette histoire de petits errants ! Et avoir des bribes d’infos en suivant certains d’entre eux enfants était génial. J’ai été un peu perturbée car je cherchais un lien avec les personnages du récit sauf que y’en a pas forcément (ou alors je suis passée à côté). L’histoire de fond est donc très bonne. La fin a un rebondissement inattendu mais je reste un peu sur ma faim car il me manque des explications sur le fameux Roi Sombre. Mon imagination ne peut pas faire tous les liens.
Oh et dernier point positif : j’ai beaucoup aimé le style narratif ! Je vous explique : le récit est à la troisième personne mais les débuts et fins de chapitres qui concernent Eric sont à la 1ère personne. C’est la première fois que je vois ça et je trouve ça chouette.
En conclusion, une très bonne lecture avec de sacrés bonnes idées. Un auteur à suivre de très près !
Ma note :  :star::star::star::star::star-half:

Chronique : Leviathan T3 Le pouvoir


Lionel Davoust
Auteur francophone (voir le site)
Don Quichotte
Thriller
23€
544 pages
Et voilà, j’ai enfin conclu cette incroyable trilogie ! Fiou ! Que dire ? Lionel Davoust est un talentueux écrivain, il n’y a aucun doute. Imaginaire, plume maîtrisée, sens du détail, expérience, personnages travaillés et intelligents, réflexion, richesse de l’univers… Un cocktail impressionnant. Il va falloir que je vous détaille un peu tout ça.
L’histoire est passionnante, on retrouve Michael notre biologiste marin, déjà bien éprouvé par les événements du T2, toujours à la recherche de la vérité. Le danger plane dans ce tome mais surtout chez les mages. Le lecteur obtient des réponses avec différents personnages, ce qui fait qu’à certains moments, nous en savons plus que les protagonistes. Tout est très bien rodé, niveau suspens, rebondissements, vérités, action et pauses. Parfait dosage !
Les personnages… c’est vraiment étrange car d’un tome à l’autre, j’ai davantage apprécié tel ou tel personnage. Par exemple, le héros Michael, je voulais lui botter les fesses dans le T1 pour le faire sortir de sa passivité. Je l’ai adoré dans le T2 et là, dans le T3 j’ai eu du mal à me mettre dans sa tête. Masha, quant à elle, était top dans le T2 et par contre enchaîne les échecs dans le suivant… ce qui ne veut pas dire que je ne l’ai pas aimé, non, ça veut dire que l’auteur a su faire évoluer ses personnages. Ils avancent, reculent, chutent, remontent la pente. Bref, ils vivent. Ils morflent tous, pas de pitié. Les mages sont vraiment très intéressants, ils évoluent dans une autre sphère. J’ai beaucoup aimé Elssa et j’aurai aimé en savoir davantage sur son histoire (Lionel, ceci est une perche tendue :p ), Alukar fait froid dans le dos. Tout au long du roman, j’avais l’image du personnage de Vampire hunter D, ce qui renforçait son aspect fou furieux ! Oh et puis Julius, j’ai adoré le détester celui-là XD J’ai particulièrement aimé les répliques d’Alukar à son propos, qui s’amuse à lui faire remarquer ses échecs successifs. Quant à Leviathan, j’en suis ultra fan !
Bref, les personnages sont riches, travaillés, aucun n’est laissé en arrière et on aime tous les suivre. Ils ont tous des qualités, des défauts mais on est obligé d’adhérer au moins une fois à chacune de leur raison. C’est aussi une des forces de cette trilogie : il y a une main Gauche et une main Droite qui s’opposent, mais globalement, la leçon que j’en tire, c’est justement rien n’est ni noir, ni blanc. Ce livre a plusieurs niveaux de lecture. Je pense honnêtement être passée à côté de bons nombres de questions philosophiques soulevées par l’auteur, par flemmardise intellectuelle sans aucun doute. Le travail de l’auteur est colossal, c’est vraiment louable ! Rassurez-vous, si je ne me suis pas plongée dans une introspection avancée, j’ai quand même beaucoup appris car pour se plonger dans ce roman il faut vouloir aussi se remettre en question.
En conclusion, ce fut une magnifique découverte. J’ai tous les autres bouquins de Lionel Davoust dans ma wishlist mais celui-ci me tenait à cœur car l’océan y est au centre ^^  
Ma note